Maserati 4200 GT

Maserati 4200 GT

Apparue en 2002, la Maserati 4200 GT correspond au coupé de grand tourisme que la marque commercialise officiellement sous le nom de Maserati Coupé. L’appellation 4200 GT, devenue courante chez les propriétaires, spécialistes et vendeurs, fait référence à son V8 atmosphérique de 4,2 litres. Elle permet surtout de distinguer cette génération de la 3200 GT à moteur biturbo qui l’a précédée.

La transformation dépasse pourtant largement un simple changement de cylindrée. Avec son V8 de 4 244 cm3 développant 390 ch, sa boîte installée à l’arrière selon une architecture transaxle et le choix entre transmission manuelle et Cambiocorsa, le coupé inaugure une nouvelle période technique pour Maserati. Sa présentation au Salon de Detroit en janvier 2002 accompagne également le retour de la marque sur le marché américain.

De la 3200 GT à la 4200 GT

La 4200 GT succède directement à la Maserati 3200 GT. La filiation esthétique est immédiate. Maserati conserve les proportions du coupé dessiné par Italdesign, avec son long capot, son habitacle reculé et ses quatre véritables places. Sous cette carrosserie familière se cache toutefois une évolution mécanique beaucoup plus profonde que ne le suggère la continuité du dessin.

Le V8 3,2 litres biturbo de 370 ch disparaît au profit d’un V8 atmosphérique à 90 degrés de 4 244 cm3. Ce moteur à 32 soupapes et carter sec délivre 390 ch à 7 000 tr/min et environ 451 Nm à 4 500 tr/min. Son caractère est donc différent de celui de la 3200 GT, dont les deux turbocompresseurs produisaient une arrivée de couple plus brutale. La nouvelle mécanique privilégie une réponse progressive et la capacité à prendre des régimes élevés.

Cette génération s’inscrit dans la période de rapprochement technique entre Maserati et Ferrari. Il est cependant réducteur de présenter son moteur comme un simple moteur de Ferrari transplanté dans une Maserati. Le V8 appartient à la famille F136 développée dans ce contexte industriel commun, avec des caractéristiques et des variantes propres à chaque application.

Le Maserati Spyder, dévoilé avant le Coupé, avait déjà introduit cette nouvelle architecture mécanique. Le Coupé arrive ensuite à Detroit en janvier 2002. Ce choix n’est pas anodin : le modèle participe au retour de Maserati aux États-Unis après plusieurs années d’absence, ce qui influence aussi certains changements esthétiques par rapport à la 3200 GT.

Un V8 avant et une boîte arrière

L’une des particularités essentielles de la 4200 GT est son architecture transaxle. Le V8 reste installé longitudinalement à l’avant, mais la boîte de vitesses est placée sur le train arrière. Cette disposition permet de mieux répartir les masses entre les deux essieux et différencie techniquement la voiture de sa devancière. La transmission reste une propulsion.

Deux solutions sont proposées. La Maserati Coupé GT reçoit une boîte mécanique à six rapports, destinée aux conducteurs souhaitant conserver un levier et un embrayage conventionnels. Elle constitue la variante la plus traditionnelle du modèle et reste nettement moins répandue que la version robotisée.

La Maserati Coupé Cambiocorsa utilise également six rapports, mais leur sélection est assurée par un système électrohydraulique avec palettes au volant. L’embrayage est automatisé et la transmission peut fonctionner selon plusieurs modes. Cette technologie issue de la logique des boîtes séquentielles de l’époque devient l’une des caractéristiques les plus reconnaissables des Maserati sportives du début des années 2000.

Le châssis repose sur une structure porteuse en acier complétée par des sous-châssis. Les quatre roues sont guidées par des doubles triangles. Un amortissement piloté Skyhook est proposé selon les configurations, tandis que les roues de 18 pouces chaussent des pneus de 235/40 ZR18 à l’avant et 265/35 ZR18 à l’arrière. Les quatre freins sont à disque avec ABS.

Fiche technique de la Maserati 4200 GT

CaractéristiqueDonnée
TypeCoupé Grand Tourisme 2 portes, 4 places
Code modèleM138
Période de production2002 à 2007
Architecture moteurV8 atmosphérique à 90 degrés, 32 soupapes
Cylindrée4 244 cm3
DistributionDouble arbre à cames en tête par rangée de cylindres
LubrificationCarter sec
Puissance maximale390 ch à 7 000 tr/min
Couple maximalEnviron 451 Nm à 4 500 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion, architecture transaxle
Boîtes de vitessesManuelle 6 rapports ou robotisée Cambiocorsa 6 rapports
SuspensionsDoubles triangles avant et arrière, Skyhook disponible selon configuration
Freinage4 disques avec ABS
Roues18 pouces
Pneus avant235/40 ZR18
Pneus arrière265/35 ZR18
Longueur4 523 mm
Largeur1 822 mm
Hauteur1 305 mm
Empattement2 660 mm
Poids à sec1 570 kg en GT, 1 580 kg en Cambiocorsa
Vitesse maximale285 km/h
0 à 100 km/hEnviron 4,9 à 5,2 s selon les données publiées
Consommation mixte publiéeEnviron 15,9 à 16,6 l/100 km selon le cycle et la source
Volume de coffreEnviron 315 litres

Un dessin familier mais profondément remanié

Italdesign conserve l’essentiel des volumes de la 3200 GT, ce qui explique pourquoi les deux générations peuvent être confondues au premier regard. La différence la plus évidente apparaît à l’arrière. Les célèbres feux en forme de boomerang de la 3200 GT disparaissent au profit de blocs plus conventionnels. Cette modification accompagne notamment la volonté de commercialiser la voiture aux États-Unis.

À l’avant, les transformations restent plus discrètes. La voiture conserve une calandre basse portant le trident et des optiques étirées, tandis que quatre sorties d’échappement renforcent visuellement son positionnement sportif. Le projet est attribué à Italdesign par Maserati, avec Fabrizio Giugiaro spécifiquement crédité pour le 4200 Coupé dans les archives du studio Giugiaro.

L’habitacle respecte la vocation de grand tourisme du modèle. Contrairement à de nombreux coupés sportifs de performances comparables, la 4200 GT dispose de quatre places réellement intégrées à la carrosserie et d’un coffre permettant d’envisager les longs parcours. Cuir, instrumentation traditionnelle et nombreux éléments personnalisables maintiennent une présentation plus luxueuse que radicalement sportive.

Une évolution esthétique intervient à la fin de 2004. La calandre devient notamment plus grande et plus basse, avec des barrettes horizontales, tandis que différents détails de carrosserie évoluent. Ces modifications rapprochent visuellement les derniers Coupé des codes stylistiques adoptés par Maserati au milieu des années 2000, sans changer leur identité mécanique fondamentale.

GT, Cambiocorsa et GranSport : des appellations à distinguer

Le nom 4200 GT entretient une ambiguïté importante. Dans les documents historiques de Maserati, le modèle est désigné comme Coupé, avec une variante GT à boîte manuelle et une variante Cambiocorsa. Dans le langage courant, 4200 GT sert fréquemment à désigner toute la génération équipée du V8 4,2 litres. Les deux usages coexistent donc, mais ils ne recouvrent pas exactement la même définition.

Cette distinction est particulièrement utile lorsqu’il s’agit d’identifier une voiture d’occasion. Une 4200 équipée des palettes au volant est techniquement une Cambiocorsa, même si une annonce la présente simplement comme une 4200 GT. La boîte manuelle demeure beaucoup moins répandue, ce qui explique l’intérêt spécifique porté aujourd’hui à cette configuration.

Il ne faut pas non plus assimiler automatiquement le GranSport à une 4200 GT standard. Lancé en 2004, ce dérivé plus sportif conserve le V8 de 4,2 litres mais porte sa puissance à 400 ch et reçoit des évolutions de transmission, de châssis, d’aérodynamique et de présentation. Il constitue une étape supplémentaire dans le développement de la plateforme M138.

Production et place dans la gamme Maserati

Les volumes de production publiés pour le Coupé M138 ne concordent pas totalement. Les archives actuelles de Maserati annoncent 5 404 exemplaires toutes versions confondues. D’autres décomptes largement diffusés avancent 6 449 voitures, dont 1 078 GT à boîte manuelle et 5 371 Cambiocorsa. En l’absence d’explication établissant précisément le périmètre de chaque comptage, le chiffre officiel de Maserati constitue la référence la plus solide, tandis que la ventilation alternative doit rester présentée comme telle.

Sur le marché français, le tarif publié pour le Coupé atteignait 86 100 euros en juin 2003, avant options et variations liées aux millésimes ou aux configurations. Ce positionnement plaçait naturellement la voiture parmi les GT de prestige, mais son moteur atmosphérique, ses quatre places et son architecture transaxle lui donnaient une identité différente de celle des berlinettes à moteur central.

La carrière s’étend jusqu’en 2007. Entre-temps, le Coupé aura servi de base au GranSport et participé à la reconstruction de l’image internationale de Maserati au début du XXIe siècle. La Maserati GranTurismo prend alors le relais avec une carrosserie entièrement nouvelle et poursuit le principe d’un grand coupé quatre places à moteur V8 avant.