Scania 111

Scania 111

Présenté en 1974, le Scania 111 appartient à la première génération de camions portant les désignations numériques qui caractériseront durablement la gamme du constructeur suédois. Successeur du 110, il reprend les qualités de robustesse de son prédécesseur tout en bénéficiant d’évolutions mécaniques, notamment avec le moteur diesel six cylindres de 11 litres. Proposé en plusieurs configurations de châssis et de cabine, il s’adresse aussi bien au transport routier qu’aux activités nécessitant des véhicules porteurs ou des tracteurs adaptés aux charges importantes.

Le nom Scania 111 désigne toutefois une famille de véhicules et non une version unique. Les variantes à capot, comme le L111, coexistent avec des modèles à cabine avancée, tels que le LB111. Les configurations d’essieux et de transmission élargissent encore les possibilités. Cette diversité explique pourquoi les caractéristiques techniques, les masses et les puissances annoncées doivent toujours être rapportées à une version précise.

Le Scania 111, une évolution de la gamme lancée en 1974

Au milieu des années 1970, Scania cherche à renforcer sa position sur le marché des poids lourds en proposant des véhicules capables de parcourir de longues distances tout en conservant une mécanique adaptée aux conditions de travail difficiles. Présenté en 1974, le 111 s’inscrit dans cette démarche. Il succède au Scania 110, dont il reprend les principes généraux tout en faisant évoluer la motorisation et les possibilités de configuration.

Le modèle s’intègre à la Série 1 de Scania, une génération importante dans l’organisation de la gamme du constructeur. La désignation numérique permet d’identifier plus facilement les familles de véhicules, tandis que les lettres qui la précèdent précisent notamment la disposition de la cabine et la configuration du châssis.

Le Scania 111 se développe sur plusieurs marchés européens avant de prendre une place particulière en Amérique du Sud. Au Brésil, les versions à capot deviennent emblématiques de la circulation routière et sont souvent surnommées « Jacaré », en référence à leur silhouette allongée. Le modèle y est commercialisé à partir de 1976, avec des variantes adaptées aux besoins locaux.

La production européenne et les déclinaisons proposées sur les marchés d’exportation ne suivent pas nécessairement exactement le même calendrier. La période généralement associée au 111 va de 1974 à environ 1980, certaines variantes ou séries étant documentées jusqu’en 1981. Il convient donc de distinguer la présentation initiale de la famille, le lancement commercial dans chaque pays et la fin de production de chaque configuration.

Des versions à capot et à cabine avancée

La principale distinction visuelle concerne la position de la cabine. Le L111 possède un capot moteur proéminent, placé devant une cabine conventionnelle. Cette architecture donne au camion une silhouette longue et caractéristique des poids lourds à capot de l’époque. Elle est particulièrement associée aux exemplaires sud-américains, même si cette configuration existe également sur d’autres marchés.

Le LB111 adopte au contraire une cabine avancée, placée au-dessus de la zone moteur. Cette disposition réduit la longueur occupée par la cabine et le groupe motopropulseur, ce qui permet d’exploiter différemment l’espace disponible dans les limites réglementaires. La face avant est plus verticale et l’ensemble présente des proportions sensiblement différentes de celles du L111.

Les désignations LS111 et LT111 correspondent à d’autres configurations de châssis et de transmission. Le LS111 est notamment associé à une architecture à trois essieux et à une transmission généralement 6×2, tandis que le LT111 correspond à une configuration 6×4. Les variantes LBS111 et LBT111 appliquent des principes comparables aux modèles à cabine avancée. Une version spécialisée à quatre essieux, le LBFS111, est également mentionnée dans la documentation historique.

Ces appellations ne constituent pas de simples finitions esthétiques. Elles permettent de distinguer des véhicules destinés à des usages différents, depuis le transport routier classique jusqu’aux opérations nécessitant davantage d’essieux moteurs ou une répartition particulière des charges. Pour identifier un exemplaire ancien, la désignation complète est donc plus informative que le seul nombre 111.

Le moteur diesel D11 et les différentes puissances

Le cœur mécanique du Scania 111 est un moteur diesel six cylindres en ligne d’environ 11 litres. Sa cylindrée exacte est de 11 022 cm³. Selon la version, le moteur est atmosphérique ou équipé d’un turbocompresseur. Les appellations D11 et DS11 permettent de distinguer ces deux familles mécaniques, le DS11 correspondant à la version suralimentée.

Le moteur atmosphérique développe environ 202 à 203 ch dans les configurations documentées. Les versions turbocompressées offrent des niveaux de puissance supérieurs, avec plusieurs réglages mentionnés dans les sources historiques, notamment autour de 275, 280, 296 ou 305 ch. Ces valeurs ne doivent pas être regroupées sous une puissance unique applicable à tous les Scania 111 : elles dépendent de la version, de l’année et du marché.

Le couple constitue un élément essentiel pour comprendre l’utilisation du camion. Une valeur d’environ 111 kgf·m, soit près de 1 089 Nm, est rapportée pour certaines configurations, avec un régime associé de 1 400 tr/min. Cette caractéristique favorise le travail à bas régime et les reprises sous charge, qualités particulièrement recherchées sur les véhicules de transport lourd.

La transmission repose sur une boîte manuelle. Les boîtes Scania GR 860 et GR 870 figurent dans la documentation technique consacrée aux familles L111 et LB111. Une boîte à dix rapports est couramment associée à certains montages, mais les rapports exacts et la boîte effectivement installée doivent être vérifiés selon la version. Le pont arrière et les rapports de transmission participent également à l’adaptation du véhicule à son usage.

Le châssis à longerons permet différentes implantations d’essieux et diverses carrosseries professionnelles. Le freinage pneumatique correspond aux besoins d’un poids lourd de cette génération. La suspension, la direction assistée et les équipements de confort peuvent varier suivant la configuration et le marché. Ces différences sont importantes lorsqu’il s’agit de restaurer un véhicule ou de vérifier la conformité d’un exemplaire conservé.

Fiche technique du Scania 111

CaractéristiqueDonnées
ConstructeurScania, Suède
Première présentation1974
Période de production indicativeEnviron 1974 à 1980, avec certaines variantes documentées jusqu’en 1981
CatégorieCamion moyen à lourd, porteur ou tracteur routier
Variantes principalesL111, LS111, LT111, LB111, LBS111, LBT111, LK111
Moteur atmosphériqueDiesel D11, six cylindres en ligne
Moteur turbocompresséDiesel DS11, six cylindres en ligne
Cylindrée11 022 cm³
Puissance atmosphérique indicativeEnviron 202 à 203 ch
Puissance turbo documentéePlusieurs réglages, environ 275 à 305 ch selon la version
Couple maximal documentéEnviron 1 089 Nm pour certaines versions
Régime associé au coupleEnviron 1 400 tr/min pour la configuration documentée
Boîte de vitessesManuelle ; boîtes GR 860 et GR 870 documentées selon les versions
TransmissionConfigurations notamment 4×2, 6×2 et 6×4
ChâssisStructure à longerons, configurations variables
SuspensionConfiguration dépendante de la version et du marché
FreinageSystème pneumatique de poids lourd
Monte pneumatique documentée11.00 × 22 sur certains exemplaires brésiliens
PTAC indicatifEnviron 19 tonnes pour le L111 4×2, 23 tonnes pour le LS111 6×2 et 26 tonnes pour le LT111 6×4, selon les configurations rapportées
Dimensions généralesVariables selon la cabine, l’empattement, les essieux et la carrosserie
ConsommationUne mesure ponctuelle brésilienne rapporte environ 50,5 l/100 km pour un ensemble de 40 tonnes ; ce n’est pas une valeur normalisée

Un camion conçu pour le transport professionnel

La diversité des châssis constitue l’un des atouts pratiques du Scania 111. Le porteur peut recevoir différentes carrosseries selon son activité, tandis que les versions tracteurs sont destinées à la traction de semi-remorques. Les configurations à plusieurs essieux permettent d’adapter la répartition des charges et les capacités du véhicule aux exigences du transport lourd.

Les masses totales autorisées varient en fonction de la configuration et de la réglementation du pays concerné. Des valeurs historiques d’environ 19 tonnes pour le L111 4×2, 23 tonnes pour le LS111 6×2 et 26 tonnes pour le LT111 6×4 sont rapportées, mais elles ne remplacent pas les données d’homologation d’un véhicule précis. La carrosserie, les équipements et les modifications réalisées au cours de la vie du camion influencent également sa masse à vide.

La consommation dépend de nombreux facteurs, dont le poids transporté, le profil de la route, les rapports de transmission et le réglage du moteur. Un essai brésilien consacré à un ensemble roulant de 40 tonnes mentionne environ 1,98 km par litre, soit près de 50,5 l/100 km, dans des conditions comprenant des montées et des descentes. Ce résultat illustre l’importance de la charge et du parcours, mais ne peut pas être présenté comme la consommation moyenne de toute la famille.

Sur le plan de l’entretien, l’identification du moteur, de la boîte et du pont est essentielle. Deux camions portant le nom 111 peuvent présenter des équipements différents en raison de leur configuration d’origine ou de modifications ultérieures. Les catalogues de pièces correspondant à la variante et à la période de fabrication restent donc particulièrement utiles pour une restauration fidèle.

La place du Scania 111 dans l’histoire des poids lourds

Le Scania 111 est surtout connu comme un camion de travail, dont la carrière s’étend sur plusieurs marchés et applications. Au Brésil, sa silhouette à capot et certaines livrées traditionnelles lui ont donné une place particulière dans la mémoire des transporteurs. Des véhicules conservés et restaurés témoignent de cette histoire, notamment un L111S de 1976 équipé du moteur DS11 et préservé par le Museu de Logística Luiz de Queiroz.

La production de la famille ne se limite pas à une seule version. Des sources historiques rapportent plusieurs milliers d’exemplaires de certaines variantes brésiliennes, tandis qu’une estimation d’environ 30 510 unités apparaît dans une documentation néerlandaise consacrée aux véhicules anciens. Faute de ventilation mondiale complète et de périmètre de comptage clairement établi, ce dernier chiffre ne permet pas de déterminer avec certitude la production totale de toutes les variantes du 111.

Au tournant des années 1980, Scania renouvelle sa gamme avec la Série 2. Le Scania 112 prend alors le relais dans la famille des camions routiers, avec une génération technique plus récente. Les modèles numériques ultérieurs, dont le Scania 113 et le Scania 114, appartiennent à des étapes postérieures de l’évolution de la gamme et ne doivent pas être confondus avec le 111 des années 1970.

Les camions à capot constituent par ailleurs une branche stylistique distincte des cabines avancées. Cette tradition se prolonge dans d’autres familles et marchés, notamment à travers les Scania T-series, mais ces modèles plus récents possèdent leur propre architecture et leurs caractéristiques spécifiques.

Marque Scania

Année de sortie 1974

Catégories

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