Westfield XI

Westfield XI

La Westfield XI est une sportive britannique biplace apparue en 1982, directement inspirée de la Lotus Eleven des années 1950. Première création de Chris Smith, fondateur de Westfield Sportscars, cette barquette associe une carrosserie profilée en matériau composite, un châssis tubulaire et une mécanique empruntée aux petites sportives MG et Austin-Healey. Sa conception privilégie la légèreté, la simplicité mécanique et les sensations de conduite plutôt que la puissance pure.

Également appelée Westfield Eleven, elle occupe une place particulière dans l’histoire du constructeur : c’est le modèle à l’origine de la marque, avant le développement des sportives inspirées de la Lotus Seven. Produite initialement dans les années 1980, puis relancée en 2004, elle conserve une architecture traditionnelle et une esthétique presque inchangée. Sa commercialisation sous forme de kit permet aux propriétaires de participer directement à la construction de leur automobile.

Une sportive née de la passion pour la Lotus Eleven

L’histoire de la Westfield XI commence en 1982, lorsque Chris Smith entreprend de construire une voiture inspirée de la Lotus Eleven. Cette dernière, présentée en 1956, était une barquette de compétition réputée pour son aérodynamique et son faible poids. Son dessin, associé notamment aux travaux de Frank Costin, avait été conçu pour obtenir de bonnes performances avec des moteurs de cylindrée relativement modeste.

Plutôt que de reproduire intégralement la structure et les composants coûteux de la Lotus originale, Chris Smith développe une interprétation adaptée à une construction artisanale. Le projet repose sur un châssis tubulaire spécifique et une carrosserie en matériau composite, avec des éléments mécaniques issus de voitures britanniques plus courantes.

Cette démarche présente un avantage essentiel : les moteurs, transmissions et autres composants provenant des MG Midget et Austin-Healey Sprite sont plus accessibles que les mécaniques de compétition utilisées sur certaines Lotus Eleven historiques. La Westfield peut ainsi retrouver les proportions et l’esprit d’une barquette des années 1950 sans nécessiter les mêmes moyens financiers ou techniques.

L’intérêt suscité par cette première réalisation encourage Chris Smith à créer Westfield Sportscars en 1983. La XI devient alors le premier modèle commercialisé par l’entreprise. Les premières voitures sont construites en petites quantités, avec une production artisanale et des configurations pouvant varier selon les composants choisis par leurs propriétaires.

La Westfield XI n’est donc pas une Lotus Eleven fabriquée sous licence. Elle constitue une automobile distincte, commercialisée sous sa propre marque, avec un châssis et une conception mécanique adaptés. Cette différence reste fondamentale pour identifier correctement les véhicules et comprendre leur valeur historique.

Un design de barquette fidèle aux années 1950

La Westfield XI reprend les grandes caractéristiques esthétiques des sportives d’endurance britanniques de l’après-guerre. Sa carrosserie extrêmement basse présente un long capot arrondi, des ailes avant intégrées et un habitacle ouvert situé relativement près de l’essieu arrière. Les roues sont enveloppées par la carrosserie, contrairement aux sportives de type Seven dont les ailes sont nettement séparées du corps central.

À l’avant, deux phares circulaires sont installés dans les ailes, généralement sous des protections transparentes. Une ouverture centrale assure le refroidissement du moteur. Le capot plongeant et les surfaces arrondies donnent à la voiture une silhouette particulièrement fluide, dont les proportions sont davantage dictées par les principes aérodynamiques des années 1950 que par les codes stylistiques modernes.

Le profil se distingue par une ligne de caisse très basse et un pare-brise réduit à un petit saute-vent. Les flancs sont peu chargés en détails décoratifs. À l’arrière, la carrosserie se termine par des volumes arrondis, parfois accompagnés d’un bossage derrière la position du conducteur. Selon les exemplaires, les rétroviseurs, les roues, les protections de phares et les équipements extérieurs peuvent différer.

L’habitacle accueille deux occupants dans un espace étroit. Les sièges sont installés très bas, tandis que la planche de bord reçoit une instrumentation simple. La protection contre le vent et les intempéries demeure limitée, ce qui correspond à la vocation de cette automobile : retrouver une expérience proche de celle des barquettes historiques plutôt que proposer le confort d’un roadster conventionnel.

La carrosserie composite contribue également à contenir la masse. Elle repose sur une structure indépendante en acier, ce qui différencie la Westfield XI de la Lotus Eleven originale. Les deux automobiles peuvent présenter une apparence très proche, mais leur construction, leurs composants et leur identité administrative ne sont pas interchangeables.

Un châssis léger associé à une mécanique britannique classique

La Westfield XI utilise un châssis tubulaire en acier conçu pour recevoir une mécanique avant et une transmission aux roues arrière. Cette architecture traditionnelle favorise une répartition des masses adaptée à une petite sportive, tout en permettant l’utilisation de composants mécaniques relativement simples.

La motorisation la plus représentative est le quatre cylindres BMC série A de 1 275 cm³, connu notamment pour son utilisation dans les MG Midget et Austin-Healey Sprite. Il s’agit d’un moteur atmosphérique à alimentation par carburateurs, dont la puissance dépend de la version et de l’état de préparation. Une configuration documentée de la XI relancée développe environ 65 bhp, soit près de 66 chevaux métriques.

Cette puissance peut sembler limitée face aux sportives modernes. Elle prend cependant une autre signification dans une automobile dont la masse se situe autour d’une demi-tonne selon les configurations. Le moteur n’a pas besoin de déplacer une carrosserie lourde ni de nombreux équipements de confort. Le rapport entre puissance et poids explique ainsi une grande partie de l’intérêt de la XI, sans qu’il soit nécessaire de lui attribuer des performances identiques à celles d’exemplaires préparés.

La transmission classique comprend une boîte manuelle à quatre rapports. Une conversion à cinq rapports utilisant une boîte Ford Type 9 a également été proposée. Cette modification permet de disposer d’un rapport supplémentaire, potentiellement intéressant pour réduire le régime moteur à vitesse de croisière lorsque les rapports de transmission retenus le permettent.

Les suspensions avant indépendantes utilisent des doubles triangles, tandis que l’arrière conserve un essieu rigide guidé par des bras longitudinaux et une barre Panhard. Cette dernière limite les déplacements latéraux de l’essieu. Le système reste mécaniquement simple, mais son comportement dépend fortement de la géométrie, des amortisseurs et des réglages effectués lors de l’assemblage.

Le freinage combine généralement des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. La direction à crémaillère et les petites roues correspondent à la philosophie de construction de l’époque. L’ensemble privilégie une relation directe entre le conducteur et la mécanique, avec peu d’équipements destinés à filtrer les réactions de la voiture.

Fiche technique de la Westfield XI

CaractéristiqueWestfield XI, configuration classique
ConstructeurWestfield Sportscars
OrigineRoyaume-Uni
Première apparition1982
Relance commerciale2004
CarrosserieBarquette biplace ouverte
StructureChâssis tubulaire en acier
Matériaux de carrosserieComposite et éléments en aluminium
MoteurBMC série A, 4 cylindres en ligne
Cylindrée de référence1 275 cm³
AlimentationCarburateurs
Puissance indicative65 bhp, environ 66 ch, sur une configuration documentée de 2005
CoupleEnviron 98 Nm à 3 000 tr/min sur la version Jubilee documentée
Implantation moteurLongitudinale avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports
Boîte alternativeFord Type 9 à 5 rapports, selon configuration
Suspension avantIndépendante à doubles triangles
Suspension arrièreEssieu rigide, quatre bras longitudinaux et barre Panhard
DirectionÀ crémaillère
Freins avantDisques
Freins arrièreTambours
RouesGénéralement 13 pouces, selon montage
LongueurEnviron 3 658 mm
LargeurEnviron 1 626 mm
EmpattementEnviron 2 286 mm, valeur indicative
MasseEnviron 530 kg, variable selon assemblage
Réservoir22 litres dans la documentation constructeur
CommercialisationPrincipalement sous forme de kit à assembler

De la première série à la relance de 2004

La première période de production de la Westfield XI se concentre sur les années 1980. Elle débute avec la création de Chris Smith en 1982 et se poursuit après la fondation de Westfield Sportscars. La fin de cette première série est généralement située vers 1986, même si certaines références mentionnent une disponibilité des kits jusqu’en 1988.

Le nombre d’exemplaires produits durant cette période reste relativement faible. L’historique de la marque évoque 138 voitures, tandis que d’autres décomptes approchent 150 unités. Ces différences peuvent notamment dépendre de la prise en compte des kits vendus, des véhicules achevés et des périodes retenues. Le chiffre de 138 constitue une référence pour la première série, sans représenter la production totale de toutes les Westfield XI.

Le développement de Westfield s’oriente ensuite vers des sportives inspirées de la Lotus Seven. La Westfield SE contribue à élargir l’activité du constructeur grâce à une carrosserie plus anguleuse et une conception adaptée à une gamme de motorisations plus étendue. Elle ne constitue toutefois pas une nouvelle génération de la XI : les deux modèles appartiennent à des familles distinctes.

En 2004, Westfield décide de relancer la Eleven. Cette réapparition répond à l’intérêt persistant pour les sportives historiques légères et les voitures à construire soi-même. La silhouette d’origine est conservée, tout comme la philosophie mécanique reposant sur des composants de petites sportives britanniques.

La relance ne transforme donc pas la XI en une sportive contemporaine dotée d’une nouvelle plateforme. Il s’agit plutôt de remettre à disposition un modèle historique, avec des kits et des composants adaptés à la fabrication de cette nouvelle période. Les voitures assemblées après 2004 doivent être distinguées des exemplaires de la première série, même lorsque leur apparence extérieure est pratiquement identique.

Une série anniversaire baptisée Jubilee est également annoncée en 2007, avec une production prévue de 25 kits. Elle illustre la volonté de maintenir l’intérêt pour la XI auprès des amateurs de sportives classiques. Les chiffres techniques publiés pour cette version correspondent à sa configuration particulière et ne doivent pas être étendus à l’ensemble des voitures construites depuis 1982.

La XI a ensuite continué à apparaître dans les offres de kits de Westfield. Une documentation commerciale de 2018 détaillait encore ses caractéristiques et son équipement, tandis qu’une offre française était présentée en 2025 pour de petites séries réalisées à la demande. Les changements intervenus dans l’activité et la propriété de Westfield en 2026 imposent cependant de vérifier directement les conditions de commande d’un kit neuf.

Construction en kit, coût réel et utilisation

La particularité de la Westfield XI réside dans son mode de commercialisation. Contrairement à une voiture de série livrée entièrement assemblée, elle a principalement été proposée sous forme de kit. L’acheteur reçoit les principaux éléments spécifiques à la voiture, puis doit compléter l’ensemble avec une mécanique donneuse et réaliser les opérations de montage nécessaires.

La documentation commerciale prévoit notamment le châssis, les éléments de carrosserie, les sièges et les composants de suspension. Le moteur, la boîte de vitesses, certains éléments de freinage, la direction et divers accessoires peuvent provenir d’une MG Midget ou d’une Austin-Healey Sprite. La disponibilité et l’état de ces pièces influencent directement le coût et la difficulté de construction.

Cette méthode explique pourquoi le prix annoncé pour une Westfield XI ne correspond pas nécessairement à celui d’une automobile prête à rouler. Un kit proposé à 11 499 livres TTC en 2018 ne comprenait pas l’ensemble des éléments nécessaires à l’achèvement du véhicule. Il fallait également prévoir l’acquisition des pièces donneuses, leur remise en état éventuelle, les consommables, les opérations de montage et les démarches administratives.

Le prix final dépend donc autant de la qualité des composants récupérés que du niveau de finition recherché. Une voiture utilisant une mécanique standard remise en état ne représente pas le même investissement qu’un exemplaire doté d’un moteur préparé, d’une boîte à cinq rapports et d’équipements spécifiques. Ces différences compliquent également les comparaisons entre véhicules proposés sur le marché de l’occasion.

Pour un acheteur, l’identification de la voiture est particulièrement importante. L’année figurant sur une annonce peut correspondre à la fabrication du kit, à la date d’assemblage ou à la première immatriculation. Une XI immatriculée récemment n’est donc pas nécessairement une voiture issue de la première série, même si elle reprend fidèlement l’esthétique de 1982.

L’examen du châssis, de la documentation de construction, des numéros d’identification et de l’origine des composants permet de mieux comprendre la configuration d’un exemplaire. Il faut également vérifier les modifications apportées au moteur, à la transmission, aux suspensions et au freinage, car deux Westfield XI visuellement proches peuvent présenter des caractéristiques mécaniques sensiblement différentes.

Sur route, la conception de la XI implique plusieurs contraintes concrètes. L’habitacle ouvert expose directement les occupants au vent et aux intempéries. Le faible volume disponible limite les possibilités de rangement, tandis que la garde au sol réduite demande une attention particulière sur les ralentisseurs et les chaussées dégradées.

Le réservoir de petite capacité correspond lui aussi à une voiture destinée principalement aux sorties de loisir. L’autonomie réelle dépend de la consommation du moteur installé et de son réglage, plutôt que d’une valeur unique applicable à toutes les XI. Une mécanique préparée ou une utilisation sportive peuvent modifier sensiblement les besoins en carburant.

Enfin, l’immatriculation d’une voiture construite en kit dépend de son dossier administratif et des règles applicables dans le pays concerné. En France, la présence d’une carte grise étrangère ou l’utilisation de pièces provenant d’une voiture ancienne ne garantit pas automatiquement la possibilité d’immatriculer un exemplaire. Les documents d’identification et les conditions d’homologation doivent être examinés avant l’achat ou le lancement d’une construction.

La Westfield XI parmi les sportives légères britanniques

La Westfield XI appartient à une tradition britannique de voitures sportives construites autour d’une masse réduite, d’une mécanique relativement simple et d’un châssis spécialisé. Elle se distingue cependant des modèles qui ont ensuite assuré l’essentiel du développement de Westfield par sa carrosserie intégralement profilée et son inspiration directement issue des compétitions des années 1950.

La Westfield SEi représente une autre orientation technique de la marque, avec une architecture de suspension arrière indépendante. Cette évolution montre que Westfield a progressivement développé des solutions différentes de celles retenues pour la XI, dont l’essieu arrière rigide et la mécanique BMC participent à l’identité historique.

La Westfield SEiW illustre également cette diversification, notamment par sa carrosserie élargie. Sa conception répond à des contraintes d’intégration mécanique et d’habitabilité différentes de celles de la petite barquette XI, initialement pensée autour de composants compacts.

Plus tard, la Westfield Megabusa exploite une approche différente du rapport poids/puissance grâce à l’utilisation d’un moteur de moto Suzuki Hayabusa. La comparaison souligne deux manières d’obtenir une sportive légère : la XI privilégie une mécanique automobile classique associée à une carrosserie historique, tandis que la Megabusa recherche des performances élevées grâce à un groupe motopropulseur particulièrement compact et capable de fonctionner à haut régime.

La Westfield XI conserve ainsi une identité mécanique étroitement liée à son époque d’inspiration. Pour les exemplaires encore en circulation, la préservation de cette identité dépend notamment du maintien des caractéristiques du châssis, de la qualité des assemblages et de la traçabilité des composants utilisés au cours de leur construction et de leurs éventuelles restaurations.

Marque Westfield

Année de sortie 1982

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