Lancée en Europe en 2000, la Nissan Almera N16 constitue la deuxième génération de la Nissan Almera. Cette compacte du segment C marque une rupture plus importante que son nom ne le suggère. Nouvelle plateforme, caisse plus rigide, style arrondi et développement largement européen doivent permettre à Nissan de mieux affronter les références du marché continental. Produite principalement à Sunderland pour l’Europe, elle restera au catalogue jusqu’en 2006.
Une deuxième génération développée pour l’Europe
La N16 succède à la Nissan Almera N15, commercialisée depuis le milieu des années 1990. Pour son remplacement, Nissan ne se contente pas de moderniser la formule existante. Le constructeur s’appuie fortement sur ses structures européennes, notamment le Nissan European Technology Centre de Cranfield et Nissan Design Europe. La nouvelle Almera est présentée en 1999 avant le démarrage de sa production britannique en janvier 2000 et son lancement commercial européen au mois de mars.
Le modèle repose sur la nouvelle architecture MS de Nissan. Cette base accompagne le renouvellement d’une partie de la gamme européenne et se retrouve également sur des véhicules de conception différente. La Nissan Primera P12, plus grande, appartient à cette période de profonde modernisation technique de Nissan en Europe. L’Almera N16 conserve pour sa part une architecture classique pour sa catégorie, avec moteur transversal avant et traction.
Le travail porte aussi sur la structure. Nissan annonce une rigidité de caisse supérieure de 30 % à celle de la génération précédente et emploie notamment la soudure laser. La conception de sécurité dite Zone Body associe une cellule destinée à protéger les occupants à des zones chargées d’absorber l’énergie d’une collision. Lors des essais Euro NCAP de 2001, une Almera 1.5 cinq portes obtient quatre étoiles selon le protocole alors en vigueur.
Trois carrosseries et un style plus arrondi
En Europe, l’Almera N16 est surtout connue sous ses carrosseries compactes à hayon trois et cinq portes. Une berline quatre portes existe également sur certains marchés et se distingue par une poupe allongée qui porte sa longueur à environ 4,43 m, contre un peu moins de 4,20 m pour le hayon. L’empattement d’environ 2,54 m reste en revanche très proche.
Le dessin rompt avec les formes relativement anguleuses de la N15. La N16 adopte un pavillon fortement cintré, des surfaces plus douces et une poupe particulièrement travaillée sur les versions à hayon. Nissan utilise alors l’expression « surf tail » pour caractériser cette partie arrière. Les grands blocs optiques et les lignes remontant vers les montants arrière contribuent à rendre la voiture immédiatement identifiable.
L’habitacle traduit également la volonté de monter en sophistication. Selon les versions et les marchés, l’équipement peut comprendre airbags frontaux et latéraux, climatisation, système de navigation Birdview ou appuie-tête avant actifs. Ces derniers sont alors mis en avant par Nissan comme une nouveauté dans le segment C européen. L’équipement varie toutefois sensiblement avec les niveaux de finition et les millésimes.
Des moteurs essence et diesel très différents
Au lancement, la gamme européenne repose notamment sur deux quatre cylindres essence. Le QG15DE de 1,5 litre développe initialement 90 ch, tandis que le QG18DE de 1,8 litre atteint 114 ch. Ce sont des moteurs atmosphériques à 16 soupapes associés principalement à une boîte manuelle à cinq rapports, une transmission automatique étant proposée avec certaines configurations du 1.8.
L’offre diesel débute avec le 2.2 Di de la famille YD22, un quatre cylindres de 2 184 cm3 développant environ 110 ch. La gamme évolue ensuite nettement. Le restylage apporte notamment un 1.5 essence porté à 98 ch et un 1.8 légèrement renforcé à environ 116 ch. Surtout, l’offre diesel s’élargit avec le 1.5 dCi de 82 ch et des 2.2 dCi proposés autour de 112 et 136 ch selon les versions.
Le 1.5 dCi de 1 461 cm3 provient de la famille K9K et privilégie la consommation, avec une homologation mixte proche de 4,9 l/100 km sur certaines cinq portes. À l’autre extrémité de la gamme, le 2.2 dCi de 136 ch transforme davantage le caractère de l’Almera. Associé à une boîte manuelle à six rapports, il permet à certaines versions d’atteindre environ 200 km/h et de passer de 0 à 100 km/h en un peu plus de neuf secondes.
Châssis et comportement de l’Almera N16
L’architecture des trains roulants reste relativement élaborée pour une compacte généraliste de cette période. Nissan adopte des jambes McPherson à l’avant et son système arrière Multi-Link Beam. Cette solution cherche à réunir encombrement contenu, stabilité et confort sans employer un train multibras conventionnel particulièrement volumineux.
La direction est à crémaillère avec assistance et le freinage fait appel à des disques à l’avant. À l’arrière, le montage dépend des versions et motorisations, certaines recevant des tambours et d’autres des disques. Les pneumatiques suivent la même logique : le 185/65 R15 est courant, tandis que certaines variantes plus puissantes ou mieux équipées utilisent notamment du 195/55 R16.
Le restylage ne se limite pas à une modification esthétique. Nissan revoit également les réglages de suspension afin de faire évoluer le comportement et le confort. Cette seconde partie de carrière accompagne l’arrivée des motorisations dCi et permet à la N16 de rester compétitive jusqu’au milieu des années 2000 sans changer son architecture fondamentale.
Fiche technique de la Nissan Almera N16
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Production européenne | 2000 à 2006 |
| Segment | Compacte, segment C |
| Carrosseries | 3 portes, 5 portes, berline 4 portes selon marché |
| Architecture | Moteur transversal avant, traction avant |
| Plateforme | Nissan MS |
| Moteurs essence | 1.5 QG15DE, 1 497/1 498 cm3, 90 puis 98 ch ; 1.8 QG18DE, 1 769 cm3, 114 puis environ 116 ch |
| Moteurs diesel | 2.2 Di YD22, 2 184 cm3, environ 110 ch ; 1.5 dCi K9K, 1 461 cm3, 82 ch ; 2.2 dCi, 2 184 cm3, environ 112 ou 136 ch |
| Couple | Environ 128 Nm pour le 1.5 essence initial ; 158 Nm pour le 1.8 initial ; environ 230 Nm pour le 2.2 Di ; environ 304 Nm pour certaines versions 2.2 dCi 136 |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 5 rapports ; automatique 4 rapports selon version ; manuelle 6 rapports sur le 2.2 dCi 136 |
| Suspension avant | McPherson |
| Suspension arrière | Multi-Link Beam |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freins | Disques avant ; disques ou tambours arrière selon version |
| Pneumatiques | Notamment 185/65 R15 et 195/55 R16 selon version |
| Longueur | Environ 4,18 à 4,20 m pour le hayon ; environ 4,43 m pour la berline |
| Largeur | Environ 1,70 m |
| Hauteur | Environ 1,45 m |
| Empattement | Environ 2,54 m |
| Réservoir | Environ 60 litres |
| Vitesse maximale | Environ 173 km/h pour le 1.5 90 ch ; 185 km/h pour le 1.8 114 ch ; jusqu’à environ 200 km/h pour le 2.2 dCi 136 |
| 0 à 100 km/h | Environ 13,8 s pour le 1.5 90 ch ; 11,1 s pour le 1.8 114 ch ; environ 9,2 s pour certaines 2.2 dCi 136 |
| Consommation mixte homologuée | Environ 6,6 l/100 km pour le 1.5 essence initial ; 7,5 l/100 km pour le 1.8 ; 4,9 l/100 km pour certaines 1.5 dCi ; 5,9 l/100 km pour certaines 2.2 dCi 136 |
| Production | Sunderland, Royaume-Uni, pour les Almera européennes |
Le restylage et la fin de carrière
Une évolution importante intervient autour de 2002-2003 selon les marchés et les dates de commercialisation. La face avant est remaniée avec de nouveaux projecteurs et boucliers, tandis que l’habitacle reçoit plusieurs modifications. Les évolutions mécaniques sont tout aussi significatives puisque cette période voit la montée en puissance des diesels à rampe commune et l’arrivée du 1.5 dCi.
La distinction entre cette phase restylée et la N16 d’origine est importante lorsqu’on compare des fiches techniques : dimensions, puissances, performances, équipements et même certains éléments du freinage changent avec le moteur, la carrosserie ou le millésime. Il n’existe donc pas une unique configuration mécanique représentative de toutes les Almera N16.
La production européenne prend fin à Sunderland le 24 novembre 2006. Nissan indique alors que quelque 639 000 Almera ont été fabriquées dans l’usine britannique au cours de cette génération. La succession devient moins directe qu’entre N15 et N16 : la Nissan Tiida reprend notamment ce rôle de compacte sur plusieurs marchés, tandis que la stratégie européenne de Nissan évolue vers d’autres catégories de véhicules.
Almera N16, Pulsar et modèles apparentés
Le code N16 peut créer une confusion lorsque l’on consulte des catalogues provenant de plusieurs régions. Nissan a utilisé des appellations différentes pour des voitures apparentées selon les marchés, notamment autour des familles Almera, Bluebird Sylphy et Nissan Pulsar. Leurs caractéristiques ne sont pas systématiquement interchangeables : carrosserie, moteurs, équipements et lieux de production peuvent différer.
L’Almera N16 européenne doit également être distinguée de l’Almera Tino. Ce dernier est un monospace compact portant le code V10, et non une carrosserie supplémentaire de la N16. Cette distinction est particulièrement utile pour identifier correctement les pièces, les dimensions ou les caractéristiques d’un exemplaire. Pour l’Almera N16 vendue en Europe, la référence reste la compacte trois ou cinq portes et, selon le marché, la berline quatre portes produites durant la première moitié des années 2000.




