Lexus Lf-a

Lexus Lf-a

Présentée au Salon de Detroit en janvier 2005, la Lexus LF-A marque la première apparition publique du programme de supercar lancé par Toyota et Lexus au début des années 2000. Ce coupé deux places n’est pas encore la voiture de série qui deviendra célèbre quelques années plus tard. Il s’agit d’un concept fonctionnel destiné à explorer une architecture à moteur V10, une construction légère et un niveau de performances encore inédit pour Lexus.

La distinction entre les deux noms est importante. LF-A, avec un trait d’union, désigne les concepts successifs dévoilés à partir de 2005. La Lexus LFA, sans trait d’union, correspond au modèle définitif présenté en 2009 puis fabriqué à partir de 2010. Entre ces deux étapes, le projet sera profondément transformé, au point de changer de matériau de structure et de prolonger son développement pendant plusieurs années.

Un projet de supercar lancé au début des années 2000

Le programme débute en 2000 comme un projet de recherche et développement. Lexus ne cherche pas simplement à dériver une version très puissante d’une berline existante. L’équipe dispose au contraire d’une grande liberté pour concevoir une voiture spécifique, capable de servir de laboratoire à des technologies nouvelles pour la marque.

L’ingénieur Haruhiko Tanahashi prend une place centrale dans le projet, tandis que Hiromu Naruse participe à sa mise au point dynamique. Akio Toyoda s’implique également dans son développement à partir de 2002. Le premier prototype est achevé en juin 2003 et les essais s’intensifient ensuite. En octobre 2004, un prototype camouflé roule déjà sur la Nordschleife du Nürburgring, circuit qui restera étroitement associé au développement de la future LFA.

Le concept dévoilé à Detroit en 2005 donne pour la première fois une forme publique à ces travaux. Lexus le présente ensuite en Europe au Salon de Genève. Avec seulement 4,40 m de long mais un empattement de 2,58 m, la LF-A associe des dimensions relativement compactes à des proportions typiques d’une sportive à moteur avant reculé.

Un V10 et une architecture entièrement dédiés aux performances

Au coeur du concept se trouve un V10 atmosphérique de moins de cinq litres. Lexus annonce alors une puissance supérieure à 500 hp et une vitesse maximale visée aux environs de 200 mph, soit approximativement 320 km/h. La marque ne publie cependant pas pour cette première LF-A l’ensemble des valeurs qui caractériseront plus tard la voiture de série. Les chiffres de 4 805 cm3, 560 ch et 480 Nm fréquemment associés au nom LFA correspondent au modèle définitif et ne doivent donc pas être attribués au concept de 2005.

L’architecture privilégie la concentration des masses à l’intérieur de l’empattement. Le moteur est installé en position avant reculée et la puissance est transmise aux roues arrière. Cette recherche de répartition des masses accompagne un travail poussé sur le refroidissement et l’aérodynamique, perceptible dans les nombreuses ouvertures ménagées dans la carrosserie.

Le premier concept repose encore largement sur l’aluminium. Lexus emploie des panneaux de carrosserie en aluminium ainsi qu’une structure faisant appel à des pièces extrudées et moulées, assemblées par différentes techniques comprenant soudage, rivetage et collage. Cette solution paraît alors cohérente avec l’objectif de légèreté, mais elle sera finalement remise en question au cours du développement.

Fiche technique de la Lexus Lf-a

CaractéristiqueLexus LF-A Concept 2005
TypeConcept-car, coupé 2 places
MoteurV10 atmosphérique
CylindréeMoins de 5,0 litres
Puissance annoncéePlus de 500 hp
ImplantationMoteur avant reculé
TransmissionPropulsion
StructurePrincipalement en aluminium
Longueur4 400 mm
Largeur1 860 mm
Hauteur1 220 mm
Empattement2 580 mm
Pneus avant245/40 R19
Pneus arrière285/35 R19
Vitesse maximale viséeEnviron 200 mph, soit environ 320 km/h

Un dessin spectaculaire au service de la technique

La LF-A adopte le langage stylistique L-finesse alors développé par Lexus sous la direction du design mondial de Wahei Hirai. Sa silhouette très basse se caractérise par un capot étiré, un habitacle rejeté vers l’arrière, des projecteurs effilés et des surfaces tendues. Malgré son statut de concept-car, ses proportions répondent directement aux contraintes mécaniques et aérodynamiques du programme.

L’arrière constitue l’une de ses signatures visuelles. Les prises d’air placées très haut sur les flancs, près des montants arrière, participent au traitement du refroidissement. Trois sorties d’échappement centrales disposées en triangle créent un autre élément immédiatement identifiable. Le dessin cherche ainsi moins à préfigurer un coupé Lexus conventionnel qu’à donner une identité spécifique à la future supercar.

Cette première LF-A possède des roues de 19 pouces, un détail utile pour la distinguer des concepts suivants. L’évolution dévoilée en 2007 adoptera notamment des pneumatiques de 20 pouces et une carrosserie aux dimensions légèrement différentes. Elle ne doit donc pas être considérée comme une simple présentation supplémentaire du show-car de 2005.

Du concept en aluminium à la fibre de carbone

Après la présentation de 2005, Lexus prend une décision particulièrement lourde pour un programme déjà bien avancé : abandonner progressivement la structure principalement en aluminium au profit d’une architecture faisant largement appel au plastique renforcé de fibres de carbone, ou CFRP. L’objectif est de gagner environ 100 kg tout en augmentant la rigidité. Ce changement oblige l’équipe à revoir une partie importante du projet et contribue à expliquer la longueur inhabituelle de son développement.

Une deuxième LF-A apparaît au Salon de Detroit en janvier 2007. Elle mesure désormais 4,46 m de long et 1,895 m de large. Son style est plus proche de celui que recevra la voiture de production et son architecture traduit l’avancement du travail sur les matériaux composites. Le concept porte également les signes de l’identité sportive F que Lexus commence alors à installer dans sa gamme, parallèlement à l’arrivée de la Lexus IS F.

En janvier 2008, Lexus dévoile encore une LF-A Roadster. Cette déclinaison ouverte démontre que la marque continue d’explorer plusieurs possibilités autour de sa supercar, même si elle ne donnera finalement naissance à aucune version de série. À ce stade, la LF-A n’est plus seulement un exercice de salon : les prototypes servent intensivement au développement sur route et sur circuit.

Le Nürburgring comme laboratoire de développement

La Nordschleife joue un rôle majeur dans la mise au point. Après les premiers essais de 2004, Lexus engage des prototypes LF-A aux 24 Heures du Nürburgring. En 2008, la voiture numéro 14 atteint l’arrivée à la 121e place du classement général. En 2009, une nouvelle participation se solde par une 87e place pour la numéro 14, tandis que la seconde voiture abandonne.

Ces engagements ne constituent pas le palmarès sportif du concept exposé à Detroit en 2005. Les voitures de course sont des prototypes de développement plus avancés. Leur intérêt est surtout technique : l’endurance permet aux ingénieurs de confronter moteur, transmission, refroidissement, freins et châssis à des contraintes difficiles à reproduire lors d’essais routiers ordinaires.

Le programme possède également une dimension humaine particulière. Akio Toyoda participe lui-même aux 24 Heures du Nürburgring 2009 sous le pseudonyme Morizo. Cette implication illustre la place prise par la LF-A dans la transformation de l’image sportive de Lexus et, plus largement, dans la volonté de développer des automobiles en s’appuyant davantage sur l’expérience acquise en conditions réelles de pilotage.

De la LF-A de 2005 à la LFA de série

En octobre 2009, au Salon de Tokyo, Lexus dévoile enfin la voiture de production. Le trait d’union disparaît de son nom : la LF-A devient officiellement LFA. La transformation dépasse largement cette modification orthographique. La voiture définitive possède une structure majoritairement réalisée en CFRP, un V10 de 4,8 litres aux caractéristiques précisément établies et une production limitée à 500 exemplaires.

Le chemin parcouru depuis 2005 explique pourquoi les caractéristiques des deux automobiles ne sont pas interchangeables. Le premier concept est une étape de développement à part entière, avec ses dimensions, ses roues de 19 pouces et sa construction en aluminium. La LFA de série représente l’aboutissement d’années supplémentaires d’essais et d’une réorientation technique profonde.

Le programme contribue aussi à installer durablement une branche haute performance chez Lexus. Après la LFA, la marque ne produit pas immédiatement une autre supercar comparable, mais poursuit le développement de coupés sportifs et de grand tourisme. Le concept Lexus LF-LC présenté en 2012 ouvre une nouvelle phase de cette réflexion et débouchera quelques années plus tard sur la Lexus LC.

Dans cette lignée, la Lexus LC 500 conserve notamment le choix d’un moteur atmosphérique de forte cylindrée, mais dans une philosophie de grand tourisme différente de celle de la supercar LFA. La LF-A de 2005 reste ainsi identifiable comme le point de départ public d’un programme beaucoup plus radical, dont la longue gestation a permis à Lexus d’acquérir une expérience nouvelle en matière de V10 à haut régime, de mise au point sur circuit et de structures en fibre de carbone.