Présentée en 2016, la Lexus LC est le grand coupé de prestige avec lequel Lexus transforme presque sans filtre les lignes spectaculaires d’un concept-car en automobile de série. Coupé 2+2 à moteur avant et propulsion, elle inaugure la plateforme GA-L et prend place au sommet de la gamme sportive et grand tourisme du constructeur japonais. Deux philosophies mécaniques coexistent dès ses débuts : un V8 atmosphérique de 5,0 litres et une motorisation hybride associant un V6 de 3,5 litres à un moteur électrique.
Du concept LF-LC au coupé de série
L’histoire commence au Salon de Detroit 2012 avec le concept Lexus LF-LC. Ses proportions très basses, ses ailes puissantes et sa calandre particulièrement expressive rencontrent un accueil suffisamment favorable pour encourager Lexus à développer une voiture de série conservant l’essentiel de cette identité. Le défi est inhabituel : il ne s’agit pas simplement de reprendre quelques motifs stylistiques, mais de rendre industrialisable une silhouette initialement conçue avec la liberté d’un concept-car.
Le programme est dirigé sur le plan technique par Koji Sato, tandis que Tadao Mori supervise le design. Cette collaboration étroite entre stylistes et ingénieurs permet notamment de préserver un capot bas, une cabine reculée et de grandes roues rejetées vers les extrémités de la carrosserie. Le LC 500 définitif est dévoilé au Salon de Detroit en janvier 2016. Quelques semaines plus tard, le LC 500h complète la famille et fait ses débuts européens au Salon de Genève.
La production destinée à l’Europe commence en mai 2017 dans l’usine japonaise de Motomachi. Le choix du site possède une portée particulière pour Lexus : cette usine avait notamment accueilli la fabrication de la Lexus LFA. Une ligne spécifique est aménagée pour le LC et les opérations de finition font intervenir les artisans Takumi de la marque. Les premières livraisons européennes interviennent durant l’été 2017.
Le LC s’inscrit dans la tradition des grands coupés de prestige de la marque après la Lexus SC, sans en être une simple nouvelle génération. Il se distingue également du Lexus RC, coupé plus compact et positionné plus bas dans la gamme. Avec le LC, Lexus cherche davantage à construire une GT porte-drapeau qu’un dérivé sportif d’une berline existante.
Une architecture GA-L développée pour le grand tourisme
Le LC est la première Lexus de série construite sur la plateforme GA-L, pour Global Architecture Luxury. Son moteur est installé longitudinalement à l’avant, mais Lexus travaille à le reculer afin de concentrer les masses vers le centre de la voiture. Sur le LC 500 présenté à l’origine, la répartition annoncée approche 52 % sur l’avant et 48 % sur l’arrière.
La structure combine plusieurs matériaux. Des aciers à haute résistance constituent une partie importante de la coque, tandis que l’aluminium et les composites permettent d’alléger certains éléments. Les portes associent notamment une peau en aluminium à une structure intérieure en matériau composite, et certaines configurations disposent d’un toit en plastique renforcé de fibres de carbone. Lors du lancement, Lexus présente cette coque comme la plus rigide jamais réalisée par la marque.
Les suspensions multibras ont été développées pour concilier précision et confort de grand tourisme. De nombreux composants sont réalisés en aluminium forgé afin de contenir les masses non suspendues. Selon la finition, le LC peut recevoir une suspension variable adaptative ainsi qu’un système de gestion dynamique associant direction à démultiplication variable et roues arrière directrices. Les versions les plus orientées vers la conduite disposent également d’un différentiel Torsen.
Malgré cette sophistication, le LC demeure une automobile lourde, proche des deux tonnes selon la motorisation et l’équipement. Lexus ne cherche donc pas à reproduire la philosophie d’une sportive légère. Le long empattement, la position de conduite basse, la rigidité de la structure et le travail sur la répartition des masses servent plutôt une conception moderne de la GT, capable d’associer stabilité, confort et comportement précis.
V8 atmosphérique ou système hybride Multi Stage
La Lexus LC 500 reçoit le V8 atmosphérique 2UR-GSE de 4 969 cm3. Dans sa spécification européenne de lancement, il développe 477 ch à 7 100 tr/min et 540 Nm à 4 800 tr/min. Il est associé à une boîte automatique Direct Shift à dix rapports et entraîne les roues arrière. Des évolutions réglementaires et de gamme ont ensuite conduit la puissance européenne à 464 ch sur des millésimes plus récents, ce qui explique la présence de deux valeurs dans les documentations consacrées au modèle.
La Lexus LC 500h adopte une approche très différente. Son V6 atmosphérique de 3 456 cm3 fonctionne avec un moteur électrique et inaugure le Multi Stage Hybrid System. Ce dispositif combine la transmission hybride Lexus avec un mécanisme à quatre rapports afin d’élargir la plage d’utilisation et de simuler dix rapports de conduite. La puissance système est généralement donnée à 359 ch dans les spécifications européennes, tandis que les premières communications françaises annonçaient 354 ch.
Ces deux mécaniques donnent ainsi au même coupé deux personnalités distinctes sans modifier son architecture fondamentale à propulsion. Le V8 privilégie la réponse et la montée en régime d’un moteur atmosphérique de forte cylindrée, tandis que l’hybride exploite l’assistance électrique et une transmission spécifique. Dans les données européennes de lancement, le LC 500 réalise le 0 à 100 km/h en environ 4,7 secondes et atteint 270 km/h, contre environ 5 secondes et 250 km/h pour le LC 500h.
Fiche technique de la Lexus Lc
| Caractéristique | LC 500 | LC 500h |
|---|---|---|
| Architecture moteur | V8 essence atmosphérique | V6 essence atmosphérique et moteur électrique |
| Cylindrée | 4 969 cm3 | 3 456 cm3 pour le moteur thermique |
| Puissance au lancement européen | 477 ch à 7 100 tr/min | 354 ch annoncés initialement en France, puis 359 ch selon les spécifications européennes |
| Couple du moteur thermique | 540 Nm à 4 800 tr/min | Environ 348 Nm |
| Puissance du moteur électrique | Non applicable | 132 kW, 179 ch |
| Couple du moteur électrique | Non applicable | 300 Nm |
| Implantation | Moteur longitudinal avant | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion | Propulsion |
| Boîte | Automatique Direct Shift à 10 rapports | Multi Stage Hybrid System avec mécanisme à 4 rapports et 10 rapports programmés |
| Structure | Plateforme GA-L, aciers à haute résistance, aluminium et composites | Plateforme GA-L, aciers à haute résistance, aluminium et composites |
| Suspensions | Multibras avant et arrière | Multibras avant et arrière |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique, VGRS et roues arrière directrices selon version | Crémaillère à assistance électrique, VGRS et roues arrière directrices selon version |
| Freins | Disques ventilés aux quatre roues, étriers avant à 6 pistons au lancement | Disques ventilés aux quatre roues |
| Jantes | 20 ou 21 pouces selon version | 20 ou 21 pouces selon version |
| Pneus 20 pouces | 245/45 RF20 avant, 275/40 RF20 arrière | 245/45 RF20 avant, 275/40 RF20 arrière selon version |
| Pneus 21 pouces | 245/40 RF21 avant, 275/35 RF21 arrière | 245/40 RF21 avant, 275/35 RF21 arrière selon version |
| Longueur | Environ 4 770 mm en spécification européenne | Environ 4 770 mm en spécification européenne |
| Largeur | 1 920 mm | 1 920 mm |
| Hauteur | Environ 1 345 mm | Environ 1 345 mm |
| Empattement | 2 870 mm | 2 870 mm |
| Voies | Environ 1 630 mm avant, 1 635 mm arrière selon spécification | Environ 1 630 mm avant, 1 635 mm arrière selon spécification |
| Poids | Environ 2 000 kg selon millésime et équipement | Environ 1 935 à 2 020 kg selon équipement et définition |
| 0 à 100 km/h | Environ 4,7 s en spécification européenne de lancement | Environ 5,0 s |
| Vitesse maximale | 270 km/h | 250 km/h |
| Consommation au lancement | 11,5 l/100 km, cycle d’homologation de l’époque | 6,4 l/100 km, cycle d’homologation de l’époque |
| Émissions de CO2 au lancement | 263 g/km | 145 g/km |
| Réservoir | 82 litres sur les principales spécifications européennes | 82 litres sur les principales spécifications européennes |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2+2 | Coupé 2 portes, 2+2 |
Un dessin très proche du concept d’origine
La silhouette constitue l’un des éléments déterminants du LC. Le capot est bas et très long, le pavillon plonge rapidement vers l’arrière et les passages de roues structurent fortement les flancs. Avec 1,92 m de large pour environ 1,35 m de haut, le coupé possède des proportions particulièrement étirées. Les poignées affleurantes et l’effet de toit flottant renforcent la continuité des surfaces.
À l’avant, l’immense calandre en fuseau est encadrée par des projecteurs à trois LED particulièrement compacts. Leur faible encombrement a permis aux designers de conserver la hauteur de capot recherchée. Les feux de jour en forme de L sont installés séparément sous les projecteurs. À l’arrière, les feux utilisent un jeu de miroirs créant un effet de profondeur, autre signature immédiatement reconnaissable du modèle.
L’habitacle suit une logique plus fonctionnelle. Le conducteur est installé bas et entouré d’une planche de bord orientée vers son poste de conduite. Le combiné d’instruments reprend certains principes introduits par la LFA et la boîte du LC 500 dispose de palettes en magnésium. Cuir, Alcantara et assemblages réalisés avec une forte part d’intervention manuelle inscrivent parallèlement le modèle dans l’univers du grand tourisme de luxe.
Évolutions, cabriolet et séries spéciales
Lexus fait évoluer le LC régulièrement sans bouleverser sa formule. Les modifications concernent notamment les suspensions, les masses non suspendues, la transmission, les équipements de sécurité et le système multimédia. Une évolution importante intervient pour le millésime 2024 avec l’adoption d’un écran tactile de 12,3 pouces et plusieurs ajustements de châssis et d’équipement.
La famille s’élargit également au cabriolet. Après un concept présenté en 2019, le LC 500 Convertible de série est dévoilé la même année à Los Angeles. Il conserve le V8 atmosphérique et reçoit une capote textile ainsi que les renforts nécessaires à une carrosserie ouverte. Cette déclinaison ne remplace pas le coupé et constitue une branche distincte de la gamme LC.
Plusieurs séries spéciales jalonnent sa carrière. La Yellow Edition apparaît en Europe à la fin des années 2010, suivie notamment de l’Hokkaido Edition. L’Ultimate Edition se distingue plus tard par sa peinture mate Hakugin White, ses éléments extérieurs noirs, ses jantes forgées de 21 pouces et une plaque individuelle. Les équipements et disponibilités de ces séries varient selon les marchés.
Prix, production et carrière en compétition
Lors de l’ouverture des commandes françaises en mars 2017, Lexus annonce un tarif de 109 000 euros en finition Executive et 119 000 euros en Sport+, avec une politique tarifaire identique pour les deux motorisations. Ces prix progressent ensuite au fil des millésimes et des évolutions d’équipement. Le caractère relativement confidentiel du LC tient autant à son positionnement tarifaire qu’à sa place très spécifique dans la gamme Lexus.
Le nom LC 500 possède aussi une histoire en compétition, mais la voiture de course doit être clairement distinguée du coupé de route. La LC500 engagée en catégorie GT500 du championnat japonais Super GT à partir de 2017 répond à une réglementation spécifique et utilise notamment un quatre cylindres 2,0 litres turbocompressé, sans rapport mécanique direct avec le V8 atmosphérique de la voiture de série.
Son arrivée en compétition est immédiatement couronnée de succès. Pour sa première manche à Okayama en 2017, la LC500 remporte la course et les six voitures engagées occupent les six premières places. Lexus gagne les quatre premières manches de la saison, avant que Ryo Hirakawa et Nick Cassidy décrochent le titre GT500 2017 au volant de la KeePer TOM’S LC500 numéro 37.




