Présentée en 2009, la Mg6 occupe une place particulière dans l’histoire moderne de MG. Elle est l’un des premiers modèles entièrement nouveaux lancés après le passage de la marque britannique sous le contrôle du groupe chinois SAIC Motor. Conçue pour la Chine mais aussi pensée pour ramener MG sur des marchés internationaux, elle associe une base technique développée au sein du groupe SAIC à un travail de style et de mise au point réalisé en partie au Royaume-Uni.
La Mg6 ne doit pas être confondue avec les générations ultérieures portant le même nom, ni avec le MGS6 EV apparu bien plus tard. Le modèle traité ici est la première génération dévoilée en 2009, proposée sous la forme d’un fastback cinq portes et d’une berline quatre portes. Au Royaume-Uni, ces deux carrosseries prennent respectivement les appellations MG6 GT et MG6 Magnette.
Une MG née après la disparition de MG Rover
La genèse de la Mg6 est indissociable de la disparition de MG Rover en 2005. Nanjing Automobile reprend alors plusieurs actifs de l’ancien constructeur britannique avant d’être intégré à SAIC. Le groupe chinois dispose ainsi de la marque MG, d’une implantation à Longbridge et de compétences techniques britanniques, mais doit reconstruire une véritable gamme. Les premières années voient notamment revenir des modèles issus de conceptions antérieures, tandis que la Mg6 doit matérialiser une nouvelle étape.
Cette rupture est particulièrement nette face à la MG ZT, grande berline sportive de l’époque MG Rover. La Mg6 appartient à une organisation industrielle différente et repose sur une famille technique développée sous SAIC. Elle partage ainsi une partie importante de son architecture avec la Roewe 550, commercialisée par une autre marque du groupe chinois.
Le développement conserve néanmoins une dimension britannique. Le dessin de la voiture est associé au designer Tony Williams-Kenny et les équipes britanniques de SAIC participent à son développement et à sa mise au point. La carrosserie MG est spécifique et ne se résume donc pas à un simple changement d’emblèmes sur une berline Roewe. Cette filiation technique explique aussi la proximité avec la MG 550 dans l’organisation des premiers modèles de la période SAIC.
Du concept de Shanghai à la production de série
La Mg6 apparaît publiquement au Salon de Shanghai au printemps 2009 sous la forme d’un concept très proche du futur modèle commercial. La version définitive est ensuite dévoilée au Salon de Guangzhou en novembre de la même année. Sa commercialisation commence en Chine en décembre 2009, ce qui fait de 2009 l’année de référence pour la naissance du modèle.
Le lancement européen demande davantage de temps. La Mg6 destinée au Royaume-Uni bénéficie d’une adaptation spécifique et son assemblage final à Longbridge commence en avril 2011. Cette production britannique mérite d’être définie précisément : les voitures provenaient de Chine sous forme largement assemblée, tandis que Longbridge assurait différentes opérations finales, dont l’installation d’éléments du groupe motopropulseur. La Mg6 marque néanmoins le retour d’une activité d’assemblage de voitures MG sur ce site historique.
Le fastback est commercialisé au Royaume-Uni sous le nom MG6 GT. Une berline classique à malle séparée suit sous l’appellation MG6 Magnette. Ce nom fait volontairement référence à l’histoire de la marque, mais cette version moderne ne doit pas être confondue avec l’ancienne MG Magnette des années 1950 et 1960.
La gamme évolue ensuite avec l’arrivée d’un diesel destiné notamment à rendre la voiture plus compétitive sur le marché britannique. Un restylage apparaît d’abord en Chine en 2014 puis concerne la gamme britannique en 2015. La carrière européenne s’achève en 2016, tandis qu’une deuxième génération entièrement renouvelée prend le relais en Chine en 2017.
Un fastback conçu comme une familiale sportive
La silhouette constitue l’un des éléments les plus reconnaissables de la première Mg6. Avec environ 4,65 m de longueur et un empattement de 2,705 m, elle possède des dimensions généreuses pour une familiale. Le modèle cinq portes adopte surtout un hayon fortement incliné qui lui donne l’allure d’une berline fastback tout en conservant une ouverture arrière particulièrement large.
La face avant se caractérise par des projecteurs étirés vers les ailes, l’écusson MG placé au centre et une importante prise d’air inférieure. La ligne de caisse montante et le pavillon fuyant renforcent le caractère dynamique recherché. Cette présentation permet à la Mg6 de se distinguer visuellement de la Roewe 550 malgré leur parenté technique.
La version quatre portes conserve l’essentiel du langage stylistique mais reçoit une partie arrière conventionnelle avec coffre séparé. Lors du restylage, MG modifie notamment les projecteurs, la calandre, les boucliers et les feux arrière. Ces changements permettent de différencier facilement les dernières voitures des exemplaires lancés au début de la décennie.
Fiche technique de la Mg6
| Caractéristique | Mg6 première génération |
|---|---|
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Carrosseries | Fastback 5 portes et berline 4 portes |
| Moteur essence atmosphérique | 4 cylindres 1,8 litre, 133 ch selon spécification chinoise |
| Couple essence atmosphérique | 170 Nm à 4 800 tr/min selon spécification chinoise |
| Moteur essence turbo | 4 cylindres 1 796 cm3 TCI-Tech, 16 soupapes |
| Puissance essence turbo | 160 PS selon spécification britannique |
| Couple essence turbo | 215 Nm |
| Moteur diesel | 4 cylindres 1 849 cm3 DTi-Tech, injection directe common rail, turbo |
| Puissance diesel | 150 PS à 4 000 tr/min |
| Couple diesel | 350 Nm à 1 800 tr/min |
| Boîte essence britannique | Manuelle à 5 rapports |
| Boîte diesel britannique | Manuelle à 6 rapports |
| Suspension avant | Jambes MacPherson |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Freinage | Disques aux quatre roues, disques avant ventilés |
| Longueur | Environ 4 651 à 4 653 mm selon version |
| Largeur | Environ 1 827 à 1 829 mm selon version |
| Hauteur | Environ 1 472 à 1 478 mm selon version |
| Empattement | 2 705 mm |
| Poids | Variable selon moteur, carrosserie, équipement et marché, environ 1 495 kg pour certaines versions 1.8 Turbo |
| Jantes | 17 ou 18 pouces sur les principales finitions britanniques |
| 0 à 60 mph essence turbo | Environ 8,4 s selon spécification britannique |
| Vitesse maximale diesel | Environ 193 km/h selon version |
| 0 à 100 km/h diesel | Environ 9,2 à 9,5 s selon carrosserie et spécification |
| Consommation combinée diesel | Environ 5,3 l/100 km sur l’ancien cycle d’homologation britannique |
| Réservoir diesel | 62 litres |
| Sécurité Euro NCAP | 4 étoiles en 2011 |
Essence, diesel et évolution de la gamme
La gamme mécanique varie sensiblement suivant les pays. En Chine, la Mg6 est proposée dès ses débuts avec un quatre cylindres 1,8 litre atmosphérique ou turbocompressé. Pour le Royaume-Uni, MG privilégie initialement le 1.8 TCI-Tech turbo de 160 PS. Ce moteur correspond mieux au positionnement légèrement sportif choisi pour le retour de la marque, mais son niveau de consommation pénalise la voiture face aux familiales européennes contemporaines.
Le 1.9 DTi-Tech lancé ultérieurement répond précisément à cette faiblesse commerciale. Avec 150 PS, 350 Nm et une boîte manuelle à six rapports, il apporte davantage de couple tout en réduisant sensiblement consommation et émissions homologuées. La Mg6 reste toutefois relativement lourde, ce qui influence autant ses performances que son rendement.
Le châssis repose sur une suspension avant de type MacPherson et un train arrière indépendant multibras. Cette architecture, plus élaborée qu’un simple essieu de torsion, participe au positionnement routier de la voiture. La Mg6 britannique bénéficie également d’un travail de mise au point spécifique afin d’adapter son comportement aux attentes locales.
Le restylage commercialisé au Royaume-Uni en 2015 ne se limite pas à l’apparence. MG cherche aussi à réduire le poids et à améliorer l’efficience, tout en modernisant l’équipement. Ces évolutions prolongent la carrière du modèle sans parvenir à en faire un véhicule de grande diffusion en Europe.
Une carrière britannique limitée mais symbolique
Au Royaume-Uni, la Mg6 GT débute à 15 495 livres en finition S, avec des versions SE et TSE plus équipées. Ce positionnement tarifaire agressif constitue l’un de ses principaux arguments. La voiture doit cependant reconstruire presque seule l’image commerciale d’une marque qui avait disparu du marché des voitures neuves pendant plusieurs années.
Les volumes européens restent faibles et ne reflètent pas l’importance industrielle du modèle pour SAIC. La Mg6 sert avant tout à démontrer que MG peut de nouveau proposer une automobile moderne conçue pour plusieurs marchés. Elle ouvre ainsi la voie à une gamme beaucoup plus large. Le MG GS, notamment, illustre quelques années plus tard le déplacement progressif de la marque vers les SUV, segment qui jouera un rôle majeur dans son expansion internationale.
La lignée des berlines ne disparaît pas pour autant. Une deuxième Mg6 est lancée en Chine en 2017 sur une nouvelle base technique, tandis que d’autres modèles perpétuent ce type de carrosserie sur le marché chinois, jusqu’à la génération moderne de MG7. La première Mg6 reste cependant liée à une période très particulière, celle où SAIC cherchait encore à combiner développement chinois, ingénierie britannique et activité industrielle à Longbridge.
La Mg6 en British Touring Car Championship
La compétition apporte à la Mg6 une visibilité sans commune mesure avec ses ventes britanniques. MG revient officiellement en British Touring Car Championship en 2012 avec des Mg6 GT préparées selon le règlement NGTC et engagées par Triple Eight Race Engineering. Jason Plato devient la figure centrale du programme et remporte une course dès le premier rendez-vous de la saison à Brands Hatch.
La Mg6 de compétition n’est évidemment pas une simple voiture de série modifiée. Le règlement NGTC impose une architecture et de nombreux composants spécifiques, mais la carrosserie conserve suffisamment de traits du modèle commercial pour remplir son rôle d’ambassadrice. Six victoires sont obtenues dès la saison 2012 avec Jason Plato.
Le programme atteint son sommet en 2014 lorsque MG décroche le championnat des constructeurs du BTCC, interrompant la série de titres de Honda. Plato termine cette même saison deuxième du championnat pilotes. La Mg6 poursuit ensuite sa carrière dans la discipline, où certains de ses châssis connaissent une longévité remarquable. Ce parcours sportif constitue l’un des épisodes les plus visibles de la première génération et donne à cette familiale sino-britannique une dimension que ses modestes volumes de vente européens n’auraient probablement pas suffi à lui assurer.




