Nissan Fairlady Z

Nissan Fairlady Z

Apparue au Japon en 1969, la Nissan Fairlady Z transforme profondément la recette de la sportive Nissan. À la place du petit roadster Fairlady, la marque adopte un coupé fermé à moteur six cylindres avant, propulsion et silhouette fastback. Cette première génération, connue sous le code S30, devient simultanément le point de départ d’une longue famille de voitures de sport et la base des Datsun Z qui vont rencontrer un succès considérable à l’exportation.

Le nom demande toutefois une distinction essentielle. Au Japon, Fairlady Z désigne la lignée commercialisée par Nissan et la voiture originelle reçoit un six cylindres L20 de 2,0 litres. La Datsun 240Z destinée notamment aux marchés étrangers repose sur la même architecture, mais utilise un moteur L24 de plus forte cylindrée. La Fairlady Z ne doit pas davantage être confondue avec la Z432, variante beaucoup plus spécialisée équipée du moteur S20 à double arbre à cames.

De la Fairlady roadster au coupé S30

À la fin des années 1960, Nissan prépare la succession des roadsters Fairlady, dont la Fairlady 2000 SR311. Le constructeur s’oriente vers une véritable GT fermée, mieux adaptée aux longs parcours et capable de séduire une clientèle internationale. Le marché nord-américain occupe une place importante dans cette stratégie, notamment sous l’impulsion de Yutaka Katayama, alors figure majeure des activités américaines de Nissan.

Le développement stylistique est mené en interne. Yoshihiko Matsuo, responsable du Sports Car Styling Studio, joue un rôle central dans la création de la voiture. Le résultat repose sur des proportions immédiatement reconnaissables : capot très long, habitacle reculé, poupe courte et pavillon plongeant jusqu’au hayon. Cette architecture donne à la Z une allure de GT classique tout en conservant des dimensions relativement compactes.

La première Fairlady Z est annoncée en octobre 1969 et commercialisée au Japon à partir de novembre. La Nissan Fairlady Z S30 constitue ainsi le socle technique et esthétique sur lequel se développe toute la première génération. Sa coque autoporteuse reçoit des suspensions indépendantes aux quatre roues et un moteur longitudinal entraînant les roues arrière.

Une Fairlady Z japonaise différente de la 240Z

La Fairlady Z japonaise de lancement utilise le L20, un six cylindres en ligne de 1 998 cm³ alimenté par deux carburateurs. Dans la configuration documentée de la Z-L S30, il développe 130 PS à 6 000 tr/min et 172 Nm à 4 400 tr/min. La voiture associe cette mécanique à une architecture simple et sportive : moteur avant, propulsion, suspensions indépendantes et freinage à disques à l’avant et tambours à l’arrière.

Cette définition explique pourquoi les caractéristiques de la Nissan 240Z ne peuvent pas être reprises telles quelles pour décrire la Fairlady Z de 1969. Le modèle d’exportation reçoit le L24 de plus grande cylindrée et possède donc des valeurs de puissance et de couple différentes. Nissan introduit ensuite une Fairlady 240Z sur son propre marché en novembre 1971, ce qui ajoute une seconde source possible de confusion entre appellation, moteur et destination commerciale.

Une autre variante importante existe dès les débuts de la gamme : la Fairlady Z432. Son appellation résume sa mécanique avec quatre soupapes par cylindre, trois carburateurs et deux arbres à cames. Son six cylindres S20 de 1 989 cm³ développe 160 PS à 7 000 tr/min et 177 Nm à 5 600 tr/min. Ce moteur, apparenté à celui des Skyline GT-R contemporaines, s’accompagne notamment d’une boîte manuelle à cinq rapports, d’un différentiel à glissement limité et de roues en magnésium. La Z432 est donc une version spécifique et non la configuration mécanique de la Fairlady Z standard.

Fiche technique de la Nissan Fairlady Z

CaractéristiqueNissan Fairlady Z / Z-L S30
Année de lancement1969
TypeCoupé GT fastback 2 places
StructureCoque autoporteuse
MoteurNissan L20, 6 cylindres en ligne, simple arbre à cames en tête
Cylindrée1 998 cm³
Alimentation2 carburateurs
Puissance130 PS à 6 000 tr/min
Couple172 Nm à 4 400 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion
Suspension avantIndépendante à jambes de force
Suspension arrièreIndépendante à jambes de force
DirectionÀ crémaillère
Freins avantDisques
Freins arrièreTambours
Pneumatiques documentés sur Z-L6.45H 14-4P
Longueur4 115 mm
Largeur1 630 mm
Hauteur1 285 mm
Empattement2 305 mm
Voie avant1 355 mm
Voie arrière1 345 mm
Poids documenté sur Z-L995 kg

Un dessin devenu immédiatement identifiable

La Fairlady Z repose sur un équilibre visuel qui restera associé à la famille pendant plusieurs décennies. Les ailes avant entourent deux phares ronds profondément intégrés, tandis qu’une ouverture rectangulaire occupe la partie basse du nez. Le capot s’étire loin devant le pare-brise et contraste avec une partie arrière ramassée. De profil, la ligne de toit descend progressivement jusqu’au hayon, donnant à la voiture sa silhouette fastback caractéristique.

La version japonaise originelle conserve une présentation relativement épurée. Elle ne possède notamment pas le long nez aérodynamique de la Fairlady 240ZG. Introduite après le lancement initial, cette dernière reçoit un avant allongé d’environ 190 mm, des carénages autour des phares et des extensions d’ailes qui permettent de l’identifier rapidement. Ces éléments ne doivent donc pas servir à représenter une Fairlady Z standard de 1969.

Le format compact participe également au caractère de la première Z. Avec un empattement de 2,305 m et une longueur légèrement supérieure à 4,11 m dans sa configuration initiale, elle reste nettement plus ramassée que nombre de grandes GT contemporaines. Son poids inférieur à une tonne dans la spécification Z-L documentée contribue à expliquer pourquoi Nissan n’avait pas besoin d’une mécanique de très forte cylindrée pour obtenir une véritable voiture de sport sur le marché japonais.

De la S30 aux versions 2/2 et S31

La gamme évolue rapidement après 1969. L’arrivée des Fairlady 240Z au Japon en 1971 élargit le choix mécanique et donne naissance à des déclinaisons devenues emblématiques, dont la 240ZG. En janvier 1974, Nissan complète la famille par une version 2/2. Son empattement et sa carrosserie sont allongés afin d’intégrer deux petites places arrière, ce qui modifie sensiblement les proportions de la Z deux places originelle.

Sur les marchés internationaux, la même famille technique poursuit parallèlement son évolution avec la Nissan 260Z, puis la Nissan 280Z. Ces appellations correspondent à des motorisations et à des marchés différents et ne constituent pas de simples synonymes de la Fairlady Z japonaise. Elles illustrent cependant la capacité de Nissan à faire évoluer la plateforme S30 pendant presque toute la décennie.

Au Japon, les contraintes antipollution conduisent à une évolution importante en 1976 avec le type S31 et le système Nissan NAPS. La première génération poursuit sa carrière jusqu’en 1978. Nissan Shatai situe le lancement industriel de sa remplaçante S130 en août de cette année, après avoir franchi quelques mois auparavant le seuil de 500 000 Z produites. À l’échelle mondiale, Nissan attribue plus de 520 000 exemplaires à cette première génération en englobant ses différentes versions et appellations.

La Fairlady Z en compétition

La carrière sportive de la première Z participe fortement à sa réputation, mais elle concerne principalement les versions 240Z préparées pour la compétition plutôt que la Fairlady Z L20 de série. La Z obtient notamment une victoire au Safari Rally en 1971. En 1973, Shekhar Mehta et son copilote Lofty Drews remportent à nouveau l’épreuve au volant d’une 240Z, dont Nissan conserve un exemplaire dans sa collection historique.

La voiture s’illustre également en Europe. Au Rallye Monte-Carlo 1972, une 240Z confiée à Rauno Aaltonen et Jean Todt termine troisième. Ces engagements montrent que la plateforme conçue comme une GT routière possédait aussi les qualités de robustesse et de comportement nécessaires aux rallyes internationaux les plus exigeants.

La Z432 représente de son côté le versant le plus directement sportif de la gamme japonaise initiale. Sa mécanique S20, ses équipements spécifiques et la rarissime déclinaison Z432-R la placent à part dans l’histoire du modèle. Elle permet surtout de comprendre l’étendue de la famille S30 : sous une silhouette commune, Nissan pouvait proposer aussi bien une GT à six cylindres relativement accessible qu’une version techniquement beaucoup plus proche de ses voitures sportives les plus sophistiquées.

Une lignée qui conserve le nom Fairlady Z au Japon

La disparition de la S30 ne signifie pas celle de l’appellation. Fairlady Z demeure le nom japonais de ses descendantes, alors que les marchés étrangers adoptent successivement différentes désignations commerciales. Cette continuité explique pourquoi le terme « Nissan Fairlady Z » peut désigner la famille entière et pas uniquement la voiture de 1969. La génération S130 ouvre la deuxième période de la lignée, avant que les Z31 et Z32 popularisent notamment l’appellation Nissan 300ZX.

Après l’interruption de la commercialisation de la Z sur certains marchés, la Nissan 350Z relance la formule au début des années 2000 avec une interprétation moderne du coupé à moteur avant et propulsion. La filiation reste ensuite visible jusque dans la Nissan Z contemporaine, dont le dessin fait volontairement référence à plusieurs générations historiques.

La S30 de 1969 reste néanmoins le point d’origine de cette identité. Son long capot, son habitacle rejeté vers l’arrière, son hayon fastback et ses phares ronds ont établi le vocabulaire visuel de la famille, tandis que la coexistence des Fairlady Z L20 japonaises et des Datsun à moteur de plus forte cylindrée a permis à Nissan d’adapter une même sportive à des marchés très différents.