Une grande GT japonaise lancée en 1990
La Mitsubishi GTO est un coupé sportif 2+2 présenté au Japon en 1990. Elle constitue alors le modèle le plus ambitieux de Mitsubishi dans le domaine des voitures de grand tourisme. Son développement s’inscrit dans une période où les constructeurs japonais cherchent à démontrer leur savoir-faire avec des modèles associant performances, transmission intégrale et électronique avancée.
La GTO est directement liée à la voiture commercialisée à l’export sous le nom de Mitsubishi 3000 GT. Il ne s’agit donc pas de deux modèles distincts, mais de deux appellations adaptées aux marchés. La version japonaise conserve toutefois ses propres niveaux de finition et certaines spécifications, ce qui explique les différences de puissance, d’équipement et de transmission rencontrées dans les documentations consacrées à la famille.
Le projet prend forme à la fin des années 1980, avec notamment le concept HSX présenté au Tokyo Motor Show de 1989. La voiture de série reprend l’idée d’un coupé très technologique, avec une silhouette basse et large, un V6 de 3,0 litres et, sur les versions les plus performantes, une transmission intégrale associée à plusieurs systèmes électroniques.
Dans la gamme Mitsubishi, la GTO prend la position occupée auparavant par le Mitsubishi Starion, tout en changeant sensiblement de philosophie. Le Starion reposait sur une architecture plus classique à moteur quatre cylindres turbo, tandis que la GTO adopte un V6 et multiplie les dispositifs destinés à améliorer simultanément confort, motricité et comportement routier.
Un concept technologique particulièrement ambitieux
La première GTO se distingue par une concentration inhabituelle de technologies. La version Twin Turbo associe un V6 6G72 à deux turbocompresseurs et à une transmission intégrale permanente. Elle peut également recevoir quatre roues directrices, une suspension pilotée électroniquement et un système d’aérodynamique active. Cette accumulation de solutions explique le poids élevé du coupé, mais aussi son caractère très particulier parmi les sportives japonaises de la période.
Le moteur 6G72 est un V6 à 60 degrés de 2 972 cm3. Dans sa configuration Twin Turbo japonaise, il reçoit deux turbocompresseurs et deux échangeurs air-air. La puissance est officiellement limitée à 280 ch selon la réglementation japonaise de l’époque, avec un couple qui atteint environ 427 Nm sur les versions concernées. Les versions atmosphériques utilisent également le 6G72, avec une puissance nettement inférieure.
La transmission intégrale constitue l’un des éléments centraux de la GTO Twin Turbo. Le système utilise un différentiel central à couple visqueux et cherche à maintenir une répartition favorable à la motricité. Les versions équipées du système quatre roues directrices peuvent également modifier l’orientation des roues arrière en fonction de la vitesse, afin de favoriser la stabilité à allure élevée tout en conservant une bonne maniabilité.
La suspension électronique ECS fait partie des équipements emblématiques des versions haut de gamme. Le conducteur peut adapter la loi d’amortissement, tandis que le système d’aérodynamique active agit sur des éléments situés à l’avant et à l’arrière de la carrosserie. L’aileron arrière peut ainsi modifier sa position afin de privilégier l’appui à vitesse élevée.
Cette recherche technologique rapproche la GTO de certaines grandes Mitsubishi à moteur V6 transversal de la même époque. Le Mitsubishi Sigma et le Mitsubishi Diamante appartiennent à cette même période de développement des moteurs V6 transversaux, même si la GTO possède une vocation sportive et une architecture spécifique.
Fiche technique de la Mitsubishi Gto
| Caractéristique | Mitsubishi GTO |
|---|---|
| Type | Coupé 2+2, 3 portes |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction intégrale selon version |
| Moteur principal | Mitsubishi 6G72, V6 à 60 degrés |
| Cylindrée | 2 972 cm3 |
| Alimentation | Injection électronique |
| Versions moteur | V6 atmosphérique ou V6 DOHC biturbo intercoolé |
| Puissance Twin Turbo | 280 ch à 6 000 tr/min, spécification japonaise |
| Couple Twin Turbo | Environ 427 Nm à 4 500 tr/min |
| Boîte de vitesses | Manuelle 5 rapports au lancement, puis 6 rapports sur certaines versions biturbo ; automatique 4 rapports selon finition |
| Transmission | Transmission intégrale permanente sur les versions concernées |
| Différentiel central | Visqueux, avec répartition nominale avant/arrière selon configuration |
| Suspension avant | McPherson |
| Suspension arrière | Double triangulation |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Quatre roues directrices | 4WS selon version |
| Suspension pilotée | ECS selon version |
| Freins | Quatre freins à disque, disques ventilés sur les versions performantes |
| Roues | 17 pouces sur plusieurs versions, jusqu’à 18 pouces sur les versions tardives |
| Pneus | Jusqu’à 245/45 ZR18 sur certaines versions Twin Turbo tardives |
| Longueur | Environ 4,55 à 4,60 m selon millésime |
| Largeur | Environ 1,84 m |
| Hauteur | Environ 1,28 m |
| Empattement | 2,47 m |
| Poids | Variable selon version et équipement, jusqu’à environ 1 900 kg pour certaines Twin Turbo tardives |
| Vitesse maximale | Variable selon version, marché et bridage |
| 0 à 100 km/h | Environ 5 secondes et demie pour les versions biturbo selon configuration |
| Réservoir | Environ 75 litres |
Les évolutions de la GTO
La GTO lancée en 1990 possède une apparence immédiatement reconnaissable avec ses phares escamotables, ses volumes très larges et son profil de coupé fortement ramassé. La gamme comprend des versions atmosphériques et Twin Turbo. Cette dernière concentre les équipements les plus sophistiqués et constitue la déclinaison emblématique du modèle.
Une évolution importante intervient au milieu des années 1990. Le restylage abandonne les phares escamotables au profit de projecteurs fixes et modifie profondément le dessin de la face avant. Les versions biturbo évoluent également sur le plan de la transmission, avec l’arrivée d’une boîte manuelle à six rapports sur certaines configurations.
La GTO Twin Turbo MR apparaît en 1994 au Japon avec une philosophie différente. Mitsubishi cherche à réduire le poids et à privilégier le comportement sportif. Certains équipements qui caractérisent les versions Twin Turbo classiques, notamment la transmission quatre roues directrices, la suspension électronique ou l’aérodynamique active, peuvent être supprimés afin d’alléger la voiture.
Les années suivantes apportent plusieurs évolutions de présentation et d’équipement. Les roues de plus grand diamètre apparaissent sur les versions hautes, tandis que les boucliers, les projecteurs et l’aileron arrière évoluent au fil des millésimes. La voiture conserve cependant son architecture générale et son V6 3,0 litres jusqu’à la fin de sa carrière.
La production japonaise s’achève en 2000 après environ une décennie de carrière. Les dates de fin peuvent varier dans certaines bases en fonction de la distinction entre année modèle et production effective, mais 1990 à 2000 correspond à la période de référence pour la GTO japonaise.
GTO, 3000 GT et VR-4 : bien distinguer les appellations
La principale difficulté documentaire autour de la GTO vient de son identité internationale. Au Japon, le coupé porte le nom de GTO. Sur les marchés d’exportation, Mitsubishi utilise principalement le nom 3000 GT. Le modèle américain reçoit notamment différentes appellations et configurations, avec la 3000 GT VR-4 comme version haut de gamme.
La Mitsubishi 3000 GT VR-4 correspond donc à une déclinaison particulièrement performante de la même famille, mais il serait incorrect de qualifier toutes les GTO japonaises de VR-4. Les marchés n’emploient pas nécessairement les mêmes noms de finition et les puissances annoncées peuvent différer en raison des normes, des équipements et des calibrations propres à chaque pays.
La GTO japonaise doit également être distinguée de la Mitsubishi Galant VR-4. Les deux modèles partagent une période et une philosophie technologique marquées par la transmission intégrale et les moteurs performants, mais la Galant VR-4 est une berline ou familiale sportive issue d’une autre lignée. Elle ne constitue pas une version de la GTO.
Production, prix et statut de collection
Les chiffres de production sont difficiles à attribuer précisément à la seule GTO japonaise. Le nombre global souvent cité pour la famille dépasse 150 000 voitures, mais il englobe les Mitsubishi 3000 GT et les Dodge Stealth produites au Japon pour différents marchés. Ce total ne doit donc pas être présenté comme celui des seules GTO.
Les catalogues japonais montrent par ailleurs l’écart de positionnement entre les finitions atmosphériques et les Twin Turbo. À la fin des années 1990, les tarifs japonais se situent autour de 3 millions de yens pour une GTO SR et dépassent 4 millions de yens pour les versions Twin Turbo les mieux équipées. Ces prix correspondent au marché japonais et à des millésimes précis.
La GTO est aujourd’hui recherchée comme sportive japonaise des années 1990, mais son statut de collection dépend fortement de la version et de son état. Les exemplaires Twin Turbo d’origine, notamment les configurations MR, sont plus spécifiques que les versions atmosphériques. L’état des systèmes électroniques et des équipements complexes constitue également un élément important lors de l’évaluation d’un exemplaire.
Un coupé identifiable par sa démesure technologique
Le style de la GTO repose sur une carrosserie basse, large et très aérodynamique. La première phase se reconnaît immédiatement à ses phares escamotables, tandis que les versions restylées adoptent des projecteurs fixes. Les larges entrées d’air latérales, le long capot, le hayon arrière et les équipements aérodynamiques donnent au coupé une silhouette beaucoup plus imposante que celle d’une sportive compacte.
Les dispositifs actifs constituent les signes distinctifs les plus intéressants lorsqu’il s’agit d’identifier une version haut de gamme. La présence de quatre roues directrices, de la suspension ECS, de l’aérodynamique active et du V6 biturbo permet de distinguer les configurations les plus sophistiquées des GTO atmosphériques.
La Mitsubishi GTO représente ainsi une approche très japonaise de la grande sportive du début des années 1990 : plutôt que de rechercher uniquement la légèreté, Mitsubishi privilégie l’association d’un V6 puissant, de la transmission intégrale et d’une électronique avancée. Cette orientation explique à la fois son poids important et sa place particulière parmi les coupés sportifs de son époque.




