Ginetta G4

Ginetta G4

La Ginetta G4 est une petite voiture de sport britannique lancée en 1960 par Ginetta Cars, le constructeur fondé par les quatre frères Walklett. Avec sa carrosserie en fibre de verre, son châssis tubulaire et ses moteurs Ford, elle incarne une conception de l’automobile sportive fondée sur la légèreté plutôt que sur la puissance. Présentée au public en janvier 1961, cette biplace se distingue rapidement par son agilité, ses possibilités de préparation et ses résultats en compétition.

Produite dans sa première période jusqu’en 1968, la G4 connaît plusieurs évolutions, dont trois séries principales et une variante de compétition baptisée G4R. Son nom sera ensuite réutilisé pour des voitures plus récentes, qu’il convient de distinguer du modèle original. La Ginetta G4 historique demeure l’une des réalisations les plus représentatives des petites sportives anglaises des années 1960.

Fiche technique de la Ginetta G4

CaractéristiqueGinetta G4 originale (1960-1968)
ConstructeurGinetta Cars
Pays d’origineRoyaume-Uni
Première apparition1960
Présentation publiqueJanvier 1961
Production originale1960 à 1968 environ
CarrosserieSportive biplace, roadster ou version à toit rigide
StructureChâssis spatial tubulaire en acier
Matériau de carrosserieFibre de verre renforcée
Moteur initialFord Anglia 105E, 4 cylindres en ligne
Cylindrée initiale997 cm³
Autres motorisationsFord 1200, 1340, 1500 et 1600 cm³ selon les versions et préparations
AlimentationCarburateur(s)
RefroidissementLiquide
PuissanceVariable selon motorisation ; 91 ch mentionnés pour certaines configurations 1340 cm³ préparées
Position du moteurAvant longitudinal
Roues motricesArrière
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports sur les configurations historiques courantes
Suspension avantRoues indépendantes, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs
Suspension arrièreEssieu rigide sur les versions standard ; roues indépendantes sur G4R
DirectionMécanique, sans assistance
FreinsTambours sur les premières versions ; disques avant selon évolution ; quatre disques sur G4R
LongueurEnviron 3,35 m pour certaines configurations ; arrière allongé sur Series 2
LargeurEnviron 1,42 m
HauteurEnviron 1,07 m selon carrosserie
EmpattementEnviron 2,05 m
Voies avant et arrièreEnviron 1,17 m dans certaines fiches techniques
Masse à videEnviron 450 à 510 kg selon configuration et données publiées
Vitesse maximaleJusqu’à environ 193 km/h dans certaines configurations publiées, non représentatif de toutes les versions
Accélération de 0 à 100 km/hEnviron 8,5 s dans certaines fiches, sans attribution certaine à une configuration précise
Homologation historique FIAGroupe GT, fiche n° 132, 6 septembre 1963, moteur 997 cm³

Origines et développement de la Ginetta G4

L’histoire de la Ginetta G4 commence avec les frères Bob, Ivor, Trevers et Douglas Walklett, qui fondent leur entreprise automobile en 1958 à Woodbridge, dans le Suffolk. Leur ambition consiste à construire des voitures sportives accessibles, légères et suffisamment simples pour être entretenues ou préparées par leurs propriétaires. Cette philosophie correspond à un marché britannique alors particulièrement favorable aux petites voitures de sport et aux automobiles proposées en kit.

Après une première réalisation connue sous le nom de Ginetta G1, les frères Walklett développent plusieurs projets qui leur permettent d’acquérir de l’expérience dans la fabrication de châssis et de carrosseries. La Ginetta G2, petite sportive ouverte à la construction élémentaire, contribue notamment à définir les principes techniques qui seront repris et perfectionnés sur la G4.

Le développement de la G4 est principalement associé à Ivor Walklett pour la conception mécanique et à Trevers Walklett pour le dessin de la carrosserie. L’objectif est de proposer une véritable sportive biplace, utilisable sur route mais suffisamment performante pour participer à des épreuves automobiles. La solution retenue associe un châssis spatial en tubes d’acier à une carrosserie moulée en plastique renforcé de fibre de verre.

La Ginetta G4 apparaît en septembre 1960 avant sa présentation publique au Racing Car Show de Londres, en janvier 1961. Elle adopte initialement un moteur Ford Anglia de 997 cm³, installé longitudinalement à l’avant et entraînant les roues arrière. Ce choix permet d’utiliser une mécanique largement diffusée, relativement économique et facilement modifiable.

La voiture est proposée notamment sous forme de composants à assembler, une formule intéressante dans le contexte fiscal britannique de l’époque. Les clients peuvent ainsi choisir certains équipements et adapter leur voiture à un usage routier ou sportif. Cette souplesse explique pourquoi les G4 survivantes présentent parfois des caractéristiques mécaniques différentes de leur configuration de livraison.

Le développement du modèle accompagne également celui de l’entreprise. Après ses débuts dans le Suffolk, Ginetta poursuit ses activités à Witham, dans l’Essex. La G4 devient progressivement l’un des modèles les plus connus du constructeur, en particulier grâce à son efficacité sur circuit.

Design et architecture d’une sportive légère

La silhouette de la Ginetta G4 est caractéristique des petites sportives britanniques du début des années 1960. Sa carrosserie très basse présente un long capot plongeant, des ailes avant arrondies et un habitacle compact situé vers l’arrière. Les projecteurs circulaires, les faibles porte-à-faux et la poupe courte renforcent son apparence de voiture de compétition adaptée à la route.

La fibre de verre joue un rôle essentiel dans cette architecture. Plus facile à mouler en petites séries qu’une carrosserie traditionnelle en acier, elle permet de produire des formes complexes sans nécessiter d’importants outillages industriels. Elle contribue également à limiter la masse de l’ensemble, un avantage déterminant pour une voiture équipée de moteurs de cylindrée relativement modeste.

Le châssis spatial tubulaire constitue l’autre élément central de la conception. Cette structure en acier reçoit les principaux organes mécaniques et les suspensions. Sur les premières G4, les tubes sont principalement de section ronde. La carrosserie comprend notamment un ensemble avant basculant, qui facilite l’accès au moteur et aux équipements situés dans le compartiment avant.

L’habitacle privilégie la fonctionnalité. Les deux sièges sont installés très bas, dans un espace étroit où la position de conduite rapproche le conducteur de la mécanique. La planche de bord reste simple, avec une instrumentation analogique et des commandes directement accessibles. Selon les voitures, la protection contre les intempéries repose sur une capote, des équipements amovibles ou un toit rigide.

La G4 n’est toutefois pas restée figée dans son dessin initial. Les modifications de carrosserie apportées au fil des séries concernent notamment la partie arrière, la forme du capot et l’intégration des projecteurs. Ces différences permettent souvent de reconnaître les principales évolutions, même si certaines voitures ont été transformées au cours de leur existence.

Les différentes versions de la Ginetta G4

La première Ginetta G4, généralement désignée Series 1, apparaît en 1960. Elle se reconnaît à son arrière particulièrement court, à sa face avant basse et à son châssis utilisant des tubes de section ronde. Son moteur Ford de 997 cm³ constitue la configuration de départ, mais d’autres mécaniques sont rapidement utilisées par les propriétaires et les préparateurs.

La Series 2 arrive en 1963, après une période de développement et de modifications progressives. Son évolution la plus visible concerne l’allongement de la partie arrière d’environ 20 cm. Cette transformation améliore l’espace disponible et donne à la voiture une silhouette légèrement plus équilibrée. Un hard-top permet également de transformer le roadster en petite sportive fermée.

Les évolutions mécaniques de la Series 2 accompagnent l’arrivée de moteurs Ford de cylindrée supérieure, notamment les 1200 et 1500 cm³. Le constructeur modifie également certains éléments de suspension. En 1966, une évolution importante du châssis introduit des tubes de section carrée et des modifications du train avant, avec l’utilisation de composants Triumph.

En septembre 1964 apparaît la Ginetta G4R, une variante spécifiquement développée pour la compétition. Elle se distingue surtout par l’adoption d’une suspension arrière indépendante, alors que les G4 routières utilisent principalement un essieu rigide. Cette architecture s’accompagne d’autres adaptations destinées à améliorer le comportement dynamique et l’efficacité du freinage, notamment des freins à disque aux quatre roues.

La G4R n’est donc pas simplement une G4 équipée d’un moteur plus puissant. Son train arrière et sa préparation répondent à des objectifs sportifs plus exigeants. Elle représente une branche particulière de la famille G4, dont les caractéristiques ne doivent pas être confondues avec celles des voitures routières ordinaires.

La Series 3 apparaît en 1967. Elle reçoit une face avant redessinée, reconnaissable à ses projecteurs inclinés et à son capot plus lisse. L’aménagement intérieur évolue également, tandis que les versions fermées bénéficient d’un toit rigide retravaillé. En 1968, le moteur Ford 1600 crossflow vient compléter les possibilités mécaniques.

La production originale s’achève vers le milieu de l’année 1968. Le nom G4 réapparaîtra ultérieurement, notamment avec une Series 4 dans les années 1980 et des productions associées à Dare dans les décennies suivantes. Ces voitures prolongent le concept historique, mais possèdent des caractéristiques et des périodes de fabrication différentes.

Motorisations, comportement routier et performances

Le comportement de la Ginetta G4 repose avant tout sur son rapport entre masse et puissance. Sa construction légère permet de tirer parti de moteurs relativement simples, issus de modèles Ford produits en grande série. La faible inertie de l’ensemble favorise les changements de direction, les accélérations et le freinage, sans nécessiter une mécanique particulièrement volumineuse.

Le moteur Ford Anglia de 997 cm³ constitue le point de départ de cette philosophie. Sa puissance reste modeste dans sa configuration d’origine, mais les possibilités de préparation et la faible masse de la G4 permettent d’obtenir des performances intéressantes. Les moteurs Ford de cylindrée supérieure offrent ensuite davantage de couple et de puissance, ce qui élargit les possibilités d’utilisation routière et sportive.

Les préparations Cosworth et les modifications réalisées pour la compétition expliquent une partie des écarts entre les performances publiées. Certaines G4 reçoivent également des mécaniques Lotus Twin Cam, mais ces transformations ne correspondent pas à la configuration standard du modèle lors de son lancement.

Le train avant indépendant et la propulsion participent au caractère sportif de la voiture. Sur les premières séries, l’essieu arrière rigide impose cependant des compromis, particulièrement sur les surfaces irrégulières. La G4R apporte une réponse plus élaborée avec ses roues arrière indépendantes, mieux adaptées à la recherche de motricité et de précision en compétition.

La simplicité de l’ensemble constitue également un avantage pour l’entretien et les réglages. Les éléments mécaniques provenant de constructeurs généralistes facilitent l’approvisionnement en pièces, tandis que la structure tubulaire permet aux préparateurs de modifier certains composants. En contrepartie, la protection contre les intempéries, l’insonorisation et le confort restent secondaires par rapport aux objectifs de légèreté.

Les performances d’une G4 dépendent donc fortement de son moteur, de sa boîte de vitesses, de son rapport de pont et de sa préparation. Deux exemplaires visuellement proches peuvent présenter des comportements très différents, particulièrement lorsqu’un véhicule routier est comparé à une voiture destinée aux courses historiques.

La Ginetta G4 en compétition

La compétition contribue directement à la réputation de la Ginetta G4. Dès le début des années 1960, sa légèreté et son châssis efficace lui permettent de rivaliser avec des voitures disposant parfois de moteurs plus puissants. Elle participe notamment à des courses britanniques de voitures de sport et de grand tourisme, dans lesquelles les petites cylindrées disposent de catégories spécifiques.

En 1962, plusieurs pilotes utilisent des G4 Series 1 en compétition, parmi lesquels Fos Wilson, Malcolm Douglas, David Stares et Nick Grace. Ce dernier obtient des succès et établit un record du tour à Goodwood avec une voiture équipée d’un moteur préparé. Ces résultats contribuent à faire connaître Ginetta auprès des amateurs de sport automobile.

Chris Meek joue également un rôle important dans cette histoire. Après avoir acquis une G4 en 1963, il participe au développement de la réputation sportive du modèle. En juillet 1964, il remporte à Mallory Park la première course disputée par la nouvelle G4R, démontrant le potentiel de sa suspension arrière indépendante.

La G4R poursuit ensuite sa carrière face à des concurrentes comme la Lotus Elan. Elle est associée à plusieurs pilotes britanniques, dont Johnny Blades, John Burton et Paul Bryan. Son développement montre que Ginetta ne se limite plus à la fabrication de petites voitures en kit, mais possède aussi de véritables ambitions en compétition.

La G4 bénéficie par ailleurs d’une homologation internationale. Le 6 septembre 1963, la Fédération internationale de l’automobile enregistre une Ginetta G4 de 997 cm³ dans la catégorie Grand Tourisme, sous le numéro d’homologation 132. Cette documentation constitue un témoignage important de son engagement sportif d’époque.

La carrière du modèle dépasse les circuits britanniques. Des G4 participent à des épreuves organisées notamment au Nürburgring et à Montlhéry. Une G4R est également engagée aux 12 Heures de Sebring en 1965 par l’importateur américain de la marque, illustrant l’intérêt suscité par cette petite sportive au-delà du Royaume-Uni.

Les ambitions de Ginetta se diversifient parallèlement avec la Ginetta G10, une GT équipée d’un moteur Ford V8, qui explore une approche beaucoup plus puissante de la compétition. La marque développe également la Ginetta G12, une voiture de course à moteur central arrière dont l’architecture s’éloigne nettement de celle de la G4.

Production, prix et place de la G4 dans l’histoire de Ginetta

La Ginetta G4 a été fabriquée en quantités limitées, avec une production artisanale qui complique aujourd’hui le décompte exact des exemplaires. Le Ginetta Owners’ Club évoque plus de 500 voitures toutes séries confondues, tandis que d’autres publications avancent des estimations différentes. La distinction entre kits commercialisés, voitures complètes et numéros de châssis attribués explique en partie ces divergences.

Au lancement, le prix annoncé pour une G4 proposée sous forme de composants atteint 697 livres sterling. En 1962, une offre à 499 livres est mentionnée, avec certains équipements facturés séparément. La Series 2 est ensuite proposée à partir de 514 livres, tandis que le prix de base de la Series 3 atteint 639 livres. Ces montants reflètent les différentes formules de commercialisation et ne correspondent pas nécessairement à des voitures entièrement assemblées avec le même équipement.

La G4 représente aujourd’hui une voiture de collection particulière, dont l’intérêt repose autant sur l’authenticité que sur les caractéristiques mécaniques. L’identification d’un exemplaire nécessite notamment d’examiner son châssis, sa carrosserie, son moteur et son historique. Les transformations réalisées en compétition ou lors de restaurations peuvent avoir modifié sensiblement sa configuration d’origine.

La fin de production de la G4 originale intervient alors que Ginetta renouvelle progressivement sa gamme. La Ginetta G15, commercialisée à la fin des années 1960, adopte une architecture différente avec un moteur arrière et une carrosserie fermée, tout en conservant la recherche de légèreté caractéristique du constructeur.

Au début des années 1970, la Ginetta G21 poursuit de son côté la tradition des sportives britanniques à moteur avant. Plus tard, la Ginetta G27 réinterprète à son tour le concept du roadster léger, avec une silhouette qui rappelle les réalisations historiques de la marque.

La réapparition du nom G4 à partir des années 1980 témoigne de la longévité de son dessin. Les voitures de cette période, puis celles fabriquées sous la marque Dare, conservent une parenté esthétique avec le modèle original tout en intégrant des solutions techniques différentes. Pour les collectionneurs comme pour les organisateurs de compétitions historiques, la distinction entre ces productions et les G4 fabriquées entre 1960 et 1968 reste essentielle lors de l’identification et de l’engagement d’un véhicule.

Marque Ginetta

Année de sortie 1960

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