Simca 5

Simca 5

Présentée en 1936, la Simca 5 est l’une des premières petites voitures populaires produites en grande série par la jeune marque française. Avec son moteur de 569 cm³, ses deux places, son gabarit d’environ 3,2 mètres et son prix annoncé sous la barre des 10 000 francs, elle privilégie l’économie et la simplicité à une époque où posséder une automobile reste hors de portée d’une grande partie de la population.

La Simca 5 n’est toutefois pas une création française entièrement indépendante. Elle constitue la déclinaison produite à Nanterre de la Fiat 500 A, mieux connue sous le surnom de Fiat 500 Topolino. Cette parenté explique son architecture très particulière, avec un petit quatre cylindres placé très en avant, un radiateur installé derrière le moteur et une transmission aux roues arrière.

Une petite Fiat produite en France par Simca

L’histoire de la Simca 5 est indissociable des relations entre Fiat et Henri-Théodore Pigozzi. Avant de devenir un constructeur disposant de ses propres modèles, Simca développe son activité en fabriquant en France des automobiles d’origine Fiat. Des voitures comme les Simca-Fiat 6 CV illustrent cette première période industrielle.

En Italie, Fiat travaille au début des années 1930 sur une automobile extrêmement compacte et économique. Le projet est notamment associé à l’ingénieur Dante Giacosa et débouche sur la Fiat 500 A. Simca prépare parallèlement sa fabrication française dans l’ancienne usine Donnet de Nanterre. La Simca 5 est présentée à la presse au printemps 1936, plusieurs sources situant l’événement en mars, avant même la présentation officielle de la Fiat 500 en Italie.

Les mouvements sociaux de 1936 perturbent cependant le démarrage de la production. La voiture prend véritablement sa place sur le marché au cours de l’année et apparaît au Salon de Paris en octobre. Son argument commercial est particulièrement clair : proposer une vraie automobile fermée à un prix annoncé de 9 900 francs, tout en mettant en avant une consommation très faible.

La Simca 5 occupe ainsi le bas de la gamme. Elle ne cherche ni l’espace ni les performances d’une automobile familiale. Sa carrosserie minuscule, son moteur de moins de 600 cm³ et ses deux places répondent à une logique de mobilité économique. À la fin des années 1930, la Simca 8 occupe un échelon nettement supérieur et répond à des usages plus familiaux.

Une conception entièrement tournée vers la compacité

La silhouette de la Simca 5 se reconnaît immédiatement à son capot court et arrondi, à ses ailes séparées et à ses phares extérieurs placés de part et d’autre du capot. Les roues étroites et les porte-à-faux réduits accentuent encore l’impression de petitesse. Avec un empattement de 2 mètres, la voiture concentre sa mécanique dans un espace particulièrement limité.

Son quatre cylindres en ligne à soupapes latérales est monté longitudinalement à l’avant. Sa position très avancée constitue l’une des astuces fondamentales du projet. Le radiateur est placé derrière le moteur, ce qui permet de raccourcir le nez tout en réservant davantage de longueur à l’habitacle. La boîte manuelle comporte quatre rapports et transmet la puissance aux roues arrière.

La sophistication ne disparaît pas totalement au nom de l’économie. Les roues avant sont indépendantes et le freinage est hydraulique sur les quatre roues, avec des tambours. À l’arrière, la Simca conserve un essieu rigide. L’ensemble reste extrêmement léger, autour de 550 kg suivant les versions et les données disponibles.

Le moteur développe environ 13 ch à 4 000 tr/min et permet une vitesse de l’ordre de 85 km/h. Les performances paraissent modestes, mais correspondent au programme de cette petite voiture des années 1930. Sa faible masse et sa mécanique de 569 cm³ servent avant tout à limiter le coût d’utilisation.

Fiche technique de la Simca 5

CaractéristiqueSimca 5
Année de présentation1936
ProductionÀ partir de 1936, fin de carrière située en 1948 ou 1949 suivant les sources
Carrosserie2 portes, 2 places, versions fermée, découvrable et fourgonnette
Architecture moteur4 cylindres en ligne, soupapes latérales, refroidissement liquide
Cylindrée569 cm³ environ
Alésage x course52 x 67 mm
AlimentationCarburateur
PuissanceEnviron 13 ch à 4 000 tr/min
CoupleEnviron 29 Nm à 2 100 tr/min
Puissance fiscaleGénéralement donnée pour 3 CV
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports
EmbrayageMonodisque à sec
StructureCarrosserie sur châssis
Suspension avantRoues indépendantes, ressort à lames transversal, amortisseurs hydrauliques à levier
Suspension arrièreEssieu rigide, ressorts quart-elliptiques, amortisseurs hydrauliques à levier
DirectionÀ vis et secteur
FreinsTambours hydrauliques sur les 4 roues
Pneus4.00 x 15 selon certaines fiches techniques
LongueurEnviron 3,21 à 3,25 m suivant version et source
LargeurEnviron 1,27 à 1,35 m suivant version et source
HauteurEnviron 1,34 à 1,40 m suivant version et source
Empattement2,00 m
VoiesEnviron 1,11 m à l’avant et 1,08 m à l’arrière selon certaines fiches
PoidsEnviron 535 à 560 kg suivant version et source
Vitesse maximaleEnviron 85 km/h
Système électrique12 V

Berline, découvrable et fourgonnette

La Simca 5 ne reste pas cantonnée à une seule carrosserie. À la petite conduite intérieure s’ajoute une découvrable, dont la partie supérieure souple permet de profiter d’une ouverture importante sans bouleverser l’architecture générale. Plusieurs niveaux de finition sont également proposés au cours de sa carrière, avec notamment les appellations Standard, Grand Luxe et Superluxe.

Une fourgonnette élargit le champ d’utilisation vers les artisans et les administrations. Sa charge utile est donnée autour de 250 kg et les Postes figurent parmi les utilisateurs institutionnels du modèle. Cette déclinaison montre combien une plateforme aussi compacte pouvait être adaptée à un usage professionnel, malgré sa puissance limitée.

Simca insiste parallèlement sur la sobriété. Certaines valeurs spectaculaires associées à la 5 ne doivent cependant pas être confondues avec une consommation routière normalisée. Une épreuve d’économie lui fait parcourir 160,460 km avec cinq litres de carburant, soit environ 3,1 l/100 km. Une autre opération Paris-Madrid-Paris aboutit à environ 3,6 l/100 km. Ces résultats relèvent de démonstrations organisées dans des conditions particulières.

La surprenante carrière sportive de la Simca 5

Le caractère utilitaire de la petite Simca n’empêche pas Amédée Gordini d’en percevoir le potentiel en compétition. En travaillant sur la légèreté et l’aérodynamique, il transforme cette mécanique minuscule en barquette capable de soutenir des moyennes remarquables pour sa cylindrée. La Simca 5 devient ainsi l’une des voitures qui participent aux débuts de la réputation sportive de Gordini.

En mai 1937, une Simca 5 établit notamment un record de l’heure dans la catégorie des 750 cm³ à plus de 115 km/h. La même année, des tentatives à Montlhéry conduisent à plusieurs records de distance. Lors d’une ronde de 48 heures en octobre, la voiture couvre près de 4 952 km, à une moyenne dépassant 103 km/h.

Le Mans constitue son épisode sportif le plus marquant. En 1937, Jean Viale et Albert Alin conduisent une Simca 5 Gordini à l’arrivée des 24 Heures et remportent leur catégorie. En 1938, les petites Simca sont de nouveau classées et Maurice Aimé et Charles Plantivaux obtiennent à la fois une victoire de catégorie et l’indice de performance. En 1939, les voitures engagées atteignent encore l’arrivée, complétant une série de trois victoires de catégorie consécutives.

Une Simca 5 Gordini est aujourd’hui associée aux collections du Musée des 24 Heures du Mans. Lors de sa restauration, une particularité étonnante est apparue : une partie du plancher provenait de la planche à dessin de Gordini et portait encore des croquis et des cotes. Ce détail illustre les méthodes artisanales qui accompagnaient alors la préparation de voitures de course dérivées de modèles de série très modestes.

De la Simca 5 à la Simca 6

La Seconde Guerre mondiale interrompt la trajectoire normale de la Simca 5. Après le conflit, la production reprend dans un marché français où la demande automobile est forte mais où l’industrie fonctionne encore sous de nombreuses contraintes. La conception née au milieu des années 1930 commence néanmoins à vieillir, et Simca prépare une évolution plus moderne.

Présentée en 1947, la Simca 6 conserve les principes généraux de sa devancière mais se distingue facilement. Ses phares sont intégrés dans les ailes, sa carrosserie est redessinée et son moteur de cylindrée voisine adopte des soupapes en tête pour gagner en puissance. Le chevauchement entre les deux modèles explique en partie pourquoi la fin exacte de production de la Simca 5 est parfois donnée en 1948 et parfois en 1949.

Le nombre total produit fait lui aussi l’objet d’une divergence importante dans les références historiques : le chiffre de 46 472 exemplaires est fréquemment avancé, tandis qu’une autre source spécialisée donne 65 451 unités. En l’absence d’un périmètre identique clairement établi pour ces deux décomptes, il serait trompeur de présenter l’un d’eux comme définitivement acquis.

Cette fin de carrière correspond aussi à une transformation profonde de Simca. La marque s’éloigne progressivement du simple rôle de constructeur français de modèles d’origine Fiat. Quelques années plus tard, la Simca 9 Aronde matérialise beaucoup plus nettement cette nouvelle étape industrielle, alors que la Simca 5 reste le témoignage de la période fondatrice où l’histoire de Simca et celle de Fiat étaient encore étroitement imbriquées.

Marque Simca

Année de sortie 1936

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