La Smart Electric Drive de 2012 marque le passage de la petite électrique de Smart du stade des flottes expérimentales à celui d’une automobile proposée au grand public. Cette troisième génération, dérivée de la Smart Fortwo 451, conserve les dimensions particulièrement réduites et les deux places de la citadine tout en remplaçant sa mécanique thermique par une chaîne de traction électrique de 55 kW alimentée par une batterie lithium-ion de 17,6 kWh.
L’appellation Electric Drive demande toutefois une distinction importante. Smart l’a employée pour plusieurs générations successives de Fortwo électriques. La version traitée ici est celle lancée en série en 2012, souvent désignée rétrospectivement comme Electric Drive de troisième génération ou ED3. Elle ne doit être confondue ni avec les premières séries expérimentales de 2007 et 2009, ni avec la génération apparue en 2017 sur la Fortwo 453.
De l’expérimentation à la Smart électrique de série
L’électrification faisait partie des possibilités envisagées pour la petite Smart bien avant 2012. La conception compacte de la Smart Fortwo se prêtait particulièrement à un usage urbain électrique : deux places, une longueur inférieure à 2,70 m et une architecture permettant d’installer les batteries dans le soubassement sans condamner l’espace réservé aux occupants.
Une première expérimentation grandeur nature débute en 2007 avec une centaine de voitures mises en circulation à Londres. Cette première Electric Drive utilise encore une batterie sodium-nickel-chlorure et un moteur de 20 kW. Ces véhicules issus de la génération Smart Fortwo 450 ont essentiellement une fonction de validation technique et d’observation des usages.
Une deuxième génération entre en production à Hambach à la fin de 2009. Elle constitue une étape importante grâce à l’adoption d’une batterie lithium-ion de 16,5 kWh et d’un moteur développant jusqu’à 30 kW et 120 Nm. Plusieurs flottes sont alors déployées dans de grandes villes européennes et sur d’autres marchés. Cette phase fournit à Daimler et Smart l’expérience nécessaire pour préparer un modèle destiné à une diffusion beaucoup plus large.
La troisième génération est annoncée en 2011 puis lancée en 2012. Le changement dépasse une simple augmentation des volumes : la puissance maximale atteint désormais 55 kW, la batterie passe à 17,6 kWh et la vitesse maximale progresse à 125 km/h. La Smart électrique devient ainsi suffisamment performante pour sortir plus facilement de son environnement urbain, même si son format et son autonomie continuent de la destiner en priorité aux déplacements quotidiens.
Une Fortwo 451 transformée sans perdre sa vocation urbaine
L’Electric Drive reprend l’architecture générale de la Fortwo de deuxième génération. Sa cellule de sécurité tridion, ses panneaux de carrosserie et sa silhouette très courte restent immédiatement reconnaissables. Le moteur électrique est installé à l’arrière et entraîne les roues arrière, respectant ainsi le principe de propulsion de la Fortwo thermique. La batterie prend place sous le plancher, entre les essieux.
Cette implantation constitue l’un des principaux intérêts techniques du modèle. La conversion à l’électricité ne nécessite pas de sacrifier l’habitacle à deux places ni le coffre, dont le volume reste compris entre 220 et 340 litres selon la méthode de chargement. Avec seulement 2 695 mm de longueur et un empattement de 1 867 mm, l’Electric Drive conserve surtout l’encombrement qui fait la singularité de la Fortwo.
La voiture existe en coupé et en cabriolet. Smart propose également une présentation spécifique Electric Drive pouvant associer une carrosserie blanche à des éléments verts sur la cellule tridion, les rétroviseurs et certains détails. Cette combinaison très utilisée pour la communication du constructeur n’est cependant pas une caractéristique systématique de toutes les voitures produites.
Fiche technique de la Smart Electric Drive
| Caractéristique | Smart Electric Drive 2012 |
|---|---|
| Base | Smart Fortwo 451 |
| Carrosseries | Coupé 2 places, cabriolet 2 places |
| Moteur | Électrique synchrone à aimants permanents |
| Puissance continue | 35 kW |
| Puissance maximale | 55 kW, environ 75 ch |
| Couple maximal | 130 Nm |
| Implantation du moteur | Arrière |
| Transmission | Propulsion, rapport fixe |
| Batterie | Lithium-ion |
| Capacité de la batterie | 17,6 kWh |
| Nombre de cellules | 93 |
| Autonomie homologuée | 145 km, cycle NEDC |
| Consommation homologuée | 15,1 kWh/100 km dans le tarif Smart France 2012 |
| Chargeur embarqué standard | 3,3 kW |
| Charge rapide optionnelle | 22 kW |
| Recharge sur prise domestique | Environ 7 h |
| Recharge avec boîtier mural 220 V | Environ 6 h |
| Recharge avec chargeur 22 kW et alimentation compatible | Environ 1 h |
| 0 à 60 km/h | 4,8 s |
| 0 à 100 km/h | 11,5 s |
| Vitesse maximale | 125 km/h |
| Longueur | 2 695 mm |
| Largeur | 1 559 mm |
| Hauteur | 1 558 mm |
| Empattement | 1 867 mm |
| Voie avant | 1 283 mm |
| Voie arrière | 1 385 mm |
| Diamètre de braquage | 8,75 m |
| Poids à vide | 900 kg en coupé, 920 kg en cabriolet |
| Charge utile | 250 kg en coupé, 230 kg en cabriolet |
| Volume de coffre | 220 à 340 litres |
| Site d’assemblage | Hambach, France |
Batterie, autonomie et recharge
La batterie de 17,6 kWh constitue l’une des principales évolutions par rapport à l’Electric Drive précédente. Elle est produite par Deutsche ACCUmotive, tandis que le moteur provient d’EM-motive, coentreprise alors créée par Daimler et Bosch. Avec l’assemblage final effectué dans l’usine Smart de Hambach, la marque mettait particulièrement en avant l’origine européenne de la chaîne industrielle de cette génération.
L’autonomie officielle française atteint 145 km sur le cycle NEDC. Ce chiffre correspond à une procédure d’homologation aujourd’hui remplacée et ne doit donc pas être interprété comme une autonomie garantie dans toutes les conditions d’utilisation. Les documents d’époque présentent par ailleurs une différence concernant la consommation : le tarif français 2012 indique 15,1 kWh/100 km, tandis qu’une autre documentation technique Daimler mentionne 13,3 kWh/100 km. Pour caractériser la version française commercialisée en 2012, la valeur du tarif national est la référence la plus directement pertinente.
Le chargeur embarqué de série accepte 3,3 kW. Smart proposait surtout un chargeur optionnel de 22 kW, particulièrement intéressant pour une voiture à batterie relativement petite : avec une installation électrique appropriée, le constructeur annonçait alors une recharge en environ une heure. Cette possibilité différenciait nettement l’Electric Drive d’une simple citadine électrique limitée à une recharge domestique lente.
Le moteur électrique délivre son couple sans attendre la montée en régime d’un moteur thermique. Cette caractéristique correspond bien à une voiture conçue pour les démarrages et reprises à faible vitesse. Le 0 à 60 km/h annoncé en 4,8 secondes illustre davantage sa vocation que sa vitesse maximale de 125 km/h : Smart privilégie ici la circulation urbaine et périurbaine plutôt qu’une recherche de performances élevées.
Commercialisation et positionnement en France
La génération 2012 change profondément le statut de l’Electric Drive. Les versions antérieures avaient surtout été diffusées dans le cadre de programmes pilotes et de flottes sélectionnées. Smart ouvre désormais les commandes aux particuliers et prévoit une distribution dans plus de trente marchés, avec une production annoncée à un niveau nettement supérieur aux petites séries précédentes.
En France, le tarif 2012 du coupé s’établit à 24 250 euros TTC avec batterie comprise. Smart propose aussi une formule dissociant la voiture et son accumulateur : 19 450 euros pour le coupé auxquels s’ajoute une location de batterie de 65 euros par mois. Le cabriolet est affiché respectivement à 27 200 euros batterie comprise ou 22 400 euros avec la même location mensuelle. Ces montants sont ceux du tarif d’époque, avant prise en compte des conditions d’attribution du bonus écologique.
La possibilité de choisir entre achat et location de la batterie illustre une période particulière du développement de l’automobile électrique. Le coût et le vieillissement des accumulateurs suscitaient encore de fortes interrogations chez les acheteurs, et plusieurs constructeurs cherchaient alors à isoler financièrement la batterie du reste du véhicule. Smart finira par abandonner ce type de positionnement avec l’évolution du marché.
De l’Electric Drive à la gamme Smart EQ
La carrière de cette Electric Drive accompagne la fin de la génération 451. Lorsque la Smart Fortwo 453 prend le relais, Smart développe une nouvelle chaîne de traction électrique. La quatrième génération Electric Drive est lancée en Europe en 2017 avec un moteur de 60 kW, soit 81 ch, et 160 Nm. Elle conserve une batterie de capacité proche, mais appartient à une famille technique différente : ses caractéristiques ne doivent donc pas être utilisées pour décrire le modèle de 2012.
Cette nouvelle génération élargit aussi l’offre électrique. Pour la première fois, la Fortwo, la Fortwo Cabrio et la Forfour peuvent recevoir la même philosophie de propulsion sans émissions locales. La petite électrique n’est donc plus seulement une déclinaison particulière de la deux places, mais devient progressivement le point de départ d’une gamme cohérente.
Le changement de nom intervient ensuite avec l’adoption du label EQ par Mercedes-Benz et Smart. La Fortwo électrique poursuit ainsi sa carrière sous l’appellation Smart EQ Fortwo. Le cabriolet suit la même évolution avec la Smart EQ Fortwo Cabrio, tandis que la Forfour électrique devient la Smart EQ Forfour. L’Electric Drive de 2012 reste ainsi identifiable comme l’étape où la propulsion électrique cesse d’être une expérimentation chez Smart pour devenir une version de série directement accessible aux particuliers.




