Apparue en 1977, la Datsun Violet 160j appartient à la première génération de Violet, identifiée par la famille de type A10. Cette familiale compacte à moteur avant et propulsion illustre la stratégie internationale de Nissan à la fin des années 1970 : une même base pouvait recevoir des appellations différentes suivant le pays, la cylindrée et le réseau de distribution. Le nom 160j désigne ici la déclinaison 1,6 litre de la Datsun Violet, et non une génération indépendante.
Cette distinction est essentielle car les dénominations Datsun de cette période se chevauchent facilement. Violet, 140J et 160J peuvent désigner des automobiles très proches, tandis que les spécifications changent avec les carrosseries et les marchés. La Violet 160j traitée ici est donc celle de la famille A10 lancée en 1977, à ne pas confondre avec la génération Violet T11 apparue ultérieurement.
Une familiale Datsun née en 1977
La Violet A10 prend place dans une gamme Datsun particulièrement étendue. Nissan dispose alors de plusieurs lignées de berlines exportées sous des noms qui ne correspondent pas toujours exactement aux appellations japonaises. La Violet vient compléter cet ensemble avec un format familial relativement compact et une architecture conventionnelle, reposant sur un quatre cylindres longitudinal entraînant les roues arrière.
Son positionnement la rapproche d’autres familiales Datsun sans pour autant en faire une simple variante. La Datsun 180B, par exemple, appartient à une autre lignée de la gamme des années 1970. De même, la Violet ne doit pas être assimilée à la Datsun Bluebird, malgré les proximités de catégorie et la complexité des nomenclatures employées par Nissan à l’export.
La gamme Violet est proposée sous plusieurs formes de carrosserie selon les marchés, notamment en berline quatre portes et en coupé ou hardtop deux portes. Cette diversité explique pourquoi il est impossible d’attribuer une longueur, un poids ou même certains équipements à toutes les Violet 160j sans préciser la carrosserie concernée.
Le moteur 1,6 litre au coeur de l’appellation 160j
Le chiffre 160 renvoie à la classe de cylindrée du moteur. Sur les Violet A10 concernées, on retrouve généralement le Nissan L16, un quatre cylindres en ligne de 1 595 cm3 appartenant à la famille de moteurs L largement diffusée par le constructeur. Il est installé longitudinalement à l’avant et associé à une transmission aux roues arrière.
Dans ses configurations routières courantes, ce moteur atmosphérique utilise un arbre à cames en tête et une alimentation par carburateur. Les chiffres de puissance rencontrés pour les 160j se situent généralement dans une plage d’environ 80 à 90 ch, mais il n’existe pas une valeur unique applicable à l’ensemble de la production. Les réglages, les dispositifs antipollution et les normes de mesure diffèrent suivant les pays et les millésimes.
La même logique explique l’existence de la dénomination Datsun 160J dans la gamme internationale. Le badge 160J constitue donc un indice important, mais il doit toujours être replacé dans le contexte du marché et de la génération considérés. Toutes les automobiles portant cette appellation ne peuvent pas être décrites à partir d’une seule fiche technique universelle.
Les boîtes de vitesses proposées varient également. Certaines versions reçoivent une boîte manuelle à quatre rapports, tandis que des configurations à cinq rapports existent suivant la finition et le marché. Une transmission automatique a aussi été disponible sur certaines variantes. Dans tous les cas, la propulsion reste un élément fondamental du caractère mécanique de la Violet A10.
Fiche technique de la Datsun Violet 160j
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Lancement | 1977 |
| Famille / type | Violet A10 |
| Catégorie | Familiale compacte |
| Carrosseries | Notamment berline 4 portes et coupé / hardtop 2 portes selon marché |
| Structure | Monocoque |
| Moteur | Nissan L16, 4 cylindres en ligne |
| Cylindrée | 1 595 cm3 |
| Distribution | Arbre à cames en tête |
| Alimentation | Carburateur sur les versions routières courantes |
| Puissance | Environ 80 à 90 ch suivant marché, réglage et norme de mesure |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle 4 ou 5 rapports selon version et marché, automatique disponible sur certaines variantes |
| Suspension avant | Indépendante de type MacPherson |
| Freins | Disques avant et tambours arrière sur les versions routières courantes |
| Empattement | Environ 2,40 m selon variante |
| Longueur | Environ 4,1 à 4,3 m selon carrosserie et millésime |
| Largeur | Environ 1,6 m selon version |
| Poids | Environ 900 à plus de 1 000 kg selon carrosserie et équipement |
| Vitesse maximale | Environ 150 à 160 km/h suivant spécification |
Une conception classique et robuste
Techniquement, la Violet 160j ne cherche pas la rupture. Sa carrosserie monocoque reçoit une suspension avant indépendante de type MacPherson et une mécanique éprouvée. Les versions routières courantes disposent de freins à disque à l’avant et de tambours à l’arrière. L’ensemble privilégie une conception relativement simple, cohérente avec une voiture familiale destinée à de nombreux marchés.
Cette architecture à propulsion s’inscrit dans une tradition déjà bien établie chez Datsun. La Datsun 510 avait contribué quelques années auparavant à installer l’image de berlines japonaises simples, légères et capables de servir aussi bien au quotidien qu’en compétition. La Violet poursuit cette philosophie générale, même si elle appartient à une autre génération et possède sa propre identité.
Visuellement, l’A10 est immédiatement ancrée dans la seconde moitié des années 1970. Les lignes sont rectilignes, le capot peu galbé et les surfaces vitrées importantes. Sur la berline, la silhouette tricorps reste très conventionnelle. Les premières versions utilisent également des pare-chocs métalliques qui renforcent leur aspect d’époque. Calandre, optiques et détails de finition peuvent toutefois changer suivant le millésime et le pays.
Le badge 160J constitue l’un des moyens les plus simples de différencier cette déclinaison des Violet équipées d’autres moteurs. Il ne suffit cependant pas à identifier à lui seul une spécification mécanique précise : une voiture européenne, une version destinée à un autre marché d’exportation et une voiture de compétition peuvent présenter des différences considérables.
La Violet et les succès de Datsun en rallye
La carrière sportive donne à la Violet une dimension qui dépasse largement son statut de familiale. Nissan et Datsun engagent la plateforme en rallye international, où sa robustesse devient un avantage déterminant sur les épreuves longues et difficiles. Ces voitures de course sont profondément préparées et leurs caractéristiques ne doivent pas être confondues avec celles d’une Violet 160j de série.
Le Safari Rally constitue l’épisode le plus marquant de cette histoire. En 1980, Shekhar Mehta et son copilote Mike Doughty remportent l’épreuve sur Datsun Violet. Mehta s’impose de nouveau en 1981, consolidant l’association entre la Violet et l’une des compétitions les plus éprouvantes du calendrier international.
Ces résultats prolongent une tradition sportive déjà forte chez Datsun. Les succès africains reposent moins sur une innovation spectaculaire que sur une combinaison d’endurance, de préparation et de fiabilité adaptée aux pistes du Safari. Ils ont aussi donné à la Violet une visibilité internationale inhabituelle pour une automobile dont les versions routières avaient une vocation avant tout familiale.
Une nomenclature complexe entre Violet, 160J et Stanza
Comprendre la Violet 160j nécessite enfin de séparer la voiture de ses multiples appellations commerciales. Le nom Violet désigne la famille de modèles, tandis que 160J renvoie principalement à la déclinaison 1,6 litre sur certains marchés d’exportation. La coexistence d’autres badges Nissan et Datsun explique qu’une recherche sur la 160J puisse conduire à des automobiles qui ne présentent pas exactement la même carrosserie ou les mêmes caractéristiques.
Cette situation devient encore plus complexe au changement de génération. La Violet A10 de 1977 ne doit pas être confondue avec la Violet T11 qui lui succède. La nomenclature internationale évolue alors et le nom Datsun Stanza prend une importance croissante sur certains marchés. Il est donc préférable d’utiliser le code de génération, l’année, la carrosserie et la motorisation pour identifier précisément un exemplaire plutôt que de se fier au seul badge.
La production totale réservée spécifiquement à la Violet 160j A10 n’est pas isolée de manière suffisamment fiable des autres Violet et des différentes appellations commerciales. Aujourd’hui, cette dispersion des versions complique également l’identification des exemplaires survivants. Une authentique 160j de série doit avant tout correspondre à une Violet A10 de la période concernée et à sa spécification 1,6 litre, sans lui attribuer les caractéristiques beaucoup plus poussées des voitures qui ont construit la réputation du modèle en rallye.




