Présentée au Salon de Francfort en septembre 2005 puis commercialisée en 2006, la Jaguar XK de génération X150 renouvelle profondément le grand tourisme de la marque britannique. Elle succède à la Jaguar XK8 X100 et abandonne justement le chiffre 8 dans son appellation. Derrière une silhouette fidèle aux codes historiques de Jaguar se cache une automobile entièrement nouvelle, notamment grâce à sa structure en aluminium.
Disponible en coupé 2+2 puis en cabriolet, la XK associe moteur V8 avant, propulsion et boîte automatique à six rapports. Le modèle évolue fortement au cours de sa carrière, passant du V8 4,2 litres atmosphérique initial au V8 5,0 litres à injection directe. Sa production à Castle Bromwich se poursuit jusqu’en juillet 2014.
Une nouvelle génération de grand tourisme Jaguar
Au début des années 2000, la XK8 approche d’une décennie de carrière. Jaguar prépare son remplacement en s’appuyant sur deux axes majeurs: le renouvellement du style sous la direction de Ian Callum et l’emploi à grande échelle de l’aluminium. Le constructeur dispose alors d’une expérience récente dans ce domaine grâce à la Jaguar XJ X350, dont la structure légère a marqué une rupture technique avec les générations précédentes.
Le projet prend une forme presque définitive avec l’Advanced Lightweight Coupé dévoilé au Salon de Detroit en janvier 2005. Ce concept annonce les proportions, la face avant et l’architecture générale de la future XK. Quelques mois plus tard, la voiture de série apparaît à Francfort. Le premier coupé de production est achevé à Castle Bromwich le 20 décembre 2005, avant l’arrivée du modèle chez les concessionnaires en 2006.
Le changement est plus profond que ne le suggère la continuité de la silhouette. La X150 ne constitue pas un simple restylage de la XK8. Sa coque est nouvelle, son habitacle est entièrement redessiné et son électronique progresse sensiblement. Jaguar conserve toutefois la formule qui définit sa GT: un long capot, un V8 monté longitudinalement à l’avant, deux petites places arrière et des roues arrière motrices.
Une carrosserie en aluminium au service du poids
L’une des caractéristiques fondamentales de la XK X150 est sa construction en aluminium. La structure fait largement appel à des éléments assemblés par rivetage et collage structural, complétés par des panneaux eux aussi réalisés majoritairement dans ce matériau. Cette solution permet à Jaguar d’obtenir une caisse rigide sans subir la masse généralement associée à un grand coupé richement équipé.
Le coupé XK 4.2 de lancement affiche ainsi environ 1 595 kg dans les spécifications Jaguar, malgré une longueur proche de 4,80 m. Les valeurs publiées dans certaines documentations nationales peuvent différer en fonction des conventions de pesée et des équipements retenus. Plus que le chiffre isolé, l’intérêt de cette architecture réside dans la réduction de masse obtenue par rapport à la génération précédente tout en augmentant les dimensions de la voiture.
Les quatre roues disposent de suspensions indépendantes et la XK reçoit une direction à crémaillère à assistance variable. L’amortissement piloté CATS adapte son fonctionnement aux conditions de conduite. Le freinage repose sur quatre disques ventilés, complétés par l’ABS et les aides électroniques habituelles de cette génération.
Jaguar introduit également un dispositif de protection des piétons particulièrement novateur pour l’époque. En cas de choc détecté avec un piéton, le capot peut être soulevé afin d’accroître l’espace disponible entre celui-ci et les éléments mécaniques rigides situés dessous.
Fiche technique de la Jaguar XK
| Caractéristique | Jaguar XK 4.2 Coupé de lancement |
|---|---|
| Génération | X150 |
| Présentation | 2005 |
| Commercialisation | 2006 |
| Carrosserie | Coupé 2+2 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | V8 atmosphérique à 90 degrés, 32 soupapes |
| Cylindrée | 4 196 cm3 |
| Alésage x course | 86 x 90,3 mm |
| Puissance | 219 kW, 298 PS EEC à 6 000 tr/min |
| Couple | 411 Nm EEC à 4 100 tr/min |
| Boîte de vitesses | Automatique ZF à 6 rapports avec commande séquentielle et palettes |
| Structure | Monocoque majoritairement en aluminium, assemblage notamment riveté et collé |
| Suspension | Quatre roues indépendantes, amortissement piloté CATS |
| Direction | Crémaillère à assistance variable |
| Freins | Disques ventilés aux quatre roues, ABS et EBD |
| Pneus de référence en 18 pouces | 245/45 ZR18 avant, 275/40 ZR18 arrière |
| Longueur | 4 791 mm |
| Largeur hors tout avec rétroviseurs | 2 070 mm |
| Hauteur | 1 322 mm |
| Empattement | 2 752 mm |
| Poids à vide annoncé | 1 595 kg |
| 0 à 100 km/h | 6,2 s |
| Vitesse maximale | 250 km/h, limitée électroniquement |
| Consommation mixte homologuée d’époque | Environ 11,4 l/100 km |
| Réservoir | Environ 71 litres |
| Production | Castle Bromwich, Royaume-Uni |
Du V8 4.2 au moteur 5.0 litres
Au lancement, le moteur principal de la XK est le V8 AJ-V8 atmosphérique de 4 196 cm3. Dans les spécifications européennes, il développe 219 kW, soit 298 PS, avec 411 Nm de couple. Les documents utilisant les normes américaines indiquent 300 bhp et 420 Nm, ce qui explique une partie des chiffres différents rencontrés pour ce même moteur. Certaines présentations françaises ont également converti sa puissance autour de 304 ch.
Le V8 est associé exclusivement à une boîte automatique ZF à six rapports. Le conducteur peut laisser la transmission fonctionner automatiquement ou intervenir au moyen des palettes installées derrière le volant. Avec cette mécanique, Jaguar annonce 6,2 secondes pour atteindre 100 km/h et une vitesse maximale bridée électroniquement à 250 km/h.
La gamme accueille rapidement une version plus puissante, la Jaguar XKR, dont le V8 4.2 reçoit un compresseur. Cette distinction est importante: les puissances supérieures à 400 ch parfois associées aux premières X150 correspondent à la XKR et non à la XK atmosphérique présentée en 2005.
Une évolution majeure intervient pour le millésime 2010, présenté en 2009. Le 4.2 laisse sa place à un V8 atmosphérique de 5,0 litres à injection directe développant environ 385 ch. La XKR adopte parallèlement une déclinaison suralimentée du même moteur. La famille atteint ensuite son expression la plus sportive avec la Jaguar XKR-S, qui pousse plus loin les performances et les réglages du châssis.
Le style de Ian Callum et les références au passé
La XK constitue une étape importante dans le travail de Ian Callum chez Jaguar. Ses proportions restent celles d’une GT classique, avec un capot très long, un habitacle rejeté vers l’arrière et des ailes arrière puissantes, mais les surfaces sont plus tendues que sur la XK8. Le coupé reçoit un grand hayon qui prolonge son pavillon fuyant, tandis que le cabriolet conserve une capote textile plutôt qu’un toit rigide escamotable.
La face avant se reconnaît à sa grande ouverture ovale centrale, aux projecteurs étirés vers les ailes et au capot fortement sculpté. Des ouïes latérales prennent place derrière les roues avant. Sur la XK atmosphérique des premières années, la présentation reste relativement sobre, ce qui permet de la distinguer des variantes XKR plus démonstratives.
Les références historiques sont assumées sans transformer la X150 en modèle néo-rétro. Certains thèmes de la face avant évoquent les Jaguar de compétition dessinées à l’époque de Malcolm Sayer, tandis que la calandre et les proportions générales rappellent l’univers de la Jaguar E-Type. La XK conserve cependant une identité propre, liée autant à son architecture en aluminium qu’au nouveau langage stylistique de Jaguar au milieu des années 2000.
Évolutions de la XK X150 jusqu’en 2014
La carrière de la X150 est marquée par plusieurs mises à jour plutôt que par un remplacement rapide. L’évolution de 2009 apporte les nouveaux moteurs 5.0 et s’accompagne de modifications de présentation. D’autres retouches suivent au début des années 2010, avec une face avant remaniée, des optiques et des détails aérodynamiques modernisés. Malgré ces changements, la structure fondamentale et les proportions de la XK restent celles du modèle révélé en 2005.
Cette longévité permet à la XK de couvrir un spectre assez large. Le coupé atmosphérique privilégie le caractère de grand tourisme, tandis que les XKR et XKR-S renforcent progressivement la dimension sportive de la famille. Le cabriolet suit l’essentiel des évolutions mécaniques du coupé tout en conservant la capote souple caractéristique du modèle.
La production s’achève à Castle Bromwich le 24 juillet 2014. Le dernier exemplaire documenté est une XKR Coupé en finition Italian Racing Red. Jaguar ne lance pas de troisième génération XK pour lui succéder directement. La Jaguar F-Type, apparue entre-temps, occupe une place croissante dans l’offre sportive de la marque, avec un positionnement et des dimensions différents de ceux de la grande GT 2+2.
Une XK à bien distinguer des anciennes Jaguar XK
L’appellation peut prêter à confusion car Jaguar a utilisé les lettres XK bien avant la génération X150. Les XK120, XK140 et XK150 des années 1940 et 1950 appartiennent à une lignée historique entièrement différente. Le nom XK désigne également la famille de moteurs six cylindres Jaguar née à la fin des années 1940. La voiture présentée en 2005 n’est donc ni une nouvelle XK150 historique ni une évolution de ces modèles.
Dans la chronologie moderne, sa filiation directe est beaucoup plus simple. La XK8 X100 ouvre en 1996 la génération de coupés Jaguar à moteur AJ-V8, puis la XK X150 lui succède dix ans plus tard avec une structure aluminium et une nouvelle plateforme. L’abandon du chiffre 8 accompagne cette rupture même si le V8 demeure au coeur de la gamme pendant toute la carrière de la X150.
La production totale de la génération est parfois donnée avec des chiffres contradictoires, notamment parce que les décomptes ne couvrent pas toujours le même périmètre entre XK, XKR, coupés, cabriolets et années modèles. En revanche, ses bornes industrielles sont clairement établies: le premier coupé de production est achevé en décembre 2005 et la dernière X150 quitte Castle Bromwich en juillet 2014, après près de neuf années de fabrication.




