Lancé au Japon en décembre 1994, le Mitsubishi Pajero Mini transpose l’univers du tout terrain dans le format très contraint des kei cars. Il reprend le nom et l’image du Mitsubishi Pajero, mais ne constitue pas un simple Pajero raccourci. Avec sa carrosserie trois portes, son moteur de 659 cm³ et, selon les versions, une transmission intégrale avec gamme courte, il forme une gamme spécifique conçue pour répondre aux contraintes réglementaires japonaises tout en conservant une véritable vocation de véhicule de loisirs.
Sa carrière s’étend de 1994 à 2012, avec deux générations principales. La première adopte les codes stylistiques du Pajero dans des dimensions particulièrement compactes. La seconde, apparue en 1998, profite de l’évolution de la réglementation des kei cars pour gagner en longueur et en largeur. Malgré sa petite taille, le Pajero Mini conserve pendant toute sa carrière une architecture particulièrement intéressante pour un véhicule de cette catégorie, notamment avec ses moteurs quatre cylindres, son système Easy Select 4WD et ses suspensions adaptées à un usage tout terrain.
Un petit Pajero conçu pour le marché japonais
Au début des années 1990, Mitsubishi cherche à exploiter le succès du Pajero sur un marché japonais où les kei cars bénéficient d’avantages fiscaux et réglementaires importants. Le Pajero Mini répond à cette logique en associant une silhouette de petit SUV à un groupe motopropulseur respectant la limite de cylindrée des kei cars, fixée à 660 cm³ au moment de son lancement.
Le modèle apparaît en décembre 1994 comme un « mini RV », selon la terminologie utilisée au Japon pour ces véhicules de loisirs polyvalents. Mitsubishi ne cherche pas seulement à reproduire l’apparence du Pajero. La conception privilégie également la rigidité de la caisse et les aptitudes sur terrain difficile. La structure est une monocoque à éléments de châssis intégrés, différente du châssis séparé employé par le grand Pajero.
La première génération porte principalement les codes H51A en deux roues motrices et H56A en quatre roues motrices. Ses dimensions restent sous les limites alors applicables aux kei cars, avec environ 3,30 m de longueur et 1,40 m de largeur. Malgré cette compacité, l’empattement atteint 2,20 m et la garde au sol approche 195 mm, des caractéristiques qui contribuent à son comportement de petit tout terrain.
Le positionnement du Pajero Mini doit également être distingué de celui du Mitsubishi Pajero 2. Le grand Pajero constitue la référence stylistique et technologique de la famille, tandis que le Mini reprend cette philosophie dans un format beaucoup plus réduit et avec une mécanique spécifique aux kei cars.
Deux générations et une longue évolution
À son lancement, le Pajero Mini est proposé avec un quatre cylindres essence de 659 cm³. Les versions atmosphériques développent environ 52 ch, tandis que les variantes turbocompressées atteignent 64 ch, puissance correspondant à la limite alors applicable aux kei cars. Cette mécanique quatre cylindres est déjà une particularité dans une catégorie où les moteurs trois cylindres sont devenus courants.
Les premières finitions comprennent notamment les XR-I et XR-II atmosphériques ainsi que les VR-I et VR-II turbo. Les variantes 4WD disposent du système Easy Select de Mitsubishi, permettant de passer de deux à quatre roues motrices et de disposer d’une gamme courte. Cette caractéristique contribue fortement à distinguer le Pajero Mini des petites voitures surélevées essentiellement destinées à un usage routier.
La gamme évolue ensuite avec plusieurs séries et présentations spécifiques. La variante Skipper apparaît au milieu des années 1990 avec une orientation davantage urbaine. En 1997, le Pajero Mini Duke adopte une présentation plus distinctive, notamment avec une face avant spécifique et une calandre verticale. Ces versions ne constituent toutefois pas de nouvelles générations mécaniques.
Le changement majeur intervient en octobre 1998. La nouvelle réglementation japonaise permet alors aux kei cars d’atteindre 3,40 m de longueur et 1,48 m de largeur. Mitsubishi redessine donc le Pajero Mini en conséquence. La seconde génération porte les codes H53A en deux roues motrices et H58A en quatre roues motrices. Elle mesure environ 3,395 m de long et 1,475 m de large, tout en conservant un empattement de 2,20 m.
Cette évolution ne bouleverse pas la formule. Le Pajero Mini conserve ses trois portes, ses quatre places, son moteur de 659 cm³ et sa vocation de petit véhicule tout terrain. La gamme reçoit cependant différentes finitions, équipements et séries spéciales au fil des années. Les appellations Sport, Duke, Limited, Exceed, VR, ZR, XR et Premium Selection apparaissent notamment selon les périodes et les configurations.
La carrière s’achève en 2012. Mitsubishi annonce en mars l’arrêt prochain du modèle et prépare une série finale baptisée Premium Selection Final Anniversary. Commercialisée à partir de mars 2012 au prix de 1 680 000 yens, elle accompagne les derniers mois de production. Celle-ci prend officiellement fin en juin 2012, après une carrière de près de dix-huit ans.
Une architecture de vrai petit tout terrain
Le Pajero Mini se distingue par une conception plus ambitieuse que ne le suggère son gabarit. Sa caisse monocoque intègre des éléments de châssis de forte section afin d’obtenir une rigidité suffisante tout en conservant une masse contenue. Cette solution le différencie directement du grand Pajero à châssis séparé.
La suspension avant repose sur des jambes de type McPherson, tandis que l’arrière utilise une architecture à cinq bras avec ressorts hélicoïdaux. L’ensemble est conçu pour préserver une bonne motricité sur les chemins et les surfaces dégradées. La transmission intégrale Easy Select ajoute une gamme courte sur les versions concernées, ce qui donne au Pajero Mini des capacités tout terrain inhabituelles dans le segment des kei cars.
Les moteurs 4A30 et 4A30T constituent les principales mécaniques de la première génération. Le 4A30 atmosphérique est un quatre cylindres essence de 659 cm³ à 16 soupapes. Le 4A30T turbo adopte une distribution DOHC à 20 soupapes, soit cinq soupapes par cylindre, avec intercooler sur les versions concernées. Cette sophistication technique est l’une des caractéristiques les plus remarquables du modèle.
Selon la génération, la transmission peut être associée à une boîte manuelle à cinq rapports ou à une boîte automatique. Les premières versions automatiques utilisent une transmission à trois rapports, tandis que la seconde génération reçoit notamment une automatique à quatre rapports. Les configurations 2WD et 4WD entraînent également des différences de poids, de consommation et de performances.
Fiche technique du Mitsubishi Pajero Mini
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Type | Kei car, petit SUV tout terrain, carrosserie trois portes |
| Places | 4 |
| Première génération | H51A en 2WD, H56A en 4WD |
| Seconde génération | H53A en 2WD, H58A en 4WD |
| Moteur | Essence quatre cylindres en ligne, 659 cm³ |
| Moteur atmosphérique | 4A30, 16 soupapes, environ 52 ch |
| Moteur turbo | 4A30T, DOHC 20 soupapes, environ 64 ch |
| Implantation | Moteur à l’avant, architecture longitudinale |
| Transmission | 2WD ou 4WD selon version |
| Transmission intégrale | Easy Select 4WD avec gamme courte sur les versions 4WD |
| Boîte manuelle | 5 rapports |
| Boîte automatique | 3 rapports sur les premières versions, puis 4 rapports selon génération |
| Structure | Monocoque à éléments de châssis intégrés |
| Suspension avant | McPherson |
| Suspension arrière | Cinq bras avec ressorts hélicoïdaux |
| Direction | Crémaillère, assistance selon version |
| Freins | Disques à l’avant, tambours à l’arrière sur les versions documentées |
| Longueur, première génération | 3 295 mm |
| Largeur, première génération | 1 395 mm |
| Hauteur, première génération | Environ 1 630 mm |
| Longueur, seconde génération | 3 395 mm |
| Largeur, seconde génération | 1 475 mm |
| Hauteur, seconde génération | Environ 1 635 mm |
| Empattement | 2 200 mm |
| Garde au sol | Environ 195 mm sur la première génération |
| Poids | Environ 820 à 990 kg selon génération, moteur, transmission et équipement |
| Pneumatiques | 175/80 R15 sur de nombreuses versions 4WD, avec variations selon finition et année |
| Vitesse maximale | Environ 113 km/h pour certaines versions atmosphériques, jusqu’à environ 130 km/h pour certaines versions turbo |
| Consommation | Variable selon version et cycle japonais ; certaines versions 4WD manuelles sont données autour de 14,4 km/l selon l’ancien cycle 10/15 |
Des versions nombreuses et une production importante
La diversité des finitions fait partie de la longue carrière du Pajero Mini. Les versions turbo VR occupent une place particulière dans la gamme en associant les 64 ch du moteur 4A30T à la transmission intégrale. Les séries Duke se reconnaissent davantage par leur présentation extérieure, tandis que les finitions haut de gamme successives ajoutent des équipements et des traitements spécifiques.
Le Pajero Mini connaît également une diffusion importante sur son marché domestique. Mitsubishi indiquait environ 480 000 exemplaires vendus au Japon à la fin du mois de février 2012. Ce chiffre correspond aux ventes annoncées avant la fin effective de production et ne constitue donc pas un décompte définitif de tous les véhicules produits.
Les prix varient fortement selon l’année et la finition. Au lancement, certaines versions 4WD étaient proposées autour de 1,24 million de yens pour une VR-I à boîte manuelle et autour de 1,398 million de yens pour une VR-II. La série finale Final Anniversary atteint 1,68 million de yens en 2012. Ces montants illustrent le positionnement relativement sophistiqué du Pajero Mini parmi les kei cars de loisirs.
Un modèle à ne pas confondre avec le Pajero Junior
La famille Pajero compte plusieurs modèles compacts dont les noms peuvent prêter à confusion. Le Pajero Junior, apparu en 1995, est directement apparenté au Pajero Mini mais constitue un modèle distinct. Il utilise sa base générale en la développant avec une carrosserie plus large, des voies élargies et un moteur de 1,1 litre. Il se situe ainsi entre le Mini et le Pajero dans la gamme japonaise.
Le Pajero Mini ne doit pas davantage être assimilé au Pajero iO, autre petit SUV Mitsubishi de la décennie suivante, ni au Pajero Sport. Ces modèles évoluent dans des catégories et avec des motorisations différentes. De la même manière, le Nissan Kix commercialisé à partir de 2008 est une déclinaison OEM du Pajero Mini et non une troisième génération Mitsubishi.
La comparaison avec le Mitsubishi Pajero Evolution montre enfin deux usages radicalement différents d’une même image de marque. Le Pajero Evolution transforme le grand tout terrain en machine sportive dédiée notamment au rallye-raid, tandis que le Pajero Mini cherche à concentrer les qualités essentielles du concept Pajero dans les dimensions d’une kei car.
Un design immédiatement identifiable
Le style du Pajero Mini reprend les principaux codes visuels du grand Pajero : silhouette haute, surfaces relativement verticales, passages de roues marqués, position de conduite surélevée et roue de secours installée sur le hayon. Les proportions sont toutefois adaptées à son gabarit de kei car, avec une carrosserie courte et étroite qui lui donne une allure particulièrement compacte.
Les différences entre générations sont faciles à observer lorsque les deux modèles sont placés côte à côte. La première génération est plus étroite, avec ses 1 395 mm de largeur, tandis que la seconde atteint 1 475 mm. L’allongement à 3 395 mm permet à Mitsubishi de rester dans les nouvelles limites réglementaires tout en offrant davantage d’espace et une silhouette plus équilibrée.
Les versions turbo disposent de détails spécifiques permettant de les distinguer, notamment selon les années un capot avec prise d’air destinée au refroidissement du moteur suralimenté. Les séries Duke adoptent pour leur part une face avant particulière, tandis que certaines finitions supérieures combinent éléments chromés, équipements supplémentaires et peintures bicolores.
La carrière du Pajero Mini s’achève sans véritable remplaçant direct. Son intérêt historique tient précisément à cette combinaison devenue rare : les dimensions d’une kei car, un quatre cylindres de 659 cm³, une carrosserie trois portes, une garde au sol importante et, sur les versions 4WD, une véritable transmission intégrale avec gamme courte. Après près de dix-huit années de production, cette formule disparaît du catalogue Mitsubishi en juin 2012.




