Présentée au Salon de Francfort en septembre 2015, la Lamborghini Huracán Spyder transpose la nouvelle génération de supercar V10 de Sant’Agata Bolognese dans une carrosserie découvrable. Sa dénomination complète, Huracán LP 610-4 Spyder, résume une partie de sa définition technique : 610 ch et quatre roues motrices. Elle conserve surtout le V10 atmosphérique de 5,2 litres et la boîte à double embrayage du coupé, tout en adoptant une capote textile électrique et une partie arrière entièrement adaptée à la conduite à ciel ouvert.
Cette première Huracán Spyder ne doit pas être confondue avec les variantes apparues ensuite. La propulsion LP 580-2 Spyder, la Performante Spyder puis la Lamborghini Huracán Evo Spyder possèdent chacune une définition mécanique ou aérodynamique différente. Le modèle de 2015 étudié ici est bien la LP 610-4 à transmission intégrale.
La descendante de la Gallardo Spyder
La Lamborghini Huracán avait été conçue pour prendre la relève de la Gallardo et renouveler la supercar V10 située sous l’Aventador. Après le coupé, Lamborghini applique logiquement cette transformation à son offre découvrable. La Huracán Spyder succède ainsi à la Lamborghini Gallardo Spyder, qui avait largement contribué au succès commercial de la génération précédente.
Lamborghini dévoile officiellement la nouvelle découvrable à l’IAA de Francfort 2015, avant le début des livraisons au printemps 2016. Elle est assemblée à Sant’Agata Bolognese, comme le coupé. Le constructeur ne se contente pas de retirer le pavillon : la transformation impose une architecture spécifique pour le toit, une nouvelle partie supérieure de la poupe et des adaptations structurelles destinées à conserver une rigidité élevée.
Dans la gamme de l’époque, la Huracán Spyder représente la proposition découvrable à moteur V10, tandis que l’Lamborghini Aventador Roadster occupe un niveau supérieur avec son V12. Les deux voitures répondent donc à une philosophie comparable de supercar ouverte, mais avec des architectures, des performances et des positionnements différents.
Une capote textile pensée pour rouler à ciel ouvert
L’élément distinctif de la Spyder est sa capote souple à commande électrohydraulique. Elle s’ouvre ou se referme en 17 secondes et peut être actionnée jusqu’à 50 km/h. Au lancement, Lamborghini propose notamment des capotes noire, brune ou rouge. Ce choix d’un toit textile permet de conserver une silhouette compacte une fois le mécanisme replié tout en différenciant nettement la découvrable du coupé.
La transformation est particulièrement visible derrière l’habitacle. Lorsque le toit s’escamote, deux éléments mobiles prennent place derrière les sièges et participent au traitement aérodynamique de la partie arrière. Le capot moteur à lamelles est également propre à la configuration Spyder. Deux déflecteurs latéraux contribuent à réduire les turbulences dans l’habitacle lorsque la voiture roule décapotée.
La lunette arrière électrique constitue un autre détail caractéristique. Elle peut rester relevée avec la capote ouverte afin de jouer le rôle de pare-vent, ou être abaissée indépendamment du toit. Cette dernière position laisse davantage parvenir dans l’habitacle la sonorité du V10 installé juste derrière les occupants.
Ces modifications s’accompagnent nécessairement d’un surcroît de masse. Lamborghini annonçait 1 542 kg à sec pour la Spyder, contre une valeur inférieure pour le coupé. Le constructeur revendiquait néanmoins une rigidité torsionnelle supérieure de 40 % à celle de la Gallardo Spyder, signe du progrès réalisé entre les deux générations de découvrables.
Le V10 atmosphérique de 610 ch
La Huracán Spyder reprend directement le groupe motopropulseur de la Lamborghini Huracán LP610-4. Son V10 atmosphérique de 5 204 cm3 développe 610 ch à 8 250 tr/min et 560 Nm à 6 500 tr/min. Il associe injection directe et injection multipoint, une solution destinée à concilier réponse à haut régime, fonctionnement à charge partielle et maîtrise des émissions.
Le moteur central arrière longitudinal transmet sa puissance aux quatre roues par l’intermédiaire de la boîte Lamborghini Doppia Frizione à double embrayage et sept rapports. La transmission intégrale utilise un embrayage multidisque piloté pour répartir le couple entre les essieux, complété par un différentiel arrière autobloquant mécanique.
Le conducteur peut modifier le comportement de la voiture avec la commande ANIMA et ses modes Strada, Sport et Corsa. Leur sélection agit sur plusieurs paramètres de conduite, notamment la réponse du moteur, la boîte et la transmission. La direction Lamborghini Dynamic Steering à démultiplication variable et les amortisseurs magnétorhéologiques MagneRide figuraient parmi les équipements disponibles pour étendre encore cette gestion dynamique.
Malgré le poids supplémentaire associé à la carrosserie ouverte, les performances restent au niveau d’une supercar : Lamborghini annonce 3,4 secondes de 0 à 100 km/h, 10,2 secondes jusqu’à 200 km/h et 324 km/h en vitesse maximale. La désactivation d’un banc de cylindres à faible charge et le Stop and Start participent parallèlement à la réduction de la consommation lorsque les dix cylindres ne sont pas sollicités pleinement.
Fiche technique de la Lamborghini Huracán Spyder
| Caractéristique | Lamborghini Huracán LP 610-4 Spyder |
|---|---|
| Présentation | 2015 |
| Carrosserie | Spyder 2 portes, 2 places |
| Production | Sant’Agata Bolognese, Italie |
| Moteur | V10 atmosphérique à 90° |
| Cylindrée | 5 204 cm3 |
| Alésage x course | 84,5 x 92,8 mm |
| Rapport volumétrique | 12,7:1 |
| Alimentation | Injection directe IDS et injection multipoint MPI |
| Puissance maximale | 610 ch à 8 250 tr/min |
| Couple maximal | 560 Nm à 6 500 tr/min |
| Implantation | Moteur central arrière longitudinal |
| Transmission | Intégrale pilotée |
| Boîte de vitesses | LDF à double embrayage, 7 rapports |
| Différentiel arrière | Autobloquant mécanique |
| Structure | Hybride aluminium et fibre de carbone |
| Suspension avant | Doubles triangles en aluminium |
| Suspension arrière | Doubles triangles en aluminium |
| Amortissement piloté | MagneRide disponible |
| Direction | Crémaillère à assistance électromécanique |
| Freins avant | Carbone-céramique, 380 x 38 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Carbone-céramique, 356 x 32 mm, étriers 4 pistons |
| Jantes | 8,5J x 20 pouces avant, 11J x 20 pouces arrière |
| Pneus avant | 245/30 ZR20 |
| Pneus arrière | 305/30 ZR20 |
| Longueur | 4 459 mm |
| Largeur | 1 924 mm hors rétroviseurs |
| Largeur avec rétroviseurs | 2 236 mm |
| Empattement | 2 620 mm |
| Voie avant | 1 668 mm |
| Voie arrière | 1 620 mm |
| Poids à sec | 1 542 kg |
| Répartition des masses | 43 % avant, 57 % arrière |
| Rapport poids/puissance | 2,53 kg/ch |
| 0 à 100 km/h | 3,4 s |
| 0 à 200 km/h | 10,2 s |
| Vitesse maximale | 324 km/h |
| Consommation combinée | 12,3 l/100 km, ancien cycle européen |
| Émissions de CO2 | 285 g/km, ancien cycle européen |
| Réservoir | 83 litres |
| Norme antipollution | Euro 6 |
| Capote | Textile, commande électrohydraulique |
| Temps d’ouverture ou fermeture | 17 s |
| Commande du toit en roulant | Jusqu’à 50 km/h |
Châssis, freinage et comportement
La base structurelle associe aluminium et fibre de carbone, avec une cellule centrale conçue pour fournir à la fois légèreté et rigidité. Les trains roulants reposent sur des doubles triangles en aluminium aux quatre roues. Le freinage carbone-céramique est monté de série, avec des disques de 380 mm à l’avant associés à des étriers six pistons et des disques de 356 mm à l’arrière avec étriers quatre pistons.
La répartition des masses de 43 % sur l’avant et 57 % sur l’arrière reste cohérente avec l’implantation centrale arrière du moteur. Les pneus de 245 mm à l’avant et 305 mm à l’arrière transmettent les efforts d’un ensemble qui privilégie la motricité grâce à ses quatre roues motrices. La Spyder conserve ainsi l’architecture fondamentale du coupé plutôt que d’adopter une définition assouplie pour son statut de découvrable.
L’instrumentation numérique TFT de 12,3 pouces participe également à la rupture avec la génération Gallardo. Selon le mode d’affichage, elle peut privilégier le compte-tours ou les informations de conduite. Les projecteurs à LED, les lignes très tendues et les surfaces géométriques permettent de reconnaître immédiatement la voiture comme une Huracán de première génération malgré la transformation importante de sa partie arrière.
De la LP 610-4 Spyder à la Huracán Evo Spyder
La famille découvrable s’élargit après le lancement de la LP 610-4. Lamborghini présente notamment une version à propulsion de 580 ch, reconnaissable aussi à ses boucliers spécifiques. La Performante Spyder pousse ensuite la formule vers davantage de performances avec un V10 porté à 640 ch, des solutions d’allègement et une aérodynamique active dérivée de la Performante fermée.
En 2019, la Lamborghini Huracán Evo inaugure une évolution majeure de la gamme. Sa déclinaison Spyder reprend le V10 de 640 ch et ajoute une aérodynamique profondément retravaillée, une gestion électronique dynamique plus évoluée ainsi qu’un habitacle modernisé. Cette chronologie est essentielle pour identifier correctement une Huracán Spyder : les chiffres de 640 ch et les équipements propres à l’Evo ne correspondent pas au modèle LP 610-4 dévoilé en 2015.
Lors de son lancement, la LP 610-4 Spyder est annoncée à 186 450 euros hors taxes sur certains marchés européens. En France, son tarif atteignait environ 223 860 euros TTC à la fin de 2015. Lamborghini n’a pas publié de total de production suffisamment précis permettant d’isoler avec certitude cette version des autres Huracán Spyder. Elle demeure néanmoins identifiable sans ambiguïté par l’association du V10 de 610 ch, de la transmission intégrale et de la carrosserie découvrable antérieure à l’évolution Evo.




