Présentée dans sa forme de série en 2021, la Nissan Z représente la septième génération de la sportive emblématique du constructeur japonais. Elle succède directement à la Nissan 370Z, mais abandonne la nomenclature faisant référence à la cylindrée. Malgré le surnom « 400Z » largement employé avant son lancement, son nom officiel est simplement Nissan Z, tandis que le marché japonais conserve l’appellation Fairlady Z.
Cette génération, connue sous le code RZ34, reste fidèle à une formule devenue indissociable de la famille Z : un coupé deux places, un moteur placé longitudinalement à l’avant et une transmission aux roues arrière. La rupture principale vient du moteur. Le V6 atmosphérique de 3,7 litres de la 370Z cède sa place à un V6 3,0 litres biturbo développant 400 hp SAE, soit environ 405 ch DIN, et 475 Nm. Nissan n’a pas commercialisé officiellement cette génération en France, ce qui explique sa présence beaucoup plus discrète sur le marché européen.
Du Z Proto au modèle de série
Le renouvellement de la Z devient concret en septembre 2020 avec la présentation de la Nissan Z Proto. Ce prototype est déjà extrêmement proche de la voiture définitive, aussi bien par ses proportions que par son habitacle, son V6 biturbo et sa boîte manuelle. Nissan présente ensuite la version de série à New York en août 2021, avant le démarrage de sa commercialisation sur plusieurs marchés en 2022.
Le projet est développé sous la direction produit de Hiroshi Tamura, figure également associée aux sportives de la marque, tandis qu’Alfonso Albaisa supervise alors le design mondial de Nissan. Pour définir le style extérieur, plusieurs studios du constructeur participent à un concours interne. La proposition japonaise, attribuée au designer Naoyuki Ohkoshi, est finalement retenue. Takuya Yamashita est pour sa part associé au dessin de l’habitacle.
La nouvelle voiture doit moderniser la Z sans abandonner son identité. Elle arrive après une longue carrière de la 370Z et conserve d’ailleurs un empattement de 2 550 mm ainsi qu’une architecture étroitement apparentée à celle de sa devancière. Nissan retravaille toutefois la structure, les trains roulants, la direction, les motorisations et l’électronique. Il s’agit donc davantage d’une profonde évolution technique que d’une rupture totale avec la génération précédente.
Au Japon, le modèle poursuit la tradition sous le nom de Nissan Fairlady Z. Cette double identité commerciale existe depuis les origines de la famille : Fairlady Z sur son marché domestique et différentes appellations en « Z » à l’exportation. Avec cette septième génération, Nissan simplifie précisément le nom international en supprimant toute référence numérique à la cylindrée.
Un design nourri par l’histoire des Z
La silhouette repose sur des proportions volontairement classiques : long capot, habitacle reculé, pavillon fuyant et arrière court. Le profil renvoie directement aux premières générations, en particulier à la Nissan 240Z. Cette inspiration ne conduit pourtant pas à une reproduction rétro. Les surfaces sont beaucoup plus tendues et épurées, avec des poignées intégrées et une carrosserie débarrassée d’ornements inutiles.
À l’avant, les projecteurs à LED présentent une signature en deux arcs qui rappelle certaines variantes japonaises historiques comme la Fairlady 240ZG. La grande ouverture rectangulaire au centre du bouclier constitue l’un des signes les plus faciles à reconnaître. Le capot reste très horizontal et participe à l’impression de longueur du nez malgré des dimensions extérieures relativement compactes.
L’arrière fait référence à une autre époque de la lignée. Le large panneau noir et ses deux signatures lumineuses horizontales évoquent clairement la Nissan 300ZX Z32. Nissan mélange ainsi des références issues de plusieurs générations au lieu de copier un seul modèle historique. Le toit contrasté proposé avec certaines couleurs et l’élément décoratif supérieur baptisé « Katana Blade » renforcent encore la séparation visuelle entre le pavillon et les flancs.
L’habitacle suit la même logique. La planche de bord adopte une instrumentation numérique de 12,3 pouces, mais conserve trois cadrans supplémentaires placés au sommet de la console centrale, une disposition caractéristique de nombreuses Z. Le poste de conduite reste centré sur le conducteur et la voiture demeure strictement biplace.
Un V6 biturbo de 400 hp et deux transmissions
La principale évolution mécanique est le VR30DDTT, un V6 à 60 degrés de 2 997 cm3 équipé de deux turbocompresseurs et de l’injection directe. Dans la Z de lancement, il développe 400 hp selon la norme SAE américaine à 6 400 tr/min et 475 Nm. Convertie en chevaux DIN, cette puissance correspond à environ 405 ch, ce qui explique la coexistence de chiffres différents dans les fiches consacrées au modèle.
Le conducteur peut choisir une boîte manuelle à six rapports associée à un embrayage EXEDY ou une boîte automatique à neuf rapports. Les versions manuelles équipées du dispositif SynchroRev Match peuvent gérer automatiquement le régime lors des rétrogradages. Certaines finitions reçoivent également un différentiel mécanique à glissement limité et des fonctions supplémentaires comme le launch control.
Le châssis conserve une suspension avant à double triangulation et un train arrière multibras indépendant. Nissan adopte cependant une direction à assistance électrique et modifie les réglages des suspensions. Les versions Performance bénéficient notamment de freins plus généreux, de roues forgées RAYS de 19 pouces et de pneumatiques plus larges à l’arrière. La propulsion reste au coeur de l’expérience, contrairement à la Nissan GT-R, dont la philosophie technique repose notamment sur une transmission intégrale.
Fiche technique de la Nissan Z
| Caractéristique | Nissan Z de lancement |
|---|---|
| Code modèle | RZ34 |
| Carrosserie | Coupé 2 places à hayon |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | VR30DDTT, V6 à 60 degrés, biturbo, injection directe |
| Cylindrée | 2 997 cm3 |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 24 soupapes |
| Alésage x course | 86,0 x 86,0 mm |
| Rapport volumétrique | 10,3:1 |
| Puissance | 400 hp SAE à 6 400 tr/min, soit environ 405 ch DIN |
| Couple | 475 Nm |
| Boîte manuelle | 6 rapports |
| Boîte automatique | 9 rapports |
| Suspension avant | Double triangulation indépendante |
| Suspension arrière | Multibras indépendante |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freins Performance | Disques ventilés d’environ 356 mm avant et 351 mm arrière, étriers fixes 4 et 2 pistons |
| Roues Performance | RAYS forgées 19 x 9,5 pouces avant, 19 x 10 pouces arrière |
| Pneus Performance de lancement | 255/40 R19 avant, 275/35 R19 arrière |
| Longueur | Environ 4 380 mm |
| Largeur | Environ 1 845 mm |
| Hauteur | Environ 1 315 mm |
| Empattement | 2 550 mm |
| Voies avec roues de 19 pouces | Environ 1 554 mm avant, 1 565 mm arrière |
| Poids à vide selon version | Environ 1 581 à 1 634 kg |
| Réservoir | Environ 62 litres selon marché |
| Vitesse maximale | 250 km/h sur certaines homologations |
| 0 à 100 km/h | 4,7 s sur certaines homologations |
| Consommation | Variable selon boîte et cycle d’homologation ; environ 9,8 à 10,8 l/100 km sur certaines homologations |
Sport, Performance et série Proto Spec
La gamme varie selon les marchés. Aux États-Unis, la Z est notamment proposée en finitions Sport et Performance. La première conserve un équipement mécanique plus simple et des roues de 18 pouces, tandis que la Performance ajoute entre autres le différentiel à glissement limité, des freins renforcés et des roues RAYS de 19 pouces. Cette distinction explique pourquoi poids, pneumatiques et équipement de freinage ne peuvent pas être attribués indistinctement à toutes les Nissan Z.
Pour accompagner le lancement, Nissan commercialise également une Proto Spec reprenant des éléments visuels du prototype, notamment une combinaison de couleurs jaune et noir. L’allocation américaine est limitée à 240 exemplaires, chiffre faisant référence à la 240Z. Une série de 240 voitures est également annoncée au Japon, mais il s’agit d’allocations propres aux marchés et non d’une production mondiale totale limitée à 240 unités.
Le tarif américain du millésime 2023 débute à 40 990 dollars hors frais de destination pour la Sport, contre 50 990 dollars pour la Performance et 53 990 dollars pour la Proto Spec. Au Japon, la Fairlady Z est lancée à partir de 5 241 500 yens TTC. Ces montants illustrent son positionnement de sportive plus accessible que les modèles les plus exclusifs de Nissan. Aucun tarif français comparable n’existe, puisque cette génération n’a pas intégré officiellement le catalogue Nissan France.
La Z dans la continuité des sportives Nissan
La Z moderne s’inscrit dans une histoire commencée plus d’un demi-siècle auparavant. Après les premières générations, les 300ZX puis la Nissan 350Z avaient successivement adapté la formule aux attentes de leur époque. La génération RZ34 revient à une présentation plus explicitement inspirée du passé tout en adoptant la suralimentation, devenue essentielle à son niveau de puissance.
Cette continuité est également visible en compétition, même si les voitures engagées ne doivent pas être confondues avec le coupé routier. À partir de 2022, une Nissan Z GT500 remplace la GT-R dans la catégorie reine du championnat japonais Super GT. Elle remporte le championnat GT500 dès sa première saison avec la Calsonic IMPUL Z numéro 12 pilotée par Kazuki Hiramine et Bertrand Baguette.
Nissan et NISMO développent parallèlement une Z GT4 destinée aux programmes clients, plus proche conceptuellement du modèle de série que la très spécialisée GT500. La compétition devient ainsi l’un des terrains d’expression de la nouvelle génération dès le début de sa carrière, tandis que la Z de route conserve la formule simple qui caractérise historiquement la famille : deux places, propulsion et moteur puissant installé à l’avant.




