Lexus Lf-lc

Lexus Lf-lc

Présentée au Salon de Detroit en janvier 2012, la Lexus LF-LC est un concept de coupé sportif hybride 2+2 conçu pour explorer une nouvelle expression du design Lexus. Très basse, large et spectaculaire, elle ne se limite pourtant pas à un exercice de salon. Son accueil pousse Lexus à étudier son passage à la série, une démarche qui aboutira quelques années plus tard au coupé LC. La LF-LC constitue ainsi un jalon important dans l’évolution stylistique de la marque au début des années 2010.

Un concept Lexus dévoilé à Detroit en 2012

La LF-LC naît au sein de Calty Design Research, le studio de design de Toyota installé à Newport Beach, en Californie. Lexus demande à cette équipe d’imaginer un coupé sportif hybride capable d’incarner une automobile plus émotionnelle tout en développant les nouveaux codes visuels de la marque. Le projet est donc pensé dès l’origine comme une vitrine de design et de technologie plutôt que comme l’annonce détaillée d’un modèle déjà prêt à être industrialisé.

Cette démarche s’inscrit dans une histoire déjà riche en études sportives. Le concept Lexus LF-A avait notamment permis à Lexus d’explorer plusieurs années auparavant le territoire de la supercar. La LF-LC suit une voie différente : elle prend la forme d’un grand coupé 2+2 à moteur avant, propulsion et motorisation hybride, avec une orientation davantage tournée vers le grand tourisme.

Le public découvre la LF-LC au North American International Auto Show de Detroit en janvier 2012. Le concept rouge attire immédiatement l’attention et reçoit l’EyesOn Design Award du meilleur concept-car. Quelques semaines plus tard, Lexus l’expose en Europe au Salon de Genève. La marque dispose alors d’un démonstrateur particulièrement visible de sa nouvelle identité, à une période où la calandre fusiforme commence à devenir un élément central de sa gamme.

Un dessin spectaculaire signé Calty

Avec 4,63 m de long pour 1,95 m de large et seulement 1,27 m de haut, la LF-LC adopte des proportions inhabituelles. Son empattement de 2,80 m permet d’étirer la silhouette, tandis que le long capot et l’habitacle visuellement rejeté vers l’arrière soulignent son architecture de coupé à moteur avant. Les grandes roues de 21 pouces renforcent encore cette impression.

La face avant est dominée par une interprétation particulièrement expressive de la calandre fusiforme Lexus. Son encadrement métallique et son maillage tridimensionnel sont accompagnés d’optiques très effilées et de feux de jour dessinant le motif en L cher à la marque. Les surfaces latérales sont profondément sculptées et dirigent le regard vers des ailes arrière puissantes. À l’arrière, les feux jouent sur un effet visuel de profondeur, tandis que quatre sorties d’échappement rappellent que l’électrification envisagée par Lexus reste associée à un moteur thermique.

L’habitacle poursuit la même recherche formelle. La console centrale très haute enveloppe les occupants avant et sépare nettement les deux côtés du cockpit. Lexus associe cuir, suède, métal et bois à une instrumentation mêlant affichages numériques et éléments analogiques. Deux écrans de 12,3 pouces occupent une place importante dans l’interface, tandis que des surfaces tactiles sont intégrées à la console et aux portes. Pour un concept de 2012, cette volonté de réduire le nombre de commandes physiques traditionnelles participe autant à la démonstration technologique que le groupe hybride.

Une mécanique hybride volontairement peu détaillée

Lexus présente la LF-LC comme un coupé à moteur avant et roues arrière motrices équipé d’une nouvelle génération de son système Advanced Lexus Hybrid Drive. Lors de la présentation européenne, le constructeur évoque une puissance visée supérieure à 500 ch et des émissions de CO2 inférieures à 150 g/km. Ces chiffres correspondent à des objectifs de développement du concept, et non aux résultats d’une homologation d’un véhicule commercialisé.

Le constructeur ne publie en revanche ni cylindrée précise du moteur thermique de la LF-LC originelle, ni couple, ni performances chronométrées. Il serait donc erroné de lui attribuer rétrospectivement le V8 5,0 litres de la future Lexus LC 500. La voiture de 2012 est un concept autonome dont les caractéristiques mécaniques n’ont été que partiellement révélées.

Cette distinction est d’autant plus importante que Lexus approfondit quelques mois plus tard le projet avec une seconde interprétation. Présentée à Sydney en octobre 2012, la LF-LC Blue reçoit une livrée Opal Blue et s’accompagne d’informations techniques supplémentaires. Lexus annonce alors 372 kW, soit 500 hp, pour son système hybride combinant notamment un moteur thermique fonctionnant selon le cycle Atkinson et une batterie à haute énergie.

La LF-LC Blue permet également à Lexus de mettre en avant une construction faisant appel à la fibre de carbone et aux alliages d’aluminium. La marque s’appuie alors sur le savoir-faire acquis avec la Lexus LFA, sans pour autant reprendre simplement la structure de cette supercar. L’objectif annoncé est de combiner faible masse et rigidité dans un grand coupé électrifié.

Fiche technique de la Lexus Lf-lc

CaractéristiqueDonnée
Année de présentation2012
TypeConcept-car, coupé sportif 2+2
ConceptionCalty Design Research, Newport Beach, Californie
MotorisationAdvanced Lexus Hybrid Drive
Puissance annoncéeObjectif supérieur à 500 ch pour le concept initial
ImplantationMoteur avant
TransmissionPropulsion
Longueur4 630 mm
Largeur1 950 mm
Hauteur1 270 mm
Empattement2 800 mm
Roues21 pouces
Pneumatiques265/35 R21
Configuration intérieure2+2 places
Écrans principauxDeux écrans LCD de 12,3 pouces
Émissions annoncéesObjectif inférieur à 150 g/km de CO2
LF-LC Blue372 kW / 500 hp annoncés

LF-LC Blue, une seconde étape du projet

La LF-LC Blue n’est pas simplement le concept de Detroit repeint en bleu dans la communication de Lexus. Dévoilée au Salon de Sydney en octobre 2012, elle sert à développer les thèmes techniques esquissés quelques mois auparavant. Sa teinte Opal Blue est associée à un habitacle blanc et brun, tandis que Lexus communique plus précisément sur la batterie, les matériaux légers et la puissance du système hybride.

La valeur de 372 kW, ou 500 hp, appartient donc à cette évolution et ne doit pas être utilisée pour reconstruire artificiellement une fiche mécanique complète de la LF-LC rouge de Detroit. De même, Lexus n’a pas communiqué pour le concept originel de vitesse maximale ou de 0 à 100 km/h permettant une comparaison rigoureuse avec des automobiles de série.

Cette évolution illustre surtout la rapidité avec laquelle le projet dépasse le stade du simple exercice de style. Lexus commence à envisager concrètement la possibilité de conserver l’allure générale de la LF-LC dans une voiture industrialisable, alors que les concept-cars subissent habituellement d’importantes transformations avant d’atteindre les chaînes de production.

Du concept LF-LC à la Lexus LC de série

L’accueil réservé à la LF-LC joue un rôle décisif dans la suite du programme. Lexus entreprend de transformer les grandes lignes du concept en un véritable coupé de production. Le défi consiste à préserver ses proportions et son identité tout en intégrant les contraintes de sécurité, d’ergonomie, de fabrication et d’utilisation quotidienne. Le résultat apparaît au Salon de Detroit en janvier 2016 sous la forme de la Lexus LC.

La filiation est immédiatement perceptible. La voiture de série conserve une calandre fusiforme spectaculaire, un capot très bas, des optiques acérées, un pavillon fuyant et des ailes arrière fortement modelées. Elle n’est cependant pas une LF-LC simplement mise aux normes. Son architecture, sa structure et ses groupes motopropulseurs répondent aux exigences d’un véhicule destiné à être fabriqué et vendu à grande échelle.

L’hybridation reste néanmoins au coeur de cette descendance avec la Lexus LC 500h. Le modèle de série utilise sa propre chaîne cinématique hybride et ne reprend pas une mécanique dont les caractéristiques auraient été figées dès 2012. La LF-LC doit ainsi être comprise comme un laboratoire ayant fixé une direction plutôt que comme le prototype technique définitif du futur LC.

La place de la LF-LC dans l’histoire des coupés Lexus

La LF-LC occupe une position particulière puisqu’elle n’a jamais été commercialisée et ne possède donc ni tarif neuf, ni volume de production industriel, ni carrière sportive. Son importance tient essentiellement au passage exceptionnellement direct entre une étude de style très spectaculaire et une automobile de série reconnaissable quelques années plus tard.

Elle ne remplace pas davantage un modèle existant. Au moment de sa présentation, Lexus cherche surtout à élargir l’expression de sa gamme vers des automobiles plus émotionnelles. Le constructeur développera parallèlement d’autres coupés, dont la Lexus RC, mais la LF-LC explore un registre plus prestigieux de grand tourisme qui conduira spécifiquement au LC.

La confusion avec la LFA est également à éviter. La LF-LC n’est ni une seconde génération ni une variante hybride de la supercar japonaise. Les deux projets partagent certaines recherches autour des performances, des matériaux et de l’image de marque, mais leurs architectures et leurs objectifs diffèrent. En 2012, la LF-LC ouvre surtout une nouvelle voie : celle d’un grand coupé Lexus combinant design spectaculaire, propulsion et électrification, suffisamment convaincant pour que l’essentiel de son langage visuel survive jusqu’à la production en série.