Mitsubishi Lancer 5

Mitsubishi Lancer 5

Lancée au Japon en octobre 1991, la Mitsubishi Lancer 5 correspond à la cinquième itération de la Lancer dans la chronologie historique de Mitsubishi Motors. Cette précision est importante, car la numérotation des générations varie selon les marchés et les bases automobiles. La génération traitée ici est celle de la famille CB/CD, développée au début des années 1990 et devenue quelques mois plus tard la base des premières Lancer Evolution.

La Lancer 5 reste une berline compacte destinée à un usage familial, mais sa conception marque une évolution technique sensible. Nouvelle carrosserie, famille de moteurs renouvelée, empattement accru et suspension arrière multibras accompagnent son lancement. La gamme japonaise se distingue également par une diversité mécanique inhabituelle, allant de petits quatre cylindres économiques à un V6 de seulement 1,6 litre, sans oublier les versions MIVEC et à transmission intégrale.

Une nouvelle Lancer pour le début des années 1990

La Lancer 5 succède à la Mitsubishi Lancer 4, apparue à la fin des années 1980. Mitsubishi ne se contente pas d’une évolution esthétique : la génération de 1991 bénéficie d’une nouvelle structure et d’organes mécaniques profondément renouvelés. La marque cherche notamment à augmenter l’espace disponible dans l’habitacle tout en améliorant les qualités routières de sa berline compacte.

La carrosserie adopte des formes nettement plus arrondies que celles de sa devancière. Avec environ 4,27 m de longueur et un empattement porté à 2,50 m sur les principales berlines, elle conserve des dimensions contenues. Le porte-à-faux avant est réduit tandis que l’empattement et la partie arrière progressent, une répartition qui permet à Mitsubishi de dégager davantage d’espace pour les occupants et les bagages sans transformer la Lancer en grande berline.

Cette génération partage une partie de son environnement technique avec la Mitsubishi Mirage contemporaine, également renouvelée en 1991. Les deux modèles ne doivent toutefois pas être confondus. Mitsubishi leur attribue des silhouettes et des positionnements distincts, même si moteurs, transmissions et nombreux composants sont communs.

La période de commercialisation dépend du marché considéré. Au Japon, cette génération laisse sa place à une nouvelle Lancer en 1995. Certaines variantes CB/CD demeurent cependant référencées sur des marchés d’exportation jusqu’en 1996. Cette différence explique une partie des divergences rencontrées dans les catalogues automobiles européens.

Une gamme de moteurs particulièrement diversifiée

La variété mécanique constitue l’une des caractéristiques majeures de cette Lancer. Mitsubishi propose suivant les marchés des cylindrées de 1,3, 1,5 et 1,6 litre, ainsi que des variantes 1,8 litre turbo et 1,8 litre turbodiesel. Les codes de châssis permettent souvent d’identifier la combinaison mécanique : CB1A pour certaines 1.3 à moteur 4G13, CB2A pour le 1.5 4G15, CB3A pour le 1.5 4G91 et CB4A pour le 1.6 4G92, entre autres.

La nouvelle famille de moteurs 4G9 occupe une place importante. Le 4G91 de 1 496 cm3 et le 4G92 de 1 597 cm3 existent notamment avec une distribution à double arbre à cames en tête. Mitsubishi propose aussi son système MVV, pour Mitsubishi Vertical Vortex, destiné à favoriser une combustion pauvre et une consommation réduite sur certaines versions.

La proposition la plus singulière est le 6A10. Ce V6 essence de seulement 1 597 cm3 développe environ 140 ch dans sa configuration japonaise documentée. Mitsubishi le présente alors comme un V6 particulièrement compact, et sa présence dans une berline de cette catégorie illustre la stratégie technique très ambitieuse du constructeur au début des années 1990. Selon la configuration, ce moteur peut être associé à une boîte manuelle à cinq rapports ou à une automatique à quatre rapports.

En 1992 apparaît également le 4G92 équipé du système MIVEC. Celui-ci fait varier le fonctionnement de la distribution afin de concilier comportement à bas régime et rendement à haut régime. Les versions les plus sportives de cette mécanique renforcent considérablement le caractère de la Lancer sans recourir à la suralimentation. Il faut toutefois distinguer ces variantes des Evolution, qui utilisent une mécanique et une transmission spécifiques.

Fiche technique de la Mitsubishi Lancer 5

CaractéristiqueDonnées
LancementOctobre 1991 au Japon
Famille de châssisCB/CD selon versions
Carrosserie principaleBerline 4 portes, 5 places
ArchitectureMoteur avant transversal
TransmissionTraction avant ou 4 roues motrices selon version
Moteurs essence1.3, 1.5 et 1.6 litre selon marché et version
Autres motorisations1.8 turbo et 1.8 turbodiesel sur certaines variantes
4G134 cylindres, 1 298 cm3, environ 79 ch sur certaines versions japonaises
4G154 cylindres, 1 468 cm3, notamment en configuration MVV
4G914 cylindres, 1 496 cm3, notamment en DOHC
4G924 cylindres, 1 597 cm3, notamment en DOHC et MIVEC
6A10V6, 1 597 cm3, environ 140 ch à 7 000 tr/min et 147 Nm à 4 500 tr/min sur la version japonaise documentée
Boîtes de vitessesManuelles ou automatiques selon motorisation et marché, notamment 5 rapports manuels et 4 rapports automatiques sur certaines versions
Transmission intégraleSystème 4WD disponible sur certaines versions, avec différentiel central à visco-coupleur
StructureMonocoque
Suspension avantJambes de force MacPherson sur sous-châssis
Suspension arrièreMultibras
DirectionÀ crémaillère, assistance selon version
FreinsDisques avant, équipement arrière variable selon version
LongueurEnviron 4 270 mm sur le modèle représentatif
LargeurEnviron 1 680 à 1 690 mm selon version
HauteurEnviron 1 385 mm sur le modèle représentatif
Empattement2 500 mm
VoiesEnviron 1 450 mm à l’avant et 1 460 mm à l’arrière sur certaines versions
PoidsEnviron 900 kg pour certaines 1.3, plus de 1 050 kg pour certaines versions 1.6 performantes

Un châssis plus sophistiqué

Le renouvellement ne se limite pas aux moteurs. À l’avant, Mitsubishi conserve le principe éprouvé des jambes de force MacPherson, montées sur un sous-châssis. L’évolution la plus notable se trouve à l’arrière avec l’adoption d’une suspension multibras. Cette architecture permet de mieux contrôler les mouvements des roues et accompagne l’élargissement des voies ainsi que l’allongement de l’empattement.

La traction constitue la configuration courante, mais Mitsubishi propose également des Lancer à quatre roues motrices. Le système utilise notamment un différentiel central à visco-coupleur. Cette maîtrise de la transmission intégrale n’arrive pas par hasard : Mitsubishi possède déjà une expérience importante dans ce domaine avec ses berlines sportives et ses programmes de compétition.

Il n’existe pas une valeur unique pertinente pour les performances ou le poids de la Lancer 5. Une modeste 1.3 japonaise peut avoisiner 900 kg, tandis que certaines 1.6 sportives dépassent 1 050 kg. La puissance, les freins, les pneumatiques et les transmissions changent également fortement entre une version économique à traction et une berline 4WD ou MIVEC. La Lancer 5 doit donc être comprise comme une famille technique étendue plutôt que comme un modèle défini par une seule fiche de performances.

De la berline familiale à la Lancer Evolution

La particularité historique de cette génération tient à son rôle dans le programme sportif de Mitsubishi. Jusqu’au début des années 1990, la Mitsubishi Galant VR-4 constitue l’une des principales bases du constructeur en rallye. Une voiture plus compacte offre cependant un potentiel supérieur pour exploiter le moteur turbocompressé et la transmission intégrale développés par Mitsubishi.

C’est dans ce contexte qu’apparaît en 1992 la première Mitsubishi Lancer Evolution. Elle reprend la caisse compacte de cette famille de Lancer mais reçoit une définition mécanique beaucoup plus radicale, notamment le quatre cylindres 4G63 turbocompressé et une transmission intégrale. L’Evolution ne doit donc pas être considérée comme une simple finition de la Lancer 5 ordinaire : elle constitue une dérivée sportive développée avec la compétition internationale en ligne de mire.

La même base poursuit sa transformation avec la Mitsubishi Lancer Evo II, puis avec la Mitsubishi Lancer Evo III. Ces évolutions successives renforcent le lien entre cette génération de Lancer et l’une des lignées sportives japonaises les plus connues des années 1990.

Comment reconnaître la Lancer 5

Visuellement, la génération 1991 tranche avec les lignes plus anguleuses de sa devancière. La berline possède une silhouette tricorps fluide, une face avant basse et des surfaces plus arrondies caractéristiques du début des années 1990. Le dessin reste volontairement sobre : la Lancer standard n’affiche ni les ailes élargies, ni les appendices aérodynamiques qui rendront ensuite les Evolution immédiatement reconnaissables.

Ses proportions constituent un autre indice. L’empattement de 2,50 m est relativement généreux pour une voiture longue d’environ 4,27 m. Les montants de toit visuellement robustes et la partie arrière assez développée participent à une silhouette davantage orientée vers la berline familiale que vers la compacte sportive, malgré les capacités du châssis.

La diversité des carrosseries commercialisées sous des appellations proches peut créer une confusion, particulièrement dans les catalogues européens d’occasion. La Lancer 5 traitée ici correspond avant tout à la génération CB/CD lancée au Japon en 1991. Les hatchbacks attribués à une « Lancer 5 » par certaines bases de données ne correspondent pas nécessairement à cette même génération, tandis que le break apparenté porte notamment le nom Libero sur le marché japonais.

Une carrière courte avant la génération suivante

La Lancer 5 connaît une carrière japonaise relativement brève. Entre son lancement en 1991 et son remplacement en 1995, Mitsubishi multiplie pourtant les configurations techniques : moteurs économiques MVV, quatre cylindres DOHC, MIVEC, V6 compact et transmission intégrale donnent à la gamme une diversité rarement rencontrée dans une berline compacte de cette période.

Cette richesse reflète une phase particulièrement inventive de Mitsubishi. La marque expérimente simultanément la distribution variable, les moteurs multicylindres de petite cylindrée, les transmissions intégrales sophistiquées et les solutions destinées à réduire la consommation. La Lancer sert ainsi aussi bien de berline familiale accessible que de support à des mécaniques beaucoup plus ambitieuses.

En 1995 apparaît la Mitsubishi Lancer 6, qui renouvelle la berline et fournit à son tour la base des générations suivantes d’Evolution. Certaines Lancer CB/CD restent toutefois commercialisées ou référencées jusqu’en 1996 selon les marchés, prolongeant brièvement la carrière d’une génération dont la diversité mécanique et la parenté avec les premières Evolution constituent les traits les plus caractéristiques.