Dévoilée en novembre 2012, la Lamborghini Aventador Roadster transpose la supercar V12 de Sant’Agata Bolognese à une carrosserie ouverte sans modifier son principe fondamental. Officiellement baptisée Aventador LP 700-4 Roadster, elle conserve le V12 atmosphérique de 6,5 litres développant 700 ch, la transmission intégrale et la monocoque en fibre de carbone du coupé. Sa principale particularité réside dans son toit constitué de deux panneaux rigides en carbone, démontables à la main et transportables dans le coffre avant.
Cette première Aventador Roadster de série doit être distinguée des nombreuses variantes apparues ensuite. Elle n’est ni l’Aventador J, exemplaire unique présenté en 2012, ni la SV Roadster, ni les versions S, SVJ et Ultimae. Elle constitue la déclinaison découvrable directe de l’Aventador LP700-4 originelle.
Du coupé Aventador à la LP 700-4 Roadster
La Lamborghini Aventador apparaît en 2011 pour renouveler en profondeur la gamme V12. Elle abandonne notamment le châssis tubulaire de la génération précédente au profit d’une cellule centrale en composite de carbone et inaugure un nouveau V12 de 6 498 cm3. La Roadster arrive l’année suivante et remplit le rôle autrefois occupé par les versions découvrables de la Murciélago.
Cette filiation est importante, car Lamborghini ne s’est pas contenté de retirer le pavillon du coupé. La précédente Murciélago LP640 Roadster utilisait une capote d’appoint contraignante. L’Aventador adopte au contraire deux éléments rigides en fibre de carbone. Chaque panneau pèse moins de 6 kg et peut être retiré manuellement, puis rangé dans le compartiment à bagages avant.
La présentation officielle intervient le 12 novembre 2012, avant un lancement international organisé à Miami en janvier 2013. Malgré les transformations nécessaires à une utilisation sans pavillon, Lamborghini revendique des performances presque identiques à celles du coupé. La marque annonce 3,0 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et 350 km/h en vitesse maximale.
Une carrosserie ouverte spécifiquement développée
Le Roadster conserve les proportions spectaculaires de l’Aventador, avec une longueur de 4,78 m, une largeur de 2,03 m hors rétroviseurs et seulement 1,14 m environ de hauteur. Les portes en élytre restent présentes. La partie supérieure de la carrosserie est en revanche spécifique, avec des montants arrière redessinés et un dispositif de protection contre le retournement adapté à la conduite à ciel ouvert.
Le capot moteur permet d’identifier facilement cette version. Il adopte une colonne centrale accompagnée de surfaces vitrées aux formes géométriques qui laissent entrevoir le V12 tout en participant à l’évacuation de la chaleur et de l’eau. Une vitre arrière à commande électrique sépare l’habitacle du compartiment moteur. Le conducteur peut l’abaisser pour augmenter la présence sonore du V12 ou la relever afin de réduire les remous et le bruit dans l’habitacle.
Le dessin reste fidèle au vocabulaire anguleux développé par Lamborghini à cette période, déjà perceptible sur la Reventón Roadster. Les motifs en Y, les formes hexagonales, les prises d’air profondément découpées et les surfaces très tendues donnent cependant à l’Aventador une identité propre. Lors de son lancement, Lamborghini met particulièrement en avant la teinte Azzurro Thetis, un bleu métallique clair faisant référence à la Miura Roadster de 1968.
V12 atmosphérique, transmission intégrale et boîte ISR
La mécanique ne subit aucune réduction de puissance pour la Roadster. Le V12 atmosphérique de 6 498 cm3 développe 700 ch à 8 250 tr/min et 690 Nm à 5 500 tr/min. Installé longitudinalement en position centrale arrière, il utilise une lubrification par carter sec, une solution adaptée aux fortes accélérations latérales et permettant également de maîtriser son implantation verticale.
La transmission est confiée à une boîte robotisée ISR à sept rapports. Cette architecture à Independent Shifting Rods avait été choisie par Lamborghini pour obtenir des changements de rapport très rapides sans employer une boîte à double embrayage plus lourde. La puissance est répartie sur les quatre roues par une transmission intégrale faisant notamment appel à un embrayage multidisque Haldex pour gérer le couple envoyé au train avant.
Le Roadster reçoit également les dispositifs introduits sur l’Aventador à cette période pour diminuer la consommation lors d’une utilisation moins exigeante. Un système Stop & Start utilisant des supercondensateurs permet de redémarrer rapidement le V12, tandis que la désactivation de cylindres peut faire fonctionner temporairement le moteur sur six cylindres lorsque la charge demandée est faible.
Monocoque carbone et trains roulants inspirés de la compétition
La rigidité nécessaire à une supercar ouverte repose en grande partie sur la cellule centrale en fibre de carbone. Des structures en aluminium sont fixées à l’avant et à l’arrière afin de supporter les organes mécaniques et les trains roulants. Lamborghini annonce un poids à sec de 1 625 kg pour le Roadster, soit environ 50 kg de plus que le coupé. Ce chiffre ne doit pas être confondu avec les masses à vide publiées sur certains marchés, établies suivant des méthodes différentes.
Les suspensions utilisent des doubles triangles et des combinés ressort-amortisseur actionnés par poussoirs. Cette disposition de type push-rod, inhabituelle sur une voiture routière, déplace les éléments d’amortissement vers l’intérieur de la structure. Le freinage repose sur des disques carbone-céramique de 400 mm à l’avant avec étriers à six pistons et de 380 mm à l’arrière avec étriers à quatre pistons.
La monte standard associe des pneus 255/35 ZR19 à l’avant et 335/30 ZR20 à l’arrière. Lamborghini proposait aussi des jantes Dione de 20 pouces à l’avant et 21 pouces à l’arrière, devenues particulièrement reconnaissables sur les photographies de lancement. L’ensemble devait préserver la précision du coupé tout en tenant compte des contraintes structurelles propres au Roadster.
Fiche technique de la Lamborghini Aventador Roadster
| Caractéristique | Lamborghini Aventador LP 700-4 Roadster |
|---|---|
| Présentation | 2012 |
| Carrosserie | Roadster 2 places, 2 portes, toit rigide démontable en 2 panneaux |
| Architecture moteur | V12 atmosphérique à 60 degrés, 48 soupapes |
| Cylindrée | 6 498 cm3 |
| Alésage x course | 95 x 76,4 mm |
| Rapport volumétrique | 11,8:1 |
| Alimentation | Injection multipoint |
| Lubrification | Carter sec |
| Puissance maximale | 700 ch, 515 kW, à 8 250 tr/min |
| Couple maximal | 690 Nm à 5 500 tr/min |
| Implantation | Moteur central arrière longitudinal |
| Transmission | Intégrale |
| Boîte de vitesses | ISR robotisée à 7 rapports |
| Modes de conduite | Strada, Sport, Corsa |
| Structure | Monocoque centrale en fibre de carbone, structures avant et arrière en aluminium |
| Suspensions | Doubles triangles, système push-rod |
| Direction | Crémaillère à assistance électrohydraulique |
| Freins avant | Carbone-céramique, 400 x 38 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Carbone-céramique, 380 x 38 mm, étriers 4 pistons |
| Pneus avant standard | 255/35 ZR19 |
| Pneus arrière standard | 335/30 ZR20 |
| Longueur | 4 780 mm |
| Largeur | 2 030 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 136 mm |
| Empattement | 2 700 mm |
| Voie avant | Environ 1 720 mm |
| Voie arrière | Environ 1 700 mm |
| Poids | 1 625 kg à sec |
| 0 à 100 km/h | 3,0 s |
| Vitesse maximale | 350 km/h |
| Réservoir | Environ 90 litres |
| Production | Sant’Agata Bolognese, Italie |
Prix, production et place dans la gamme Aventador
Au lancement, Lamborghini communique un prix européen de 300 000 euros hors taxes. Sur le marché français, le tarif neuf référencé en 2013 atteint environ 360 000 euros TTC. Les montants varient fortement d’un pays à l’autre en raison des taxes et des équipements, ce qui rend peu pertinente la comparaison directe de prix issus de marchés différents.
Le nombre total de LP 700-4 Roadster produites n’est pas publié de manière suffisamment précise pour isoler avec certitude cette seule version sur l’ensemble de sa carrière. Les données de production disponibles indiquent néanmoins 18 Roadster en 2012, 403 en 2013 et 654 en 2014, soit 1 075 exemplaires sur ces trois années. Ce total intermédiaire ne constitue pas le volume définitif de la LP 700-4 Roadster et peut englober des dérivés produits durant la période.
La gamme s’élargit rapidement avec des déclinaisons qui ne doivent pas être considérées comme de simples millésimes de la voiture de 2012. L’Aventador SV Roadster porte ainsi la puissance à 750 ch et adopte une approche davantage tournée vers la performance. Les évolutions suivantes poursuivent cette montée en puissance et introduisent progressivement de nouveaux dispositifs aérodynamiques et de châssis.
La carrière de la famille atteint son expression la plus radicale avec les versions SVJ, dont l’Aventador SVJ développe 770 ch et bénéficie du système aérodynamique actif ALA. La lignée de série s’achève finalement avec l’Aventador Ultimae, dernière évolution du modèle avant l’arrêt de la génération et la transition de Lamborghini vers une nouvelle architecture V12 électrifiée.
Un Roadster conçu pour conserver les performances du coupé
La particularité technique de l’Aventador Roadster tient moins à une augmentation de puissance qu’à sa capacité à conserver presque intégralement les performances de la LP 700-4 fermée. Avec 700 ch et une vitesse maximale annoncée de 350 km/h, le retrait du pavillon ne transforme pas l’Aventador en variante assagie. Les modifications de structure, la protection contre le retournement et le toit démontable entraînent une augmentation de masse contenue à environ 50 kg.
Son lancement international illustre cette volonté. En janvier 2013, Lamborghini réunit plusieurs Aventador Roadster à Miami et organise une démonstration sur une piste de Miami International Airport spécialement fermée pour l’événement. La présentation insiste autant sur les capacités à très haute vitesse que sur l’expérience offerte par le V12 à ciel ouvert, plaçant ainsi la Roadster au même niveau que le coupé dans la hiérarchie des performances de la marque.
Le système de toit demeure l’un de ses traits les plus caractéristiques. Il ne possède ni commande électrique ni mécanisme lourd : les deux panneaux de carbone doivent être retirés par les occupants puis installés dans le coffre avant. Cette solution impose une manipulation manuelle, mais préserve une silhouette très basse et limite le surpoids tout en offrant une protection nettement plus aboutie que les dispositifs d’appoint employés par les précédentes Lamborghini V12 découvrables.




