Apparue au Japon en octobre 1989, la Subaru Legacy GT transpose les qualités de la nouvelle Legacy dans une berline rapide, richement équipée et dotée d’une transmission intégrale. Son quatre cylindres à plat 2,0 litres turbocompressé développe 200 ch, une puissance élevée pour une familiale japonaise de la fin des années 1980. Cette première GT constitue l’une des déclinaisons fondatrices de la Subaru Legacy, lancée quelques mois plus tôt.
La désignation demande toutefois d’être précisément située dans le temps. Le badge GT sera réutilisé sur plusieurs générations de Legacy, avec des moteurs et des caractéristiques très différents selon les marchés. La Legacy GT de 1989 traitée ici correspond à la première apparition de cette version, notamment sous le code BC5 pour la berline japonaise. Elle ne doit être confondue ni avec la Legacy RS de 220 ch, ni avec les Legacy GT biturbo des années suivantes, ni avec les GT commercialisées ultérieurement en Amérique du Nord.
Une Legacy sportive mais conçue pour la route
Subaru lance la première Legacy au Japon en février 1989. Cette nouvelle famille doit permettre à la marque de monter en gamme par rapport à la Leone et inaugure une architecture qui deviendra centrale dans son histoire moderne, associant moteurs boxer de la famille EJ et transmission intégrale sur les versions concernées. La gamme comprend dès ses débuts une déclinaison particulièrement performante, la Subaru Legacy RS, dont le moteur EJ20G turbocompressé développe 220 ch.
La GT arrive en octobre de la même année avec une philosophie différente. Elle conserve le boxer 2,0 litres turbo et les quatre roues motrices, mais sa puissance est ramenée à 200 ch. Elle privilégie davantage le confort et l’agrément quotidien, là où la RS possède une orientation sportive plus affirmée et joue un rôle important dans le développement de la Legacy pour la compétition. Sur la berline GT japonaise de lancement, le moteur est associé à une boîte automatique à quatre rapports.
Cette combinaison est révélatrice du positionnement du modèle. Subaru ne cherche pas simplement à proposer une RS moins puissante, mais une familiale performante capable d’exploiter son moteur turbo et sa transmission intégrale sans sacrifier les équipements attendus d’une berline haut de gamme. Climatisation automatique, équipements électriques et présentation plus cossue participent à cette différence de caractère.
Le boxer EJ20G turbo au coeur de la GT
Le moteur constitue l’élément distinctif de cette première Legacy GT. Il s’agit d’un quatre cylindres à plat de 1 994 cm3, à double arbre à cames en tête et seize soupapes. Suralimenté par turbocompresseur et équipé d’un intercooler, l’EJ20G délivre 200 ch à 6 000 tr/min et environ 260 Nm à 3 600 tr/min dans cette configuration. L’alésage de 92 mm et la course de 75 mm donnent au moteur une architecture super-carrée adaptée aux régimes relativement élevés.
Le moteur est installé longitudinalement à l’avant. La boîte automatique électronique à quatre rapports de la berline GT transmet la puissance aux quatre roues, une association encore peu courante parmi les berlines familiales performantes de cette période. Le rapport final de 4,444 accompagne les quatre rapports de transmission, tandis qu’un différentiel à glissement limité figure dans la spécification japonaise de lancement.
Le châssis repose sur quatre roues indépendantes avec jambes de force à l’avant comme à l’arrière. Les quatre freins sont à disques ventilés et les pneus de la version 1989 sont des 205/60 R15. Cette définition technique rapproche clairement la GT des versions sportives de la Legacy, tout en conservant une vocation de grande routière plutôt que celle d’une voiture développée prioritairement pour le rallye.
Fiche technique de la Subaru Legacy GT
| Caractéristique | Subaru Legacy GT BC5 1989 |
|---|---|
| Lancement | Octobre 1989 au Japon |
| Carrosserie | Berline 4 portes |
| Code châssis | BC5 |
| Moteur | EJ20G, 4 cylindres à plat essence, DOHC, 16 soupapes, turbo et intercooler |
| Cylindrée | 1 994 cm3 |
| Alésage x course | 92 x 75 mm |
| Taux de compression | 8,5:1 |
| Alimentation | Injection électronique multipoint |
| Puissance | 200 ch à 6 000 tr/min, 147 kW |
| Couple | Environ 260 Nm à 3 600 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Intégrale permanente |
| Boîte | Automatique à 4 rapports sur la berline GT japonaise de lancement |
| Suspension avant | Indépendante à jambes de force |
| Suspension arrière | Indépendante à jambes de force |
| Direction | À crémaillère assistée |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Freins arrière | Disques ventilés |
| Pneus | 205/60 R15 89H |
| Longueur | 4 510 mm |
| Largeur | 1 690 mm |
| Hauteur | 1 395 mm |
| Empattement | 2 580 mm |
| Voie avant | 1 465 mm |
| Voie arrière | 1 455 mm |
| Garde au sol | 165 mm |
| Poids | 1 380 kg |
| Réservoir | 60 litres |
| Rayon de braquage minimal | 5,3 m |
| Prix au Japon au lancement | 2 550 000 yens |
Berline GT, Touring Wagon et évolutions
La philosophie GT ne reste pas limitée à la berline. Subaru l’étend également au Touring Wagon, carrosserie particulièrement importante dans l’histoire de la Legacy. Selon les versions et les millésimes, le break GT peut être associé à une transmission manuelle ou automatique. Il faut donc éviter d’appliquer systématiquement la boîte automatique de la BC5 GT de lancement à toutes les Legacy GT de première génération.
La gamme évolue en cours de carrière. Le restylage de 1991 modifie notamment certains éléments extérieurs et fait légèrement progresser les dimensions et le poids. Une berline GT de cette période atteint ainsi environ 4,545 m de longueur contre 4,510 m pour la version d’octobre 1989. La puissance japonaise annoncée reste à 200 ch. Des variantes spécifiques apparaissent également, dont la GT Type S2 avec des éléments d’équipement distinctifs.
Visuellement, la GT conserve les lignes sobres de la première Legacy. Sa prise d’air sur le capot trahit toutefois la présence de la mécanique turbo et de son intercooler. Les jantes alliage de 15 pouces, les pneus larges pour l’époque, les éléments aérodynamiques des versions sportives et, suivant la configuration, un spoiler arrière permettent également de distinguer la GT d’une Legacy plus conventionnelle sans lui donner l’apparence démonstrative d’une sportive spécialisée.
De la GT 1989 aux Legacy biturbo
La première génération quitte progressivement la scène en 1993. La Subaru Legacy 2 conserve alors la désignation GT au Japon, mais la continuité du nom masque une transformation mécanique importante. La nouvelle GT adopte un EJ20H à suralimentation biturbo séquentielle et atteint initialement 250 ch. Une Legacy GT de 1993 n’est donc pas simplement une évolution mineure de la BC5 GT de 1989.
La famille des Legacy sportives continuera ensuite de se diversifier. La Subaru Legacy B4 reprend notamment l’idée d’une berline performante combinant moteur boxer et transmission intégrale. Parallèlement, la gamme Legacy donne naissance à des dérivés plus polyvalents, dont la Subaru Legacy Outback, signe de l’étendue prise par la famille au cours des années 1990.
Le badge GT lui-même ne correspond donc pas à une spécification mécanique immuable. Selon la génération et le marché, une Legacy GT peut recevoir une motorisation atmosphérique, un simple turbo ou un système biturbo. Des Legacy GT beaucoup plus récentes utilisent encore d’autres moteurs. Pour identifier correctement une voiture, la génération, le marché, l’année et le code de châssis sont plus significatifs que le seul emblème GT.
Une sportive distincte de la Legacy de rallye
L’association entre Legacy, moteur turbo et quatre roues motrices conduit facilement à attribuer à la GT le palmarès sportif de la famille. Les principales Legacy engagées au plus haut niveau en rallye dérivent pourtant de la RS, et non de la GT routière de 200 ch. C’est notamment avec la Legacy RS que Subaru obtient en 1993 sa victoire emblématique en Championnat du monde des rallyes en Nouvelle-Zélande.
La GT occupe néanmoins une place importante dans l’évolution des Subaru performantes de route. Dès 1989, elle rassemble les ingrédients qui deviendront caractéristiques de nombreuses sportives de la marque : moteur boxer turbocompressé, transmission intégrale et carrosserie utilisable au quotidien. Lorsque Subaru concentre ensuite son programme sportif sur la plus compacte Subaru Impreza WRX, cette formule gagne une notoriété mondiale sans faire disparaître les Legacy rapides.
La déclinaison Touring Wagon ajoute une autre dimension à cette histoire en associant performances et capacité de chargement. Subaru conservera longtemps cette spécialité du break à moteur boxer puissant et quatre roues motrices. Plusieurs décennies plus tard, la Subaru Levorg reprendra à son tour cette combinaison dans une gamme distincte, alors que la Legacy aura progressivement évolué vers un positionnement différent selon les marchés.




