Le Range Rover Evoque L538 désigne la première génération de l’Evoque, lancée en 2011 et produite jusqu’à l’arrivée de son successeur à la fin des années 2010. Ce SUV compact premium marque une rupture dans l’histoire de Land Rover : plus court, plus bas et plus urbain que les Range Rover traditionnels, il transpose presque sans dilution le style spectaculaire du concept LRX dans un véhicule de grande série. Il constitue ainsi le premier chapitre de la lignée Range Rover Evoque.
Le code L538 permet surtout de distinguer cette génération du modèle qui lui succède. Sous une même appellation se cachent toutefois plusieurs configurations : carrosseries trois et cinq portes, versions à deux ou quatre roues motrices, moteurs essence et diesel, puis un profond renouvellement mécanique au milieu de la carrière. Un Cabriolet complète même la famille. Il faut donc rattacher les performances, masses et consommations à une motorisation et à un millésime précis plutôt que de chercher une fiche unique valable pour tous les L538.
Du concept LRX au premier Evoque
L’origine du L538 remonte au concept Land Rover LRX présenté en 2008. Son dessin annonce déjà l’essentiel de l’Evoque : pavillon fuyant, vitrage latéral aminci vers l’arrière, ceinture de caisse ascendante, passages de roues fortement dessinés et porte-à-faux contenus. Sous la direction de Gerry McGovern, l’équipe de design choisit de conserver cette architecture visuelle audacieuse pour le modèle de production, alors que les concept-cars sont habituellement largement assagis avant leur industrialisation.
Le véhicule de série est révélé en 2010 avant sa commercialisation en 2011. Sa production débute le 4 juillet 2011 dans l’usine britannique de Halewood. L’Evoque élargit alors la famille Range Rover vers un territoire inédit pour la marque, celui des SUV compacts premium. Dans la hiérarchie de l’époque, il se place nettement sous le Range Rover L322 et le Range Rover Sport.
Cette nouvelle orientation n’implique pas une rupture totale avec les autres Land Rover. L’Evoque repose sur une architecture à moteur transversal ayant des liens techniques avec celle du Land Rover Freelander 2, mais profondément adaptée aux objectifs du nouveau modèle. La coque est autoporteuse et le train avant utilise des jambes MacPherson, tandis que l’arrière reçoit une architecture multibras.
Un Range Rover compact au style très identifiable
Avec environ 4,36 m de longueur et 2,66 m d’empattement, le L538 est beaucoup plus compact que les grands Range Rover contemporains. Son capot de type clamshell et son toit visuellement flottant entretiennent la filiation familiale, mais ses proportions sont spécifiques. La faible hauteur du pavillon et les surfaces vitrées latérales réduites produisent une silhouette davantage inspirée d’un coupé que d’un tout-terrain traditionnel.
Au lancement, Land Rover exploite cette idée avec deux carrosseries. La cinq portes constitue la proposition la plus polyvalente, tandis que la version trois portes est officiellement présentée comme un Coupé. Celle-ci ne doit pas être considérée comme une génération distincte : elle appartient pleinement au programme L538 et partage l’essentiel de sa technique avec la cinq portes.
Les capacités hors bitume restent néanmoins présentes sur les versions à transmission intégrale. Le système Terrain Response adapte plusieurs paramètres du véhicule aux conditions rencontrées, tandis que la garde au sol atteint environ 212 mm sur les premières configurations documentées. La capacité de passage à gué annoncée au lancement est de 500 mm. Land Rover propose parallèlement des versions à traction avant, choix inhabituel dans l’univers Range Rover mais cohérent avec la recherche de consommation et de masse réduites.
Fiche technique du Range Rover Evoque L538
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Production | À partir de 2011, première génération commercialisée jusqu’en 2019 selon les marchés |
| Site principal de production | Halewood, Merseyside, Royaume-Uni |
| Carrosseries | SUV 5 portes, Coupé 3 portes, puis Cabriolet 4 places |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant ou transmission intégrale selon version |
| Moteurs diesel initiaux | 4 cylindres 2,2 litres turbodiesel, notamment TD4 150 ch et SD4 190 ch |
| Moteur essence initial | 4 cylindres 2,0 litres turbo à injection directe Si4, 240 ch |
| Diesel après restylage | 4 cylindres 2,0 litres Ingenium, notamment 150 et 180 ch, puis autres niveaux de puissance selon millésime |
| Exemple eD4 150 | 1 999 cm3, 150 ch à 3 500 tr/min, 380 Nm à 1 750 tr/min |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 6 rapports, automatique 6 rapports sur les premières versions concernées, puis automatique ZF 9 rapports |
| Structure | Coque autoporteuse |
| Suspension avant | Jambes MacPherson |
| Suspension arrière | Multibras |
| Amortissement piloté | Adaptive Dynamics avec technologie MagneRide selon version |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique EPAS |
| Freins | Disques aux quatre roues, dimensions variables selon motorisation et version |
| Roues et pneus | Selon version, notamment 225/65 R17, 235/60 R18 et jusqu’à 245/45 R20 |
| Empattement | 2 660 mm |
| Longueur | Environ 4 355 à 4 370 mm selon carrosserie et millésime |
| Largeur | Environ 1 900 mm hors rétroviseurs sur les premières spécifications, 2 125 mm rétroviseurs compris |
| Hauteur | Environ 1 605 mm pour le Coupé et 1 635 mm pour la cinq portes sur les premières spécifications |
| Voies | Environ 1 625 mm à l’avant et 1 630 mm à l’arrière sur les premières spécifications |
| Masse à vide | Environ 1 543 à 1 844 kg sur les configurations françaises documentées, selon moteur, transmission et équipement |
| Vitesse maximale | Jusqu’à 217 km/h pour le Si4 240 documenté |
| 0 à 100 km/h | 7,6 s pour un Si4 240 documenté ; 11,2 s pour un eD4 150 documenté |
| Consommation homologuée | À partir d’environ 4,2 l/100 km pour la configuration diesel Ingenium la plus efficiente annoncée |
| Émissions de CO2 | À partir de 109 g/km sur la configuration diesel Ingenium la plus efficiente annoncée |
| Garde au sol | Environ 212 mm sur les premières spécifications |
| Passage à gué | 500 mm annoncé au lancement |
| Diamètre de braquage | Environ 11,3 m selon spécification |
Des moteurs 2.2 aux blocs Ingenium
La gamme européenne initiale repose principalement sur le quatre cylindres turbodiesel 2.2, proposé notamment en TD4 de 150 ch et SD4 de 190 ch. L’offre essence est dominée par le Si4 de 2,0 litres turbocompressé développant 240 ch. Cette diversité accompagne une autre particularité du modèle : tous les Evoque ne sont pas des 4×4. Certaines versions diesel sont proposées en traction avant afin de réduire consommation, émissions et masse.
Une évolution technique importante intervient pour l’année-modèle 2014 avec l’introduction de la boîte automatique ZF à neuf rapports sur les versions concernées. Elle remplace l’ancienne automatique à six rapports. Land Rover introduit également l’Active Driveline sur certaines configurations : dans des conditions stabilisées, le système peut désaccoupler l’entraînement de l’essieu arrière afin de limiter les pertes, puis rétablir rapidement la transmission intégrale lorsqu’elle devient nécessaire.
Le restylage présenté en 2015 pour l’année-modèle 2016 apporte le changement mécanique le plus significatif de la carrière européenne. Les diesels 2.2 cèdent la place aux quatre cylindres 2.0 Ingenium en aluminium, proposés avec plusieurs niveaux de puissance. Les versions les plus sobres atteignent alors des valeurs d’homologation particulièrement basses pour l’époque, avec 4,2 l/100 km et 109 g/km de CO2 annoncés pour la configuration la plus efficiente.
Restylage, Cabriolet et diversification de la gamme
La mise à jour de mi-carrière ne bouleverse pas une silhouette devenue immédiatement reconnaissable. Elle modifie néanmoins les boucliers, les calandres et la signature lumineuse. Selon les finitions, des projecteurs adaptatifs full LED apparaissent, accompagnés d’évolutions de l’habitacle, des sièges et du système multimédia. La gamme s’était déjà enrichie de versions plus luxueuses ou sportives, notamment Autobiography et Autobiography Dynamic.
La transformation la plus spectaculaire arrive avec le Range Rover Evoque Cabriolet. Cette variante quatre places à capote souple transpose la silhouette de l’Evoque dans une catégorie alors presque inexistante, celle du SUV compact premium découvrable. Elle appartient toujours à la génération L538 et ne doit donc pas être confondue avec un modèle indépendant malgré sa carrosserie très différente.
Au cours de la seconde moitié de sa carrière, l’environnement de gamme évolue également. Le Land Rover Discovery Sport propose une interprétation plus familiale du SUV compact, tandis que l’Evoque conserve une orientation plus fortement centrée sur le style et l’univers Range Rover. Cette distinction contribue à maintenir sa place spécifique malgré la multiplication des SUV au sein du groupe.
Production et passage à la génération suivante
Le succès industriel est rapide. En juillet 2016, cinq ans après le démarrage de Halewood, Jaguar Land Rover annonce que plus de 500 000 Evoque ont déjà été produits. La production ne reste d’ailleurs pas limitée au Royaume-Uni : le modèle est également industrialisé sur certains marchés, notamment en Chine à partir du milieu de la décennie.
En France, le tarif d’entrée de gamme est annoncé à 32 900 euros lors du lancement de 2011. Les multiples combinaisons de carrosseries, motorisations, transmissions et finitions font ensuite fortement progresser les prix, jusqu’aux versions haut de gamme dépassant largement le positionnement initial. Le L538 n’est donc pas rare à l’échelle de sa production globale, même si certaines configurations, séries spéciales et le Cabriolet sont nettement moins courants.
La seconde génération est dévoilée en novembre 2018. Elle conserve délibérément de nombreux codes visuels de son prédécesseur, ce qui peut rendre l’identification moins immédiate qu’entre deux générations de SUV classiques. Le code L538 reste donc le moyen le plus précis de désigner le premier Evoque, celui directement issu du LRX, proposé en trois portes et doté au cours de sa carrière des moteurs 2.2 diesel puis 2.0 Ingenium. Les motorisations électrifiées développées sur la génération suivante ne doivent pas lui être attribuées.




