La Honda Integra DC2 apparaît au Japon en mai 1993 avec la troisième génération du coupé Integra. Le code DC2 est souvent associé à la célèbre Type R, mais il ne lui est pas réservé. Il désigne d’abord les versions 3 portes équipées du moteur 1,8 litre B18C, notamment la Si VTEC proposée dès le lancement. La Type R DC2 n’arrive que deux ans plus tard, en 1995.
Cette distinction permet de replacer correctement la DC2 dans l’histoire de la Honda Integra. Avant de devenir l’une des bases les plus recherchées de la gamme sportive Honda, elle est un coupé compact à traction avant conçu autour d’un châssis à doubles triangles et d’un quatre cylindres atmosphérique VTEC particulièrement performant pour son époque.
Une nouvelle Integra lancée en 1993
Honda renouvelle profondément l’Integra en 1993. Le constructeur cherche à renforcer son caractère sportif tout en conservant une voiture utilisable au quotidien. Le coupé adopte une silhouette basse à hayon, quatre places et, sur sa première phase, une face avant très reconnaissable à ses quatre petits projecteurs circulaires séparés.
La gamme japonaise ne se limite pas au DC2. Les versions 3 portes à moteur 1,6 litre portent notamment le code DC1, tandis que DC2 identifie les variantes 1,8 litre. Cette nomenclature explique pourquoi parler de “DC2” comme d’un synonyme de Type R est historiquement incorrect.
Au sommet de la gamme initiale se trouve la Si VTEC. Son B18C de 1 797 cm3 développe 180 PS à 7 600 tr/min avec la boîte manuelle. Honda atteint ainsi 100 PS par litre sans turbocompresseur. Cette recherche de puissance spécifique s’inscrit dans la même culture mécanique que celle de la Honda Civic EG6, dont le moteur VTEC de plus petite cylindrée privilégie lui aussi les hauts régimes.
La DC2 partage alors les concessions avec d’autres Honda sportives aux philosophies différentes. La Honda Prelude 4 se montre plus grande et plus orientée grand tourisme, tandis que l’Integra mise davantage sur la compacité, la légèreté et l’agilité.
Le B18C, pièce maîtresse de la DC2
Le quatre cylindres B18C constitue l’un des éléments déterminants de cette Integra. Monté transversalement à l’avant, il utilise deux arbres à cames en tête, quatre soupapes par cylindre, le système de distribution variable VTEC et l’injection électronique PGM-FI. Honda lui associe également une admission variable afin de préserver le remplissage à moyen régime tout en favorisant la respiration du moteur à haut régime.
Sur la Si VTEC manuelle de 1993, le 1 797 cm3 atteint 180 PS et environ 175 Nm. Son alésage de 81 mm et sa course de 87,2 mm donnent un moteur à course relativement longue, ce qui n’empêche pas Honda d’autoriser un régime très élevé. Cette capacité à conserver du rendement dans les tours devient l’un des traits caractéristiques des Honda sportives atmosphériques des années 1990.
La transmission reste fidèle à la traction avant. Une boîte manuelle à cinq rapports accompagne les versions les plus intéressantes pour la conduite sportive, tandis qu’une automatique à quatre rapports est également proposée. Les spécifications du B18C varient selon la finition, l’année et la transmission : les 180 PS de la Si VTEC manuelle ne constituent donc pas une valeur universelle pour toutes les Integra DC2.
Un châssis sophistiqué pour une traction
L’Integra DC2 repose sur une coque autoporteuse et utilise des suspensions à doubles triangles aux quatre roues. Cette architecture, relativement ambitieuse pour un coupé compact, permet à Honda de travailler précisément la géométrie des trains roulants et participe à la réputation dynamique acquise par cette génération.
Avec 2 570 mm d’empattement pour moins de 4,40 m de longueur, la DC2 conserve des proportions compactes. La Si VTEC manuelle se situe autour de 1 100 kg selon son équipement. Le rapport entre ce poids contenu, le moteur atmosphérique de 180 PS et le châssis élaboré explique une grande partie de son caractère sans qu’il soit nécessaire de recourir à une puissance considérable.
Cette approche tranche avec celle de la Honda NSX NA1, autre sportive emblématique de la marque au même moment. La NSX adopte un V6 en position centrale et une propulsion, quand l’Integra exploite une mécanique quatre cylindres transversale et les roues avant motrices. Les deux illustrent néanmoins l’importance accordée par Honda aux moteurs atmosphériques à haut rendement et à la qualité du châssis durant cette période.
De la Si VTEC à l’Integra Type R DC2
La grande évolution intervient en août 1995 avec l’arrivée de la Honda Integra Type R. Toujours codée DC2 dans sa version 3 portes, elle ne constitue pas une simple finition esthétique. Honda retravaille le B18C, allège et rigidifie la voiture, modifie les trains roulants et installe notamment un différentiel à glissement limité hélicoïdal.
Sur la Type R japonaise, le B18C atteint 200 PS à 8 000 tr/min. Le taux de compression passe à 11,1:1 et le moteur reçoit de nombreuses pièces spécifiques ainsi qu’un travail plus poussé sur la circulation des gaz. Les versions européennes présentent des caractéristiques différentes, notamment une puissance de 190 ch. Il est donc incorrect d’appliquer les 200 PS japonais à toutes les Type R DC2, et plus encore à toutes les DC2.
Le châssis de la Type R reçoit lui aussi un traitement spécifique : rigidification de la coque, réglages de suspension dédiés, hauteur réduite et recherche d’allègement. Cette transformation radicale explique pourquoi la Type R a progressivement éclipsé les Si VTEC et SiR dans la mémoire collective, au point que le code DC2 est aujourd’hui fréquemment utilisé pour désigner uniquement cette version.
Honda poursuit le développement de la Type R avec les évolutions communément identifiées comme 96 Spec puis 98 Spec au Japon. La mise à jour de 1998 apporte plusieurs changements mécaniques et de châssis. La gamme accueille ensuite la Type R X, davantage équipée. En parallèle, les DC2 moins radicales poursuivent leur carrière sous différentes appellations, dont SiR et SiR-G selon les périodes et marchés.
La philosophie de la Type R DC2 se retrouve ensuite sur la Honda Civic Type R EK9 lancée à la fin des années 1990 : traction avant, masse contenue, moteur VTEC atmosphérique très pointu et préparation du châssis deviennent les ingrédients caractéristiques des premières Type R compactes.
Fiche technique de la Honda Integra DC2
| Caractéristique | Honda Integra DC2 Si VTEC 5MT, Japon, 1993 |
|---|---|
| Carrosserie | Coupé 3 portes à hayon, 4 places |
| Code de type | E-DC2 |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Moteur | B18C, 4 cylindres en ligne atmosphérique |
| Cylindrée | 1 797 cm3 |
| Distribution | DOHC, 16 soupapes, VTEC |
| Alimentation | Injection électronique PGM-FI, admission variable |
| Alésage x course | 81,0 x 87,2 mm |
| Taux de compression | 10,6:1 |
| Puissance maximale | 180 PS à 7 600 tr/min |
| Couple maximal | 17,8 kgm, environ 175 Nm à 6 200 tr/min |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports |
| Suspension avant | Double triangulation |
| Suspension arrière | Double triangulation |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freinage | Disques, ABS disponible selon équipement |
| Longueur | 4 380 mm |
| Largeur | 1 695 mm |
| Hauteur | 1 335 mm |
| Empattement | 2 570 mm |
| Voie avant | 1 475 mm |
| Voie arrière | 1 465 mm |
| Garde au sol | 150 mm |
| Poids | Environ 1 100 kg selon équipement |
| Réservoir | 50 litres |
| Consommation homologuée | 13,8 km/l sur cycle japonais 10-15 |
Une carrière qui s’achève en 2001
La troisième génération de l’Integra traverse presque toute la décennie 1990. Son apparence évolue selon les marchés et les phases, ce qui explique les différences importantes entre certaines DC2 japonaises et les modèles exportés. La face à quatre projecteurs ronds reste emblématique du dessin initial de 1993, tandis que les évolutions japonaises adoptent une présentation avant différente.
Le code de châssis demeure essentiel pour identifier précisément une voiture. Une DC2 n’est pas nécessairement une Type R, tandis qu’une Integra Type R de cette génération peut aussi prendre la forme de la berline quatre portes DB8 au Japon. Cette distinction devient particulièrement importante face aux voitures modifiées ou transformées visuellement en Type R.
La DC2 possède également une histoire en compétition. La Type R bénéficie notamment d’une homologation FIA en Groupe A à la fin des années 1990. Son architecture de traction avant, son moteur atmosphérique et son châssis ont favorisé son utilisation en circuit et dans diverses compétitions nationales, prolongeant l’exposition du modèle bien au-delà de sa carrière commerciale.
En 2001, Honda remplace cette génération par la Honda Integra DC5. Le changement dépasse le simple code de châssis : la nouvelle Integra adopte une autre famille mécanique et ouvre l’époque du quatre cylindres K20, alors que la DC2 reste indissociable du B18C et de la génération VTEC qui a marqué les sportives Honda des années 1990.




