Présentée le 17 février 2021, la McLaren Artura inaugure une nouvelle génération de supercars britanniques à motorisation hybride rechargeable. Elle associe un V6 biturbo de 3,0 litres à un moteur électrique pour développer initialement 680 ch, une puissance portée à 700 ch lors de son évolution de 2024. Première McLaren hybride produite en série régulière, elle introduit également une nouvelle architecture en fibre de carbone, une transmission à huit rapports et la possibilité de circuler en mode entièrement électrique.
Assemblée à Woking, au Royaume-Uni, l’Artura prend la relève d’une partie de la gamme Sports Series. Son objectif est de conserver les qualités dynamiques traditionnelles de McLaren tout en intégrant une technologie hybride conçue pour améliorer la réactivité, l’efficacité énergétique et l’agrément de conduite. Avec une vitesse maximale annoncée de 330 km/h, elle reste une véritable supercar malgré sa capacité à effectuer de courts trajets sans utiliser son moteur thermique.
Histoire et développement de la McLaren Artura
Au début des années 2020, McLaren Automotive engage une transformation technique importante. Depuis le lancement de la MP4-12C en 2011, ses principales voitures de route reposent sur des moteurs V8 biturbo associés à des structures centrales en carbone. L’Artura marque l’arrivée d’une nouvelle famille mécanique, développée spécifiquement pour l’hybridation rechargeable.
Elle succède notamment à la McLaren 570S, commercialisée à partir de 2015. Cette dernière appartenait à la gamme Sports Series et utilisait un V8 de 3,8 litres. L’Artura reprend son positionnement de supercar relativement accessible dans l’univers McLaren, mais repose sur une plateforme et un groupe motopropulseur entièrement renouvelés.
La McLaren 570GT fait également partie des modèles précédents de cette famille. Plus orientée vers les déplacements routiers, elle illustrait la volonté du constructeur d’élargir l’utilisation quotidienne de ses voitures. L’Artura poursuit cette recherche de polyvalence avec une suspension adaptative, une motorisation électrifiée et un habitacle modernisé.
Le nom Artura est officiellement dévoilé en novembre 2020. Il évoque l’association de l’art et du futur, rompant avec les désignations numériques traditionnellement employées par McLaren. La voiture est présentée en février 2021, mais sa commercialisation connaît des retards liés notamment aux dernières validations techniques et logicielles. Les premières livraisons interviennent en 2022.
Le développement mobilise les équipes d’ingénierie et de design de McLaren Automotive. Le constructeur s’appuie notamment sur son McLaren Composites Technology Centre de Sheffield, chargé de produire la nouvelle structure carbone MCLA. Cette installation industrielle permet de maîtriser directement une partie essentielle de la fabrication des futures générations de voitures de la marque.
L’Artura occupe une place distincte de la McLaren 720S, qui appartient à la catégorie supérieure des Super Series. Contrairement à cette dernière, dotée d’un V8 biturbo, l’Artura privilégie un ensemble V6 hybride rechargeable. Elle se distingue également de la McLaren GT, davantage orientée vers le grand tourisme et les voyages.
Un V6 biturbo hybride rechargeable inédit
La principale innovation de l’Artura réside dans son groupe motopropulseur. Son moteur thermique M630 est un V6 de 2 993 cm³ ouvert à 120 degrés, une architecture inhabituelle pour une voiture de route. Cet angle particulièrement large permet d’abaisser le centre de gravité et de disposer les deux turbocompresseurs à l’intérieur du V, selon une configuration appelée « hot-V ».
Le V6 développe initialement 585 ch. Il est associé à un moteur électrique à flux axial de 95 ch, intégré à la transmission. La puissance combinée atteint ainsi 680 ch, pour un couple maximal de 720 Nm. L’assistance électrique intervient particulièrement lors des accélérations et des reprises, lorsque les turbocompresseurs n’ont pas encore atteint leur régime de fonctionnement optimal.
McLaren possédait déjà une expérience de l’hybridation haute performance avec la McLaren P1, présentée en 2013. Cette hypercar associait un V8 biturbo à une machine électrique, mais sa production était limitée à 375 exemplaires. L’Artura transpose le principe de l’électrification à une voiture destinée à une commercialisation régulière.
La batterie lithium-ion de 7,4 kWh permet de parcourir environ 30 km en mode électrique selon les données initiales d’homologation WLTP. Cette autonomie convient principalement aux déplacements urbains et aux trajets courts. La voiture peut également fonctionner en mode hybride, en associant automatiquement les deux motorisations selon la demande de puissance et les conditions de conduite.
Une autre particularité concerne la boîte automatique à double embrayage SSG, dotée de huit rapports avant. Elle ne possède aucun rapport mécanique de marche arrière : cette fonction est assurée par le moteur électrique, dont le sens de rotation est inversé. Cette solution permet de supprimer certains composants mécaniques et de limiter l’encombrement de la transmission.
L’ensemble entraîne exclusivement les roues arrière. Un différentiel à glissement limité piloté électroniquement contribue à répartir le couple entre les roues motrices. Il améliore la motricité à l’accélération et permet un contrôle plus précis du comportement dynamique, particulièrement lorsque le couple du V6 et celui du moteur électrique sont délivrés simultanément.
Fiche technique de la McLaren Artura
| Caractéristique | McLaren Artura Coupé |
|---|---|
| Constructeur | McLaren Automotive |
| Présentation | 17 février 2021 |
| Premières livraisons | 2022 |
| Production | Woking, Royaume-Uni |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2 places |
| Architecture | Moteur central arrière, propulsion |
| Motorisation | V6 biturbo essence et moteur électrique rechargeable |
| Code moteur thermique | M630 |
| Cylindrée | 2 993 cm³ |
| Disposition des cylindres | V6 à 120° |
| Alimentation | Injection directe, deux turbocompresseurs |
| Puissance thermique initiale | 585 ch à 7 500 tr/min |
| Puissance thermique 2024 | 605 ch |
| Couple thermique initial | 585 Nm |
| Moteur électrique | Machine à flux axial |
| Puissance électrique | 95 ch (70 kW) |
| Couple électrique | 225 Nm |
| Puissance combinée initiale | 680 ch (500 kW) |
| Puissance combinée depuis 2024 | 700 ch (515 kW) |
| Couple combiné | 720 Nm |
| Transmission | Propulsion, différentiel électronique |
| Boîte de vitesses | Double embrayage SSG à 8 rapports |
| Structure | Monocoque carbone MCLA |
| Suspension avant | Doubles triangles indépendants |
| Suspension arrière | Architecture multibras |
| Amortissement | Adaptatif à commande électronique |
| Direction | Crémaillère à assistance électrohydraulique |
| Freins avant | Carbone-céramique, 390 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Carbone-céramique, 380 mm, étriers 4 pistons |
| Pneus avant | 235/35 ZR19 |
| Pneus arrière | 295/35 ZR20 |
| Longueur | 4 539 mm |
| Largeur avec rétroviseurs | 2 080 mm |
| Hauteur | 1 193 mm |
| Empattement | 2 640 mm |
| Masse à sec minimale | 1 395 kg |
| Masse DIN annoncée | 1 498 kg |
| 0 à 100 km/h | 3,0 s |
| 0 à 200 km/h | 8,3 s, version initiale |
| Vitesse maximale | 330 km/h |
| Batterie | Lithium-ion, 7,4 kWh |
| Autonomie électrique WLTP | Environ 30 km initialement, jusqu’à 33 km après évolution |
| Recharge | Environ 2 h 30 jusqu’à 80 % |
| Réservoir | 65 litres |
| Volume du coffre | Environ 160 litres |
Châssis carbone, design et comportement dynamique
L’Artura repose sur la McLaren Carbon Lightweight Architecture, ou MCLA. Cette structure monocoque en fibre de carbone a été conçue dès l’origine pour accueillir une motorisation électrifiée. Elle combine une cellule centrale rigide avec des structures périphériques destinées à absorber l’énergie en cas de collision. La batterie est intégrée bas dans le véhicule, derrière l’habitacle, afin de limiter son influence sur le centre de gravité.
Malgré l’ajout d’un moteur électrique et d’une batterie, McLaren a cherché à contenir la masse totale. Le V6 compact contribue à cet objectif, tout comme la nouvelle transmission et l’utilisation de matériaux légers. La masse à sec minimale annoncée ne doit toutefois pas être confondue avec la masse DIN, qui tient compte des fluides et d’une quantité normalisée de carburant.
La suspension avant à doubles triangles est associée à un train arrière multibras développé pour améliorer simultanément la stabilité, la motricité et le confort. Les amortisseurs pilotés électroniquement adaptent leur fonctionnement aux conditions de conduite. La direction électrohydraulique conserve une assistance hydraulique afin de privilégier les sensations et la précision autour du point milieu.
Le freinage repose sur des disques carbone-céramique, adaptés aux contraintes thermiques d’une voiture capable de dépasser 300 km/h. La gestion électronique coordonne les fonctions de stabilité et de motricité avec le fonctionnement du groupe hybride. Le conducteur peut modifier les réglages du groupe motopropulseur et du châssis indépendamment, selon le type de route et le rythme recherché.
Sur le plan esthétique, l’Artura conserve les principaux codes stylistiques de McLaren : silhouette très basse, habitacle avancé, portes en élytre et flancs profondément sculptés. La face avant présente des projecteurs LED effilés, intégrés dans des volumes sombres. Les prises d’air latérales alimentent le compartiment moteur, tandis que la partie arrière se caractérise par des épaules larges, des feux fins et deux sorties d’échappement centrales hautes.
Le dessin de la carrosserie répond également à des exigences aérodynamiques. Les ouvertures, les bas de caisse et le diffuseur arrière participent à la circulation de l’air autour et sous la voiture. Contrairement à certaines McLaren destinées principalement au circuit, l’Artura Coupé ne possède pas de grand aileron arrière fixe.
L’habitacle adopte une présentation épurée, centrée sur le conducteur. Le combiné d’instruments numérique regroupe les informations de conduite, tandis qu’un écran vertical commande les fonctions multimédias. Les principaux réglages dynamiques restent accessibles à proximité du volant. Les finitions Performance, TechLux et Vision permettent de privilégier une ambiance sportive, luxueuse ou plus expressive.
Performances et évolutions depuis 2024
Les performances annoncées placent l’Artura parmi les supercars les plus rapides de sa catégorie. L’assistance électrique améliore la disponibilité du couple à bas régime, tandis que le V6 biturbo assure les accélérations à vitesse élevée. Le système hybride ne vise donc pas uniquement une réduction de la consommation : il constitue aussi un élément central de la réponse mécanique.
En février 2024, McLaren dévoile une évolution importante du coupé parallèlement au lancement de la McLaren Artura Spider. La puissance combinée passe de 680 à 700 ch grâce à une nouvelle calibration du moteur thermique. Le couple maximal reste fixé à 720 Nm.
Cette mise à jour ne se limite pas à la puissance. McLaren revoit les réglages de la transmission, les supports du groupe motopropulseur, l’amortissement et certains paramètres électroniques. La sonorité du V6 évolue également grâce à des modifications du système d’échappement. L’autonomie électrique annoncée progresse légèrement, jusqu’à 33 km.
La version Spider introduit un toit rigide rétractable électriquement en environ onze secondes. Elle conserve les principales caractéristiques mécaniques du coupé modernisé, mais sa structure et ses équipements entraînent une augmentation de masse. Elle ne doit donc pas être confondue avec l’Artura Coupé présentée en 2021.
Dans la gamme contemporaine, la McLaren 750S représente une approche différente, fondée sur un V8 biturbo non hybride de 750 ch. L’Artura privilégie pour sa part la complémentarité entre moteur thermique et assistance électrique, sans abandonner les performances caractéristiques de McLaren.
Prix, commercialisation et déclinaison de compétition
Lors de son lancement en France, l’Artura est annoncée à partir de 228 000 euros. Ce tarif la place dans le segment des supercars hautes performances, face à des concurrentes européennes combinant technologies avancées, personnalisation et production relativement confidentielle. Le prix final dépend des options, des finitions et des équipements choisis.
Contrairement aux McLaren Ultimate Series produites en quantités limitées, l’Artura n’est pas commercialisée sous la forme d’une série numérotée à production fixe. Les volumes exacts fabriqués par année ne font pas l’objet d’une publication systématique suffisamment détaillée pour établir un total fiable par version.
Sur le marché de l’occasion, les premières Artura se rencontrent à des tarifs variables selon le kilométrage, le millésime, l’historique d’entretien et la configuration. Les exemplaires de première génération se distinguent notamment des voitures bénéficiant des évolutions techniques annoncées en 2024. L’historique des mises à jour logicielles et des interventions réalisées constitue un élément important lors de l’examen d’un véhicule.
L’Artura a également donné naissance à une déclinaison destinée à la compétition, l’Artura GT4, présentée en juin 2022 au Goodwood Festival of Speed. Développée pour succéder à la 570S GT4, cette voiture conserve le V6 biturbo mais abandonne le système hybride. Cette suppression répond aux contraintes de poids, de réglementation et d’exploitation propres aux courses GT4.
La version de compétition reçoit une boîte séquentielle à sept rapports, une aérodynamique spécifique, des équipements de sécurité réglementaires et des réglages de suspension adaptés au circuit. Elle participe aux programmes de compétition clients de McLaren à partir de 2023. Une déclinaison Artura Trophy est également développée pour les compétitions monomarques organisées autour des voitures de course du constructeur britannique.




