Mazda 121

Mazda 121

La Mazda 121 occupe une place inhabituelle dans l’histoire du constructeur japonais. Ce nom n’a pas désigné une seule lignée technique, mais plusieurs automobiles très différentes entre 1975 et le début des années 2000. La première était un grand coupé à propulsion apparenté au Cosmo AP. À partir des années 1980, 121 devient surtout l’appellation de petites Mazda destinées à l’exportation, avant d’être portée en Europe par une voiture étroitement dérivée de la Ford Fiesta.

Cette succession explique pourquoi deux Mazda 121 peuvent n’avoir presque rien en commun. Pour comprendre le modèle, il faut donc suivre l’histoire du nom plutôt que chercher une continuité de plateforme ou de carrosserie.

Une première Mazda 121 très éloignée de la citadine

L’appellation apparaît en 1975 avec la deuxième génération du Cosmo AP. Sur certains marchés d’exportation, cette automobile est commercialisée comme Mazda 121 Coupé ou 121L. Il s’agit alors d’un coupé deux portes aux proportions généreuses, avec un long capot, une ligne basse et une architecture à propulsion. Rien ne préfigure encore les petites 121 qui rendront ce numéro familier en Europe une décennie plus tard.

Cette première 121 doit également être distinguée des versions à moteur rotatif du Mazda Cosmo. La version européenne documentée sous le nom 121 reçoit un quatre cylindres à pistons de 1 769 cm3 développant environ 83 ch DIN. Associé à une boîte manuelle à cinq rapports, il entraîne les roues arrière. Avec environ 4,48 m de longueur et 2,51 m d’empattement, cette voiture appartient clairement à une catégorie supérieure à celle des futures citadines portant le même nom.

La 121 des années 1970 s’inscrit ainsi dans une période où Mazda multiplie les coupés et adapte leurs appellations aux marchés d’exportation. Dans cette gamme, elle côtoie notamment des modèles comme la Mazda 929 Coupé. L’intérêt historique de cette première 121 tient surtout au fait qu’elle constitue l’origine d’un nom qui sera ensuite complètement réinterprété.

La 121 devient une petite voiture dans les années 1980

Le changement de cap intervient au milieu des années 1980. Mazda développe alors une petite traction qui entretient des liens étroits avec Ford et donne notamment naissance à la Ford Festiva. Exportée sous l’appellation Mazda 121 sur plusieurs marchés, cette génération connue par son code DA transforme totalement l’identité du nom.

La 121 DA est une compacte trois portes d’environ 3,48 m, légère et beaucoup plus simple que le coupé de 1975. Ses moteurs quatre cylindres essence de petite cylindrée sont adaptés à une utilisation urbaine et économique. Le 1,3 litre B3 proposé sur certaines versions développe environ 67 ch. Une variante à grand toit souple coulissant renforce également la personnalité de cette petite 121.

Dans la hiérarchie Mazda, la voiture se place désormais sous la Mazda 323. Cette orientation fixe durablement le rôle du numéro 121 en Europe : celui d’un modèle d’accès compact, même si son architecture continuera à changer au fil des générations.

La Mazda 121 DB et sa silhouette en bulle

Au début des années 1990 apparaît la 121 la plus immédiatement reconnaissable. Lancée au Japon en septembre 1990 comme Autozam Revue, elle est commercialisée à l’exportation sous le nom Mazda 121. En Europe, cette génération DB arrive au début des années 1990 et rompt avec la silhouette à hayon de sa devancière.

Longue d’environ 3,81 m, la DB adopte une carrosserie quatre portes à coffre, mais ses proportions sont très particulières. Son pavillon élevé, ses formes arrondies, son arrière court et sa surface vitrée généreuse lui donnent une allure presque ovoïde. Mazda cherchait à offrir une bonne habitabilité dans un encombrement réduit plutôt qu’à reproduire les proportions d’une berline traditionnelle.

La version Canvas Top constitue l’une de ses caractéristiques les plus mémorables. Une grande partie du pavillon peut s’ouvrir grâce à une toile coulissante électriquement, offrant une sensation proche de celle d’une découvrable sans transformer la 121 en véritable cabriolet. Ce dispositif contribue aujourd’hui encore à distinguer visuellement la DB des autres voitures ayant porté le même nom.

La gamme varie suivant les pays. Mazda proposait notamment des quatre cylindres essence de 1,3 et 1,5 litre, tandis que certains marchés européens ont également connu une petite motorisation 1,1 litre. Le 1,3 16 soupapes atteint environ 72 ch dans certaines configurations. Boîte manuelle à cinq rapports et transmission automatique ont coexisté selon les versions.

En 1996, deux Mazda 121 différentes coexistent

L’histoire devient plus complexe en 1996. Pour plusieurs grands marchés européens, Mazda adopte une voiture produite par Ford et très étroitement dérivée de la Fiesta contemporaine. Cette nouvelle 121 est proposée en trois et cinq portes. Sa carrosserie, son architecture et une partie importante de ses composants proviennent directement du modèle Ford, tandis que les emblèmes, la calandre et certains éléments de présentation l’intègrent à la gamme Mazda.

Cette 121 européenne est une traction à moteur transversal avant. Parmi ses mécaniques figure un quatre cylindres essence de 1 299 cm3 développant 60 ch et 105 Nm. Des diesels 1,8 litre complètent l’offre, dont une version DiTD de 75 ch en fin de carrière. Le positionnement reste celui d’une petite automobile rationnelle et accessible, sans lien technique direct avec la 121 DB qu’elle remplace.

Au même moment, Mazda développe au Japon une autre petite voiture. La première Mazda Demio, lancée en 1996, adopte cinq portes, une carrosserie haute et un habitacle particulièrement modulable. Sur certains marchés d’exportation, elle est elle aussi vendue sous le nom Mazda 121. Deux véhicules de conception différente peuvent donc porter simultanément la même appellation selon le pays : une Fiesta adaptée par Mazda en Europe et une Demio conçue par Mazda ailleurs.

Cette particularité est essentielle lorsqu’il s’agit d’identifier une 121 de la fin des années 1990. Une fiche technique annonçant une carrosserie haute, des moteurs Mazda 1,3 ou 1,5 litre et une architecture de petit break polyvalent décrit généralement la Demio/121. Une voiture européenne ressemblant presque trait pour trait à une Fiesta correspond au contraire à la 121 produite par Ford.

Fiche technique de la Mazda 121

Caractéristique121/Cosmo 1975121 DA121 DB/Revue121 européenne 1996-2002
ArchitectureMoteur avant, propulsionMoteur avant, tractionMoteur avant, tractionMoteur avant transversal, traction
CarrosserieCoupé 2 portes3 portes à hayonBerline 4 portes3 ou 5 portes à hayon
Moteurs documentés4 cylindres essence 1 769 cm34 cylindres essence, notamment 1,1 et 1,3 litre selon marché4 cylindres essence 1,1, 1,3 ou 1,5 litre selon marchéEssence 1,3 litre et diesel 1,8 litre selon version
Puissance indicativeEnviron 83 ch DINEnviron 67 ch pour le 1,3 B3 documentéEnviron 72 ch pour certaines versions 1,3 16V60 ch pour le 1.3, jusqu’à 75 ch pour le 1.8 DiTD tardif
BoîteManuelle 5 rapportsManuelle 4 ou 5 rapports selon versionManuelle 5 rapports ou automatique selon versionManuelle 5 rapports sur les versions françaises documentées
LongueurEnviron 4 475 mmEnviron 3 475 mmEnviron 3 810 mmEnviron 3 830 mm
LargeurEnviron 1 685 mmEnviron 1 605 mmEnviron 1 655 mmEnviron 1 630 mm
HauteurEnviron 1 325 mmEnviron 1 450 mmEnviron 1 470 à 1 495 mmEnviron 1 330 mm
Empattement2 510 mmVariable selon versionEnviron 2 390 mmEnviron 2 440 à 2 450 mm
Pneumatiques documentés185/70 SR14Selon versionSelon version165/70 R13 sur 1.3 LTX, 175/65 R14 sur DiTD documenté
ParticularitéDérivée du Cosmo AP d’exportationPetite 3 portes, toit ouvrant souple sur certaines versionsCanvas Top disponibleÉtroitement dérivée de la Ford Fiesta

Du nom 121 à la Mazda2

La carrière européenne de la 121 s’achève au début des années 2000. Mazda abandonne progressivement cette nomenclature numérique à trois chiffres au profit d’une identité mondiale plus cohérente pour ses voitures particulières. La petite voiture qui prend la relève devient la Mazda 2, elle-même étroitement liée à l’évolution de la Demio japonaise.

Le nom 121 reste donc atypique dans l’histoire de Mazda. Entre le coupé à propulsion de 1975, la petite DA, l’étonnante berline DB, la Fiesta rebadgée et la Demio vendue sous ce numéro dans certains pays, il recouvre plusieurs programmes automobiles indépendants. Cette diversité explique à la fois les importantes différences de caractéristiques rencontrées dans les catalogues et la nécessité d’identifier l’année, le marché et le type de carrosserie avant d’attribuer une motorisation ou une fiche technique à une Mazda 121.