Mitsubishi Lancer 3

Mitsubishi Lancer 3

Apparue en 1983, la Mitsubishi Lancer 3 marque une rupture technique dans l’histoire de la compacte japonaise. Alors que les précédentes Lancer reposaient encore sur une architecture à propulsion, cette génération adopte un moteur transversal et la traction avant. Elle est étroitement apparentée à la Mitsubishi Mirage de deuxième génération et correspond, au Japon, à la seconde génération de Lancer Fiore.

Cette parenté explique une nomenclature parfois déroutante. Selon les marchés et les catalogues, la voiture apparaît sous les appellations Lancer, Lancer Fiore ou au sein de la famille Mirage. En Europe, les références C1_A et C6_A sont couramment associées à cette génération. Il ne faut surtout pas la confondre avec la Lancer EX à propulsion, encore commercialisée durant une partie de sa carrière.

Une Lancer qui passe définitivement à la traction avant

La transformation de la gamme avait commencé avant son arrivée. Mitsubishi avait lancé une première Lancer Fiore en 1982, étroitement dérivée de la Mirage. Dès octobre 1983, cette branche reçoit un renouvellement complet qui donne naissance à la famille C10. Pour la Mitsubishi Lancer, cette architecture représente une étape essentielle dans le passage vers une compacte moderne à traction avant.

Le changement est important par rapport à la Mitsubishi Lancer 2 et aux Lancer traditionnelles à propulsion. Le moteur est désormais installé transversalement à l’avant et entraîne les roues avant. Cette disposition permet de consacrer davantage de longueur à l’habitacle tout en conservant une carrosserie relativement compacte.

La Lancer 3 partage ainsi une part importante de sa conception avec la Mitsubishi Mirage. Cette proximité n’en fait toutefois pas simplement une version rebadgée identique sur tous les marchés : appellations, carrosseries, motorisations et niveaux d’équipement diffèrent suivant les pays. Mitsubishi organise alors sa gamme compacte autour de plusieurs noms commerciaux qui se recoupent partiellement.

La situation est d’autant plus particulière que la Lancer EX, propulsion plus ancienne et plus anguleuse, reste disponible pendant une partie des années 1980. La génération de 1983 ne doit donc pas être identifiée à partir du seul nom Lancer ou de sa période de commercialisation. Sa famille C10 et son architecture à traction avant constituent les repères les plus fiables.

Une berline compacte conçue autour de l’habitabilité

La carrosserie principale est une berline tricorps à quatre portes et cinq places. Avec 4,125 m de longueur et 1,635 m de largeur, elle conserve un encombrement raisonnable tout en offrant un empattement de 2,38 m. Mitsubishi met alors l’accent sur l’utilisation efficace de l’espace intérieur permise par la nouvelle implantation mécanique.

Le dessin reflète également cette évolution. La silhouette reste typique du début des années 1980, avec trois volumes clairement séparés, mais abandonne une partie des lignes très rectilignes de la Lancer EX. La surface vitrée est généreuse et les montants relativement fins. La face avant constitue l’un de ses signes distinctifs, notamment par la forme particulière des blocs optiques que Mitsubishi décrivait lors du lancement comme inspirée d’un boomerang.

L’aérodynamique reçoit davantage d’attention que sur les générations précédentes. Les surfaces sont plus lisses et les angles moins abrupts, sans pour autant transformer la Lancer en berline profilée spectaculaire. Le résultat correspond davantage à une recherche d’efficacité quotidienne qu’à une volonté sportive.

Un break vient compléter la famille à partir du milieu de la décennie. Il partage l’environnement technique de cette génération mais possède sa propre carrière commerciale, sensiblement plus longue que celle de la berline. Certaines déclinaisons du break recevront également une transmission intégrale, équipement qui ne doit pas être attribué à la berline Lancer 3 standard.

Des moteurs essence simples et un diesel 1,8 litre

La gamme mécanique varie fortement selon les marchés. En Europe, les versions les plus représentatives utilisent des quatre cylindres essence de 1,2 et 1,5 litre ainsi qu’un diesel de 1,8 litre. Le petit 1 198 cm3 développe suivant l’année environ 55 à 60 ch, tandis que le 1 468 cm3 se situe généralement autour de 70 à 75 ch dans les configurations européennes documentées.

Le 1,8 litre diesel 4D65 constitue une autre proposition importante. Mitsubishi commence à installer ce moteur de 1 796 cm3 dans les Mirage et Lancer Fiore à la fin de 1983. Avec environ 58 à 60 ch suivant la version, il privilégie naturellement la sobriété plutôt que les performances.

La gamme japonaise est plus étendue. Elle comprend notamment des 1,3 et 1,5 litre ainsi qu’une version 1.6 Turbo. Certaines déclinaisons du 1,5 utilisent aussi la technologie MD de Mitsubishi, destinée à réduire la consommation en désactivant temporairement certains cylindres dans des conditions favorables. Ces variantes spécifiques expliquent pourquoi il est trompeur d’attribuer une puissance unique à l’ensemble de la Lancer 3.

Les transmissions suivent la même logique. Les modèles européens sont principalement associés à des boîtes manuelles, à quatre ou cinq rapports suivant les versions, tandis que certaines configurations japonaises peuvent recevoir une boîte automatique à trois rapports. La vocation générale demeure celle d’une berline familiale compacte plutôt que d’une sportive.

Fiche technique de la Mitsubishi Lancer 3

CaractéristiqueDonnées
Année de lancement1983
FamilleC10, références C1_A/C6_A selon versions et marchés
Carrosserie principaleBerline tricorps 4 portes, 5 places
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant
Moteurs essence européens documentés4 cylindres 1 198 cm3 et 1 468 cm3
Puissance 1.2Environ 55 à 60 ch selon version et année
Puissance 1.5Environ 70 à 75 ch selon version et marché
Moteur diesel4 cylindres 4D65, 1 796 cm3
Puissance dieselEnviron 58 à 60 ch selon version
Autres moteurs1.3, 1.5 MD et 1.6 Turbo proposés notamment au Japon
Boîtes de vitessesManuelles 4 ou 5 rapports selon version, automatique 3 rapports sur certaines variantes
Suspension avantIndépendante type MacPherson, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis sur la 1.5 documentée
Suspension arrièreIndépendante, ressorts hélicoïdaux
DirectionÀ crémaillère
FreinsDisques avant et tambours arrière sur la 1.5 européenne documentée
Jantes5J x 13 sur la 1.5 européenne documentée
Longueur4 125 mm
Largeur1 635 mm
Hauteur1 360 mm
Empattement2 380 mm
Voie avantEnviron 1 390 mm sur la 1.5 documentée
Voie arrièreEnviron 1 340 mm sur la 1.5 documentée
Poids à videEnviron 860 kg pour la 1.5 75 ch documentée
Vitesse maximaleEnviron 160 km/h pour la 1.5 75 ch
0 à 100 km/hEnviron 12,7 s pour la 1.5 75 ch
Réservoir45 litres sur la 1.5 documentée

Une gamme très différente entre l’Europe et le Japon

Comprendre la Lancer 3 nécessite de distinguer les marchés. Une fiche technique européenne décrivant une 1.2 GL, une 1.5 GLX ou une 1.8 Diesel ne représente pas toute la famille C10. À l’inverse, une Lancer Fiore japonaise équipée d’un 1.6 Turbo ne correspond pas nécessairement à une version officiellement proposée sous la même forme en France.

Cette diversité se retrouve jusque dans les codes de châssis. La famille comprend notamment les références C11A, C12A, C14A et C15A, associées à différentes motorisations et destinations. Ces codes sont plus utiles pour identifier précisément un exemplaire qu’une simple désignation commerciale, car le nom Lancer a été employé de manière différente suivant les pays.

Le contexte de la gamme Mitsubishi accentue encore ces croisements. La Mirage constitue sa parente technique directe, tandis que d’autres compactes de la marque utilisent leurs propres positionnements et appellations. La Mitsubishi Colt 3, par exemple, appartient à cette histoire complexe des noms Colt et Mirage sans devoir être assimilée automatiquement à la berline Lancer C10.

Il faut également écarter une confusion fréquente avec les Lancer sportives à propulsion. Les résultats obtenus par les anciennes Lancer en rallye, notamment avec les 1600 GSR, ou par les Lancer EX Turbo ne concernent pas cette berline C10. De même, la future famille Lancer Evolution appartient à une période et à une base technique bien postérieures.

De la Lancer Fiore à la génération de 1988

La Lancer 3 occupe une place particulière parce qu’elle accompagne la rationalisation progressive des compactes Mitsubishi. Au lieu de prolonger simplement la formule des Lancer à propulsion, elle rapproche définitivement le modèle de la famille Mirage et des standards techniques adoptés par les compactes japonaises des années 1980.

Au cours de sa carrière, les motorisations et niveaux d’équipement évoluent sans modifier fondamentalement cette architecture. Les puissances des 1.2, 1.5 et 1.8 diesel connaissent notamment de légères variations selon les millésimes et les normes propres aux marchés. La gamme s’élargit parallèlement avec le break, qui poursuivra sa carrière au-delà de celle de la berline.

En 1988, Mitsubishi renouvelle une nouvelle fois sa compacte. La Mitsubishi Lancer 4 prend alors le relais de la berline C10. Au Japon, cette évolution est particulièrement significative puisque Mitsubishi réunit progressivement sous une nouvelle génération les lignées jusque-là représentées par la Lancer EX et la Lancer Fiore, mettant fin à la coexistence de deux branches techniques très différentes portant le nom Lancer.