Ginetta G27

Ginetta G27

La Ginetta G27 est un roadster sportif britannique apparu en 1985, conçu pour perpétuer la tradition des voitures légères et accessibles à la compétition qui ont fait la réputation de Ginetta. Avec son moteur avant, sa propulsion et sa carrosserie en fibre de verre, elle privilégie la simplicité mécanique et l’efficacité du châssis plutôt que la puissance pure. Produite en petites séries, principalement sous forme de kit à assembler, elle connaît plusieurs évolutions au cours des années 1990.

Moins connue que certaines créations historiques du constructeur, la G27 occupe pourtant une place importante dans son histoire. Elle assure la transition entre les roadsters classiques de la marque et une nouvelle génération de voitures de sport destinées aussi bien à la route qu’aux championnats britanniques. Ses différentes motorisations, ses suspensions particulières et sa production artisanale expliquent la diversité des exemplaires aujourd’hui rencontrés.

Fiche technique de la Ginetta G27

CaractéristiqueGinetta G27
ConstructeurGinetta Cars
Pays d’origineRoyaume-Uni
Première apparition1985
Période de production généralement indiquée1985 à 2005
VersionsSeries 1, Series 2, Series 3 et Series 4
CarrosserieRoadster deux portes, deux places
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
Moteurs documentésQuatre cylindres Ford, Mazda, Ford Zetec, Vauxhall 16 soupapes et Rover V8 selon les versions
Cylindrée documentée1,8 litre pour certaines versions Ford Zetec ; autres cylindrées selon configuration
AlimentationVariable selon le moteur, carburateurs ou injection suivant configuration
PuissanceVariable selon la motorisation ; une fiche secondaire mentionne 145 ch pour une configuration non précisément identifiée
Boîte de vitessesManuelle, quatre ou cinq rapports selon configuration
TransmissionAux roues arrière
ChâssisStructure tubulaire en acier
CarrosserieMatériaux composites, principalement fibre de verre
Suspension avant de la première versionÉléments dérivés de la Triumph Vitesse
Suspension arrière de la première versionIndépendante, avec éléments Jaguar modifiés
FreinsConfiguration variable ; freins arrière montés près du différentiel sur la première version documentée
Longueur publiée3 690 mm
Largeur publiée1 583 mm
Hauteur publiée1 040 mm
Empattement publié2 591 mm
Poids publié730 kg pour une configuration répertoriée
Vitesse maximale publiée206 km/h pour une configuration répertoriée
CommercialisationPrincipalement en kit, avec possibilités d’assemblage par le constructeur
ProductionPlus de 200 exemplaires, toutes séries confondues

Origines et développement de la Ginetta G27

L’histoire de la G27 commence au milieu des années 1980, lorsque Ginetta cherche à moderniser son offre de sportives légères. Fondée en 1958 par les frères Walklett, l’entreprise britannique s’est spécialisée dans les automobiles à faible poids, souvent proposées en kit et régulièrement engagées en compétition. Cette approche permet de construire des voitures performantes sans recourir à des mécaniques particulièrement coûteuses.

La nouvelle G27 s’inscrit directement dans la continuité de la Ginetta G4, l’un des modèles emblématiques de la marque. Elle reprend son architecture générale de roadster à moteur avant et roues arrière motrices, mais bénéficie d’une conception révisée. L’objectif consiste notamment à améliorer les qualités dynamiques et à répondre aux exigences des compétitions britanniques de voitures en kit, dont certaines évolutions réglementaires avaient pénalisé la G4.

Présentée en mars 1985 selon la chronologie du Ginetta Owners’ Club, la G27 est dessinée par Mark Walklett. Elle conserve les proportions traditionnelles d’une sportive anglaise : un long capot, un habitacle reculé, une carrosserie très basse et deux places. Son développement privilégie une structure légère et des composants mécaniques éprouvés, faciles à entretenir ou à adapter aux besoins des propriétaires.

La G27 apparaît à une période de transition pour son constructeur. En 1989, Ginetta est vendue à un groupe dirigé par Martin Phaff, tandis qu’Ivor Walklett conserve un rôle technique. Cette réorganisation accompagne l’évolution de la gamme au début des années 1990, avec de nouvelles versions de la G27 et des modèles plus ambitieux.

La marque explore alors plusieurs architectures. La Ginetta G32, apparue à la fin des années 1980, adopte notamment un moteur central, contrairement à la G27. Ces deux voitures illustrent des approches différentes : d’un côté, un roadster traditionnel privilégiant la simplicité et la légèreté ; de l’autre, une sportive compacte à architecture plus inhabituelle pour le constructeur.

Les différentes séries et motorisations

La Ginetta G27 ne correspond pas à une configuration mécanique unique. Son histoire comprend quatre grandes séries, auxquelles s’ajoutent des versions de compétition et de nombreuses variations liées à la construction en kit. Cette diversité impose de distinguer les caractéristiques de la première voiture de 1985 de celles des modèles commercialisés une décennie plus tard.

La première génération, généralement appelée G27 Series 1, apparaît en 1985. Elle utilise une structure dérivée de la G4 Series IV, associée à une carrosserie redessinée. Plusieurs moteurs sont documentés au cours de son existence, notamment des quatre cylindres Ford et Mazda. Des configurations à moteur Rover V8 sont également mentionnées dans les archives du club des propriétaires.

En 1993, Ginetta relance le modèle avec la Series 2, également désignée G27 GRS. Cette évolution accompagne le renouvellement de l’offre du constructeur. La Series 3 apparaît ensuite dans la même période et reçoit notamment un quatre cylindres Ford Zetec de 1,8 litre. D’autres motorisations, dont des blocs Vauxhall à seize soupapes, figurent parmi les possibilités proposées.

Cette liberté de motorisation constitue une particularité essentielle de la G27. Deux exemplaires de même génération peuvent présenter des caractéristiques sensiblement différentes, selon le moteur installé, sa préparation et les choix effectués lors de l’assemblage. Les puissances publiées pour une voiture particulière ne peuvent donc pas être appliquées automatiquement à toute la production.

En janvier 1998, la Series 4 marque une nouvelle étape dans l’évolution du roadster. Elle prolonge la carrière du modèle à une époque où Ginetta développe également des voitures spécifiquement destinées aux championnats monotypes. Les archives commerciales mentionnent encore la G27 dans des brochures datées de 2001, tandis que certaines chronologies situent la fin de sa production vers 2005.

La G27 partage également une partie de son histoire avec la Ginetta G33, présentée en 1990. Cette dernière possède une carrosserie plus lissée et se distingue notamment par son moteur Rover V8. Malgré leur parenté technique et stylistique, les deux automobiles sont des modèles distincts. Les performances généralement attribuées à la G33 ne doivent donc pas être confondues avec celles de la G27.

Châssis, suspensions et comportement routier

La conception de la G27 repose sur une idée simple : obtenir une sportive efficace en limitant la masse et en utilisant des éléments mécaniques éprouvés. Son châssis tubulaire en acier forme la structure principale de la voiture, tandis que la carrosserie en fibre de verre permet de conserver un poids relativement faible. Cette méthode de construction correspond à la tradition de Ginetta depuis ses premières réalisations.

La première G27 se distingue surtout par ses suspensions. À l’avant, elle utilise des éléments issus de la Triumph Vitesse. À l’arrière, les ingénieurs adoptent une suspension indépendante intégrant des composants Jaguar modifiés. Cette configuration comprend notamment des demi-arbres raccourcis, des bras inférieurs spécifiques et des bras de réaction.

Le choix d’une suspension arrière indépendante représente une évolution importante par rapport à certaines configurations de la G4. Il vise à améliorer le contrôle des roues et la motricité, particulièrement sur les chaussées irrégulières et en conduite sportive. Les freins arrière montés près du différentiel permettent également de limiter les masses non suspendues, une solution intéressante pour une voiture légère.

La G27 reste néanmoins une automobile dont le comportement dépend fortement de sa configuration. Le moteur, la répartition des masses, les réglages de suspension et les pneumatiques peuvent varier d’un exemplaire à l’autre. Les versions de compétition reçoivent en outre des adaptations qui les éloignent des voitures destinées à la circulation routière.

Le faible poids constitue l’un de ses principaux atouts théoriques. Une masse réduite favorise les accélérations, les changements de direction et l’efficacité du freinage, sans nécessiter une puissance moteur exceptionnelle. La position de conduite basse et l’habitacle ouvert renforcent également le caractère direct de cette sportive, même si aucune mesure comparative homogène ne permet de quantifier précisément ses performances dynamiques pour l’ensemble des séries.

La construction en kit offre enfin une certaine liberté aux propriétaires, mais elle explique aussi pourquoi l’état et les caractéristiques techniques des voitures survivantes doivent être examinés individuellement. Une G27 restaurée, modifiée ou préparée pour la piste peut être sensiblement différente de sa configuration de livraison.

Une carrosserie britannique au style classique

Le dessin de la Ginetta G27 s’inscrit dans la tradition des roadsters sportifs anglais. Sa silhouette privilégie des proportions simples et immédiatement reconnaissables : capot relativement long, habitacle compact, pare-brise bas et partie arrière courte. Les ailes enveloppantes et la faible hauteur générale contribuent à son allure sportive, sans rechercher l’agressivité visuelle des automobiles modernes.

La face avant des premières versions reprend certains codes esthétiques de la G4, notamment des formes arrondies et des projecteurs circulaires. La carrosserie se distingue toutefois par son traitement propre, qui accompagne la modernisation technique du modèle. Les surfaces restent volontairement sobres, avec peu d’éléments décoratifs.

La fibre de verre joue un rôle important dans cette identité. Elle permet de produire des formes relativement complexes sans recourir à un outillage industriel comparable à celui des grands constructeurs. Pour une marque artisanale comme Ginetta, cette technique facilite également les évolutions de carrosserie entre plusieurs petites séries.

L’habitacle correspond à la vocation de la voiture. Les deux occupants prennent place dans un espace compact, conçu autour des nécessités de la conduite. L’équipement et la présentation intérieure varient selon les versions et les choix d’assemblage, particulièrement sur les voitures commercialisées en kit.

Cette esthétique doit être replacée dans l’histoire plus ancienne de Ginetta. Dès les années 1960, la Ginetta G12 avait illustré la capacité du constructeur à associer carrosserie légère et conception tournée vers la compétition. La G27 reprend cette recherche d’efficacité dans une formule de roadster traditionnel, plutôt que dans celle d’un coupé de course.

La Ginetta G27 en compétition

La compétition fait partie des raisons d’être de la G27. Dès son développement, le modèle doit permettre à Ginetta de rester présent dans les courses britanniques de voitures en kit. Cette catégorie convient particulièrement aux petits constructeurs capables de proposer des châssis légers, simples à entretenir et compatibles avec différentes motorisations.

Une G27 équipée d’un moteur Mazda est notamment engagée par l’usine avec Mark Walklett au volant. Un article de Motor Sport Magazine publié en juillet 1995 évoque les succès de cette voiture dans les compétitions britanniques de kit cars. Il confirme ainsi que la G27 ne se limite pas à une sportive routière confidentielle, mais participe directement à l’activité sportive du constructeur.

Au milieu des années 1990, Ginetta développe une version spécifiquement destinée à la course. Les archives du club des propriétaires situent sa préparation durant l’hiver 1995, en vue de la saison 1996. Cette évolution accompagne la création d’une formule dédiée à la G27, dans laquelle les participants peuvent courir avec des voitures conçues autour d’une base commune.

Les Series 3 et 4 sont particulièrement associées à cette période sportive. L’utilisation d’une plateforme commune facilite l’organisation de compétitions monotypes, tout en maintenant des coûts d’exploitation relativement contenus par rapport à ceux de voitures de course plus complexes.

Cette orientation annonce l’évolution ultérieure de Ginetta vers des modèles toujours davantage spécialisés. Présentée en 2000, la Ginetta G20 reprend la philosophie de la voiture légère et accessible à la compétition, avec une conception plus directement adaptée aux championnats organisés par la marque.

La démarche se poursuivra avec des modèles plus récents comme la Ginetta G50, développée dans un contexte sportif différent. La G27 représente ainsi une étape de l’organisation progressive des activités de compétition de Ginetta, entre les engagements de voitures artisanales et les programmes monotypes plus structurés.

Production, rareté et identification des exemplaires

La Ginetta G27 demeure une automobile de petite diffusion. Le Ginetta Owners’ Club évoque une production supérieure à 200 exemplaires pour l’ensemble des quatre séries. Ce volume limité s’explique par la taille du constructeur, la commercialisation en kit et le caractère spécialisé d’un roadster destiné à une clientèle d’amateurs de conduite sportive.

La production s’étend sur une période relativement longue, mais elle ne correspond pas à une fabrication industrielle continue et homogène. Les changements de direction de l’entreprise, les évolutions techniques et les différentes motorisations contribuent à rendre chaque phase de la carrière du modèle particulière. Les archives de brochures commerciales témoignent notamment de sa présence dans la gamme pendant une partie importante des années 1990 et au début des années 2000.

Pour identifier précisément une G27, le numéro de châssis et les documents d’origine sont essentiels. Ils permettent de rechercher sa série, sa période de construction et sa configuration initiale. La présence d’un moteur donné ou de certains éléments de carrosserie ne suffit pas toujours à déterminer son année, puisque de nombreuses voitures ont pu recevoir des modifications au fil du temps.

La distinction entre un exemplaire routier et une voiture de compétition est également importante. Les adaptations destinées à la piste peuvent concerner la mécanique, les suspensions, les freins, l’habitacle et les équipements de sécurité. Une voiture ayant couru dans un championnat G27 ne présente donc pas nécessairement les mêmes caractéristiques qu’un roadster assemblé pour un usage routier.

Sur le marché de la collection, la G27 intéresse avant tout les amateurs de sportives britanniques artisanales et de voitures légères. Son faible volume de fabrication ne suffit toutefois pas à établir une cote uniforme. La qualité de construction, l’authenticité de la configuration, la provenance du châssis et l’historique d’entretien constituent des critères déterminants pour apprécier un exemplaire.

La disponibilité des composants mécaniques peut être facilitée par l’utilisation de pièces issues de modèles de grande série. En revanche, les éléments propres à Ginetta, notamment certaines pièces de carrosserie, de châssis ou de suspension, nécessitent une identification précise. Les archives du constructeur, les anciennes brochures et les registres du club des propriétaires représentent alors des ressources particulièrement utiles pour documenter une restauration fidèle à la série concernée.

Marque Ginetta

Année de sortie 1985

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