Jaguar Xf X250

Jaguar Xf X250

Présentée en 2007, la Jaguar XF X250 est la première génération de la Jaguar XF. Cette grande berline marque une rupture décisive dans l’histoire récente du constructeur britannique. Elle abandonne les références néo-rétro de sa devancière pour adopter une silhouette basse, un habitacle spectaculaire et un langage esthétique destiné à définir les Jaguar des années suivantes. Produite principalement à Castle Bromwich jusqu’en 2015, la X250 connaîtra une carrière suffisamment longue pour recevoir plusieurs générations de moteurs, un important restylage et une carrosserie break.

Une nouvelle berline pour rompre avec la S-Type

Au milieu des années 2000, Jaguar doit renouveler une gamme dont l’image reste fortement attachée au passé. La Jaguar S-Type, lancée en 1998, s’inspirait ouvertement des berlines historiques de la marque. Sa remplaçante conserve une architecture à moteur longitudinal et propulsion issue de cette lignée technique, mais change radicalement de philosophie.

Le tournant apparaît en janvier 2007 avec le concept C-XF présenté au Salon de Detroit. Sous la direction du designer Ian Callum, avec notamment Julian Thomson au sein de l’équipe de design avancé, Jaguar imagine une berline aux proportions de coupé. Le modèle de série est dévoilé au Salon de Francfort en septembre 2007 sous le nom XF. La production débute à Castle Bromwich en novembre, avant la véritable montée en puissance commerciale en 2008.

Cette transformation ne constitue pas un épisode isolé. La Jaguar XK avait déjà amorcé le renouvellement esthétique de la marque. Avec la XF, cette orientation atteint le coeur du marché des grandes berlines premium, où Jaguar doit affronter notamment les BMW Série 5, Mercedes Classe E et Audi A6.

Un dessin moderne signé par l’équipe d’Ian Callum

La XF X250 conserve les proportions traditionnelles d’une Jaguar à moteur avant longitudinal, avec un capot relativement long et un habitacle rejeté vers l’arrière. Sa ligne de toit plongeante, ses surfaces tendues et ses épaules arrière prononcées lui donnent cependant une allure nettement plus contemporaine que celle de la S-Type. Malgré son profil évoquant un coupé, il s’agit bien d’une berline quatre portes à cinq places.

La première phase se reconnaît notamment à ses grands projecteurs avant remontant sur les ailes. La calandre et la partie arrière établissent en revanche plusieurs éléments du nouveau vocabulaire Jaguar. Cette orientation se prolongera avec la Jaguar XJ X351, autre modèle important du renouvellement stylistique conduit sous Ian Callum.

L’habitacle participe autant que la carrosserie à l’identité de la X250. Au démarrage, le sélecteur rotatif JaguarDrive Selector émerge de la console centrale tandis que les aérateurs motorisés s’ouvrent. L’éclairage d’ambiance bleu phosphore complète cette mise en scène. Ces dispositifs sont devenus parmi les signatures les plus reconnaissables de la première XF.

Jaguar remanie profondément la voiture pour le millésime 2012. Les projecteurs deviennent beaucoup plus fins et adoptent une signature lumineuse à LED, tandis que calandre, capot, boucliers et feux arrière évoluent. Cette seconde phase se rapproche davantage des intentions du concept C-XF et se distingue facilement de la X250 originelle par son regard beaucoup plus effilé.

Une gamme de moteurs profondément renouvelée

La carrière de la X250 couvre une période de transition importante pour Jaguar, ce qui explique la diversité de ses motorisations. Au lancement européen, la gamme comprend notamment un V6 diesel biturbo de 2,7 litres, un V6 essence atmosphérique de 3,0 litres ainsi que des V8 de 4,2 litres atmosphérique ou suralimenté. La SV8 constitue alors la version la plus puissante, avec environ 416 ch selon la spécification considérée.

Le millésime 2010 apporte une évolution mécanique majeure. Le 2.7 diesel laisse progressivement place au V6 3.0 diesel, proposé sous plusieurs niveaux de puissance, tandis que les anciens V8 4.2 sont remplacés par des V8 5.0. La XFR exploite le 5.0 à compresseur avec 510 ch et transforme la grande berline en véritable rivale des modèles sportifs allemands.

Après le restylage, Jaguar élargit encore la gamme. Le quatre-cylindres 2.2 diesel devient particulièrement important en Europe avec des puissances allant notamment de 163 à 200 ch suivant le millésime. Certaines versions reçoivent aussi un quatre-cylindres essence 2.0 turbo ou un V6 3.0 essence à compresseur de 340 ch. Au sommet, la XFR-S pousse le V8 5.0 suralimenté à 550 ch.

Les premières XF utilisent principalement une boîte automatique ZF à six rapports. Une transmission automatique à huit rapports apparaît ensuite, notamment avec le 2.2 diesel, améliorant simultanément l’efficacité et l’étagement. La propulsion demeure l’architecture caractéristique de la X250, même si Jaguar commercialise également des variantes à transmission intégrale sur certains marchés.

Fiche technique de la Jaguar Xf X250

CaractéristiqueDonnées
Production2007 à 2015
CarrosseriesBerline 4 portes, break Sportbrake 5 portes
Places5
ArchitectureMoteur avant longitudinal
TransmissionPrincipalement propulsion, transmission intégrale sur certaines versions et certains marchés
Moteurs essence4 cylindres 2.0 turbo, V6 3.0 atmosphérique ou suralimenté, V8 4.2 atmosphérique ou suralimenté, V8 5.0 atmosphérique ou suralimenté selon année et marché
Moteurs diesel4 cylindres 2.2, V6 2.7 biturbo, V6 3.0 selon année et marché
PuissanceTrès variable selon version, jusqu’à 550 ch sur XFR-S
CoupleJusqu’à 600 Nm sur le V6 3.0 diesel S de 275 ch parmi les versions documentées
Boîtes automatiques6 rapports puis 8 rapports selon version et millésime
StructureCaisse principalement en acier avec emploi d’éléments allégés
Suspension avantIndépendante à triangles superposés
Suspension arrièreIndépendante multibras
DirectionÀ crémaillère avec assistance hydraulique sur la génération X250
FreinsDisques ventilés à l’avant, dimensions variables selon version
JantesEnviron 17 à 20 pouces selon version et finition
Longueur berlineEnviron 4 961 mm
LargeurEnviron 1 877 à 1 880 mm hors rétroviseurs sur les premières spécifications
HauteurEnviron 1 460 mm
Empattement2 909 mm
Voie avantEnviron 1 559 mm
Voie arrièreEnviron 1 571 à 1 605 mm selon roues et version
PoidsVariable selon moteur et équipement, environ 1 680 kg pour certaines V6 essence et plus de 1 800 kg pour certaines V8
Vitesse maximaleVariable selon version, souvent limitée à 250 km/h sur les variantes les plus performantes
0 à 100 km/hEnviron 5,4 s pour la SV8 4.2 Supercharged, 5,9 s pour la 3.0 V6 Supercharged 340 ch, valeurs variables pour les autres versions
RéservoirEnviron 68,1 l sur certaines versions diesel et 69,5 l sur certaines versions essence
Coffre de la berlineEnviron 500 l selon spécification
Production principaleCastle Bromwich, Royaume-Uni

Du 2.2 diesel à la XFR-S

La diversité de la X250 explique pourquoi une fiche technique unique peut donner une image trompeuse du modèle. Une XF 2.2 diesel de fin de carrière et une XFR-S partagent leur base et leur silhouette générale, mais leurs performances et leur vocation diffèrent considérablement. Les versions diesel ont joué un rôle essentiel dans la diffusion européenne de la XF, tandis que les V8 suralimentés ont entretenu la tradition des grandes Jaguar rapides.

Cette amplitude apparaît également dans les performances. Une 3.0 diesel de 240 ch du millésime 2013 réalise le 0 à 100 km/h autour de 7,1 secondes, contre environ 6,4 secondes pour la version diesel S de 275 ch. Le V6 essence 3.0 à compresseur de 340 ch descend à environ 5,9 secondes. Les versions XFR et XFR-S se situent encore au-dessus, avec un châssis, des freins et des réglages adaptés à leurs performances.

La X250 reste néanmoins une grande routière avant d’être une sportive. Son empattement de 2,909 m, ses suspensions indépendantes et l’utilisation d’un amortissement adaptatif sur certaines variantes recherchent un compromis entre confort et contrôle des mouvements de caisse. Les modèles les plus puissants exploitent des évolutions de ces systèmes plutôt qu’une architecture totalement différente.

Restylage et arrivée du Sportbrake

La refonte du millésime 2012 ne se limite pas à la face avant. Jaguar profite de cette évolution pour moderniser l’équipement, améliorer l’efficience et faire évoluer les groupes motopropulseurs. Le 2.2 diesel associé à la boîte automatique huit rapports devient une proposition centrale sur plusieurs marchés européens, avec une consommation homologuée pouvant descendre autour de 5,1 l/100 km dans certaines configurations.

La famille s’étend ensuite avec la Jaguar XF Sportbrake, dévoilée en 2012. Ce break conserve l’empattement de la berline mais reçoit une partie arrière spécifique offrant environ 550 litres de coffre et jusqu’à 1 675 litres lorsque les sièges arrière sont rabattus. Il permet à Jaguar de revenir sur le marché des grands breaks premium sans modifier l’identité fondamentale de la XF.

La production de la berline reste principalement concentrée à Castle Bromwich. Jaguar met également en place à partir de 2013 un assemblage CKD de certaines XF à Pune, en Inde, avec des composants provenant du Royaume-Uni. Cette organisation accompagne l’internationalisation de Jaguar Land Rover et l’élargissement des marchés visés par le modèle.

La fin de la X250 en 2015

Après près de huit années de production, la première XF cède sa place à la Jaguar XF X260. Présentée en 2015, cette deuxième génération change profondément de base technique avec une architecture faisant beaucoup plus largement appel à l’aluminium. Elle reçoit également un empattement allongé et une direction à assistance électrique, ce qui permet de distinguer clairement les deux générations au-delà de leurs différences de style.

Le dernier exemplaire X250 produit à Castle Bromwich sort de chaîne le 8 juin 2015. Il s’agit d’une XF 2.2 diesel R-Sport blanche conservée par le Jaguar Daimler Heritage Trust. Le Trust possède également la première XF de production, une SV8 4.2 Supercharged grise de novembre 2007, offrant ainsi deux jalons précisément identifiés aux extrémités de la carrière industrielle de la première génération.