Rolls-royce Phantom Drophead Coupé

Rolls-royce Phantom Drophead Coupé

Présentée en janvier 2007, la Rolls-royce Phantom Drophead Coupé transpose l’univers de la grande Phantom dans un cabriolet deux portes à quatre places. Longue de plus de 5,60 m, animée par un V12 atmosphérique de 6,75 litres et construite autour d’une structure en aluminium, elle constitue alors le modèle découvrable le plus exclusif de la gamme de Goodwood. Elle succède dans cet exercice à la Rolls-royce Corniche V, arrêtée quelques années auparavant, mais adopte une conception entièrement différente.

Le Drophead Coupé n’est ni une Phantom berline simplement découpée, ni la version découvrable d’un coupé préexistant. Son développement trouve son origine dans le spectaculaire concept 100EX de 2004. Sa silhouette, ses portes à ouverture antagoniste, son capot très long et son traitement inspiré de l’univers nautique donnent au modèle une personnalité propre, malgré une base technique étroitement apparentée à celle de la Phantom VII.

Du concept 100EX au cabriolet Phantom de série

Rolls-Royce dévoile le 100EX en 2004 pour célébrer le centenaire de la rencontre entre Charles Rolls et Henry Royce. Cette automobile expérimentale associe une carrosserie ouverte spectaculaire à un moteur V16 de 9 litres qui ne sera jamais destiné à la production. En revanche, plusieurs éléments de son langage stylistique annoncent directement un futur modèle de série. Le projet aboutit au Phantom Drophead Coupé, dévoilé au salon de Detroit en janvier 2007 et livré à ses premiers clients quelques mois plus tard.

La mécanique retenue est beaucoup plus proche de celle de la Rolls-royce Phantom Vii. Le cabriolet reçoit son V12 atmosphérique de 6 749 cm³ développant 460 ch et 720 Nm, ainsi qu’une architecture faisant largement appel à l’aluminium. La structure est néanmoins adaptée aux contraintes particulières d’une carrosserie dépourvue de toit fixe, afin d’obtenir la rigidité attendue malgré les dimensions et la masse considérables de la voiture.

La Drophead prend ainsi place dans une famille Phantom particulièrement étendue. Rolls-Royce propose parallèlement la berline classique et la Rolls-royce Phantom Ewb à empattement allongé. En 2008 apparaît également la Rolls-royce Phantom Coupé, fermée et stylistiquement apparentée, mais issue du développement du concept 101EX. Le Drophead reste donc le modèle ouvert de cette famille plutôt que la simple déclinaison cabriolet du Coupé.

Un design monumental inspiré des yachts

Le dessin, généralement attribué à Ian Cameron et à l’équipe Rolls-Royce de l’époque, conserve les proportions caractéristiques de la Phantom moderne : capot interminable, calandre verticale imposante, habitacle rejeté vers l’arrière et grandes roues de 21 pouces. Avec 5,61 m de longueur et près de 1,99 m de largeur, le Drophead Coupé possède des dimensions plus proches de celles d’une limousine que d’un cabriolet traditionnel.

Sa personnalité apparaît surtout dans les détails. Les deux longues portes sont articulées à l’arrière, selon le principe des coach doors cher à Rolls-Royce. Une commande électrique permet de les refermer sans avoir à se pencher vers l’extérieur. La capote reste en toile plutôt que d’adopter un lourd toit rigide escamotable. Cette solution contribue à préserver la silhouette basse du modèle lorsqu’il roule découvert et correspond davantage à la tradition des grands cabriolets de la marque.

L’inspiration nautique est particulièrement visible à l’arrière. Un panneau en teck peut habiller la zone située derrière l’habitacle, évoquant le pont d’un yacht. Le coffre possède un hayon inférieur pouvant former une assise lorsque la voiture est stationnée. Certaines configurations reçoivent également un capot en acier inoxydable brossé, élément visuel spectaculaire associé au Drophead dès ses débuts. Ces choix ne sont pas de simples ornements : ils participent à différencier nettement le cabriolet de la Rolls-royce Phantom à quatre portes.

V12 atmosphérique et priorité au confort

Le V12 de 6 749 cm³ est installé longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. Il développe 338 kW, soit 460 ch selon la norme métrique, à 5 350 tr/min, tandis que son couple maximal atteint 720 Nm à 3 500 tr/min. La valeur parfois rencontrée de 453 bhp correspond à une conversion dans une autre unité et non à une motorisation différente. Surtout, il s’agit bien d’un moteur atmosphérique : les V12 biturbo utilisés sur d’autres Rolls-Royce plus récentes ne doivent pas être attribués au Drophead Coupé.

Malgré une masse dépassant 2,6 tonnes, les performances restent élevées. La première version atteint environ 100 km/h en moins de six secondes et sa vitesse maximale est limitée à 240 km/h. Ces chiffres illustrent davantage l’abondance de réserve mécanique que la vocation de la voiture. Le moteur, la boîte automatique et les suspensions pneumatiques sont réglés pour fournir une progression très douce, avec le moins d’interventions perceptibles possible.

La première série utilise une boîte automatique ZF à six rapports. Le conducteur ne dispose pas d’un compte-tours traditionnel : Rolls-Royce conserve l’indicateur de réserve de puissance caractéristique de ses modèles modernes. La direction assistée et les suspensions indépendantes privilégient également l’aisance de conduite et l’isolation des occupants plutôt qu’une recherche de comportement sportif.

Fiche technique de la Rolls-royce Phantom Drophead Coupé

CaractéristiqueDonnée
Production2007 à 2016
CarrosserieCabriolet 2 portes, 4 places
ArchitectureMoteur longitudinal avant, propulsion
MoteurV12 atmosphérique à 60°, essence
Cylindrée6 749 cm³
DistributionDouble arbre à cames en tête, 4 soupapes par cylindre
AlimentationInjection directe
Puissance maximale460 ch à 5 350 tr/min
Couple maximal720 Nm à 3 500 tr/min
Boîte de vitessesAutomatique 6 rapports, puis 8 rapports sur Series II
StructureStructure spaceframe en aluminium
Suspension avantIndépendante, ressorts pneumatiques
Suspension arrièreIndépendante multibras, ressorts pneumatiques
FreinsDisques ventilés avant et arrière
Diamètre des freins374 mm à l’avant, 370 mm à l’arrière
Roues21 pouces
Longueur5 609 mm sur la première série, environ 5 612 mm sur Series II
Largeur1 987 mm
Hauteur1 581 mm sur la première série, environ 1 565 mm sur Series II
Empattement3 320 mm
Voies Series IIEnviron 1 686 mm avant et 1 676 mm arrière
PoidsEnviron 2 620 kg pour la première série, valeur variable selon millésime et norme de mesure
Vitesse maximale240 km/h, limitée électroniquement
0 à 100 km/hEnviron 5,7 à 5,9 s selon version et millésime
Consommation mixteEnviron 15,9 à 16,2 l/100 km sur la première série ; 14,8 l/100 km NEDC sur Series II
Émissions de CO2Environ 377 à 388 g/km selon première version ; 347 g/km sur Series II
Réservoir80 litres

Series II, la grande évolution de 2012

Rolls-Royce fait évoluer l’ensemble de la famille Phantom en 2012. Le Drophead Coupé devient alors Series II. La transformation reste immédiatement identifiable à l’avant, avec une nouvelle signature lumineuse faisant largement appel aux LED et un dessin modernisé des optiques et du bouclier. L’habitacle bénéficie parallèlement d’une électronique remise à niveau, notamment pour la navigation et les fonctions multimédias.

L’évolution mécanique la plus importante concerne la transmission. La boîte automatique à six rapports cède sa place à une unité à huit rapports, toujours associée au V12 atmosphérique de 460 ch et 720 Nm. Cette démultiplication plus fine contribue à réduire la consommation normalisée et les émissions de CO2 sans modifier la philosophie du modèle. Le Drophead Coupé reste ainsi fidèle au même moteur pendant toute sa carrière.

La Series II ne constitue donc pas une nouvelle génération. Elle prolonge le modèle lancé en 2007 avec une modernisation technique et esthétique. Cette distinction est importante, car certaines fiches contemporaines mélangent ses caractéristiques avec celles de la Phantom VIII apparue en 2017, allant jusqu’à lui attribuer des dimensions ou un V12 biturbo qui n’ont jamais appartenu au Drophead Coupé.

Personnalisation Bespoke et dernières séries

La fabrication à Goodwood permet à Rolls-Royce de proposer un degré de personnalisation particulièrement élevé. Peintures spécifiques, boiseries, selleries et combinaisons de matériaux peuvent transformer profondément la présentation d’un exemplaire. Cette logique donne également naissance à plusieurs séries et commandes Bespoke. La Waterspeed Collection de 2014 s’inspire par exemple des exploits de Sir Malcolm Campbell et de ses bateaux Bluebird.

Le prix reflète ce positionnement. Lors de la présentation de 2007, un tarif d’environ 360 000 euros est annoncé en France, avant options et personnalisations. Les configurations Bespoke pouvaient évidemment porter le montant bien au-delà. Plusieurs des premiers exemplaires ont par ailleurs atteint des sommes spectaculaires lors de ventes caritatives, sans que ces adjudications puissent être considérées comme des prix catalogue ou comme une cote du modèle.

La carrière s’achève en 2016 avec la Zenith Collection, proposée sur les Phantom Coupé et Drophead Coupé. Cette série est limitée à 50 voitures pour les deux carrosseries réunies, et non à 50 Drophead Coupé. Rolls-Royce ne remplace ensuite pas le modèle par une déclinaison ouverte de la Phantom VIII. La Rolls-royce Dawn, commercialisée à la même période, devient le cabriolet quatre places de la gamme sur une base technique différente.

Une place particulière parmi les Rolls-Royce deux portes

Le Phantom Drophead Coupé appartient à une période où Rolls-Royce décline son vaisseau amiral dans plusieurs carrosseries. Cette stratégie disparaît avec la génération Phantom suivante, recentrée sur la berline. Le modèle de 2007 reste ainsi le seul grand cabriolet de série directement dérivé de la famille Phantom produite à Goodwood.

À partir de 2013, la Rolls-royce Wraith introduit parallèlement une approche différente du coupé, plus compacte et plus explicitement orientée vers le conducteur. Le Drophead conserve jusqu’à son arrêt une identité plus majestueuse : quatre places, plus de cinq mètres soixante, une capote textile traditionnelle, un V12 atmosphérique et des détails inspirés de la construction nautique, notamment son spectaculaire habillage en teck.