Porsche Spyder

Porsche Spyder

Présentée en 2019, la Porsche Spyder traitée ici correspond précisément à la Porsche 718 Spyder de type 982. Ce roadster biplace à moteur central occupe alors une place particulière dans la gamme 718 : plutôt que de simplement renforcer la puissance du Boxster, Porsche lui associe un six-cylindres atmosphérique de 4,0 litres, un châssis issu de la famille GT et une aérodynamique réellement fonctionnelle.

Le nom peut prêter à confusion, car « Spyder » traverse plusieurs époques de l’histoire Porsche. Il apparaît sur des voitures aussi différentes que la Porsche 550 Spyder des années 1950 et la Porsche 918 Spyder hybride. Dans le cas du modèle lancé en 2019, il désigne un roadster 718 de 420 ch, distinct du 718 Spyder RS de 500 ch apparu en 2023.

Un Spyder développé comme une véritable Porsche GT

Porsche dévoile le 718 Spyder le 18 juin 2019 en même temps que le Cayman GT4. Le rapprochement entre les deux modèles dépasse largement leur calendrier de lancement. Pour la première fois sur un Spyder moderne, Porsche adopte le châssis haute performance développé pour le GT4. Le roadster ne constitue donc pas simplement une déclinaison plus puissante du Porsche 718 Boxster, mais une interprétation nettement plus radicale de la même architecture à moteur central.

Cette génération succède au Porsche Boxster Spyder type 981. Celui-ci utilisait un flat-six atmosphérique de 3,8 litres développant 375 ch. Son remplaçant gagne 45 ch tout en conservant les principes qui définissent le Spyder moderne : deux places, une capote légère, un poids contenu et une présentation volontairement plus dépouillée que celle d’un cabriolet de grand tourisme.

Le passage à l’appellation 718 est également significatif. Les Boxster et Cayman courants de cette génération avaient adopté des quatre-cylindres à plat turbocompressés. Le Spyder revient au contraire au six-cylindres atmosphérique, un choix partagé avec le GT4 et destiné à privilégier la réponse à l’accélérateur, la montée en régime et le caractère mécanique.

Un flat-six 4,0 litres de 420 ch

Installé en position centrale arrière, le moteur affiche une cylindrée de 3 995 cm3. Ce six-cylindres à plat atmosphérique à injection directe développe 420 ch à 7 600 tr/min et peut atteindre 8 000 tr/min. Dans sa configuration de lancement avec boîte manuelle, il délivre 420 Nm entre 5 000 et 6 800 tr/min. Il dispose notamment de la distribution variable VarioCam, d’une admission variable et d’une lubrification à carter sec intégrée.

Au lancement, la transmission repose exclusivement sur une boîte manuelle à six rapports associée à la propulsion. Porsche Torque Vectoring complète l’ensemble avec un différentiel arrière mécanique autobloquant. Cette configuration participe directement au positionnement du Spyder, davantage tourné vers l’implication du conducteur que vers la recherche de la seule accélération maximale.

La gamme évolue ensuite avec l’arrivée d’une boîte PDK à sept rapports. Cette variante porte le couple à 430 Nm et raccourcit sensiblement les accélérations grâce aux changements de rapport automatisés. Il faut donc distinguer les chiffres des versions manuelle et PDK lorsque l’on compare les performances des différents millésimes.

La version manuelle présentée en 2019 atteint 301 km/h et passe de 0 à 100 km/h en 4,4 secondes. Le 0 à 160 km/h demande 9,0 secondes et le 0 à 200 km/h 13,8 secondes. Ces valeurs replacent le Spyder dans une catégorie inhabituelle pour un roadster découvrable, avec des performances proches de celles d’une voiture développée pour un usage intensif sur route et circuit.

Le châssis du Cayman GT4 sous une carrosserie ouverte

La parenté avec le Porsche Cayman GT4 est particulièrement visible sous la carrosserie. Le Spyder adopte une suspension sport PASM abaissée de 30 mm, des liaisons de châssis utilisant partiellement des rotules et une géométrie pensée pour améliorer la précision des trains roulants. La direction électromécanique possède une démultiplication variable afin de rester stable autour du point milieu tout en devenant plus directe lorsque l’angle de braquage augmente.

Les roues de 20 pouces reçoivent des pneus de 245/35 ZR20 à l’avant et de 295/30 ZR20 à l’arrière. Les disques de frein composites en fonte avec bols en aluminium mesurent 380 mm sur les deux essieux. Des freins Porsche Ceramic Composite Brake étaient également proposés en option pour un usage exigeant.

Cette base technique distingue clairement le Spyder du reste de la famille Porsche 718 Cayman et Boxster. L’objectif n’est pas seulement d’augmenter la puissance disponible : suspensions, freinage, différentiel et pneumatiques forment un ensemble cohérent avec le moteur atmosphérique. Le moteur central contribue parallèlement à concentrer les masses entre les essieux.

Une carrosserie reconnaissable et une aérodynamique fonctionnelle

Le 718 Spyder conserve les proportions compactes de la famille 982, mais sa partie arrière lui donne une identité propre. Derrière les sièges apparaissent deux bossages caractéristiques qui prolongent visuellement les appuie-tête. Ils rappellent les anciens roadsters de compétition Porsche et encadrent une capote textile légère dont la manipulation privilégie la simplicité mécanique plutôt qu’un lourd mécanisme entièrement automatisé.

À l’avant, le bouclier spécifique possède de grandes ouvertures et une lèvre aérodynamique. À l’arrière, Porsche renonce au grand aileron fixe du Cayman GT4 au profit d’un élément escamotable qui se déploie automatiquement à 120 km/h. Cette solution permet de conserver la silhouette particulière du Spyder tout en stabilisant la voiture à haute vitesse.

Le diffuseur arrière constitue une évolution importante. Porsche indique que ce Spyder est le premier modèle de la famille Boxster à produire un véritable appui aérodynamique sur le train arrière grâce à un diffuseur fonctionnel. L’aérodynamique n’est donc pas seulement décorative : elle accompagne le développement du châssis GT et la capacité de la voiture à dépasser 300 km/h.

Fiche technique de la Porsche Spyder

CaractéristiquePorsche Spyder 2019
Modèle officielPorsche 718 Spyder, type 982
Présentation18 juin 2019
CarrosserieRoadster biplace à capote textile légère
ArchitectureMoteur central arrière, propulsion
Moteur6 cylindres à plat atmosphérique essence
Cylindrée3 995 cm3
Alésage x course102,0 x 81,5 mm
Rapport volumétrique13,0:1
AlimentationInjection directe
Puissance420 ch à 7 600 tr/min
Régime maximal8 000 tr/min
Couple420 Nm de 5 000 à 6 800 tr/min avec boîte manuelle
Boîte au lancementManuelle à 6 rapports
Boîte proposée ultérieurementPDK à 7 rapports, 430 Nm
DifférentielAutobloquant mécanique avec Porsche Torque Vectoring
SuspensionPASM sport, hauteur réduite de 30 mm
FreinsDisques ventilés et perforés de 380 mm avant et arrière
Jantes avant8,5 J x 20
Jantes arrière11 J x 20
Pneus avant245/35 ZR20
Pneus arrière295/30 ZR20
Longueur4 430 mm
Largeur1 801 mm hors rétroviseurs
Hauteur1 258 mm
Empattement2 484 mm
Voie avant1 538 mm
Voie arrière1 534 mm
Poids DIN1 420 kg
Vitesse maximale301 km/h avec boîte manuelle
0 à 100 km/h4,4 s avec boîte manuelle
0 à 160 km/h9,0 s avec boîte manuelle
0 à 200 km/h13,8 s avec boîte manuelle
Consommation mixte10,9 l/100 km, cycle NEDC corrélé de lancement
Émissions de CO2249 g/km, cycle NEDC corrélé de lancement
Réservoir64 litres
Coefficient aérodynamiqueCx 0,34

Du Spyder 420 ch au Spyder RS

Le Spyder lancé en 2019 n’est pas une série numérotée limitée, même si sa définition technique et sa position dans la gamme en font un modèle spécialisé. En France, son tarif de lancement était de 95 299 euros TTC. L’arrivée de la PDK et les évolutions tarifaires ultérieures expliquent les prix neufs différents que l’on peut rencontrer pour des exemplaires de millésimes plus récents.

En 2023, Porsche pousse le principe beaucoup plus loin avec le 718 Spyder RS. Celui-ci ne constitue pas une simple évolution de puissance à confondre avec le modèle de 2019 : son moteur atteint 500 ch, sa transmission est exclusivement confiée à la PDK et son aérodynamique comme son allègement répondent à une définition encore plus radicale. Le Spyder de 420 ch conserve ainsi sa propre identité, notamment grâce à sa boîte manuelle d’origine et à son association entre capote légère, flat-six atmosphérique et châssis GT.