Nissan Stagea

Nissan Stagea

Lancée au Japon en 1996, la Nissan Stagea est un grand break à cinq portes conçu pour associer le confort d’une berline, un important volume de chargement et des prestations routières élevées. Sa particularité est d’avoir proposé, au cours de sa carrière, des mécaniques six cylindres puissantes et des transmissions intégrales, jusqu’à la spectaculaire 260RS développée par Autech. La Stagea n’est toutefois pas une simple Skyline break : elle constitue une gamme spécifique de Nissan, même si ses liens techniques avec la Skyline sont importants.

Une nouvelle famille de breaks Nissan en 1996

La première Stagea, connue sous le code WC34, apparaît en 1996 sur le marché japonais. Elle prend place dans la gamme des grands breaks sportifs et haut de gamme, à une époque où ce type de carrosserie connaît encore une forte demande au Japon. Nissan la positionne comme un « touring wagon » de prestige, capable de transporter cinq occupants et leurs bagages tout en conservant un niveau de performances inhabituel pour un break familial.

La WC34 partage de nombreux éléments mécaniques avec les Nissan de la même période, notamment les familles Skyline et Laurel. Cette proximité explique la présence de moteurs six cylindres en ligne de la famille RB et de la transmission intégrale ATTESA E-TS sur certaines versions. Elle ne doit cependant pas être assimilée à une déclinaison break officielle de la Nissan Skyline, car Nissan commercialise bien la Stagea comme un modèle distinct.

La gamme initiale comprend notamment des versions 2,0 et 2,5 litres, atmosphériques ou turbocompressées. Le moteur RB25DET devient particulièrement important dans l’identité de la Stagea, notamment sur les versions 25t RS FOUR à transmission intégrale. En 1998, un restylage modifie sensiblement la présentation extérieure et s’accompagne de l’évolution des motorisations RB vers la technologie NEO.

La production de la WC34 s’arrête en 2001. Nissan renouvelle alors complètement le modèle avec la M35, qui abandonne les moteurs six cylindres en ligne RB au profit de V6 de la famille VQ et adopte la nouvelle architecture Front Midship utilisée par la génération V35 de la Skyline.

La WC34 et ses versions sportives

La première génération est proposée avec plusieurs niveaux de puissance et de transmission. Les versions à quatre roues motrices utilisent le système ATTESA E-TS, tandis que certaines Stagea restent en propulsion. Les boîtes automatiques dominent la gamme, mais des versions à boîte manuelle existent également. La combinaison d’un long empattement, d’une carrosserie volumineuse et d’une mécanique turbo fait de la Stagea une voiture atypique dans la production japonaise de la fin des années 1990.

Le changement majeur intervient avec le RB25DET NEO. Sur les versions les plus puissantes, ce six cylindres en ligne de 2,5 litres développe officiellement 280 ch selon la réglementation japonaise de l’époque. Cette puissance est associée à un couple supérieur à celui des versions atmosphériques, avec une transmission intégrale disponible sur les déclinaisons RS FOUR.

La Stagea entretient également un lien mécanique étroit avec la Nissan Skyline R33. Cette proximité concerne notamment certaines bases techniques, les moteurs RB et les systèmes de transmission. Elle contribue à expliquer pourquoi la Stagea est devenue particulièrement recherchée par les amateurs de sportives japonaises, malgré sa carrosserie de break.

La 260RS, une Stagea radicale signée Autech

En 1997, Autech Japan transforme profondément la Stagea pour créer l’Autech Version 260RS. Cette déclinaison constitue le sommet sportif de la première génération et ne se contente pas d’ajouter quelques éléments esthétiques. Elle reçoit le six cylindres en ligne RB26DETT de 2,6 litres, le moteur emblématique de la Nissan Skyline GT-R R33, avec deux turbocompresseurs et intercooler.

La puissance officielle reste fixée à 280 ch, conformément à la puissance annoncée par les constructeurs japonais à cette époque, tandis que le couple atteint 368 Nm. La 260RS reçoit une boîte manuelle à cinq rapports, la transmission intégrale ATTESA E-TS et le système de quatre roues directrices SUPER HICAS. Autech adapte également le châssis et installe des freins Brembo, des éléments aérodynamiques spécifiques et des roues de 17 pouces.

La 260RS est donc bien davantage qu’une Stagea équipée d’un moteur plus puissant. Son groupe motopropulseur, sa transmission et ses équipements de liaison au sol la rapprochent techniquement de l’univers de la GT-R, tout en conservant la carrosserie cinq portes et le volume de chargement du break. Sa production reste limitée, avec environ 1 700 exemplaires recensés, ce qui en fait aujourd’hui la version la plus rare et la plus recherchée de la WC34.

La variante Autech constitue un sujet suffisamment spécifique pour être distingué du modèle général. La Nissan Stagea 260RS permet ainsi de détailler séparément ses caractéristiques, son développement et sa production.

La deuxième génération M35 change complètement de philosophie

En 2001, Nissan présente une nouvelle Stagea portant le code M35. Le changement est profond. La silhouette devient plus moderne, l’empattement atteint environ 2,85 m et la voiture adopte la plateforme Front Midship de la famille Skyline V35. Les moteurs six cylindres en ligne RB disparaissent au profit des V6 VQ, avec des cylindrées de 2,5 et 3,0 litres au lancement.

La gamme M35 comprend notamment les 250RS, 250RX et 300RX, ainsi que des versions 250t RS FOUR équipées du VQ25DET turbocompressé. Ce dernier développe 280 ch et 407 Nm, ce qui permet à la deuxième Stagea de conserver un niveau de performances élevé malgré l’abandon du RB25DET.

Nissan propose aussi l’AR-X FOUR, une version à quatre roues motrices à présentation plus proche d’un crossover. Sa carrosserie est légèrement rehaussée et reçoit des éléments spécifiques. Cette déclinaison illustre l’évolution du marché japonais au début des années 2000, alors que les breaks traditionnels commencent progressivement à céder du terrain aux véhicules à vocation polyvalente.

Le renouvellement de 2004 réorganise la gamme et fait notamment apparaître le VQ35DE de 3,5 litres. Une version Autech Axis 350S se distingue par son V6 de 3,5 litres et sa boîte manuelle à six rapports, combinaison particulièrement inhabituelle pour un grand break japonais de cette période. La production de la Stagea prend fin en 2007 sans véritable successeur direct.

Fiche technique de la Nissan Stagea

CaractéristiqueNissan Stagea WC34Nissan Stagea M35Stagea 260RS
Période1996-20012001-20071997-2001
CarrosserieBreak 5 portes, 5 placesBreak 5 portes, 5 placesBreak 5 portes, 5 places
Moteurs principauxRB20E, RB20DE, RB25DE, RB25DETVQ25DD, VQ25DET, VQ30DD, VQ35DERB26DETT
Architecture6 cylindres en ligne, moteur longitudinal avantV6 longitudinal avant, architecture Front Midship6 cylindres en ligne, moteur longitudinal avant
CylindréeEnviron 2,0 à 2,5 l selon version2,5 à 3,5 l selon version2 568 cm³
AlimentationAtmosphérique ou turbocompressée selon moteurAtmosphérique ou turbocompressée selon moteurBiturbo avec intercooler
Puissance maximaleVariable selon version, jusqu’à 280 chJusqu’à 280 ch selon version280 ch
Couple maximalVariable selon moteurJusqu’à 407 Nm selon version368 Nm à 4 400 tr/min
Boîte de vitessesAutomatique 4 rapports ou manuelle 5 rapports selon versionAutomatique 4 ou 5 rapports selon millésime, manuelle 6 rapports sur certaines versions AutechManuelle 5 rapports
TransmissionPropulsion ou 4 roues motrices ATTESA E-TSPropulsion ou 4 roues motrices selon version4 roues motrices ATTESA E-TS
SuspensionsIndépendantes, architecture multibras selon versionIndépendantes, multibrasIndépendantes, multibras avant et arrière
DirectionCrémaillère assistée, HICAS sur certaines versionsCrémaillère assistée, HICAS selon versionSUPER HICAS
FreinsDisques, dimensions variables selon versionDisques, dimensions variables selon versionFreins Brembo, disques ventilés
PneusDimensions variables selon finitionDimensions variables selon finition255/50 R17 selon fiche Nissan
LongueurEnviron 4,80 m, selon versionEnviron 4,765 à 4,785 m4,885 m
LargeurEnviron 1,755 mEnviron 1,760 m1,755 m
HauteurEnviron 1,490 à 1,495 mEnviron 1,510 m, davantage sur AR-X FOUR1,510 m
Empattement2,720 mm2,850 mm2,720 mm
PoidsEnviron 1 430 à plus de 1 600 kg selon versionEnviron 1 550 à 1 720 kg selon versionEnviron 1 720 kg
PerformancesVariables selon moteur et transmissionVariables selon moteur et transmission280 ch, 368 Nm
ConsommationEnviron 7,7 à 11,0 km/l selon version et cycle japonaisEnviron 7,8 à 11,0 km/l selon version et cycle japonaisVariable selon conditions et cycle d’homologation

Un break identifiable par ses choix techniques

La Stagea WC34 se reconnaît d’abord à sa silhouette longue et basse, à son vaste pavillon et à ses cinq portes. Les premières versions adoptent une face avant à larges optiques rondes et une calandre imposante, tandis que le restylage de 1998 modifie notamment les boucliers, la calandre et les éléments lumineux. Les versions sportives RS ajoutent une présentation plus agressive sans changer la vocation pratique du modèle.

La 260RS possède des éléments qui permettent de la distinguer immédiatement d’une Stagea standard : bouclier avant Autech, équipements aérodynamiques spécifiques, roues de 17 pouces, freins Brembo et présentation sportive. Ses caractéristiques mécaniques constituent toutefois le véritable critère d’identification, notamment le RB26DETT, la boîte manuelle à cinq rapports, l’ATTESA E-TS et le SUPER HICAS.

La M35 est facilement identifiable par ses proportions différentes et son dessin plus contemporain. Son empattement de 2,85 m et son architecture Front Midship la distinguent nettement de la WC34. Les versions AR-X FOUR ajoutent une garde au sol et une présentation spécifiques, tandis que les déclinaisons Autech Axis adoptent des éléments stylistiques propres.

La Stagea est enfin régulièrement confondue avec des véhicules transformés en aftermarket, notamment lorsque des propriétaires installent une face avant inspirée de la Skyline GT-R R34. Ces modifications ne correspondent pas à une version officielle de Nissan. Pour identifier une Stagea d’origine, il faut donc se fier au code de châssis, à la motorisation, à la transmission et aux équipements correspondant au millésime plutôt qu’à une simple ressemblance visuelle.