Apparu en Europe en 2006, le Ford Ranger 2 renouvelle profondément le pick-up intermédiaire de Ford tout en conservant une architecture robuste pensée pour le travail, le remorquage et les déplacements hors bitume. Produit principalement en Thaïlande pour les marchés européens, il associe un châssis séparé, des moteurs diesel TDCi et plusieurs configurations de cabine. Sa carrière se poursuit jusqu’en 2011, avec une commercialisation qui s’étend ponctuellement jusqu’au début de 2012 selon les marchés.
L’appellation « Ranger 2 » demande toutefois une précision. Certaines bases françaises l’appliquent également à des exemplaires beaucoup plus récents. Le modèle traité ici est bien la génération lancée en 2006, généralement identifiée par les codes PJ puis PK sur certains marchés. Elle précède le Ranger mondial de génération T6 et ne doit pas être confondue avec celui-ci.
Un nouveau Ranger lancé en 2006
Le Ranger 2 prend la relève du précédent Ford Ranger dans une période où Ford cherche à moderniser son pick-up international sans abandonner ses qualités utilitaires. Le nouveau modèle reste étroitement lié à Mazda et partage une grande partie de sa base technique avec le BT-50. Les deux véhicules sont notamment fabriqués par AutoAlliance Thailand, coentreprise Ford-Mazda installée à Rayong.
La production du nouveau Ranger débute en février 2006. Son développement s’inscrit dans la continuité du programme asiatique de Ford, avec une présentation nettement plus moderne que celle du modèle précédent. Le concept 4-Trac dévoilé fin 2005 avait déjà annoncé plusieurs orientations stylistiques de cette nouvelle génération. Le dessin du modèle de série est attribué à Simon Butterworth, alors lié aux activités de design de Ford dans la région Asie-Pacifique.
En Europe, le Ranger occupe une position particulière. Plus compact que les grands pick-up américains comme le Ford F-150, il vise autant les professionnels que les utilisateurs recherchant un véhicule polyvalent à quatre roues motrices. Ford propose ainsi des configurations allant de la cabine simple essentiellement utilitaire au Double Cab à quatre portes, mieux adapté à un usage familial ou de loisir.
Trois cabines et une conception de vrai utilitaire
La gamme repose sur trois carrosseries principales. La Regular Cab privilégie la longueur de benne et la charge utile. La Super Cab ajoute un espace arrière et des places d’appoint, tandis que la Double Cab offre quatre portes et une véritable banquette arrière. Les dimensions varient donc sensiblement d’une version à l’autre, même si la longueur se situe autour de 5,08 m et que l’empattement atteint approximativement 3 m sur les principales variantes européennes.
Sous la carrosserie se trouve un châssis séparé à longerons et traverses. Ce choix distingue nettement le Ranger d’un SUV à structure monocoque. À l’avant, la suspension indépendante utilise des doubles triangles et des barres de torsion. L’arrière conserve un essieu rigide associé à des ressorts à lames semi-elliptiques, une solution favorable à la résistance sous charge.
Selon la carrosserie et le marché, le Ranger existe en propulsion 4×2 ou avec une transmission 4×4 enclenchable. Les variantes quatre roues motrices constituent naturellement une part importante de l’offre européenne. La garde au sol, la gamme courte et la conception du châssis lui permettent de conserver de réelles aptitudes hors route sans transformer le véhicule en tout-terrain spécialisé.
Cette architecture autorise également une charge utile voisine d’une tonne sur de nombreuses configurations. Les valeurs exactes dépendent fortement de la cabine, de la transmission et de l’équipement. Certaines versions dépassent 1 100 kg de charge utile, ce qui rappelle que le Ranger reste avant tout conçu comme un véhicule professionnel malgré une présentation de plus en plus soignée.
Les moteurs 2.5 et 3.0 TDCi
La principale évolution mécanique du Ranger 2 européen est son quatre cylindres diesel Duratorq TDCi de 2 499 cm3. Alimenté par injection directe common rail et suralimenté par turbocompresseur avec intercooler, il développe 143 ch à 3 500 tr/min. La documentation Ford européenne indique un couple de 330 Nm à 1 800 tr/min. Ce moteur apporte davantage de souplesse et de puissance que les diesels du Ranger précédent.
Il est principalement associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Une transmission automatique à cinq rapports apparaît également sur certaines configurations et certains marchés. Les performances ne constituent pas la priorité du modèle : le moteur doit avant tout fournir du couple à bas régime pour déplacer le véhicule chargé, tracter et évoluer sur terrain difficile.
Ford complète ensuite l’offre sur certains marchés européens avec un 3.0 TDCi. Ce quatre cylindres diesel développe 156 ch et 380 Nm, donnant davantage de réserve aux versions les plus lourdes et les mieux équipées. Sa disponibilité dépend toutefois du pays et de la finition, si bien qu’il ne caractérise pas l’ensemble des Ranger 2 vendus en France.
Les consommations évoluent elles aussi avec la carrosserie et la transmission. Sur la gamme restylée de 2009, Ford annonce notamment 8,3 l/100 km pour certaines versions 2.5 TDCi 4×2 et 8,9 l/100 km en 4×4. Ces chiffres correspondent à des configurations précises et ne peuvent donc pas être généralisés à tous les Ranger 2.
Fiche technique de la Ford Ranger 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Production | 2006 à 2011, commercialisation pouvant se prolonger jusqu’en 2012 selon marché |
| Type | Pick-up à châssis séparé |
| Carrosseries | Regular Cab, Super Cab, Double Cab |
| Implantation moteur | Avant longitudinal |
| Moteur principal | 4 cylindres diesel Duratorq TDCi, 2 499 cm3, turbo, intercooler, injection common rail |
| Puissance 2.5 TDCi | 143 ch à 3 500 tr/min |
| Couple 2.5 TDCi | 330 Nm à 1 800 tr/min |
| Moteur 3.0 TDCi | 4 cylindres diesel, 156 ch, 380 Nm, selon marché et version |
| Transmission | Propulsion 4×2 ou 4×4 enclenchable selon version |
| Boîtes | Manuelle 5 rapports, automatique 5 rapports sur certaines versions |
| Structure | Châssis séparé à longerons et traverses |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles et barres de torsion |
| Suspension arrière | Essieu rigide, ressorts à lames semi-elliptiques |
| Direction | Crémaillère avec assistance hydraulique |
| Freins | Disques avant, tambours arrière |
| Longueur | Environ 5 075 à 5 080 mm selon version |
| Largeur | Environ 1 715 à 1 805 mm selon version |
| Hauteur | Environ 1 620 à 1 760 mm selon version |
| Empattement | 2 985 à 3 000 mm selon version |
| Poids à vide | Environ 1 610 à 1 845 kg dans les configurations documentées |
| Charge utile | Environ 1 tonne, jusqu’à plus de 1 100 kg sur certaines configurations |
| Vitesse maximale | Environ 149 km/h pour certaines versions Double Cab 2.5 TDCi 143 ch 4×4 |
| 0 à 100 km/h | Environ 13 s pour certaines versions Double Cab 2.5 TDCi 143 ch 4×4 |
| Consommation | À partir de 8,3 l/100 km en 2.5 TDCi 4×2 et 8,9 l/100 km en 4×4 sur certaines versions restylées |
| Pneumatiques | 215/70 R15, 235/75 R15 ou 245/70 R16 selon configuration |
| Production principale Europe | AutoAlliance Thailand, Rayong, Thaïlande |
Le restylage de 2009
En 2009, Ford revoit sensiblement le Ranger. Il ne s’agit pas d’une nouvelle génération, mais d’une évolution du modèle lancé trois ans auparavant. La partie avant change suffisamment pour permettre d’identifier facilement cette seconde phase : la calandre est redessinée, le bouclier adopte des ouvertures latérales verticales plus marquées et les rétroviseurs peuvent recevoir des répétiteurs de clignotants intégrés.
L’objectif dépasse la simple modernisation esthétique. À mesure que le marché européen du pick-up évolue, ces véhicules doivent conserver leurs capacités professionnelles tout en offrant davantage de confort et d’équipements. Les finitions supérieures participent à cette évolution avec des jantes en alliage, une présentation intérieure plus travaillée et des équipements destinés à un usage quotidien. Des appellations comme XLT, Limited ou Wildtrak apparaissent selon les pays et les millésimes.
Cette orientation n’efface pourtant pas les caractéristiques fondamentales du Ranger. Le châssis séparé, l’essieu arrière rigide et les ressorts à lames demeurent. Le restylage conserve ainsi le compromis de la génération : une présentation suffisamment valorisante pour dépasser le seul marché professionnel, sans sacrifier les capacités de charge et les qualités attendues d’un pick-up.
Du Ranger 2 au Ranger mondial
La carrière de cette génération s’achève au moment où Ford change d’échelle avec son programme de pick-up mondial. La production du nouveau modèle commence à Rayong en septembre 2011. Ce Ford Ranger 3, couramment associé à la plateforme T6, constitue une rupture plus importante : dimensions accrues, conception mondiale et gamme profondément renouvelée.
Cette succession explique une partie des confusions rencontrées dans les petites annonces et les bases de données françaises. Un Ranger immatriculé en 2012 n’appartient pas nécessairement à la génération lancée en 2006 : les fins de commercialisation de l’ancien modèle et l’arrivée du T6 se chevauchent suivant les marchés. Pour identifier correctement un Ranger 2, la carrosserie, la face avant et la mécanique sont donc plus pertinentes que la seule année d’immatriculation.
La lignée poursuivra ensuite son évolution avec le Ford Ranger 4 et des versions de plus en plus spécialisées. Le développement ultérieur du Ford Ranger Raptor illustre jusqu’où Ford fera évoluer le concept, en ajoutant au rôle utilitaire traditionnel du Ranger une déclinaison spécifiquement conçue autour des performances en tout-terrain.
Un style propre malgré la parenté avec Mazda
Le Ranger 2 partage une base industrielle et de nombreux éléments techniques avec le Mazda BT-50, mais Ford veille à lui donner une identité visuelle spécifique. Sur le modèle de 2006, la calandre horizontale, les optiques anguleuses, les ailes marquées et le traitement du bouclier composent une face avant immédiatement différente de celle de son cousin japonais.
Les proportions restent celles d’un pick-up classique : long capot, cabine nettement séparée de la benne, porte-à-faux arrière dicté par l’espace de chargement et garde au sol importante sur les 4×4. Le Double Cab modifie cet équilibre avec son habitacle quatre portes plus long et sa benne raccourcie, tandis que la cabine simple privilégie ouvertement la fonction utilitaire.
Le Ranger restylé de 2009 accentue encore cette identité Ford grâce à une face avant plus sculptée. C’est également cette combinaison entre carrosserie, type de cabine et dessin de calandre qui permet de distinguer visuellement le Ranger 2 du T6 qui lui succède, beaucoup plus large d’apparence et conçu dès l’origine comme un pick-up mondial de nouvelle génération.




