Ford Ranger 4

Ford Ranger 4

Présenté le 24 novembre 2021, le Ford Ranger 4 correspond à la nouvelle génération mondiale du pick-up de Ford, connue sous le code de programme P703. Sa production débute en 2022, avant une diffusion plus large en Europe à partir de 2023. Il succède au Ford Ranger 3 en conservant les fondamentaux d’un véritable utilitaire à châssis séparé, tout en renouvelant profondément son style, son habitacle, ses motorisations et ses équipements.

Cette quatrième génération dans la nomenclature couramment employée en France ne doit pas être confondue avec un simple restylage. Ford revoit l’architecture du véhicule, élargit ses voies, allonge son empattement et introduit notamment un V6 turbodiesel de 3,0 litres. Le Ranger devient ainsi plus polyvalent sans renoncer aux capacités de charge, de remorquage et de franchissement qui structurent depuis longtemps la gamme Ford Ranger.

Une nouvelle génération développée à l’échelle mondiale

Le Ranger 4 est le résultat d’un programme international piloté en grande partie depuis le centre de développement australien de Ford. Avant de figer sa conception, le constructeur indique avoir réalisé plus de 5 000 entretiens avec des propriétaires de pick-up et organisé de nombreux ateliers afin d’identifier leurs usages réels. L’objectif ne consistait donc pas uniquement à moderniser le véhicule, mais aussi à améliorer les fonctions quotidiennes liées au travail, au chargement et aux loisirs.

Cette démarche s’inscrit dans une histoire déjà longue. Après plusieurs générations de Ranger, dont le Ford Ranger 2, Ford avait franchi une étape majeure avec le Ranger mondial lancé en 2011. Le modèle suivant reprend cette logique internationale avec une ambition accrue : il doit pouvoir répondre aux attentes de plus de 180 marchés, avec des configurations très différentes selon les régions.

La présentation mondiale intervient en novembre 2021, tandis que l’industrialisation commence en 2022. Deux pôles jouent un rôle essentiel : la Thaïlande, historiquement importante pour les pick-up destinés à l’Asie et à l’exportation, et l’usine de Silverton à Pretoria, en Afrique du Sud. Cette dernière devient notamment un centre majeur pour l’approvisionnement de marchés européens.

Un châssis revu et une benne mieux exploitée

Le Ranger reste fidèle à un châssis séparé à longerons, une architecture adaptée aux contraintes d’un pick-up destiné au chargement, au remorquage et au tout-terrain. Ford augmente cependant l’empattement de 50 mm et élargit les voies de 50 mm par rapport à la génération précédente. La partie avant du châssis est également remaniée afin de permettre l’installation du V6 et de laisser davantage de possibilités pour différentes chaînes de traction.

Le repositionnement de certains composants de suspension accompagne cette évolution. Le Ranger conserve une conception robuste orientée vers la polyvalence plutôt que vers le comportement d’un SUV routier. Les caractéristiques précises varient toutefois avec les versions, particulièrement pour les déclinaisons spécialisées destinées au franchissement.

Ford travaille également sur l’utilisation de la benne. Son élargissement permet de placer une europalette entre les passages de roues sur les configurations concernées. Un marchepied intégré derrière les roues arrière facilite l’accès lorsque le hayon est fermé. Selon l’équipement, des points d’arrimage, des prises électriques et différents dispositifs de gestion du chargement complètent cet aménagement. La capacité de remorquage freinée peut atteindre 3 500 kg sur les versions homologuées pour cette valeur, tandis que certaines configurations dépassent une tonne de charge utile.

Un style plus massif et un habitacle numérisé

Le dessin extérieur rompt nettement avec celui de son prédécesseur. La face avant devient plus verticale, avec une large calandre encadrée par une signature lumineuse en forme de C. Les ailes plus marquées et les proportions élargies donnent au Ranger une présence visuelle proche de celle des grands pick-up américains de Ford, en particulier du Ford F-150, sans pour autant transformer le Ranger en pick-up full-size.

À l’arrière, les feux adoptent un dessin vertical renouvelé et la ridelle reçoit un grand marquage Ranger embouti. Les différences entre finitions restent importantes : dimensions de roues, décoration de calandre, protections, marchepieds et signatures lumineuses permettent de distinguer les variantes professionnelles des versions davantage orientées vers les loisirs.

L’évolution est encore plus visible dans l’habitacle. Ford installe le système SYNC 4 autour d’un écran tactile central vertical, dont la taille dépend de la finition, et associe cette interface à une instrumentation largement numérisée sur les versions les mieux équipées. Une partie des commandes physiques est néanmoins conservée pour les fonctions qui doivent rester facilement accessibles en utilisation professionnelle ou hors route.

Diesel quatre cylindres et retour du V6

En Europe, la gamme s’articule principalement autour du diesel EcoBlue. Le quatre cylindres 2,0 litres existe notamment en version simple turbo de 170 ch et en déclinaison Bi-Turbo de 205 ch. Selon la motorisation et la configuration, Ford propose une boîte manuelle à six rapports ou différentes transmissions automatiques, dont la boîte à dix rapports utilisée avec les moteurs les plus puissants.

L’une des nouveautés majeures est le V6 turbodiesel 3,0 litres. Dans sa configuration européenne initiale, il développe 240 ch et 600 Nm et travaille avec une boîte automatique à dix rapports. Ce moteur apporte surtout une réserve de couple adaptée au remorquage et aux véhicules fortement chargés. Selon les versions, le Ranger dispose d’un système 4×4 enclenchable ou d’une transmission intégrale à gestion électronique plus élaborée.

La gamme comprend plusieurs niveaux d’équipement, parmi lesquels XL, XLT, Limited et Wildtrak, auxquels s’ajoutent selon les marchés et les millésimes des variantes telles que Tremor, Wildtrak X ou Platinum. Les carrosseries Simple Cabine, Super Cabine et Double Cabine permettent parallèlement de privilégier la longueur de benne, l’espace intérieur ou un compromis entre les deux.

Fiche technique du Ford Ranger 4

CaractéristiqueDonnées
Présentation24 novembre 2021
ProductionDepuis 2022
Code programmeP703
TypePick-up à châssis séparé
CarrosseriesSimple Cabine, Super Cabine, Double Cabine et châssis-cabine selon marché
Implantation moteurLongitudinale avant
Moteur diesel 2.0 EcoBlue4 cylindres, 170 ch
Moteur diesel 2.0 EcoBlue Bi-Turbo4 cylindres, 205 ch, jusqu’à 500 Nm
Moteur diesel 3.0V6 turbodiesel, 240 ch, 600 Nm
Boîtes de vitessesManuelle 6 rapports, automatiques 6 ou 10 rapports selon version
TransmissionPropulsion ou quatre roues motrices selon marché et version
StructureChâssis séparé à longerons
DirectionAssistance électrique
EmpattementEnviron 3,27 m
LongueurEnviron 5,35 à 5,37 m selon carrosserie
LargeurEnviron 1,91 à 2,03 m selon version et méthode de mesure
HauteurEnviron 1,88 à 1,93 m selon version
Poids à videEnviron 2 140 à plus de 2 500 kg selon configuration
Roues16 à 18 pouces notamment, selon finition
Remorquage freinéJusqu’à 3 500 kg selon version
Charge utilePlus de 1 000 kg sur certaines configurations
Sites de production principauxThaïlande et Silverton, Afrique du Sud

Ranger Raptor et versions spécialisées

Le Ford Ranger Raptor appartient à cette génération mais ne doit pas être considéré comme une simple finition. Développé par Ford Performance, il reçoit en Europe un V6 essence 3,0 litres EcoBoost biturbo, une transmission spécifique et des suspensions FOX à amortissement piloté. Sa puissance, son châssis et ses réglages diffèrent donc suffisamment du Ranger conventionnel pour justifier un traitement technique séparé.

Le Raptor s’inscrit dans la même philosophie que le Ford F-150 Raptor américain : privilégier la vitesse et le contrôle sur terrain difficile plutôt que maximiser les capacités purement utilitaires. Les Ranger Tremor et Wildtrak X occupent une position intermédiaire, avec des équipements tout-terrain renforcés sans reprendre l’ensemble de la transformation Ford Performance.

Cette spécialisation illustre l’élargissement du rôle du Ranger. Le pick-up demeure un véhicule de travail, mais Ford développe parallèlement des versions destinées aux loisirs et au franchissement, dans un univers tout-terrain également incarné par le Ford Bronco. Cette diversification permet au Ranger 4 de couvrir des usages sensiblement plus larges que ceux d’un utilitaire traditionnel.

Électrification et évolution de la gamme

La conception du P703 avait été pensée dès l’origine pour permettre l’évolution des chaînes de traction. Cette stratégie se concrétise avec le Ranger Plug-in Hybrid, présenté publiquement en 2024 avant ses premières livraisons en 2025. Il associe un moteur essence EcoBoost de 2,3 litres à une motorisation électrique et une batterie rechargeable, tout en cherchant à conserver les capacités essentielles attendues d’un Ranger, notamment le remorquage.

Cette version rechargeable marque une évolution importante dans une famille historiquement dominée par le diesel en Europe. Elle introduit également la possibilité d’utiliser la batterie du véhicule pour alimenter des outils ou des équipements électriques via le système Pro Power Onboard. Le Ranger 4 devient ainsi la première génération de la lignée mondiale à proposer une déclinaison hybride rechargeable de série, tout en poursuivant parallèlement sa carrière avec les motorisations thermiques et les multiples configurations professionnelles ou tout-terrain.

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