La Subaru Legacy de deuxième génération apparaît au Japon en octobre 1993. Plus moderne que la première génération, elle conserve les caractéristiques qui définissent alors la marque, avec un moteur boxer longitudinal et une transmission intégrale largement associée à la gamme. Elle existe principalement en berline quatre portes et en break Touring Wagon cinq portes, avec des motorisations et des équipements très différents selon les marchés.
Cette génération correspond aux codes de carrosserie BD pour la berline et BG pour le break. Elle est produite durant les années 1990 et constitue une étape importante dans l’internationalisation de la Legacy. En Europe, elle est surtout connue avec les moteurs atmosphériques de 2,0, 2,2 et 2,5 litres, tandis que le marché japonais bénéficie de versions turbo beaucoup plus performantes.
Une Legacy entièrement renouvelée
Pour cette deuxième génération, Subaru revoit profondément la carrosserie et le châssis sans abandonner l’architecture mécanique qui fait l’identité de la Legacy. Le dessin extérieur est associé au designer Olivier Boulay, alors actif chez Subaru. Les lignes deviennent plus arrondies et plus aérodynamiques que celles de la génération précédente, avec un traitement particulier des feux arrière qui rappelle par certains aspects la Subaru SVX.
La berline et le Touring Wagon partagent une base technique commune, avec un empattement de 2,63 mètres. Le break joue un rôle particulièrement important dans la stratégie de Subaru, puisqu’il sert également de base au développement des premières versions Outback. La Subaru Legacy Outback adopte ainsi la carrosserie du break en lui ajoutant une présentation plus robuste et une vocation plus polyvalente.
Le renouvellement intervient dans un contexte où Subaru cherche à renforcer la position de la Legacy sur les marchés étrangers. En Amérique du Nord, la génération commercialisée à partir de 1994 et 1995 reçoit des adaptations spécifiques, tandis que le Japon bénéficie d’une gamme particulièrement large, allant des versions familiales atmosphériques aux modèles turbo destinés aux conducteurs recherchant davantage de performances.
Des moteurs très différents selon les marchés
En Europe, la Legacy 2 est principalement proposée avec des moteurs boxer atmosphériques à quatre cylindres. Le 2,0 litres développe notamment 115 ch dans la version GL référencée en France. Le 2,2 litres EJ22 atteint environ 128 ch dans certaines versions européennes, tandis que le 2,5 litres EJ25D atteint environ 150 ch.
Ces motorisations restent associées à une implantation longitudinale et à la transmission intégrale, deux caractéristiques importantes de la Legacy. Une boîte manuelle à cinq rapports est disponible, tandis qu’une transmission automatique à quatre rapports équipe certaines versions. Les caractéristiques de la transmission intégrale évoluent également selon la boîte et le marché, avec notamment des systèmes utilisant un différentiel central visqueux.
La gamme japonaise est beaucoup plus ambitieuse. Subaru propose notamment des Legacy GT équipées d’un quatre cylindres boxer 2,0 litres turbocompressé à double suralimentation séquentielle. Les puissances évoluent au fil des millésimes et des versions, avec 250 ch sur les premières déclinaisons, puis 260 ch et jusqu’à 280 ch pour certaines variantes.
La Subaru Legacy GT devient ainsi l’une des versions emblématiques de cette génération. En juin 1996, la GT-B japonaise adopte notamment un moteur annoncé à 280 ch et des amortisseurs Bilstein à double tube inversé. Ces modèles sportifs sont très différents des Legacy atmosphériques européennes et leurs caractéristiques ne doivent pas être généralisées à toute la gamme.
Une gamme qui évolue jusqu’à la fin des années 1990
Après son lancement en 1993, la deuxième génération reçoit rapidement de nouvelles versions. Le moteur 2,5 litres fait son apparition au Japon en 1994 avec la 250T. La gamme évolue ensuite progressivement avec des modifications de moteurs, de transmissions et d’équipements. Les versions sportives GT et GT-B prennent une place particulière dans la gamme japonaise.
La Legacy II est également liée à un changement majeur dans l’histoire sportive de Subaru. La marque abandonne progressivement la Legacy comme base de son programme mondial de rallye au profit de l’Subaru Impreza. La transition s’effectue au début des années 1990, après les dernières campagnes de la Legacy RS. Il faut toutefois distinguer ces voitures de compétition de la Legacy II de série, car la Legacy RS de rallye appartient essentiellement à la génération précédente.
Sur route, la deuxième génération conserve une architecture relativement traditionnelle pour Subaru, avec quatre roues indépendantes et une transmission intégrale. La suspension et les réglages varient selon les versions, les GT-B japonaises bénéficiant notamment d’un traitement plus sportif. Les freins peuvent également différer selon le moteur et le niveau d’équipement, certaines versions recevant des disques arrière alors que d’autres utilisent des tambours.
La production de cette génération s’étend jusqu’à la fin des années 1990 selon les marchés et les carrosseries. Elle est remplacée progressivement par la génération suivante, qui apparaît au Japon en 1998. La Subaru Legacy 4 appartient à une génération beaucoup plus récente et ne constitue donc pas la succession immédiate de la Legacy II, mais elle illustre la continuité de la lignée au fil des années.
Fiche technique de la Subaru Legacy 2
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Génération | Deuxième génération |
| Codes de carrosserie principaux | BD pour la berline, BG pour le break Touring Wagon |
| Lancement | 1993 au Japon |
| Architecture moteur | Quatre cylindres boxer essence, implantation longitudinale avant |
| Cylindrées principales | 1,8 l, 2,0 l, 2,2 l et 2,5 l atmosphériques selon marché, 2,0 l turbo au Japon |
| Puissance 2,0 l atmosphérique | Environ 115 ch dans la version européenne GL |
| Puissance 2,2 l atmosphérique | Environ 128 ch, puis environ 131 ch selon version et marché |
| Puissance 2,5 l atmosphérique | Environ 150 ch |
| Puissance 2,0 l turbo | De 250 à 280 ch selon version japonaise et millésime |
| Couple | Variable selon moteur et version |
| Transmission | Transmission intégrale sur de nombreuses versions, traction avant également proposée au Japon |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports selon version |
| Structure | Monocoque |
| Suspension | Indépendante aux quatre roues, configuration variable selon version |
| Direction | Crémaillère avec assistance hydraulique selon les versions européennes |
| Freins | Disques ventilés à l’avant, tambours ou disques à l’arrière selon version |
| Empattement | 2 630 mm |
| Longueur berline | Environ 4 595 mm |
| Longueur break | Environ 4 670 mm |
| Largeur | Environ 1 695 mm |
| Hauteur | Environ 1 405 mm pour la berline, autour de 1 490 mm pour le break selon version |
| Poids | Environ 1 240 à plus de 1 400 kg selon carrosserie, moteur et transmission |
| Roues et pneus | Notamment 185/70 R14 sur certaines versions européennes, avec montes supérieures selon finition |
| Vitesse maximale | Environ 185 à 195 km/h pour certaines versions atmosphériques européennes |
| 0 à 100 km/h | Environ 9,5 à 11 s pour certaines versions atmosphériques européennes |
| Consommation | Environ 9 à 11 l/100 km selon moteur, boîte et cycle de mesure |
| Réservoir | Environ 60 litres selon version |
Un break devenu emblématique
Le Touring Wagon occupe une place centrale dans l’histoire de la Legacy II. Sa carrosserie associe les caractéristiques d’un break familial à la transmission intégrale Subaru, tandis que les versions turbo japonaises lui donnent une image nettement plus sportive. Cette combinaison contribue à installer durablement les breaks performants Subaru sur le marché japonais.
Le développement de l’Outback à partir de cette base élargit encore le rôle du break. Avec une présentation plus robuste et une vocation orientée vers les chemins et les longs parcours, il préfigure la transformation progressive de Subaru vers une gamme davantage centrée sur les véhicules polyvalents à transmission intégrale.
Records et héritage sportif
La Legacy II établit un fait marquant avant même son lancement commercial. En septembre 1993, un Touring Wagon de deuxième génération établit à Bonneville une moyenne de 249,981 km/h sur un kilomètre dans sa catégorie, un record FIA réalisé avec une voiture proche de la série. Cette performance souligne les ambitions de Subaru autour de cette nouvelle génération.
Il convient cependant de ne pas lui attribuer les principaux succès de la Legacy RS en championnat du monde des rallyes. La Legacy de compétition qui permet notamment à Colin McRae de remporter le Rallye de Nouvelle-Zélande 1993 appartient à la génération précédente. Subaru passe ensuite à l’Impreza, qui devient rapidement la nouvelle référence sportive de la marque en rallye.
La Legacy II conserve néanmoins cette image sportive à travers ses versions japonaises GT, RS et GT-B. Leur moteur boxer 2,0 litres turbo, leur transmission intégrale et, pour certaines versions, leurs équipements de suspension spécifiques en font des modèles très distincts des versions familiales atmosphériques vendues en Europe.
Une Legacy encore très différente selon le marché
L’une des particularités de la Legacy II est l’écart important entre les différentes gammes nationales. En France et dans plusieurs pays européens, elle est principalement associée aux moteurs atmosphériques de 2,0, 2,2 et 2,5 litres. Au Japon, la même génération englobe des modèles beaucoup plus sportifs et fortement équipés, dont les GT-B de 280 ch.
Cette diversité explique pourquoi il n’existe pas une fiche technique unique valable pour toutes les Legacy II. Les dimensions restent proches entre les carrosseries, mais le poids, les freins, les roues, les transmissions, les moteurs et les performances évoluent sensiblement selon le marché et le millésime.
La deuxième génération marque ainsi une étape décisive dans l’évolution de la Legacy : elle conserve l’architecture boxer et la transmission intégrale caractéristiques de Subaru tout en élargissant considérablement l’offre, du break familial européen aux versions turbo japonaises capables de dépasser largement les performances des modèles atmosphériques destinés à l’export.




