Nissan 350z

Nissan 350z

Commercialisée à partir de 2002, la Nissan 350Z marque le retour de la sportive Z dans la gamme du constructeur japonais. Connue sous le code Z33 et vendue au Japon comme Nissan Fairlady Z, elle reprend une formule volontairement simple : deux places, un V6 atmosphérique installé longitudinalement à l’avant et les roues arrière motrices. Cette architecture tranche avec une époque où les coupés sportifs japonais deviennent plus rares et replace Nissan sur le marché des sportives accessibles.

La 350Z succède dans la lignée à la Nissan 300ZX Z32, disparue plusieurs années auparavant de nombreux marchés. Elle ne cherche cependant pas à reproduire sa recette. Le V6 biturbo laisse place à un 3,5 litres atmosphérique, tandis que la nouvelle plate-forme FM privilégie un moteur reculé dans le compartiment avant, un empattement relativement long et des porte-à-faux courts.

Le retour de la lignée Z au début des années 2000

La renaissance de la Z se dessine avant la commercialisation de la Z33. Nissan présente au salon de Detroit 1999 un premier concept inspiré par les premières générations de la famille. Un second projet, dévoilé en 2001, adopte une approche nettement plus contemporaine et annonce beaucoup plus directement la voiture de série. La 350Z arrive finalement en 2002, au moment où Nissan connaît une importante transformation de sa gamme.

Cette filiation compte dans le positionnement du modèle. La Nissan 240Z avait établi dès la fin des années 1960 le principe d’un coupé deux places performant mais moins inaccessible que certaines sportives européennes. La Z33 en propose une interprétation moderne sans tomber dans un dessin ouvertement rétro. Elle reprend davantage la philosophie générale de son ancêtre que ses formes.

Le développement stylistique associe Nissan Design America, en Californie, et le Nissan Technical Center japonais. Diane Allen et Mamoru Aoki figurent parmi les responsables importants du programme de design, tandis qu’Ajay Panchal est étroitement associé au dessin extérieur de la voiture de série. La silhouette privilégie des volumes géométriques et musclés plutôt que des références littérales aux anciennes Z.

Le modèle est d’abord fabriqué au Japon à Oppama. Nissan transfère ensuite sa production à Tochigi à partir de 2004. La commercialisation européenne intervient après le lancement initial japonais et nord-américain, avec une arrivée en France en 2003. Ce décalage explique pourquoi la 350Z est parfois présentée comme un modèle 2003 alors que la Z33 a bien été lancée en 2002.

Un coupé conçu autour du V6 et de la propulsion

Le coeur de la première 350Z est le VQ35DE, un V6 atmosphérique de 3 498 cm3 à double arbre à cames en tête et 24 soupapes. Sur les premières voitures européennes, il développe 280 ch. Le moteur est installé longitudinalement derrière l’axe des roues avant autant que le permet l’architecture, une disposition que Nissan désigne sous le terme Front Midship. Il entraîne les roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à six rapports sur les versions européennes les plus représentatives.

Cette implantation détermine une grande partie du caractère de la Z33. Plutôt que de rechercher uniquement la puissance, Nissan associe le gros moteur atmosphérique à un châssis compact, une voie large et des suspensions indépendantes multibras aux quatre roues. L’arbre de transmission fait également appel à un matériau composite renforcé de fibres de carbone afin de limiter son inertie et sa masse.

La 350Z reçoit des disques ventilés aux quatre roues et peut disposer d’un système de freinage Brembo selon la version et le marché. Les pneumatiques sont volontairement plus larges à l’arrière, en accord avec l’architecture propulsion. Les configurations européennes en 18 pouces utilisent notamment des pneus de 225/45 à l’avant et 245/45 à l’arrière.

Le résultat est une sportive relativement compacte, large et basse, dont la mécanique reste conventionnelle dans son principe. Nissan ne recourt ni au turbo ni à une transmission intégrale complexe. Cette différence est importante face aux Skyline GT-R de la période précédente : malgré leur appartenance commune à l’histoire sportive de Nissan, la 350Z répond à une autre logique technique.

Fiche technique de la Nissan 350z

CaractéristiqueNissan 350Z Z33
ProductionÀ partir de 2002, fin de carrière selon marché jusqu’à 2009
CarrosserieCoupé 2 portes, 2 places
ArchitectureMoteur avant longitudinal reculé, propulsion
Moteur initial européenVQ35DE, V6 atmosphérique à 60 degrés, 24 soupapes
Cylindrée3 498 cm3
AlimentationInjection électronique
Puissance européenne initiale280 ch (206 kW)
Couple initialEnviron 363 Nm à 4 800 tr/min
Évolution VQ35DE300 ch à 6 400 tr/min, 353 Nm à 4 800 tr/min
Évolution VQ35HR313 ch à 6 800 tr/min, 358 Nm à 4 800 tr/min
Boîte principale en EuropeManuelle à 6 rapports
Autre transmission selon marchéAutomatique à 5 rapports
Suspension avantIndépendante multibras
Suspension arrièreIndépendante multibras
DirectionÀ crémaillère assistée
FreinsDisques ventilés aux quatre roues, ABS, EBD ; Brembo selon version
Pneus 18 pouces225/45 R18 avant, 245/45 R18 arrière
LongueurEnviron 4 309 mm
LargeurEnviron 1 815 mm
HauteurEnviron 1 319 mm
EmpattementEnviron 2 649 mm
Voie avantEnviron 1 535 mm
Voie arrièreEnviron 1 539 à 1 545 mm selon roues
MasseVariable selon marché et équipement, environ 1 450 à 1 550 kg pour le coupé
0 à 100 km/hEnviron 5,9 s en 280 ch ; 5,7 s annoncées pour le coupé 313 ch
Vitesse maximaleEnviron 250 km/h sur les versions européennes
Consommation mixteEnviron 11,4 l/100 km pour la première version européenne 280 ch
RéservoirEnviron 80 litres

De 280 à 313 ch : les principales évolutions de la Z33

La carrière de la 350Z est marquée par plusieurs évolutions mécaniques qu’il faut distinguer. La première spécification européenne développe 280 ch avec le VQ35DE. Les chiffres nord-américains ne sont pas directement interchangeables avec ceux des voitures européennes, notamment en raison des normes de puissance et des configurations propres aux marchés.

Une évolution du VQ35DE porte ensuite la puissance européenne à 300 ch. Cette version, souvent associée à l’appellation informelle Rev-Up, privilégie davantage les hauts régimes, tandis que son couple maximal annoncé s’établit à 353 Nm. La Z33 bénéficie parallèlement de retouches d’équipement et de présentation, avec notamment des modifications des projecteurs et des feux arrière.

Le changement mécanique le plus important intervient pour le millésime 2007 avec le VQ35HR. Toujours d’une cylindrée de 3,5 litres, ce V6 profondément revu atteint 313 ch à 6 800 tr/min et 358 Nm à 4 800 tr/min. Son régime maximal progresse et son installation impose une modification immédiatement visible : le capot reçoit un bossage central. Ce détail constitue l’un des moyens les plus simples de reconnaître une 350Z 313 ch tardive.

La gamme ne se limite pas au coupé. Une Nissan 350Z Roadster complète rapidement l’offre avec une capote souple et les adaptations structurelles nécessaires à une découvrable. Plus lourde que le coupé, elle conserve le V6, la propulsion et l’essentiel de l’identité mécanique de la Z33.

Un dessin immédiatement identifiable

La 350Z se reconnaît à son profil ramassé, son pavillon très arqué, ses ailes marquées et ses porte-à-faux courts. Les poignées verticales métallisées, les grands blocs optiques étirés et la poupe massive constituent d’autres signatures de la Z33. La largeur importante par rapport à la longueur accentue visuellement son assise, tandis que les roues rejetées vers les extrémités renforcent l’impression de compacité.

L’habitacle reprend la même volonté d’identité visuelle. Le combiné d’instruments accompagne le réglage de la colonne de direction afin de rester dans l’axe du conducteur. Trois cadrans supplémentaires sont disposés au sommet de la console centrale, un clin d’oeil fonctionnel aux premières Z. Derrière les deux sièges, une imposante traverse structurelle est visible dans l’espace de chargement et participe à la rigidité du coupé.

La conception ne cherche donc pas à transformer la 350Z en coupé quatre places polyvalent. Les deux occupants sont installés dans un habitacle centré sur la conduite, tandis que le hayon donne accès à un coffre dont l’utilisation est contrainte par la forme de la carrosserie et la traverse arrière. Cette spécialisation distingue nettement la Z33 des coupés dérivés de berlines ou des grandes GT plus habitables.

Une sportive Nissan engagée en compétition

La Z33 ne reste pas cantonnée à la route. Nissan et Nismo l’engagent au Japon en JGTC, puis dans le championnat devenu Super GT. À partir de 2004, la Fairlady Z prend notamment la relève de la Skyline GT-R dans la catégorie GT500. Ces machines conservent l’identité visuelle générale de la Z33 mais sont des prototypes de compétition profondément transformés et ne doivent pas être considérées comme de simples 350Z de série préparées.

La Z33 apparaît également en GT300, en Super Taikyu et dans différentes épreuves d’endurance. Une voiture issue du programme GT japonais réalise en 2007 un temps de 53,78 secondes lors de la montée du Goodwood Festival of Speed, pilotée par Anthony Reid. Nissan engage aussi des 350Z dans des courses européennes, notamment aux 24 Heures du Nürburgring.

De la 350Z à la génération Z34

La fin des années 2000 voit Nissan préparer une remplaçante plus compacte. La Nissan 370Z, code Z34, conserve les fondamentaux de la Z33 tout en adoptant un V6 de 3,7 litres et une carrosserie sensiblement renouvelée. Cette continuité confirme que la 350Z n’était pas un retour ponctuel destiné à exploiter la nostalgie de la gamme historique, mais le point de départ d’une nouvelle séquence de sportives Z.

La formule survivra encore au-delà de la Z34 avec la génération moderne Nissan Z. La 350Z occupe ainsi une position précise dans cette chronologie : elle est la Z qui réintroduit en 2002 une sportive deux places à propulsion dans la gamme Nissan, après l’interruption consécutive à la 300ZX, et fixe une architecture que ses descendantes conserveront.