Apparue au Japon en 1969, la Datsun Fairlady Z désigne couramment la première génération de la sportive connue sur son marché national sous le nom Nissan Fairlady Z. Cette nuance est importante : au Japon, Nissan utilisait l’appellation Fairlady Z, tandis que le nom Datsun accompagnait principalement les versions exportées. Derrière ces différences commerciales se trouve la même famille S30, celle qui a installé durablement la lignée Z parmi les sportives japonaises les plus connues.
La Fairlady Z japonaise de lancement ne doit toutefois pas être confondue avec la 240Z destinée notamment à l’Amérique du Nord et à l’Europe. La première reçoit un six cylindres L20 de 2,0 litres, alors que la Datsun 240Z adopte le L24 de 2,4 litres. Cette distinction de motorisation explique une grande partie des écarts rencontrés dans les fiches techniques consacrées aux premières Z.
De la Fairlady Roadster à une nouvelle GT japonaise
À la fin des années 1960, Nissan cherche à dépasser le concept du petit roadster sportif qui avait porté la famille Fairlady. La nouvelle voiture doit offrir davantage de confort et de polyvalence, mais aussi répondre aux attentes du marché américain, devenu stratégique. La formule retenue est radicalement différente : une carrosserie fermée à hayon, deux places, un moteur six cylindres installé longitudinalement à l’avant et une transmission aux roues arrière.
La Fairlady Z prend ainsi la relève des sportives ouvertes dont faisait partie le Datsun 2000 Roadster. Le changement dépasse la simple carrosserie. Avec sa structure monocoque, ses quatre roues indépendantes et sa silhouette de GT, la Z ambitionne de réunir agrément routier, performances et facilité d’utilisation dans une automobile susceptible d’être produite à grande échelle.
Yoshihiko Matsuo joue un rôle central dans le développement stylistique au sein du Sports Car Styling Studio de Nissan. Le projet bénéficie également de l’influence de Yutaka Katayama, dirigeant de Nissan aux États-Unis et défenseur d’une sportive capable de séduire les automobilistes américains. Le dessin extérieur associe un très long capot à un habitacle rejeté vers l’arrière et à un pavillon qui descend progressivement vers le hayon.
La S30 est annoncée au Japon en octobre 1969 avant sa commercialisation à la fin de l’année. Son positionnement est particulièrement efficace : plutôt que de reproduire une sportive européenne coûteuse, Nissan propose une GT moderne conçue pour une fabrication industrielle importante. Le succès international qui suit transforme rapidement la Z en l’un des modèles emblématiques du constructeur.
Une Fairlady Z japonaise à moteur L20
Dans sa définition japonaise originelle, la Fairlady Z S30 utilise le L20, un six cylindres en ligne de 1 998 cm³ à simple arbre à cames en tête. Alimenté par deux carburateurs, il développe 130 PS à 6 000 tr/min dans la configuration de la Fairlady Z-L de début de carrière documentée par Nissan, avec un couple maximal de 172 Nm à 4 400 tr/min. Une boîte manuelle à cinq rapports transmet la puissance aux roues arrière.
L’architecture du châssis contribue tout autant à l’identité du modèle. Nissan retient des suspensions indépendantes de type jambes de force à l’avant comme à l’arrière, une solution évoluée pour une sportive de cette catégorie à la fin des années 1960. Les freins associent disques avant et tambours arrière. Avec environ une tonne dans certaines configurations initiales, la voiture reste relativement légère malgré son six cylindres et sa carrosserie fermée.
Le marché japonais développe parallèlement ses propres déclinaisons. La Z-L enrichit l’équipement, tandis que la Z432 constitue une version nettement plus spécialisée. Son code PS30 et surtout son moteur S20 la distinguent de la Fairlady Z ordinaire : ce six cylindres de 1 989 cm³ à double arbre à cames en tête et quatre soupapes par cylindre développe 160 PS à 7 000 tr/min. Il appartient à la même famille mécanique que celui associé à la Datsun Skyline GT-R contemporaine. La très rare Z432-R pousse encore davantage cette orientation sportive.
Fiche technique de la Datsun Fairlady Z
| Caractéristique | Fairlady Z S30 2.0 de début de carrière |
|---|---|
| Année de lancement | 1969 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Carrosserie | Coupé fastback à hayon, 2 places |
| Moteur | L20, 6 cylindres en ligne, simple arbre à cames en tête |
| Cylindrée | 1 998 cm³ |
| Alimentation | Deux carburateurs |
| Puissance | 130 PS à 6 000 tr/min sur la Fairlady Z-L documentée |
| Couple | 172 Nm à 4 400 tr/min sur la Fairlady Z-L documentée |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports |
| Structure | Monocoque |
| Suspension avant | Indépendante, jambes de force |
| Suspension arrière | Indépendante, jambes de force |
| Freins | Disques avant, tambours arrière |
| Pneumatiques | 6.45H-14-4P sur la Fairlady Z-L documentée |
| Longueur | 4 115 mm |
| Largeur | 1 630 mm |
| Hauteur | 1 285 mm |
| Empattement | 2 305 mm |
| Voie avant | 1 355 mm |
| Voie arrière | 1 345 mm |
| Poids | 995 kg sur la Fairlady Z-L documentée |
Fairlady Z, 240Z et 240ZG : des appellations à distinguer
Le nom Fairlady Z couvre une histoire japonaise plus complexe que celle suggérée par l’appellation 240Z. Au lancement, la S30 nationale conserve une cylindrée de 2,0 litres adaptée au marché japonais. À l’exportation, Nissan mise au contraire sur le L24 de 2 393 cm³. Cette version devient la Datsun 240Z et contribue massivement au succès international de la famille.
En novembre 1971, le moteur 2,4 litres rejoint également la gamme japonaise. La Datsun 240Z Fairlady Z permet donc de distinguer cette évolution de la Fairlady Z L20 apparue deux ans auparavant. Les codes de châssis facilitent également l’identification : S30 pour la Fairlady Z japonaise à L20, PS30 pour la Z432 à moteur S20 et HS30 pour les variantes à L24 et conduite à droite.
La 240ZG constitue l’une des évolutions les plus reconnaissables. Développée notamment dans une logique d’homologation, elle reçoit une proue allongée souvent appelée G-nose, des carénages transparents devant les projecteurs et des extensions d’ailes. Sa silhouette ne doit donc pas servir de référence visuelle à une Fairlady Z S30 standard de 1969, dont la face avant reste plus courte et les ailes dépourvues de ces extensions caractéristiques.
Une version 2/2 apparaît au Japon en janvier 1974. L’allongement de l’empattement permet d’installer deux petites places arrière et modifie sensiblement les proportions du profil. À partir de 1976, les versions japonaises évoluent encore pour satisfaire des normes antipollution plus sévères, avec notamment la série S31 et des motorisations L20E à injection. La première génération ne constitue donc pas une configuration mécanique immuable entre 1969 et 1978.
Une silhouette devenue indissociable de la première génération Z
La force du dessin S30 tient à des proportions immédiatement identifiables. Le capot bas et très allongé aboutit à une calandre placée sous une proue fine, tandis que les projecteurs ronds prennent place dans des logements creusés au sommet des ailes. Le pare-brise incliné, l’habitacle compact et la chute progressive du pavillon donnent à l’ensemble une allure de fastback sans sacrifier le hayon arrière.
Une Fairlady Z initiale se distingue également par sa relative sobriété. Les pare-chocs restent fins, les roues de dimensions modestes et la carrosserie ne comporte ni les élargisseurs ni le nez spécifique de la 240ZG. Les emblèmes Fairlady Z constituent un autre indice important sur une voiture destinée au marché japonais, tout comme la conduite à droite.
Cette carrosserie sert pourtant de base à des automobiles aux caractères très différents. Une S30 L20 de route, une Z432 à moteur S20 et une 240Z L24 partagent une grande partie de leur identité visuelle tout en possédant des mécaniques et des positionnements distincts. C’est précisément cette proximité qui explique les nombreuses fiches mélangeant aujourd’hui leurs caractéristiques.
Une carrière internationale et sportive considérable
À l’étranger, la première Z devient rapidement un succès commercial majeur. Nissan indique une production mondiale de plus de 520 000 exemplaires pour la première génération, chiffre qui englobe cependant les différentes versions et marchés et ne correspond pas au seul volume de la Fairlady Z L20 japonaise. Cette diffusion exceptionnelle donne à la S30 une visibilité que peu de sportives japonaises avaient obtenue auparavant.
La compétition renforce cette réputation, principalement grâce aux 240Z préparées pour le rallye. La famille remporte notamment le Safari Rally en 1971 puis en 1973, tandis qu’une 240Z termine troisième du Rallye Monte-Carlo 1972. Ces résultats appartiennent aux versions de compétition dérivées de la 240Z et non à la Fairlady Z L20 standard, mais ils participent directement à l’image sportive de l’ensemble de la gamme S30.
Sur les marchés d’exportation, la lignée évolue ensuite vers la Datsun 260Z, puis vers la Datsun 280Z sur certains marchés. Cylindrée, équipements, dispositifs antipollution et détails de carrosserie évoluent progressivement, alors que la structure fondamentale de la première génération reste reconnaissable.
En 1978, Nissan renouvelle profondément sa sportive avec la génération S130, largement connue à l’exportation sous le nom de Datsun 280ZX. Plus orientée vers le grand tourisme et le confort, elle conserve la formule du six cylindres avant et de la propulsion, mais marque la fin de la carrière de la S30 commencée neuf ans auparavant avec la première Fairlady Z.




