La Toyota Supra de cinquième génération marque le retour, en 2019, d’un nom absent des concessions européennes depuis près de deux décennies. Officiellement baptisée GR Supra, cette sportive à deux places conserve les principes qui ont construit l’identité du modèle: moteur avant, propulsion arrière et, dans sa version 3.0, six cylindres en ligne. Elle inaugure aussi une nouvelle époque pour Toyota, puisqu’elle devient le premier modèle mondial commercialisé sous la bannière Gazoo Racing.
Cette Supra ne doit pas être confondue avec la célèbre Toyota Supra MK4, type A80, produite dans les années 1990 et jusqu’en 2002 sur certains marchés. La voiture apparue en 2019 constitue une génération entièrement nouvelle, généralement appelée A90 ou Mk5. Son développement résulte d’un partenariat industriel avec BMW, mais son style, son réglage dynamique et son positionnement ont été définis pour Toyota.
Le retour de la Supra en 2019
L’histoire du modèle remonte bien avant cette cinquième génération. Les premières Supra étaient étroitement liées à la Toyota Celica, dont elles constituaient une déclinaison plus longue et plus puissante. La Supra devient ensuite un modèle à part entière et se construit progressivement une réputation de grand coupé sportif à six cylindres.
Après l’arrêt de l’A80 en 2002, Toyota reste longtemps sans véritable héritière directe. Le constructeur revient progressivement vers les voitures de sport avec la Toyota GT86, lancée au début des années 2010. En parallèle, Toyota et BMW signent en 2012 un accord de coopération portant notamment sur l’étude d’une architecture commune destinée à une sportive de taille moyenne.
Le projet devient plus concret avec le concept Toyota FT-1 dévoilé en 2014, dont plusieurs proportions et thèmes stylistiques annoncent la future Supra. En mars 2018, le GR Supra Racing Concept est présenté au salon de Genève. Des prototypes de développement apparaissent ensuite à Goodwood puis sur le Nürburgring. La voiture de série est finalement révélée le 14 janvier 2019 au salon de Detroit.
La production débute la même année chez Magna Steyr à Graz, en Autriche. Toyota confie ainsi l’assemblage à un spécialiste extérieur qui produit également la génération contemporaine du BMW Z4. Les deux voitures partagent une base technique et plusieurs composants mécaniques, mais elles adoptent des carrosseries, des carrosseries de type différent et des réglages distincts. La Supra est un coupé fermé à deux places, quand le Z4 est un roadster.
Une sportive développée autour du conducteur
L’ingénieur en chef Tetsuya Tada joue un rôle central dans la définition de la GR Supra. Toyota choisit une architecture volontairement compacte, avec un empattement de 2,47 m et des voies larges. Le constructeur met particulièrement en avant un rapport empattement sur voie de 1,55, destiné à favoriser l’agilité. La répartition des masses est proche de 50:50 et le centre de gravité est placé bas.
La structure reçoit des éléments en acier et en aluminium, tandis que les suspensions sont conçues pour maintenir un guidage précis des roues. À l’avant, Toyota retient des jambes de force MacPherson à double articulation avec plusieurs composants en aluminium. À l’arrière, la Supra utilise un train multibras à cinq bras. La version 3.0 commercialisée au lancement européen dispose également d’une suspension adaptative pilotée.
Le six cylindres en ligne turbo de 2 998 cm3 développe 340 ch et 500 Nm dans la configuration européenne de 2019. Il est associé à une boîte automatique ZF à huit rapports et à un différentiel actif capable de faire varier son taux de verrouillage. Avec cette mécanique, Toyota annonce 4,3 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et une vitesse maximale limitée électroniquement à 250 km/h.
Le constructeur complète ensuite la gamme avec une version 2.0 à quatre cylindres turbo de 258 ch et 400 Nm. Plus légère, elle conserve la propulsion et la boîte automatique à huit rapports. En 2022, Toyota répond également à une demande persistante des amateurs en développant une boîte manuelle à six rapports destinée au moteur 3.0.
La Supra occupe ainsi une position différente de la Toyota GR86. Les deux modèles sont des coupés propulsion conçus autour du plaisir de conduite, mais la Supra est plus puissante, plus sophistiquée et plus orientée vers le grand tourisme sportif, tandis que la GR86 privilégie une mécanique atmosphérique et une approche plus simple.
Fiche technique de la Toyota Supra
| Caractéristique | Toyota GR Supra 3.0, lancement européen 2019 | Variante 2.0 |
|---|---|---|
| Architecture moteur | 6 cylindres en ligne essence turbo | 4 cylindres en ligne essence turbo |
| Cylindrée | 2 998 cm3 | 1 998 cm3 |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 24 soupapes | Double arbre à cames en tête, 16 soupapes |
| Suralimentation | Turbo twin-scroll | Turbo twin-scroll |
| Alimentation | Injection directe haute pression | Injection directe |
| Alésage x course | 82 x 94,6 mm | Non indiqué ici |
| Taux de compression | 11,0:1 | Non indiqué ici |
| Puissance | 340 ch, 250 kW, à 5 000-6 500 tr/min | 258 ch, 190 kW, à 5 000-6 000 tr/min |
| Couple | 500 Nm à 1 600-4 500 tr/min | 400 Nm à 1 550-4 000 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion | Propulsion |
| Boîte | Automatique ZF 8 rapports, puis manuelle 6 rapports sur certaines versions ultérieures | Automatique 8 rapports |
| Différentiel | Différentiel arrière actif piloté | Propulsion avec différentiel arrière |
| Suspension avant | MacPherson à double articulation | Architecture dérivée de la même plateforme |
| Suspension arrière | Multibras à cinq bras | Multibras |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique, rapport 15,1:1 | Assistance électrique |
| Freins avant | Disques ventilés 348 x 36 mm, étriers fixes 4 pistons | Spécification différente selon finition |
| Freins arrière | Disques ventilés 345 x 24 mm, étriers flottants 1 piston | Spécification différente selon finition |
| Pneus avant | 255/35 ZR19 | Monte spécifique à la version |
| Pneus arrière | 275/35 ZR19 | Monte spécifique à la version |
| Longueur | 4 379 mm | Environ 4,38 m selon configuration |
| Largeur | 1 854 mm | Variable selon homologation et version |
| Hauteur | 1 292 mm | Variable selon version |
| Empattement | 2 470 mm | 2 470 mm |
| Voie avant | 1 594 mm | Non indiquée ici |
| Voie arrière | 1 589 mm | Non indiquée ici |
| Poids à vide | 1 495 kg | Jusqu’à environ 100 kg de moins que le 3.0 selon configuration |
| Poids en ordre de marche ECE | 1 570 kg | Variable selon équipement |
| PTAC | 1 815 kg | Non indiqué ici |
| 0 à 100 km/h | 4,3 s avec boîte automatique | 5,2 s |
| Vitesse maximale | 250 km/h, bridée électroniquement | 250 km/h, bridée électroniquement |
| Réservoir | 52 l | 52 l |
| Volume de coffre | 290 l VDA | Capacité comparable selon version |
| Consommation annoncée au lancement | 7,5 l/100 km en NEDC corrélé | Valeurs WLTP variables selon millésime |
| CO2 annoncé au lancement | 170 g/km en NEDC corrélé | Variable selon homologation |
| Carrosserie | Coupé 2 places | Coupé 2 places |
| Site de production | Graz, Autriche, Magna Steyr | Graz, Autriche, Magna Steyr |
Un style qui mélange références historiques et proportions modernes
La carrosserie est dirigée par le designer en chef Nobuo Nakamura autour du thème baptisé Condensed Extreme. La Supra se reconnaît immédiatement à son long capot, à son habitacle reculé et à ses ailes arrière très marquées. Son pavillon à double bossage rappelle directement certaines sportives historiques de Toyota, en particulier la Toyota 2000GT.
Le dessin reprend aussi plusieurs idées visibles sur le concept FT-1, avec une proue très basse, de larges prises d’air, des optiques effilées et un arrière sculpté autour d’un becquet intégré. La silhouette reste relativement courte, ce qui accentue visuellement la largeur des ailes et le recul de l’habitacle. Toyota ne cherche donc pas à reproduire littéralement la Supra A80, mais à réinterpréter certaines proportions emblématiques.
L’habitacle est conçu autour du conducteur, avec une console centrale séparant nettement les deux places. Certains éléments d’interface et commandes trahissent la proximité technique avec BMW, mais Toyota adopte sa propre instrumentation, ses sièges et une présentation adaptée à la vocation du modèle. Le coffre de 290 litres rend par ailleurs la voiture plus exploitable qu’une sportive à moteur central.
De la version 2.0 à la boîte manuelle
La gamme européenne évolue rapidement après 2019. Le quatre cylindres 2.0 de 258 ch permet d’abaisser le poids et le prix d’accès tout en conservant une vitesse maximale annoncée de 250 km/h. Sa masse inférieure modifie aussi le comportement de la voiture en réduisant la charge sur le train avant. Elle ne remplace toutefois pas le 3.0, qui reste la version la plus fidèle à la tradition mécanique de la Supra.
En 2022, Toyota introduit une transmission manuelle à six rapports spécialement adaptée au six cylindres. Ce changement n’est pas une simple substitution de boîte: il s’accompagne de modifications de la commande, du calibrage électronique et de plusieurs réglages de châssis. Le constructeur affine également l’assistance de direction et les systèmes de contrôle de stabilité.
La gamme reçoit ensuite plusieurs séries spéciales et évolutions techniques. L’A90 Final Edition constitue la déclinaison routière la plus radicale annoncée pour cette génération, avec un six cylindres porté à 441 ch et 571 Nm, une suspension spécifique, des éléments aérodynamiques en carbone et une monte pneumatique différente. Ces chiffres ne doivent pas être attribués aux GR Supra 3.0 ordinaires, qui restent à 340 ch dans leur configuration européenne de référence.
Gazoo Racing et la compétition
La GR Supra joue un rôle important dans le développement de la gamme sportive moderne de Toyota. Elle précède notamment la Toyota GR Yaris et contribue à installer Gazoo Racing comme une véritable famille de modèles routiers plutôt qu’un simple label lié à la compétition.
La Supra est aussi déclinée en GR Supra GT4 pour la compétition clients. Développée par Toyota Gazoo Racing Europe, cette version participe à plusieurs championnats GT4 en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. À la fin de 2022, Toyota comptabilisait 625 engagements dans 317 courses pour la GT4, avec 79 victoires de classe, 20 victoires au classement général et 207 podiums. Ces résultats concernent exclusivement la voiture de course et non la Supra homologuée pour la route.
Le lien avec la compétition existait avant même le lancement commercial. Un prototype de développement avait participé à une épreuve VLN sur le Nürburgring en octobre 2018, quelques mois avant la présentation officielle de la version de série. Cette phase résume bien la logique du projet: utiliser l’architecture commune avec BMW comme point de départ, puis mettre au point une sportive répondant aux objectifs propres de Toyota Gazoo Racing.
Prix, production et particularités
En France, la GR Supra 3.0 est annoncée début 2019 à partir de 65 900 euros, avec un Pack Premium facturé 2 000 euros supplémentaires. Une série A90 Edition limitée à 90 exemplaires en Europe accompagne également le lancement. Le volume total de production mondiale de la cinquième génération n’a pas été communiqué de façon suffisamment précise pour établir un chiffre fiable et unique.
Le tout premier exemplaire de production sorti de l’usine de Graz portait un numéro de châssis spécifique se terminant par 20201. Il a été vendu aux enchères aux États-Unis pour 2,1 millions de dollars dans le cadre d’une opération caritative. Ce montant ne constitue évidemment pas une référence de valeur pour les Supra de série.
La GR Supra reste ainsi une sportive particulière dans l’histoire récente de Toyota: développée à partir d’un programme commun avec BMW, assemblée en Autriche, mais calibrée pour retrouver les fondamentaux techniques associés au nom Supra. Dans sa version 3.0, elle conserve surtout la combinaison moteur avant, six cylindres en ligne et propulsion qui avait largement contribué à la réputation des générations précédentes.




