Le Santana 400 est un pick-up tout-terrain à double cabine présenté en 2025, qui marque le retour de la marque espagnole Santana sur le marché automobile. Assemblé à Linares, en Andalousie, ce modèle de 5,5 mètres associe un châssis séparé, une transmission intégrale et deux motorisations : un diesel de 190 ch et un hybride rechargeable développant 429 ch. Conçu pour les professionnels comme pour les particuliers recherchant un véhicule polyvalent, il combine une capacité de remorquage annoncée de 3 200 kg avec des équipements modernes de confort et d’assistance à la conduite.
Le retour de Santana avec un pick-up moderne
Le Santana 400 constitue la première grande nouveauté commerciale de Santana Motors, entreprise créée en 2023 pour relancer une marque historiquement associée aux véhicules tout-terrain. Son arrivée intervient quatorze ans après l’arrêt de la production automobile à Linares, en 2011. Le projet vise à redonner une activité industrielle à ce site tout en positionnant Santana sur le marché européen des pick-up.
L’histoire de Santana remonte à 1956, avec la création de Metalúrgica de Santa Ana. L’entreprise commence à fabriquer des Land Rover sous licence en 1958, avant de développer une collaboration avec Suzuki durant les années 1980. Cette période donne notamment naissance au Santana Samurai, un petit tout-terrain réputé pour sa conception simple et ses aptitudes hors route.
Le constructeur produit également le Santana Vitara dans le cadre de sa coopération industrielle avec Suzuki. Plus tard, le Santana 300 figure parmi les derniers tout-terrain de l’ancienne période industrielle. Ces véhicules témoignent d’une spécialisation ancienne dans les automobiles à transmission intégrale, mais le Santana 400 n’en constitue pas une évolution technique directe.
La renaissance de Santana repose sur une coopération industrielle internationale. Le nouveau pick-up partage une partie de ses origines techniques avec le Nissan Frontier Pro développé pour le marché chinois, dans un environnement industriel associant notamment Zhengzhou Nissan Automobile et des partenaires chinois. Santana assure son identité commerciale européenne et organise son assemblage à Linares. Le modèle ne doit donc pas être présenté comme un véhicule entièrement conçu en Espagne, même si son lancement accompagne le redémarrage de l’activité automobile locale.
Dévoilé à l’automne 2025, le Santana 400 est proposé dans une gamme comprenant des versions diesel et hybrides rechargeables. Il occupe une place différente de celle du Santana Cajal, SUV tout-terrain annoncé ultérieurement par la marque. Le 400 conserve une benne ouverte et une vocation utilitaire plus affirmée.
Un grand pick-up conçu pour le travail et le tout-terrain
Le Santana 400 adopte les proportions caractéristiques d’un pick-up de grande taille. Sa carrosserie double cabine dispose de quatre portes et de cinq places, tandis que sa benne arrière permet de transporter des outils, du matériel ou des équipements de loisirs. Sa longueur dépasse 5,49 mètres dans les deux configurations mécaniques, avec un empattement commun de 3,30 mètres.
Ce gabarit favorise l’aménagement d’un habitacle spacieux et d’une surface de chargement distincte, mais impose des contraintes au quotidien. Un emplacement de stationnement standard de cinq mètres ne suffit pas à accueillir intégralement le véhicule. L’empattement important peut également compliquer les manœuvres dans les parkings étroits ou sur les chemins présentant des ruptures de pente prononcées.
La benne mesure 1,60 mètre de long, 1,52 mètre de large et 55 centimètres de haut. Santana annonce un volume utile supérieur à 1 100 litres. Ces dimensions permettent d’envisager le transport d’équipements volumineux, mais elles ne remplacent pas la vérification de la charge utile homologuée. Le volume disponible et la masse maximale transportable sont deux caractéristiques différentes, particulièrement importantes pour un usage professionnel.
Le châssis séparé à longerons en acier constitue l’un des éléments essentiels du véhicule. Contrairement à un SUV à carrosserie autoporteuse, cette architecture distingue la structure porteuse de la carrosserie. Elle correspond aux besoins d’un pick-up destiné à supporter des charges et à évoluer sur des terrains difficiles. Santana annonce une capacité maximale de remorquage de 3 200 kg, sous réserve de la configuration et des conditions d’homologation applicables.
Pour les déplacements hors route, le constructeur met en avant une garde au sol de 240 mm, une capacité de franchissement de gué de 800 mm, un angle d’attaque de 31 degrés et un angle de fuite de 26 degrés. Ces valeurs décrivent des possibilités géométriques, mais ne garantissent pas le franchissement de tous les obstacles. L’adhérence des pneumatiques, la nature du sol, la charge embarquée et la présence de protections adaptées restent déterminantes.
La transmission intégrale et les modes de conduite tout-terrain complètent cet ensemble. Les configurations annoncées comprennent des modes 2H, 4H et 4L, permettant d’adapter la transmission aux conditions de circulation. Les équipements de blocage de différentiel varient selon les versions et les options.
Deux motorisations aux usages différents
Le Santana 400D utilise un moteur diesel turbocompressé de 2,3 litres développant 190 ch. Il est proposé avec une boîte manuelle ou automatique. La version manuelle est associée à un couple de 450 Nm dans les caractéristiques détaillées publiées au lancement, contre 500 Nm pour l’automatique à huit rapports. Cette différence mérite d’être prise en compte pour comparer les configurations, notamment lorsque le véhicule doit transporter régulièrement du matériel ou tracter une remorque.
Le diesel correspond à une utilisation où les longues distances, les déplacements professionnels et l’accès à des infrastructures de ravitaillement classiques occupent une place importante. Son autonomie annoncée atteint 848 km, tandis que sa consommation mixte publiée se situe autour de 9,3 à 9,4 l/100 km selon la transmission. La distance réellement parcourue entre deux pleins dépend naturellement de la charge, de la vitesse et du parcours.
Le Santana 400 PHEV adopte une approche différente. Son groupe motopropulseur associe un moteur essence turbocompressé de 1,5 litre à une motorisation électrique. La puissance combinée annoncée atteint 429 ch et le couple maximal 800 Nm. La batterie de 32 kWh permet de revendiquer jusqu’à 120 km de conduite électrique, tandis que l’autonomie totale annoncée dépasse 1 000 km.
L’intérêt de cette architecture dépend fortement des possibilités de recharge. Pour un conducteur effectuant des trajets quotidiens compatibles avec l’autonomie électrique et disposant d’une recharge régulière, le PHEV peut réduire l’utilisation du moteur thermique. À l’inverse, sur de longs trajets avec une batterie déchargée, le véhicule transporte toujours la masse de son système hybride et fonctionne principalement grâce à son moteur essence. La consommation dans ces conditions ne peut pas être déduite de la seule autonomie électrique annoncée.
La recharge rapide en courant continu est annoncée jusqu’à 60 kW, avec un passage de 30 à 80 % en environ 30 minutes. Cette possibilité distingue le Santana 400 PHEV de nombreux hybrides rechargeables limités à la recharge en courant alternatif. Le véhicule propose également des fonctions d’alimentation électrique externe, utiles pour certains appareils ou équipements sur un chantier ou lors d’activités de plein air.
Les performances illustrent l’écart entre les deux motorisations : le diesel annonce un 0 à 100 km/h en 9,1 secondes, contre 6,5 secondes pour le PHEV. Toutefois, la puissance supérieure de l’hybride ne se traduit pas par une capacité de remorquage maximale plus élevée, les deux motorisations étant annoncées à 3 200 kg. Pour choisir entre elles, la fréquence des recharges, la nature des déplacements, le coût d’utilisation et la configuration homologuée sont donc plus utiles que la seule comparaison des chevaux.
Fiche technique de la Santana 400
| Caractéristique | Santana 400D | Santana 400 PHEV |
|---|---|---|
| Année de présentation | 2025 | 2025 |
| Carrosserie | Pick-up double cabine | Pick-up double cabine |
| Places | 5 | 5 |
| Structure | Châssis séparé en acier | Châssis séparé en acier |
| Motorisation | Diesel turbocompressé | Essence turbo et moteurs électriques |
| Architecture thermique | 4 cylindres en ligne | 4 cylindres en ligne |
| Cylindrée | 2,3 litres | 1,5 litre |
| Puissance maximale | 190 ch | 429 ch combinés |
| Couple maximal | 450 à 500 Nm selon boîte | 800 Nm combinés |
| Implantation du moteur thermique | Avant | Avant |
| Transmission | 4 roues motrices | 4 roues motrices |
| Boîte de vitesses | Manuelle ou automatique à 8 rapports | Automatique |
| Structure des suspensions | Essieu arrière rigide, ressorts à lames ou hélicoïdaux selon version | Configuration selon version |
| Freinage | Disques avant et arrière | Disques avant et arrière |
| Longueur | 5 520 mm | 5 494 mm |
| Largeur | 1 960 mm | 1 960 mm |
| Hauteur | 1 950 mm | 1 950 mm |
| Empattement | 3 300 mm | 3 300 mm |
| Voies avant et arrière | 1 650 mm | 1 650 mm |
| Masse publiée | 2 280 à 2 315 kg selon version | 2 325 kg |
| Longueur de benne | 1 600 mm | 1 600 mm |
| Largeur de benne | 1 520 mm | 1 520 mm |
| Hauteur de benne | 550 mm | 550 mm |
| Volume de benne annoncé | Plus de 1 100 litres | Plus de 1 100 litres |
| Remorquage maximal annoncé | 3 200 kg | 3 200 kg |
| Garde au sol annoncée | 240 mm | 240 mm |
| Profondeur de gué annoncée | 800 mm | 800 mm |
| Angle d’attaque | 31° | 31° |
| Angle de fuite | 26° | 26° |
| 0 à 100 km/h annoncé | 9,1 s | 6,5 s |
| Vitesse maximale publiée | 170 km/h | Non communiquée |
| Consommation mixte publiée | 9,3 à 9,4 l/100 km | Variable selon recharge |
| Réservoir de carburant | 73 litres | 67 litres |
| Batterie de traction | Sans objet | 32 kWh annoncés |
| Autonomie électrique annoncée | Sans objet | Jusqu’à 120 km |
| Autonomie totale annoncée | Jusqu’à 848 km | Plus de 1 000 km |
| Recharge rapide DC | Sans objet | Jusqu’à 60 kW |
| Temps de recharge DC annoncé | Sans objet | Environ 30 min de 30 à 80 % |
| Lieu d’assemblage annoncé | Linares, Espagne | Linares, Espagne |
Design, habitacle et équipements
Le dessin du Santana 400 privilégie une silhouette robuste, avec un capot haut, des passages de roues marqués et une face avant imposante. La large calandre géométrique et les optiques verticales lui donnent une identité facilement reconnaissable. L’inscription Santana sur le capot souligne la volonté de réinstaller le nom de la marque dans le paysage automobile.
Les versions diesel et hybrides rechargeables présentent des différences de présentation, notamment dans le traitement de la face avant et certains détails d’équipement. Les proportions générales restent cependant proches, avec un empattement identique et une cabine à cinq places. La différence de longueur totale entre les deux motorisations n’implique donc pas un habitacle plus spacieux sur le diesel.
À bord, le Santana 400 abandonne la présentation dépouillée traditionnellement associée aux anciens tout-terrain de la marque. Le tableau de bord reçoit une instrumentation numérique de 10,25 pouces et un écran multimédia central de 14,6 pouces selon les versions. Cette organisation rapproche son environnement de conduite de celui des SUV modernes, tout en conservant la configuration pratique d’un pick-up.
Les équipements annoncés comprennent des aides à la conduite de niveau 2, des caméras périphériques et plusieurs modes de conduite. La vision dite 540 degrés associe différentes perspectives pour faciliter la perception de l’environnement du véhicule, notamment lors des manœuvres. Elle ne remplace toutefois pas le contrôle direct des obstacles, particulièrement en tout-terrain lorsque la visibilité et l’adhérence changent rapidement.
La gamme distingue notamment les finitions diesel D et DS ainsi que les versions hybrides PHEV et PHEV S. Les configurations les plus équipées privilégient le confort et les technologies embarquées, tandis que les déclinaisons d’entrée de gamme conservent un positionnement davantage utilitaire. Le choix de la finition peut aussi modifier certains éléments mécaniques, notamment la suspension arrière, et ne se limite donc pas à la sellerie ou aux équipements multimédias.
Prix, commercialisation et fabrication en Espagne
Le Santana 400 entre dans sa phase commerciale à la fin de l’année 2025. Lors du lancement espagnol, le prix d’accès annoncé pour le diesel est de 29 900 euros hors taxes, tandis que le PHEV débute à 44 700 euros hors taxes. Les finitions supérieures affichent alors des tarifs plus élevés, avec notamment une version hybride PHEV S proposée à 49 100 euros hors taxes.
Ces montants correspondent aux tarifs de lancement espagnols et non à des prix français. Les prix affichés ensuite par le constructeur ont évolué, avec notamment un tarif d’accès de 31 400 euros hors taxes pour le 400D sur sa page commerciale en octobre 2026. Le coût final dépend du marché, de la finition, des options et de la fiscalité applicable. Aucun tarif catalogue français officiel ne permet d’établir une comparaison définitive pour un acheteur en France.
Le Santana 400 reste commercialisé en 2026, avec des versions présentées au catalogue officiel et des démarches de commande proposées par la marque. Cette situation ne signifie pas pour autant que le véhicule est disponible immédiatement dans tous les pays européens. La constitution du réseau de distribution, les délais de livraison et l’accès aux services après-vente sont des éléments à examiner séparément de la présence du modèle au catalogue.
L’assemblage à Linares représente un volet important de la stratégie de Santana Motors. Il permet de renouer avec le site industriel historique de la marque, mais le projet s’appuie sur des partenaires internationaux pour sa base technique et son approvisionnement. La distinction entre conception, fabrication des composants et assemblage final est essentielle pour comprendre l’origine industrielle du véhicule.
Pour un utilisateur professionnel, l’intérêt du réseau commercial ne se limite pas à l’achat. La disponibilité des pièces, les interventions sous garantie et la capacité à immobiliser le véhicule le moins longtemps possible comptent particulièrement pour un pick-up utilisé quotidiennement. Santana a engagé le développement de son réseau européen, mais les conditions précises de garantie, d’entretien et de prise en charge doivent être vérifiées auprès du distributeur du marché concerné.
Le Santana 400 en compétition et son développement
Le retour de Santana s’accompagne également d’un programme de compétition tout-terrain. La marque annonce un engagement au Dakar 2026 avec un Santana Pick-Up T1+ confié à Jesús Calleja et Edu Blanco. Ce prototype de rallye-raid est associé à un moteur V6 biturbo de 2,9 litres développant 430 ch et 660 Nm, une configuration distincte des motorisations commercialisées sur le Santana 400.
Cette participation accompagne la visibilité de la marque relancée, sans constituer une démonstration directe des performances du pick-up de série. Les véhicules de rallye-raid répondent à des règlements spécifiques et utilisent des composants adaptés à la compétition. Les résultats ou caractéristiques du T1+ ne peuvent donc pas être transposés au 400D ou au 400 PHEV.
Le constructeur indique par ailleurs avoir réalisé plus de deux millions de kilomètres d’essais au cours du développement de sa nouvelle gamme. Ce programme annoncé concerne la validation des véhicules et de leurs composants dans différentes conditions d’utilisation. Il ne constitue pas une mesure indépendante de fiabilité à long terme, laquelle nécessitera un recul suffisant sur les véhicules commercialisés et leur entretien en conditions réelles.
