Nissan 240sx

Nissan 240sx

Commercialisée en Amérique du Nord à partir du millésime 1989, la Nissan 240SX occupe une place particulière dans l’histoire des coupés sportifs japonais. Propulsion à moteur avant, elle appartient à la famille S de Nissan, mais ses spécifications ont été adaptées au marché nord-américain. Deux générations se succèdent, S13 puis S14, jusqu’au millésime 1998. Cette carrière relativement courte a pourtant suffi à faire de la 240SX l’une des Nissan les plus associées à la culture drift et aux préparations sur base S-chassis.

La principale difficulté consiste à ne pas la confondre avec ses cousines japonaises et européennes. La 240SX partage son architecture avec plusieurs générations de Nissan Silvia, mais elle se distingue notamment par ses moteurs KA de 2,4 litres atmosphériques. Les célèbres CA18DET et SR20DET turbo rencontrés sur d’autres S-chassis n’ont jamais constitué des motorisations d’origine de la 240SX nord-américaine.

Une sportive développée pour l’Amérique du Nord

La 240SX prend la relève de la 200SX de génération S12 sur le marché nord-américain. Nissan conserve une formule classique pour une sportive compacte : moteur monté longitudinalement à l’avant et roues arrière motrices. À la fin des années 1980, cette architecture la distingue de nombreuses compactes sportives passées à la traction, tout en maintenant son positionnement sous des modèles plus ambitieux de la marque.

La première génération repose sur l’architecture S13. Sa parenté avec la Nissan Silvia S13 est donc réelle, mais les deux appellations ne sont pas interchangeables. Nissan adapte carrosseries, équipements et surtout moteurs en fonction des marchés. La 240SX reçoit ainsi un quatre cylindres de 2 389 cm3 conçu pour privilégier une cylindrée et un couple relativement importants plutôt que la suralimentation proposée sur certaines variantes japonaises.

La gamme S13 nord-américaine comprend un coupé à coffre et un fastback à hayon. Ce dernier est visuellement très proche de la Nissan 180SX japonaise, notamment avec ses phares escamotables, mais la ressemblance extérieure ne doit pas masquer la différence mécanique. Une version cabriolet de la 240SX complète également ponctuellement la gamme.

Dans la hiérarchie sportive Nissan du début des années 1990, la 240SX représente une proposition plus accessible et plus simple que la Nissan 300ZX Z32. Là où cette dernière mise sur des six cylindres, des performances supérieures et une technologie plus sophistiquée, la 240SX privilégie une mécanique quatre cylindres, un gabarit plus compact et une architecture favorable à l’agilité.

De la S13 à la S14

Les millésimes 1989 et 1990 utilisent le moteur KA24E. Ce quatre cylindres atmosphérique de 2,4 litres possède un simple arbre à cames en tête et 12 soupapes. À partir du millésime 1991, Nissan introduit le KA24DE à double arbre à cames et 16 soupapes. Cette évolution accompagne un restylage de la S13 et porte la puissance nord-américaine communément documentée à environ 155 hp.

Le changement de génération intervient pour le millésime 1995. La S14 abandonne le fastback et les phares escamotables : la 240SX devient exclusivement un coupé à coffre, plus large et doté d’un empattement porté à 2 525 mm. Elle est étroitement apparentée à la Nissan Silvia S14, mais conserve le KA24DE atmosphérique de 2,4 litres là où certaines Silvia japonaises disposent notamment du SR20DET turbo.

Les S14 1995 et 1996 possèdent une face avant relativement douce, avec des projecteurs aux formes arrondies. Le millésime 1997 apporte une évolution esthétique beaucoup plus visible : projecteurs plus anguleux, capot, ailes et boucliers redessinés donnent au coupé une expression plus agressive. Les amateurs utilisent couramment les termes japonais Zenki et Kouki pour différencier les deux phases, même si ces appellations ne constituaient pas les noms commerciaux nord-américains de la 240SX.

La gamme varie selon les années entre différentes finitions, notamment Base, SE et LE. Certaines configurations bénéficient de roues de 16 pouces, d’un montage à cinq goujons ou d’un différentiel à glissement limité visqueux. La boîte manuelle à cinq rapports correspond particulièrement bien à la vocation du modèle, tandis qu’une automatique à quatre rapports est également proposée.

Fiche technique de la Nissan 240sx

Caractéristique240SX S13240SX S14
PériodeMillésimes 1989 à 1994Millésimes 1995 à 1998
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsionMoteur avant longitudinal, propulsion
Moteur 1989-1990KA24E, 4 cylindres en ligne, SOHC, 12 soupapesNon concerné
Moteur 1991-1998KA24DE, 4 cylindres en ligne, DOHC, 16 soupapesKA24DE, 4 cylindres en ligne, DOHC, 16 soupapes
Cylindrée2 389 cm32 389 cm3
Alésage x course89 x 96 mm89 x 96 mm
AlimentationInjection électroniqueInjection électronique
Puissance KA24DEEnviron 155 hp à 5 600 tr/minEnviron 155 hp à 5 600 tr/min
Couple KA24DEEnviron 217 Nm à 4 400 tr/minEnviron 217 Nm à 4 400 tr/min
BoîtesManuelle 5 rapports ou automatique 4 rapportsManuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports
StructureMonocoque, plate-forme S13Monocoque, plate-forme S14
Suspension avantIndépendante à jambes de forceIndépendante à jambes de force
Suspension arrièreIndépendante multibrasIndépendante multibras
DirectionCrémaillère assistéeCrémaillère assistée
Freins avantDisques ventilésDisques ventilés
LongueurEnviron 4 520 mm selon carrosserieEnviron 4 500 mm
LargeurEnviron 1 690 mmEnviron 1 730 mm
HauteurEnviron 1 290 mmEnviron 1 290 mm
Empattement2 475 mm2 525 mm
PoidsVariable selon carrosserie et équipement, autour de 1 200 kg sur certaines versionsEnviron 1 250 kg sur certaines versions manuelles
CarrosseriesCoupé, fastback et cabriolet selon millésimeCoupé 2 portes

Pourquoi la 240SX n’est pas une Silvia ou une 180SX américaine

Les différentes appellations des S-chassis sont à l’origine de nombreuses erreurs. Le nom 240SX désigne spécifiquement une déclinaison destinée à l’Amérique du Nord. Le chiffre 240 renvoie logiquement à son moteur de 2,4 litres, alors que les noms employés au Japon ou en Europe correspondaient à d’autres gammes et à d’autres mécaniques. La Nissan 200SX illustre justement la nécessité de raisonner par marché, génération et motorisation plutôt que par simple ressemblance extérieure.

Cette distinction est particulièrement importante pour les moteurs. Une 240SX S13 d’origine possède un KA24E ou un KA24DE atmosphérique, jamais le CA18DET turbo d’une 180SX japonaise. La même logique vaut pour la S14 : la présence d’un SR20DET sous le capot d’une 240SX indique normalement une transformation, et non une rare version turbo commercialisée par Nissan aux États-Unis.

Ces échanges de moteurs sont devenus tellement fréquents qu’ils ont contribué à brouiller l’identité du modèle. Le compartiment moteur relativement accueillant, la propulsion et l’importante communauté technique entourant les S-chassis ont favorisé les conversions. Une voiture profondément modifiée peut donc s’éloigner considérablement des caractéristiques d’une 240SX sortie d’usine.

Un châssis devenu une référence pour le drift

La réputation actuelle de la 240SX repose moins sur ses performances d’origine que sur son architecture. Son moteur longitudinal, sa propulsion, sa suspension arrière multibras et son poids contenu constituent une base cohérente pour une sportive accessible. Le KA24 offre par ailleurs une cylindrée importante pour un quatre cylindres de cette catégorie, avec une course de 96 mm favorisant le couple à régime modéré.

À partir des années 2000, la diffusion de la culture drift japonaise en Amérique du Nord transforme progressivement le statut du modèle. Les S13 et S14 deviennent des bases recherchées pour le drift, l’autocross, le time attack et les préparations routières. Les échanges de moteurs, modifications de suspension et transformations de carrosserie se multiplient. Cette popularité explique aussi pourquoi trouver aujourd’hui un exemplaire strictement conforme à sa configuration d’origine peut être plus difficile que ne le laisseraient penser les volumes initialement commercialisés.

Cette carrière sportive est surtout celle des propriétaires et préparateurs : la 240SX nord-américaine ne possède pas à elle seule le vaste palmarès officiel parfois attribué indistinctement aux Silvia et autres S-chassis engagés en compétition. Son importance tient davantage à la manière dont une automobile de série relativement simple est devenue une plate-forme majeure de la scène sportive amateur.

Une identité visuelle très différente selon les générations

Une S13 fastback se reconnaît immédiatement à ses phares escamotables, à son capot très bas et à sa grande lunette arrière inclinée. Le coupé S13 conserve une proue comparable mais adopte une poupe à coffre nettement différente. Cette coexistence de deux silhouettes sous une même appellation constitue une particularité importante de la première 240SX.

La S14 change profondément de registre. Ses projecteurs fixes, ses surfaces plus arrondies et sa carrosserie élargie lui donnent une allure plus mature. Le restylage de 1997 durcit ensuite nettement le dessin de la face avant. Malgré ces transformations, les deux générations restent liées par leur implantation mécanique et par une conception centrée sur la propulsion.

Fin de carrière et changement d’époque chez Nissan

La 240SX disparaît du catalogue nord-américain après le millésime 1998. Nissan ne commercialise pas de 240SX basée sur la S15 : la génération suivante de Silvia poursuit sa carrière au Japon sans équivalent direct portant ce nom aux États-Unis. Il faut donc éviter de présenter une éventuelle S15 importée comme une troisième génération de 240SX.

La disparition du modèle laisse également un vide particulier dans la gamme américaine : Nissan ne lui donne pas de successeur direct reprenant le concept, le positionnement et l’appellation. Quelques années plus tard, la Nissan 350Z marque le retour d’un coupé Nissan à propulsion en Amérique du Nord, mais dans la lignée Z et avec un moteur V6, un positionnement et une filiation entièrement différents.