Le Vauxhall Movano est un grand véhicule utilitaire commercialisé au Royaume-Uni depuis la fin des années 1990. Lancé dans le cadre d’une coopération entre General Motors et Renault, il a longtemps partagé sa base technique avec le Renault Master avant de rejoindre, en 2021, la famille des grands fourgons Stellantis. Cette évolution a profondément modifié son architecture, ses motorisations et ses possibilités d’électrification.
Conçu pour les professionnels du transport, de la livraison et de l’aménagement spécialisé, le Movano se distingue par une gamme de carrosseries particulièrement étendue. Fourgon tôlé, châssis-cabine ou véhicule transformé, il répond à des besoins très différents selon sa longueur, sa hauteur et son poids total autorisé en charge. Sa génération actuelle propose des motorisations diesel et électriques, avec des capacités de chargement pouvant atteindre 17 m³.
Histoire du Vauxhall Movano : de Renault à Stellantis
L’histoire du Movano commence avec l’accord industriel conclu entre Renault et General Motors Europe en 1996. Les deux constructeurs souhaitent mutualiser le développement de leurs grands utilitaires afin de réduire les coûts de conception et de production. Cette coopération donne naissance à une famille de véhicules commercialisés notamment sous les appellations Renault Master, Opel Movano et Vauxhall Movano.
La fabrication de la première génération débute en 1998 à Batilly, en France. Le Movano arrive sur le marché britannique à la fin de la décennie, avec plusieurs longueurs, hauteurs et motorisations diesel. Son positionnement privilégie les besoins des artisans, des entreprises de livraison et des professionnels utilisant des véhicules carrossés.
Cette première génération évolue au fil des années avec de nouvelles motorisations, des adaptations techniques et une présentation modernisée. Le principe reste celui d’un grand utilitaire polyvalent, dont la carrosserie peut être configurée pour transporter des marchandises volumineuses ou recevoir des équipements professionnels.
En 2010, une deuxième génération apparaît. Toujours développée avec Renault, elle apporte une évolution importante des capacités de transport et des configurations mécaniques. Certaines versions sont proposées en traction avant, tandis que d’autres adoptent une propulsion arrière, particulièrement adaptée à certaines utilisations nécessitant une charge élevée ou des transformations spécifiques.
Le changement majeur intervient en 2021. Après l’intégration de Vauxhall au groupe Stellantis, le Movano abandonne la plateforme du Renault Master et adopte celle de la famille Fiat Ducato, Peugeot Boxer et Citroën Jumper, appelé Relay sur le marché britannique. Il ne s’agit donc pas d’un simple changement esthétique, mais d’une nouvelle filiation industrielle.
Cette troisième génération introduit également une déclinaison électrique dans la gamme. En novembre 2023, Vauxhall présente une évolution substantielle du Movano, avec une face avant modernisée, de nouveaux équipements de conduite et une chaîne de traction électrique nettement améliorée. Les commandes britanniques de cette version renouvelée ouvrent en mars 2024.
Le Movano conserve ainsi son rôle de grand utilitaire dans la gamme Vauxhall, au-dessus du Vivaro et du Vauxhall Combo. Ce dernier répond davantage aux besoins de livraison urbaine légère, tandis que le Movano privilégie les volumes de chargement importants et les transformations professionnelles.
Design, carrosseries et configurations de chargement
Le Vauxhall Movano actuel adopte une silhouette typique des grands fourgons européens, avec un capot court, une cabine avancée et une caisse presque rectangulaire. Cette architecture permet de consacrer une grande partie de la longueur du véhicule au chargement, tout en conservant un poste de conduite relativement compact.
La génération Stellantis se reconnaît à ses proportions communes avec le Fiat Ducato et les autres utilitaires du groupe. Le restylage présenté fin 2023 modifie notamment la calandre, le bouclier et la signature lumineuse. L’emblème Vauxhall et les détails de présentation permettent de distinguer le Movano de ses proches cousins techniques.
La gamme de fourgons comprend plusieurs combinaisons de longueurs et de hauteurs. Les désignations L2, L3 et L4 correspondent à différentes longueurs de carrosserie, tandis que H1, H2 et H3 identifient les hauteurs de toit. Selon la configuration, le volume de chargement s’étend approximativement de 10 à 17 m³.
Un L2H1 offre un format relativement compact pour cette catégorie, avec environ 10 m³ de volume utile. Il convient notamment aux professionnels qui transportent des marchandises encombrantes tout en devant circuler régulièrement en ville. Un L3H2 porte le volume à environ 13 m³, ce qui constitue un compromis intéressant entre espace intérieur et encombrement extérieur.
À l’autre extrémité de la gamme, le L4H3 atteint 17 m³. Cette configuration privilégie le transport de marchandises volumineuses, mais impose davantage de contraintes de stationnement, de manœuvre et d’accès aux bâtiments. Le choix d’un toit surélevé doit notamment tenir compte des parkings couverts, des passages limités en hauteur et des lieux de livraison.
Le volume intérieur ne suffit toutefois pas à déterminer la capacité réelle de transport. Un fourgon de 17 m³ peut atteindre sa masse maximale autorisée bien avant que son espace de chargement soit entièrement occupé, notamment lorsqu’il transporte des matériaux denses. À l’inverse, des marchandises légères mais volumineuses peuvent justifier une carrosserie longue et haute sans nécessiter la charge utile maximale.
Le Movano existe également sous différentes formes destinées aux transformations : châssis-cabine, cabines approfondies et bases pour carrosseries spécialisées. Ces déclinaisons permettent notamment la réalisation de bennes, de caisses grand volume ou de véhicules équipés pour des métiers particuliers. Leurs dimensions et capacités dépendent alors de la transformation retenue.
Fiche technique du Vauxhall Movano
| Caractéristique | Données techniques |
|---|---|
| Marque | Vauxhall |
| Modèle | Movano |
| Première génération | 1998 |
| Génération actuelle | Depuis 2021, évolution présentée en 2023 |
| Catégorie | Grand véhicule utilitaire léger |
| Carrosseries | Fourgon, châssis-cabine et versions transformées |
| Architecture actuelle | Moteur avant, traction avant |
| Motorisation diesel MY2026 | 4 cylindres en ligne turbodiesel, 2 184 cm³, 16 soupapes |
| Puissances diesel | 140 ch (103 kW) ou 180 ch (132 kW) |
| Couple diesel | 350 à 450 Nm selon moteur et transmission |
| Régime de puissance diesel | 3 500 tr/min |
| Norme antipollution diesel MY2026 | Euro 6e-bis |
| Transmission diesel | Boîte manuelle ou automatique selon version |
| Motorisation électrique renouvelée | Moteur électrique d’environ 200 kW |
| Couple électrique | 400 Nm annoncés en 2023, 410 Nm dans la documentation ultérieure |
| Batterie électrique renouvelée | 110 kWh annoncés |
| Transmission électrique | Rapport unique, traction avant |
| Recharge rapide | Jusqu’à 150 kW en courant continu |
| Recharge annoncée | 0 à 80 % en environ 55 minutes, sous conditions adaptées |
| Chargeur embarqué | 11 kW triphasé |
| Autonomie électrique | Jusqu’à environ 424 km selon configuration et méthodologie de calcul |
| Configurations de fourgon | L2H1, L2H2, L3H2, L3H3, L4H2 et L4H3 selon gamme |
| Volume utile | Environ 10 à 17 m³ |
| PTAC | Notamment 3,5 et 4,25 tonnes selon version |
| Charge utile | Jusqu’à environ 2 tonnes selon configuration |
| Réservoir diesel MY2026 | 90 litres |
| Réservoir AdBlue MY2026 | 19 litres |
| Consommation diesel WLTP | Variable selon version ; plage de 6,3 à 9,3 l/100 km documentée pour le L2H1 140 ch manuel MY2026 |
| Vitesse maximale électrique annoncée en 2023 | Environ 129 km/h, hors limitations spécifiques |
| Direction | Assistée |
| Structure | Fourgon autoportant ou base de transformation selon carrosserie |
| Suspension avant | Roues indépendantes, jambes de force |
| Freinage | Système hydraulique assisté avec aides électroniques |
Motorisations diesel : puissance et capacités professionnelles
Les motorisations diesel restent particulièrement adaptées aux professionnels qui parcourent de longues distances ou utilisent leur véhicule dans des conditions où la recharge électrique serait difficile à organiser. Sur le millésime 2026 britannique, le Movano dispose notamment de deux niveaux de puissance, 140 et 180 ch, issus d’un quatre cylindres turbodiesel de 2,2 litres.
Le moteur de 140 ch constitue une solution polyvalente pour les activités de livraison, les déplacements entre chantiers et le transport de marchandises. La version de 180 ch offre une réserve de puissance supérieure, intéressante pour les véhicules chargés, les longs trajets autoroutiers ou les parcours comportant des reliefs importants.
Le couple maximal dépend toutefois de la combinaison moteur-boîte. Une version automatique peut présenter une valeur différente de celle d’une version manuelle pourtant annoncée avec la même puissance. Cette distinction est importante, car le couple intervient dans la capacité à reprendre de la vitesse à faible régime, notamment avec un chargement conséquent.
La génération actuelle utilise une architecture à traction avant, contrairement à certaines versions à propulsion du Movano de deuxième génération. Ce changement peut avoir des conséquences pour les utilisateurs qui remplacent un ancien véhicule par un modèle récent, notamment en matière de répartition des masses, de motricité sur terrain difficile et de choix de carrosserie.
La transmission automatique apporte un intérêt particulier dans les activités impliquant des arrêts fréquents. Elle réduit les manipulations nécessaires dans la circulation urbaine, tandis que la boîte manuelle conserve son intérêt pour les entreprises qui privilégient une configuration mécanique plus simple.
Le choix du diesel doit également tenir compte des systèmes de dépollution. Les moteurs modernes utilisent notamment une réduction catalytique sélective nécessitant de l’AdBlue. Les professionnels doivent donc intégrer cet entretien courant dans l’exploitation du véhicule, particulièrement lorsqu’il effectue de nombreux kilomètres.
Movano Electric : autonomie, recharge et utilisation réelle
Le Movano Electric représente l’évolution la plus significative de la gamme récente. La première version électrique de la génération Stellantis disposait d’une chaîne de traction moins puissante et de capacités de batterie inférieures à celles du modèle renouvelé. L’évolution présentée en novembre 2023 marque un progrès important avec une batterie annoncée à 110 kWh et une puissance portée à 200 kW.
La progression de l’autonomie est particulièrement notable. Alors que les premières versions électriques étaient davantage destinées à des tournées relativement courtes, la génération renouvelée annonce une autonomie maximale dépassant 400 km dans certaines configurations. Cette valeur élargit théoriquement les possibilités d’utilisation à des parcours régionaux, au-delà de la seule livraison urbaine.
Il faut cependant distinguer l’autonomie maximale de gamme de celle d’un véhicule précisément configuré. Les données constructeur publiées pour le millésime 2025 indiquent, par exemple, environ 378 km pour un L3H2 de 3,5 tonnes, contre 424 km pour une configuration L3H2 de 4,25 tonnes. Les différences résultent des caractéristiques et des conditions de calcul propres à chaque version.
Ces chiffres ne signifient pas qu’un fourgon plus lourd parcourt systématiquement davantage de kilomètres. La masse réelle transportée, la température extérieure, la vitesse, le chauffage et le profil du trajet influencent la consommation électrique. Les valeurs publiées correspondent à des conditions normalisées ou à des calculs fondés sur la méthodologie WLTP, et non à des distances garanties dans toutes les situations professionnelles.
La recharge rapide constitue un autre progrès. Avec une puissance maximale annoncée de 150 kW en courant continu, le Movano Electric renouvelé peut théoriquement récupérer une grande partie de son énergie pendant une interruption prolongée de tournée. Le temps annoncé de 55 minutes pour passer de 0 à 80 % suppose toutefois une borne compatible et des conditions favorables.
Cette capacité ne signifie pas que le véhicule recharge continuellement à 150 kW. La puissance varie notamment avec l’état de charge et la température de la batterie. Pour une entreprise, l’organisation des arrêts et l’accès réel aux bornes adaptées comptent donc autant que la puissance maximale affichée.
Le chargeur embarqué de 11 kW permet également d’envisager une recharge sur une installation triphasée adaptée. Cette solution présente un intérêt pour les véhicules stationnés plusieurs heures dans un dépôt, particulièrement lorsque les tournées suivent des horaires réguliers. Le dimensionnement de l’installation électrique devient alors un élément essentiel du projet.
Le système de récupération d’énergie propose plusieurs niveaux de décélération régénérative. Cette fonction permet de récupérer une partie de l’énergie cinétique lors des ralentissements, avec un intérêt particulier sur les trajets comportant de nombreux arrêts. Elle ne remplace cependant pas le freinage conventionnel et ne supprime pas les pertes énergétiques liées à la circulation.
Charge utile, homologation et choix d’une version
La diversité des configurations du Vauxhall Movano impose de distinguer trois notions : le volume disponible, la charge utile et le poids total autorisé en charge. Ces caractéristiques sont liées, mais elles ne progressent pas nécessairement ensemble.
Le volume utile correspond à l’espace intérieur disponible pour les marchandises. La charge utile désigne la masse que le véhicule peut transporter dans les limites de son homologation, en tenant compte de sa propre masse et des équipements installés. Le PTAC fixe la masse maximale autorisée du véhicule chargé.
Cette distinction est particulièrement importante pour le Movano Electric. La batterie augmente la masse du véhicule, ce qui peut modifier la charge disponible à PTAC identique. Les variantes homologuées à 4,25 tonnes permettent de répondre à certains besoins de transport, mais elles peuvent relever de règles différentes de celles applicables aux utilitaires de 3,5 tonnes.
Au Royaume-Uni, les modèles homologués en catégorie N2 sont notamment concernés par des limitations réglementaires de vitesse spécifiques. Le constructeur mentionne une limitation de 56 mph, soit environ 90 km/h, pour les véhicules concernés. Les conditions de conduite, d’assurance et d’exploitation doivent donc être examinées selon la catégorie exacte du véhicule et le pays d’utilisation.
Pour les entreprises effectuant des livraisons de colis légers, un grand volume de chargement peut constituer le critère principal. À l’inverse, un professionnel transportant des machines, des outils ou des matériaux lourds devra examiner prioritairement la charge utile et la répartition des masses sur les essieux.
Les versions châssis-cabine nécessitent une attention supplémentaire. Une benne, une caisse frigorifique ou un équipement de levage ajoute de la masse avant même le chargement des marchandises. Le poids de la transformation doit donc être intégré au calcul de la capacité réellement exploitable.
Le choix de la motorisation dépend enfin de l’organisation quotidienne. Un diesel conserve un avantage pratique pour les longues distances sans infrastructure dédiée, tandis qu’un Movano Electric peut convenir aux tournées planifiées avec retour régulier au dépôt. Dans les deux cas, la configuration de carrosserie, le PTAC et les équipements doivent être définis avant de comparer les performances ou les coûts d’utilisation.
Prix, équipements et évolution de la gamme
Le Vauxhall Movano est commercialisé avec des niveaux d’équipement et des configurations qui influencent fortement son tarif. Lors de l’ouverture des commandes de la gamme renouvelée en mars 2024, le prix britannique annoncé débutait à 31 215 livres hors TVA pour un diesel L2H1 de 140 ch en finition Prime. Le Movano Electric équipé de la batterie de 110 kWh débutait alors à 50 385 livres hors TVA dans la configuration L3H2 Prime.
Ces prix illustrent l’écart initial entre les motorisations, mais ne suffisent pas à déterminer le coût total d’exploitation. Celui-ci dépend notamment du kilométrage annuel, du prix de l’énergie, de l’entretien, de la fiscalité applicable et des investissements éventuels dans les infrastructures de recharge.
La gamme renouvelée bénéficie également d’équipements de sécurité et de confort modernisés. Selon les versions, le Movano peut recevoir des systèmes d’aide au stationnement, des fonctions de surveillance de l’environnement du véhicule et des équipements multimédias améliorés. La disponibilité de chaque dispositif dépend de la finition, des options et du millésime.
Une autre évolution importante est l’annonce du Movano Hydrogen en décembre 2024. Cette variante associe une propulsion électrique à une pile à combustible alimentée en hydrogène. Vauxhall annonçait une autonomie pouvant atteindre environ 500 km et un ravitaillement de l’ordre de cinq minutes dans des conditions adaptées.
Le Movano Hydrogen se distingue ainsi du Movano Electric à batterie par son mode de stockage de l’énergie. Son intérêt pratique dépend toutefois de l’accès à une infrastructure de distribution d’hydrogène compatible, un facteur déterminant pour les flottes professionnelles. Son annonce commerciale ne signifie pas que toutes les configurations sont nécessairement disponibles dans l’ensemble du réseau.
Pour les acheteurs d’occasion, l’année et la génération doivent être identifiées avant toute comparaison de prix ou de caractéristiques. Un Movano de 2019 repose sur la famille Renault Master, tandis qu’un exemplaire de 2022 appartient à la génération Stellantis. Les différences concernent la mécanique, les pièces de carrosserie, les transmissions et certains équipements électroniques.
Il convient également de vérifier les éventuelles campagnes de rappel à partir du numéro VIN. Des campagnes ciblées peuvent concerner certaines périodes de fabrication ou des configurations électroniques particulières, sans s’appliquer à l’ensemble de la gamme. Cette vérification permet de connaître précisément les interventions correctives prévues pour le véhicule considéré.
