Nissan Silvia S14

Nissan Silvia S14

La Nissan Silvia S14 apparaît au Japon en octobre 1993. Sixième génération de la Nissan Silvia, elle conserve la recette fondamentale de la lignée, avec un moteur monté longitudinalement à l’avant et une transmission aux roues arrière, mais adopte une carrosserie plus large et plus arrondie que celle de sa devancière. Cette évolution donne naissance à l’une des sportives japonaises les plus identifiables des années 1990, notamment dans sa version K’s équipée du quatre-cylindres turbo SR20DET.

Une Silvia plus large pour succéder à la S13

La S14 prend la relève de la Nissan Silvia S13, génération qui avait contribué à installer durablement la Silvia parmi les coupés sportifs populaires de Nissan. Le constructeur ne se contente pas d’en moderniser la carrosserie. La nouvelle génération gagne en largeur, avec 1 730 mm pour une K’s japonaise, et repose sur un empattement de 2 525 mm. Nissan cherche ainsi à améliorer la stabilité, l’espace disponible à bord et la sécurité en cas de collision.

Cette croissance a une conséquence particulière sur le marché japonais. Par ses dimensions, la S14 quitte la catégorie réglementaire plus avantageuse dans laquelle s’inscrivait sa devancière. Son style traduit également ce changement de philosophie : les formes sont plus fluides, la proue plus basse et les ailes davantage intégrées à une silhouette de coupé trois volumes. La S14 n’adopte pas les phares escamotables associés à certaines variantes de la génération précédente.

La gamme japonaise reprend les appellations J’s, Q’s et K’s déjà connues. Les premières privilégient le moteur atmosphérique, tandis que la K’s constitue la proposition la plus performante grâce au SR20DET turbocompressé. Cette organisation permet à Nissan de proposer le même coupé avec des caractères sensiblement différents sans modifier son architecture fondamentale.

SR20DE et SR20DET, deux visages du quatre-cylindres 2 litres

Au Japon, la Silvia S14 est étroitement associée à la famille SR20. Les versions atmosphériques utilisent le SR20DE, tandis que la K’s reçoit le SR20DET. Ce dernier est un quatre-cylindres en ligne de 1 998 cm³ à double arbre à cames en tête et 16 soupapes, alimenté par injection et suralimenté par turbocompresseur. Dans la K’s japonaise documentée par Nissan, il développe 220 PS à 6 000 tr/min et 274 Nm à 4 800 tr/min.

La présence du système de calage variable NVCS à l’admission participe aux évolutions du SR20DET monté dans la S14. Associé à une boîte manuelle à cinq rapports ou, selon la version, à une transmission automatique à quatre rapports, ce moteur transmet sa puissance exclusivement aux roues arrière. Certaines configurations disposent également d’un différentiel à glissement limité visqueux.

Le comportement repose sur une suspension indépendante, avec jambes de force à l’avant et architecture multibras à l’arrière. Cette combinaison, ajoutée à la propulsion et à un poids contenu pour un coupé de cette taille, explique en partie l’intérêt ultérieur de la S14 dans les disciplines privilégiant le contrôle du train arrière. Certaines variantes japonaises pouvaient en outre recevoir le système de roues arrière directrices Super HICAS.

Fiche technique de la Nissan Silvia S14

CaractéristiqueNissan Silvia S14 K’s Type S
Période de la génération1993 à 1998 au Japon
CarrosserieCoupé 2 portes
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
MoteurSR20DET, 4 cylindres en ligne, DOHC 16 soupapes, turbo
Cylindrée1 998 cm³
Puissance220 PS à 6 000 tr/min
Couple274 Nm à 4 800 tr/min
AlimentationInjection électronique, turbocompresseur et intercooler
TransmissionRoues arrière motrices
BoîtesManuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports selon version
Suspension avantJambes de force
Suspension arrièreMultibras indépendante
FreinsDisques ventilés à l’avant, disques à l’arrière
Pneumatiques205/55 R16 89V sur la K’s Type S documentée par Nissan
Longueur4 500 mm
Largeur1 730 mm
Hauteur1 295 mm
Empattement2 525 mm
Voie avant1 480 mm
Voie arrière1 470 mm
Poids1 220 kg pour la K’s Type S de référence

Silvia, 200SX et 240SX : des S14 aux mécaniques différentes

L’une des principales sources de confusion autour de la S14 vient de sa commercialisation internationale. La Silvia est l’appellation japonaise, mais Nissan utilise d’autres noms sur certains marchés. En Europe, le coupé de génération S14 est notamment commercialisé sous l’appellation Nissan 200sx. Il conserve le SR20DET, mais sa spécification européenne est donnée pour 200 PS, soit 147 kW, avec 265 Nm de couple. Ces chiffres ne contredisent donc pas les 220 PS de la K’s japonaise : ils correspondent à des versions destinées à des marchés différents.

La situation nord-américaine est encore plus distincte. La Nissan 240sx de génération S14 reprend l’architecture générale et une carrosserie apparentée, mais elle reçoit le KA24DE atmosphérique de 2,4 litres. Présenter toutes les S14 comme des voitures équipées du SR20DET serait donc incorrect. Le nom commercial, le moteur, les équipements et certaines caractéristiques techniques doivent toujours être rattachés au marché concerné.

La S14 ne remplace pas non plus immédiatement toutes les sportives issues de la précédente famille S. La Nissan 180sx, reconnaissable à sa carrosserie fastback et à ses phares escamotables, poursuit sa carrière au Japon parallèlement à la nouvelle Silvia. Nissan dispose ainsi durant plusieurs années de deux interprétations différentes de sa formule de coupé propulsion.

Zenki et Kouki, les deux visages de la S14

La carrière de la S14 est marquée par un important restylage en 1996. Les amateurs distinguent généralement les voitures antérieures sous le nom de Zenki et les modèles restylés sous celui de Kouki. La première version se reconnaît à ses lignes très arrondies, notamment autour des projecteurs et de la partie avant. La seconde adopte un regard beaucoup plus étroit et anguleux, accompagné de boucliers et de détails de carrosserie remaniés.

Cette seconde phase est aussi couramment appelée S14A, particulièrement en Europe et dans la documentation consacrée aux 200SX. Cette désignation ne correspond toutefois pas à une nouvelle génération comparable au passage d’une S14 à une S15. Il s’agit toujours de la même famille S14, profondément actualisée sur le plan esthétique.

Les versions Aero renforcent encore l’identité visuelle du coupé avec des éléments aérodynamiques spécifiques et, selon les configurations, un aileron arrière plus imposant. La grande variété de finitions et d’équipements impose néanmoins de ne pas considérer un élément de carrosserie isolé comme caractéristique de toutes les Silvia S14.

De la route au JGTC

La S14 connaît également une carrière en compétition. Elle apparaît notamment dans le championnat japonais JGTC, où les voitures engagées n’ont évidemment plus grand-chose de commun techniquement avec une K’s de série. En 1997, Manabu Orido et Hideo Fukuyama remportent le championnat GT300 au volant de la Silvia S14 engagée par Racing Project Bandoh, résultat qui inscrit directement le modèle dans l’histoire du championnat japonais de Grand Tourisme.

Nissan conserve dans sa collection patrimoniale une Silvia représentative de la spécification JGTC 1998. Son SR20DET dépasse 320 PS et la voiture utilise des pneumatiques de compétition de 18 pouces. Ces valeurs concernent exclusivement la déclinaison de course et ne doivent pas être assimilées aux caractéristiques des S14 homologuées pour la route.

La S14 sert aussi de base à la Nismo 270R, dérivée de la K’s et profondément retravaillée. Son nom fait référence à une puissance portée à 270 PS. Préparation mécanique, châssis, présentation et aérodynamique spécifiques en font l’une des variantes les plus recherchées associées à cette génération, même si elle doit être distinguée de la production Silvia ordinaire.

La fin de la S14 et l’arrivée de la S15

La production japonaise de la S14 s’achève à la fin des années 1990, avant l’arrivée de la Nissan Silvia S15 en janvier 1999. Cette dernière revient notamment à une carrosserie plus étroite, avec 1 695 mm de largeur, alors que la S14 atteignait 1 730 mm. La succession ne doit pas être confondue avec les calendriers d’exportation de la 200SX, qui diffèrent de celui de la Silvia japonaise.

La génération S14 occupe ainsi une position très précise dans la chronologie de Nissan : plus grande et plus mature que la S13, mais toujours construite autour d’une mécanique quatre-cylindres, d’une propulsion et d’un châssis relativement simple. Son contemporain Nissan Skyline R33 illustre une autre approche de la sportive Nissan des mêmes années, avec une gamme, des moteurs et une architecture distincts.

La popularité ultérieure de la S14 dans le drift et la préparation a profondément transformé le parc survivant. Beaucoup d’exemplaires ont reçu des modifications de moteur, de suspension, de différentiel ou de carrosserie, ce qui rend aujourd’hui particulièrement importante l’identification de la spécification d’origine. Pour une S14 authentiquement japonaise, la distinction entre finition atmosphérique et K’s turbo, entre Zenki et Kouki et entre équipements d’usine constitue ainsi une partie essentielle de l’identité du modèle.