Range Rover Westminster

Range Rover Westminster

Le Range Rover Westminster apparaît en 2001 comme une série limitée de fin de carrière du Range Rover de deuxième génération. Cette première Westminster repose sur le Range Rover P38 et conserve donc son architecture de 4×4 de luxe, sa transmission intégrale permanente et sa suspension pneumatique. Son intérêt réside surtout dans une présentation plus exclusive et une diffusion particulièrement restreinte sur le marché britannique.

L’appellation demande toutefois une distinction importante. Westminster ne désigne ni une génération particulière du Range Rover, ni une motorisation. Land Rover a réutilisé ce nom sur plusieurs générations ultérieures. La Westminster de 2001 traitée ici est la version originelle associée au P38A, et non les éditions apparues plus tard sur les L322, L405 ou L460.

Une série limitée pour la fin du Range Rover P38

Au début de 2001, le P38 approche de la fin de sa carrière. Lancée au milieu des années 1990, cette deuxième génération du Range Rover a considérablement renforcé la dimension luxueuse du modèle tout en conservant une conception traditionnelle de véritable tout-terrain. Son remplacement est alors déjà proche, ce qui donne à la Westminster un rôle particulier dans les derniers mois de sa commercialisation.

L’édition Westminster est annoncée en 2001 et les premières livraisons interviennent au cours de la même année. Elle ne cherche pas à modifier profondément le véhicule. Sa mécanique, son châssis et sa carrosserie restent ceux du P38 tardif. Land Rover travaille plutôt sur la combinaison des équipements, des matériaux et des détails de présentation afin de proposer une série plus exclusive.

Sur le marché britannique, la production documentée atteint seulement 200 exemplaires. Elle se répartit entre 150 véhicules équipés du V8 essence 4,0 litres et 50 exemplaires dotés du six cylindres turbodiesel 2,5 litres. Cette répartition constitue l’un des éléments les plus intéressants de la Westminster britannique, mais elle ne doit pas être interprétée comme un volume mondial.

Des Westminster équipées du V8 4,6 litres sont en effet documentées sur certains marchés étrangers, notamment en Amérique du Nord et dans des spécifications destinées au Golfe. Le nom a donc été employé avec des configurations différentes selon les pays. Pour identifier correctement une Westminster, il faut tenir compte à la fois du marché d’origine, du millésime et de la motorisation.

Présentation luxueuse et détails spécifiques

La Westminster conserve immédiatement la silhouette caractéristique du P38 : carrosserie cinq portes aux lignes droites, surfaces vitrées généreuses, pavillon presque horizontal et position de conduite élevée. Elle ne reçoit pas de transformation majeure de carrosserie permettant de l’isoler au premier regard d’un P38 haut de gamme contemporain.

Les différences se trouvent davantage dans les détails. La spécification britannique est notamment associée aux jantes alliage Hurricane de 18 pouces, à des éléments extérieurs peints dans la teinte de la carrosserie et à une sélection de couleurs comprenant Blenheim Silver, Java Black et Bonatti Grey. L’ensemble conserve volontairement une apparence sobre, cohérente avec le positionnement haut de gamme du Range Rover de cette période.

L’habitacle joue un rôle plus important encore. La Westminster britannique reçoit notamment une sellerie en cuir Ash Grey avec passepoils contrastants et des boiseries Poplar Anthracite. À cela s’ajoutent des moquettes coordonnées et une dotation enrichie. Le système audio Harman/Kardon participe également à cette volonté de proposer un P38 particulièrement bien équipé sans transformer son caractère.

Ce positionnement rapproche naturellement la Westminster des versions luxueuses telles que le Range Rover Hse. La différence tient moins à une hiérarchie mécanique qu’à une combinaison spécifique d’équipements et de finitions produite en quantité limitée. Westminster doit ainsi être comprise comme une série spéciale plutôt que comme une nouvelle déclinaison technique.

Deux motorisations principales au Royaume-Uni

La majorité des exemplaires britanniques reçoit le V8 Rover essence de 3 950 cm3. Ce moteur atmosphérique à injection développe environ 185 ch dans les spécifications européennes de fin de carrière, avec un couple voisin de 340 Nm. Il est associé à une boîte automatique à quatre rapports et convient au caractère du P38, privilégiant la souplesse et les reprises plutôt qu’une conduite sportive.

Les 50 Westminster diesel britanniques utilisent le BMW M51 de 2 497 cm3. Ce six cylindres en ligne turbocompressé développe 136 ch à 4 400 tr/min et environ 270 Nm à 2 300 tr/min. Ses performances sont sensiblement plus modestes que celles du V8, mais cette mécanique constituait alors l’alternative diesel du Range Rover.

Dans les deux cas, la Westminster reste un véritable 4×4. Le moteur est installé longitudinalement à l’avant et la transmission intégrale permanente est complétée par une boîte de transfert avec gamme courte. Le P38 conserve également deux essieux rigides, une solution traditionnelle qui contribue à ses capacités hors route.

La suspension pneumatique pilotée EAS, déjà caractéristique du P38, permet de faire varier la hauteur de caisse. Cette technologie sert autant au confort qu’aux capacités de franchissement et constitue l’un des éléments techniques qui différenciaient fortement le Range Rover des 4×4 plus conventionnels de son époque.

Fiche technique de la Range Rover Westminster

CaractéristiqueRange Rover Westminster P38A
Première apparition2001
Type4×4 / SUV de luxe, 5 portes, 5 places
Production2001-2002, fin de carrière du P38A
Production britannique documentée200 exemplaires, dont 150 V8 4.0 et 50 diesel 2.5
Moteur essence UKV8 atmosphérique, 3 950 cm3, injection, 16 soupapes
Puissance V8 4.0Environ 185 ch / 136 kW
Couple V8 4.0Environ 340 Nm
Moteur diesel UK6 cylindres en ligne BMW M51, 2 497 cm3, turbodiesel, 12 soupapes
Puissance diesel136 ch / 100 kW à 4 400 tr/min
Couple diesel270 Nm vers 2 300 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal avant
Boîte de vitessesAutomatique à 4 rapports sur les versions britanniques documentées
TransmissionIntégrale permanente, boîte de transfert avec gamme courte
StructureChâssis séparé de type échelle
SuspensionEssieux rigides avant et arrière, suspension pneumatique électronique EAS
DirectionAssistée, à recirculation de billes
Freinage4 disques avec ABS, disques avant ventilés
JantesHurricane 18 pouces sur la spécification britannique documentée
Longueur4 713 mm
Largeur1 889 mm environ hors rétroviseurs
HauteurEnviron 1 817 mm
Empattement2 745 mm
Poids à videEnviron 2 055 à 2 100 kg selon moteur et convention de mesure
Vitesse maximale dieselEnviron 162 km/h
0 à 100 km/h dieselEnviron 16,7 à 17,5 s selon méthode de mesure
Consommation combinée dieselEnviron 11,4 l/100 km pour le P38 2.5 automatique correspondant
Consommation combinée V8 4.0Environ 15,2 l/100 km pour le P38 4.0 automatique correspondant
Capacité de remorquage freinéeJusqu’à environ 3 500 kg selon homologation et configuration
ProductionSolihull, Royaume-Uni

Une Westminster à replacer parmi les finitions Range Rover

La Westminster n’occupe pas exactement la même place qu’une finition installée durablement au catalogue. Des appellations comme Range Rover Vogue ont accompagné plusieurs périodes de l’histoire du modèle, tandis que Westminster a surtout servi à identifier des éditions particulièrement équipées proposées à des moments précis.

Cette distinction explique aussi pourquoi les caractéristiques trouvées sous le nom Westminster peuvent sembler contradictoires. Un V8 4,0 litres et un six cylindres diesel sont cohérents pour la série britannique de 2001, tandis qu’un V8 4,6 litres peut être authentique sur une Westminster destinée à un autre marché. La motorisation seule ne suffit donc pas à invalider l’identification d’un exemplaire.

La série britannique est aujourd’hui particulièrement identifiable par sa faible diffusion. Les 200 unités annoncées représentent une quantité réduite face à la production totale du P38. Cela n’implique toutefois pas automatiquement une cote élevée : l’état de la suspension pneumatique, de l’électronique, de la carrosserie, de l’habitacle et la conformité à la spécification d’origine ont une influence majeure sur l’intérêt d’un exemplaire conservé.

Du P38 au L322, puis le retour du nom Westminster

La première Westminster arrive au moment où le P38 s’apprête à céder sa place. En 2002, le Range Rover L322 introduit une génération profondément renouvelée, avec une conception plus moderne et une nouvelle étape dans la montée en gamme du modèle. La Westminster P38 devient ainsi l’une des séries spéciales associées aux derniers mois de la génération précédente.

Le nom n’est pourtant pas abandonné. En 2012, Land Rover lance une Westminster sur le L322 pour le marché britannique. Cette édition appartient à une génération totalement différente et reçoit notamment le V8 turbodiesel 4,4 litres de 313 ch, des jantes de 20 pouces et des détails extérieurs spécifiques. Une Westminster de 2012 ne constitue donc pas une évolution directe de la série P38 de 2001.

L’appellation réapparaît encore sur le Range Rover L405, notamment autour du millésime 2021 avec les Westminster et Westminster Black. Là encore, la logique consiste à associer le nom à une présentation luxueuse et à une dotation renforcée, mais la base technique n’a plus aucun rapport avec celle du P38.

En 2026, Westminster revient également sur le Range Rover L460. Cette nouvelle Westminster Edition dispose de caractéristiques contemporaines, avec notamment des jantes de 22 pouces et des éléments décoratifs spécifiques. Cette réutilisation régulière du nom explique pourquoi l’année et la génération sont indispensables pour identifier correctement un Range Rover Westminster : celui de 2001 reste la première occurrence documentée de cette appellation et l’une des dernières séries limitées associées au P38A.