Dévoilée en 2018, la Lamborghini Aventador SVJ représente l’une des interprétations les plus radicales de l’Lamborghini Aventador. Son nom associe Superveloce à la lettre J de Jota, deux références à la recherche de performances chez Lamborghini. Avec son V12 atmosphérique de 6,5 litres porté à 770 ch, son aérodynamique active ALA 2.0 et ses quatre roues directrices, la SVJ ne se contente pas d’ajouter de la puissance à l’Aventador : elle transforme profondément son efficacité sur circuit.
Une Aventador développée pour la performance
L’Aventador SVJ apparaît sept ans après le lancement de l’Lamborghini Aventador LP700-4. Elle en conserve les fondamentaux, notamment le V12 atmosphérique monté longitudinalement en position centrale arrière et la cellule monocoque en fibre de carbone, mais bénéficie de l’évolution technique accumulée durant la carrière du modèle.
Le sigle SV signifie Superveloce, une appellation réservée à des Lamborghini particulièrement orientées vers les performances. La lettre J ajoute une référence à Jota, elle-même liée à l’annexe J du règlement sportif de la FIA et à la célèbre Lamborghini Miura Jota. La SVJ pousse ainsi plus loin la philosophie de la précédente Aventador Superveloce, en associant allègement, puissance accrue et travail aérodynamique beaucoup plus sophistiqué.
Avant même sa présentation publique, la voiture fait parler d’elle sur la Nürburgring-Nordschleife. En juillet 2018, un prototype encore camouflé piloté par Marco Mapelli couvre les 20,6 km utilisés pour la tentative en 6 min 44,97 s. Lamborghini revendique alors le record du tour pour une voiture de production, réalisé avec des pneus Pirelli P Zero Trofeo R homologués pour la route. Ce chrono, dépassé par la suite, constitue néanmoins l’un des faits marquants de l’histoire de la SVJ.
La version définitive est dévoilée en août 2018 pendant la Monterey Car Week. Sa production est annoncée à 900 exemplaires pour le coupé. Une édition SVJ 63, faisant référence à l’année 1963 de la fondation de Lamborghini, est parallèlement limitée à 63 exemplaires et reçoit une présentation spécifique. La documentation officielle permet d’établir ces deux limites, mais pas de déterminer sans ambiguïté si les 63 voitures doivent être ajoutées aux 900 pour établir un total définitif de coupés.
Un V12 atmosphérique de 770 ch
Le V12 de 6 498 cm3 reste fidèle à l’architecture atmosphérique qui caractérise l’Aventador. Pour la SVJ, Lamborghini retravaille notamment l’admission, les culasses côté admission et l’échappement, tout en employant des soupapes d’admission en titane. Le volant moteur est également allégé afin de réduire son inertie. La puissance atteint 770 ch à 8 500 tr/min et le couple 720 Nm à 6 750 tr/min.
Le moteur entraîne les quatre roues par l’intermédiaire de la boîte robotisée ISR à sept rapports et d’une transmission intégrale utilisant un embrayage multidisque à gestion électronique. Cette boîte à simple embrayage n’offre pas la douceur d’une transmission moderne à double embrayage, mais sa conception compacte et légère correspond à l’architecture développée à l’origine pour l’Aventador. Sur la SVJ, ses lois de passage sont adaptées au caractère plus incisif du moteur et au volant moteur allégé.
Avec 1 525 kg à sec, Lamborghini annonce un rapport poids-puissance de 1,98 kg/ch. Le 0 à 100 km/h est réalisé en 2,8 s, le 0 à 200 km/h en environ 8,6 s et la vitesse maximale dépasse 350 km/h. Le freinage carbone-céramique permet, selon les données constructeur, de passer de 100 km/h à l’arrêt sur 30 mètres.
ALA 2.0, l’arme aérodynamique de la SVJ
L’une des différences fondamentales entre la SVJ et les précédentes Aventador réside dans son aérodynamique active. Le système Aerodinamica Lamborghini Attiva, ou ALA, avait déjà démontré son intérêt sur la Lamborghini Huracán Performante. La SVJ reçoit une évolution baptisée ALA 2.0, adaptée aux dimensions et aux performances du modèle V12.
Des volets pilotés électroniquement modifient le cheminement de l’air suivant les conditions. Lorsqu’une faible traînée est recherchée, le système ouvre certains conduits afin de réduire la résistance aérodynamique. Au freinage et dans les situations réclamant davantage d’appui, les volets se ferment. À l’arrière, le dispositif peut aussi gérer différemment les flux entre les côtés gauche et droit de l’aileron, créant un effet d’Aero Vectoring destiné à améliorer le comportement en virage.
Ce dispositif explique une partie importante du dessin spectaculaire de la SVJ. Le bouclier avant, les entrées d’air, les jupes latérales et le diffuseur ne sont pas de simples différences esthétiques. L’imposant aileron arrière fixe travaille avec les conduits de l’ALA 2.0, tandis que les deux sorties d’échappement sont regroupées en hauteur au centre de la poupe. Le capot moteur en carbone et les nombreux éléments composites participent à l’allègement.
Un châssis profondément optimisé
La SVJ associe sa monocoque en fibre de carbone à des structures avant et arrière en aluminium. Ses suspensions à doubles triangles utilisent une architecture pushrod avec amortissement magnéto-rhéologique piloté. La mise au point est spécifique à cette version afin d’exploiter l’appui aérodynamique supérieur et les pneumatiques développés pour la voiture.
Elle bénéficie également des quatre roues directrices introduites dans la famille Aventador avec l’évolution S. Le Lamborghini Rear-wheel Steering braque les roues arrière dans le sens opposé aux roues avant à faible vitesse afin d’améliorer l’agilité, puis dans le même sens à vitesse élevée pour favoriser la stabilité. Il fonctionne conjointement avec la direction avant à démultiplication variable et les systèmes électroniques de contrôle du châssis.
Les modes Strada, Sport et Corsa modifient la réponse du groupe motopropulseur et des systèmes dynamiques, tandis que le mode Ego permet de personnaliser certains réglages. L’objectif est de faire travailler transmission intégrale, direction arrière, amortissement et aérodynamique comme un ensemble plutôt que comme des dispositifs indépendants.
Fiche technique de la Lamborghini Aventador Svj
| Caractéristique | Lamborghini Aventador SVJ |
|---|---|
| Année de présentation | 2018 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2 places |
| Production annoncée | 900 exemplaires pour la SVJ coupé |
| Moteur | V12 atmosphérique à 60 degrés |
| Cylindrée | 6 498 cm3 |
| Alésage x course | 95 x 76,4 mm |
| Alimentation | Injection multipoint |
| Lubrification | Carter sec |
| Puissance maximale | 770 ch à 8 500 tr/min |
| Couple maximal | 720 Nm à 6 750 tr/min |
| Implantation | Longitudinale centrale arrière |
| Transmission | Intégrale |
| Boîte de vitesses | Robotisée ISR à 7 rapports |
| Structure | Monocoque en fibre de carbone, structures avant et arrière en aluminium |
| Suspension | Double triangulation, système pushrod, amortissement magnéto-rhéologique |
| Direction | Direction avant variable et roues arrière directrices |
| Freins avant | Carbone-céramique, disques 400 x 38 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Carbone-céramique, disques 380 x 38 mm, étriers 4 pistons |
| Pneus avant | 255/30 ZR20 |
| Pneus arrière | 355/25 ZR21 |
| Longueur | 4 943 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | 2 098 mm |
| Hauteur | 1 136 mm |
| Empattement | 2 700 mm |
| Poids à sec | 1 525 kg |
| Répartition des masses | 43 % avant, 57 % arrière |
| Rapport poids-puissance | 1,98 kg/ch |
| 0 à 100 km/h | 2,8 s |
| 0 à 200 km/h | Environ 8,6 s |
| Vitesse maximale | Supérieure à 350 km/h |
| 100 à 0 km/h | 30 m |
| Aérodynamique active | ALA 2.0 avec Aero Vectoring |
SVJ, SV et Ultimae : des Aventador aux philosophies différentes
La SVJ ne doit pas être confondue avec les précédentes versions Superveloce. Celles-ci avaient déjà poussé l’Aventador vers davantage de légèreté et de performances, notamment sous la forme de la Lamborghini Aventador SV Roadster. La SVJ franchit toutefois une étape supplémentaire grâce à ses 770 ch, aux quatre roues directrices et surtout à l’aérodynamique ALA 2.0.
Elle se distingue aussi de la dernière évolution de la gamme. Présentée en 2021, la Lamborghini Aventador Ultimae porte le V12 à 780 ch, soit 10 ch de plus que la SVJ, mais adopte une philosophie moins exclusivement tournée vers l’efficacité sur circuit. La SVJ conserve ainsi une place particulière comme déclinaison radicale développée autour de l’aérodynamique active et du chrono.
Une silhouette dictée par l’aérodynamique
Visuellement, la SVJ compte parmi les Aventador les plus faciles à identifier. Son splitter avant proéminent, ses prises d’air profondément sculptées, ses bas de caisse spécifiques et son énorme aileron arrière la différencient immédiatement des versions classiques. À l’arrière, le diffuseur occupe une place considérable et l’échappement central haut placé libère la partie basse pour le traitement aérodynamique.
L’habitacle conserve l’architecture très anguleuse de l’Aventador, mais multiplie les matériaux légers et les signes distinctifs. Fibre de carbone et Alcantara occupent une place importante, tandis que les configurations proposées par Lamborghini permettent de faire varier largement couleurs et finitions. La SVJ 63 ajoute des détails spécifiques et davantage de carbone apparent afin de souligner son statut de série spéciale.
La SVJ se situe enfin à un moment particulier de l’histoire des Lamborghini à douze cylindres. Après elle, l’Ultimae clôt la carrière de l’Aventador et de son V12 atmosphérique non électrifié. La Lamborghini Revuelto prend ensuite le relais de la lignée V12 avec une chaîne de traction hybride, marquant un changement technologique majeur par rapport à l’architecture mécanique défendue par l’Aventador SVJ.




