La Honda Domani apparaît au Japon à l’automne 1992 avec une mission précise : proposer une berline compacte quatre portes plus statutaire et conventionnelle que la Civic, tout en conservant des dimensions adaptées aux contraintes de circulation japonaises. Commercialisée par le réseau Honda Clio, elle prend la relève de la Honda Concerto dans cette partie de la gamme. Son nom, emprunté à l’italien, signifie « demain ».
La Domani restera essentiellement associée au marché japonais et à quelques marchés asiatiques. Cette diffusion limitée explique sa relative discrétion en Europe, alors même qu’elle appartient à une importante famille technique Honda. Deux générations se succèdent : la première de novembre 1992 à la fin de 1996, puis une nouvelle Domani lancée en janvier 1997 et commercialisée jusqu’en 2000.
Une berline compacte conçue pour le Japon
Pour la première Domani, Honda ne cherche pas simplement à ajouter une carrosserie tricorps à son catalogue. Le constructeur définit une berline familiale compacte en tenant compte de la largeur des routes, des espaces de stationnement et des besoins des jeunes familles japonaises. Avec 4,415 m de longueur et 1,695 m de largeur au lancement, elle reste relativement facile à manoeuvrer tout en offrant cinq places et un véritable coffre séparé.
Le dessin traduit cette orientation. La silhouette privilégie les lignes classiques d’une berline trois volumes, avec quatre portes, un capot bien marqué et une poupe distincte. Les grands projecteurs rectangulaires et la face avant assez substantielle lui donnent une identité moins juvénile que celle des Civic contemporaines. Honda travaille également les angles de la carrosserie afin de faciliter l’appréciation du gabarit depuis le poste de conduite.
Cette personnalité propre ne doit cependant pas masquer sa parenté mécanique. La Domani de 1992 appartient au même univers technique que la Honda Civic 5, avec notamment un empattement de 2,62 m et des solutions de châssis caractéristiques des compactes Honda de cette période. Elle n’est donc ni une Civic simplement rebadgée, ni un modèle entièrement indépendant sur le plan technique.
Des moteurs 1,6 et 1,8 litre au lancement
La gamme japonaise initiale comprend cinq versions principales : Ri, Vi, Si, Si-G et Ri-F. La Ri utilise un quatre cylindres ZC de 1 590 cm³ à simple arbre à cames développant 120 PS. La Vi conserve la même cylindrée mais adopte une distribution SOHC VTEC et atteint 130 PS. Les Si et Si-G passent au B18B de 1 834 cm³ à double arbre à cames, donné pour 140 PS. Honda couvre ainsi plusieurs niveaux de prix et d’équipement sans chercher à transformer la Domani en berline sportive.
Cette mécanique est installée transversalement à l’avant. La plupart des Domani sont des tractions, tandis que la Ri-F reçoit le système Real Time 4WD. Les boîtes manuelles comptent cinq rapports et plusieurs transmissions automatiques à quatre rapports sont proposées selon la finition. Les variantes supérieures bénéficient de gestions plus élaborées, notamment la transmission automatique Prosmatec Type II sur les versions 1,8 litre.
Le châssis illustre également la proximité avec la famille Honda Civic EG. Honda conserve des suspensions indépendantes à doubles triangles aux quatre roues, architecture alors particulièrement caractéristique de ses compactes. Les réglages de ressorts, d’amortisseurs et de barres stabilisatrices sont adaptés à la vocation plus confortable de la Domani.
La sécurité occupe une place inhabituelle dans la présentation du modèle en 1992. Honda équipe toutes les Domani japonaises d’un airbag conducteur et propose un airbag passager. L’ABS est disponible suivant les versions, tandis que la Si-G peut recevoir un contrôle de traction. La structure monocoque utilise également des zones d’absorption et des renforts latéraux dans les portes.
Fiche technique de la Honda Domani
| Caractéristique | Honda Domani première génération, lancement 1992 |
|---|---|
| Carrosserie | Berline tricorps 4 portes, 5 places |
| Architecture | Moteur avant transversal |
| Transmission | Traction avant ou Real Time 4WD selon version |
| Moteur Ri / Ri-F | ZC, 4 cylindres en ligne, SOHC 16 soupapes, 1 590 cm³, injection PGM-FI |
| Puissance Ri / Ri-F | 120 PS à 6 300 tr/min |
| Couple Ri / Ri-F | 14,5 kgm à 3 000 tr/min |
| Moteur Vi | ZC, 4 cylindres en ligne, SOHC VTEC 16 soupapes, 1 590 cm³, injection PGM-FI |
| Puissance Vi | 130 PS à 6 600 tr/min |
| Couple Vi | 14,8 kgm à 5 200 tr/min |
| Moteur Si / Si-G | B18B, 4 cylindres en ligne, DOHC 16 soupapes, 1 834 cm³, injection PGM-FI |
| Puissance Si / Si-G | 140 PS à 6 300 tr/min |
| Couple Si / Si-G | 17,4 kgm à 5 000 tr/min |
| Boîtes | Manuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports selon version |
| Structure | Monocoque acier |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles |
| Suspension arrière | Indépendante à doubles triangles |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Freins arrière | Tambours ou disques selon configuration |
| Pneus | 175/70 R13, 175/65 R14 ou 185/65 R14 selon version |
| Longueur | 4 415 mm |
| Largeur | 1 695 mm |
| Hauteur | 1 390 mm en traction, 1 410 mm en 4WD |
| Empattement | 2 620 mm |
| Voie avant | 1 475 mm |
| Voie arrière | 1 465 mm en traction, 1 455 mm en 4WD |
| Garde au sol | 150 mm en traction, 160 mm en 4WD |
| Poids | Environ 1 030 à 1 140 kg selon moteur, transmission et équipement |
| Réservoir | 45 litres |
| Volume de coffre | 418 litres VDA sur les versions à traction |
| Consommation japonaise 10-15 | De 12,0 à 15,6 km/l selon version et boîte au lancement |
Une gamme enrichie après 1992
La première Domani évolue sans rupture majeure durant sa carrière. En 1994, Honda revoit notamment la gamme et ajoute une motorisation 1,5 litre développant 94 PS. Des séries spéciales, dont les Grand Stage et Grand Stage X, viennent compléter l’offre. Les équipements et certaines configurations mécaniques évoluent également, notamment sur la version à quatre roues motrices.
Le positionnement reste celui d’une berline compacte relativement valorisante. Au lancement, les tarifs japonais hors taxes s’échelonnent d’environ 1 545 000 yens pour une Ri à boîte manuelle à 1 890 000 yens pour une Si-G manuelle, hors options et variations régionales. Honda vise initialement 3 000 ventes mensuelles au Japon, mais ce chiffre constitue un objectif commercial et non un volume de production constaté.
La Domani s’inscrit aussi dans une histoire plus longue de berlines compactes Honda associées techniquement à la Civic. Des modèles comme la Honda Ballade avaient déjà exploité cette logique auparavant. Dans les années 1990, Honda multiplie parallèlement les carrosseries et positionnements spécifiques au marché japonais, dont le break Honda Orthia.
La deuxième Honda Domani de 1997
En janvier 1997, Honda présente une nouvelle génération dont la commercialisation débute au Japon le 31 janvier. Les proportions et le style évoluent nettement. La face avant adopte des projecteurs plus imposants et une calandre davantage mise en valeur, Honda cherchant à donner à sa compacte l’apparence plus statutaire d’une berline de catégorie supérieure.
Cette seconde Domani est contemporaine de la Honda Civic 6 et s’inscrit à nouveau dans la grande famille technique des compactes du constructeur. La proximité avec la Honda Civic EK est donc réelle, mais les deux modèles conservent des carrosseries, des présentations et des positionnements commerciaux distincts.
La gamme comprend notamment les 15E, 16G, 16X et 16G 4WD. Parmi les évolutions importantes figure la version 16X équipée d’un 1,6 litre VTEC-E associé à la transmission à variation continue Honda Multi Matic. Cette solution privilégie la souplesse et l’efficacité énergétique plutôt qu’une orientation sportive. La nouvelle génération conserve aussi une déclinaison à quatre roues motrices.
Honda renforce parallèlement la sécurité passive. Les airbags frontaux conducteur et passager deviennent un élément central de l’équipement, tandis que la structure est conçue pour mieux gérer les collisions frontales et latérales. À la fin de 1999, le constructeur annonce encore des retouches de présentation et l’intégration de certaines versions à sa gamme de véhicules à faibles émissions, les modèles actualisés arrivant sur le marché en janvier 2000.
Une Honda méconnue hors du Japon
La faible notoriété européenne de la Domani tient d’abord à sa diffusion. Contrairement à la Civic, elle n’a jamais été pensée comme un modèle mondial de grande visibilité. Son rôle consistait surtout à répondre aux particularités du marché japonais avec une carrosserie tricorps sobre, un équipement valorisant et des mécaniques déjà éprouvées ailleurs dans la gamme Honda.
Cette parenté explique aussi les confusions fréquentes autour du modèle. La première Domani partage de nombreuses solutions avec les Civic du début des années 1990, mais possède sa propre carrosserie. La seconde reprend la même logique quelques années plus tard. Des accords industriels ont en outre conduit à l’utilisation de la Domani comme base pour certaines Isuzu Gemini japonaises, tandis que d’autres ramifications techniques relient cette famille de véhicules à plusieurs compactes commercialisées sous des noms différents suivant les marchés.
La Domani reste ainsi identifiable avant tout comme une berline Honda japonaise à part entière : deux générations, une production centrée sur les années 1990, des moteurs quatre cylindres atmosphériques et une conception étroitement liée aux compactes de la marque. Sa première génération se distingue particulièrement par ses doubles triangles aux quatre roues, son choix de moteurs 1,6 et 1,8 litre et la disponibilité du Real Time 4WD, combinaison représentative de l’approche technique adoptée par Honda au début des années 1990.




