Nissan Nismo 400r

Nissan Nismo 400r

La Nissan Nismo 400R est l’une des interprétations les plus radicales de la Skyline GT-R des années 1990. Présentée sous forme de prototype au Tokyo Auto Salon en janvier 1995 puis proposée à la vente à partir de 1996, elle ne se résume pas à une R33 équipée d’un kit aérodynamique. Nismo transforme profondément le moteur, le refroidissement, la transmission, les suspensions et la carrosserie afin de créer une voiture complète de 400 PS, soit environ 394 hp ou 294 kW.

Sa base reste la Nissan Skyline GT-R R33, identifiable par le code BCNR33 et déjà dotée de la transmission intégrale ATTESA E-TS PRO. La 400R va toutefois beaucoup plus loin avec son six cylindres RB-X GT2 de 2,8 litres, ses voies et sa carrosserie élargies, ses roues de 18 pouces et une préparation directement nourrie par l’expérience de Nismo en compétition.

Du prototype de 1995 à la 400R de série

La genèse de la 400R accompagne pratiquement celle de la Nissan Skyline R33. Le 6 janvier 1995, Nismo dévoile au Tokyo Auto Salon une voiture portant la désignation « NISMO 400R PROT ». Ce prototype annonce déjà l’objectif essentiel du programme : obtenir 400 PS dans une GT-R utilisable sur route, sans sacrifier la fiabilité nécessaire à une voiture vendue à des clients.

Nismo dispose alors d’une expérience considérable avec la Skyline en compétition. Les enseignements tirés des courses N1 et de l’endurance permettent d’envisager une puissance sensiblement supérieure à celle de la GT-R de série. Le développement ne se limite pourtant pas au circuit. Des essais sont également conduits sur autoroute et sur les routes sinueuses de Hakone afin de conserver une voiture exploitable dans des conditions ordinaires. Takayuki Kinoshita, pilote expérimenté de GT-R, fait partie des pilotes essayeurs associés au programme.

Obtenir 400 PS à partir du RB26DETT de 2,6 litres tout en préservant le couple à bas et moyen régime conduit Nismo à revoir plus profondément la mécanique. La cylindrée est portée à 2 771 cm3 et le moteur prend la désignation RB-X GT2. La définition finale est arrêtée vers la fin de 1995. Au Tokyo Auto Salon 1996, Nismo annonce officiellement la commercialisation de la 400R au prix de 12 millions de yens, avec une production prévue de 99 exemplaires.

RB-X GT2 : un six cylindres spécifique de 400 PS

Le RB-X GT2 reste apparenté au fameux RB26DETT de la Nissan Skyline GT-R, mais ses modifications sont suffisamment importantes pour justifier une désignation propre. L’alésage passe à 87 mm et la course à 77,7 mm, donnant une cylindrée de 2 771 cm3. Le six cylindres en ligne à double arbre à cames et 24 soupapes conserve une double suralimentation, avec des turbocompresseurs métalliques de spécification N1 et des actuateurs renforcés.

La puissance officielle atteint 400 PS à 6 800 tr/min et le couple 47,8 kgf.m, soit environ 469 Nm, à 4 400 tr/min. La pression de suralimentation annoncée est d’environ 1,1 kg/cm2. Nismo adapte également la gestion ECCS, tandis que le dispositif de refroidissement reçoit un intercooler haute performance, un radiateur de spécification N1 et un refroidisseur d’huile à air.

L’échappement en titane à double sortie participe à la réduction de la contre-pression. Le capot en matériau composite comporte de larges évacuations destinées à extraire l’air chaud du compartiment moteur, une solution inspirée des voitures de course GT. Cette approche montre bien la différence entre la 400R et une simple préparation moteur : la hausse de puissance s’accompagne d’un travail cohérent sur la gestion thermique et les organes périphériques.

La boîte est une manuelle Nissan FS5R30A à cinq rapports. La précision est importante, car la 400R est parfois décrite comme équipée d’une transmission Getrag à six vitesses. La documentation technique Nismo indique bien une boîte cinq rapports. Elle est associée à un embrayage Nismo double disque, un volant moteur allégé et un arbre de transmission en carbone.

Transmission intégrale et châssis retravaillé

La 400R conserve l’architecture sophistiquée de la GT-R avec l’ATTESA E-TS PRO et son différentiel actif A-LSD. Le système peut répartir une partie du couple vers le train avant lorsque les conditions l’exigent. Le Super HICAS, qui agit sur les roues arrière, est également conservé. La voiture reste donc fidèle aux principes techniques qui distinguent les GT-R R33, mais Nismo adapte le reste du châssis aux performances supplémentaires.

Les suspensions utilisent des amortisseurs Bilstein à tarage fixe associés à des ressorts Nismo. L’assiette est abaissée d’environ 30 mm. Barres stabilisatrices, supports et différents éléments élastiques sont également adaptés ou renforcés. Une barre supérieure avant en titane participe au travail effectué sur la rigidité.

Le freinage repose sur quatre disques ventilés et des étriers Brembo, complétés par des plaquettes Nismo et un renfort de maître-cylindre. Les roues constituent une autre différence immédiatement visible : la 400R reçoit des Nismo LM-GT1 forgées en trois parties de 18 x 10JJ chaussées de Bridgestone en 275/35 R18, alors que la GT-R R33 de série utilise des roues et pneumatiques sensiblement plus étroits.

Cette démarche de transformation complète caractérise plusieurs projets Nissan très exclusifs de la période. La Nissan Stagea 260rs constitue un autre exemple intéressant autour du RB26DETT, même si sa vocation de break sportif et son développement par Autech la distinguent nettement de la 400R.

Une carrosserie élargie propre à la 400R

La 400R se reconnaît sans devoir ouvrir son capot. Sa carrosserie atteint 1 830 mm de large, soit 50 mm de plus que la GT-R de référence. Les extensions d’ailes ajoutent environ 25 mm de chaque côté et permettent d’accueillir les larges pneus de 275 mm. L’abaissement de la suspension et les roues de 18 pouces renforcent encore sa posture.

Le bouclier avant est spécifique et reçoit des ouvertures agrandies pour alimenter les systèmes de refroidissement. Le capot composite à extracteurs, les bas de caisse, le bouclier arrière et surtout le grand dispositif aérodynamique arrière à deux éléments permettent de distinguer une véritable 400R d’une GT-R R33 standard. Les marquages 400R et les jantes LM-GT1 complètent cette identité, même si ces éléments visuels ont depuis été reproduits sur des répliques.

L’habitacle suit la même logique. Nismo installe des sièges spécifiques, un volant en cuir de 365 mm, un levier court avec pommeau en titane et une instrumentation dédiée. Le compteur de vitesse est gradué jusqu’à 320 km/h et le compte-tours jusqu’à 11 000 tr/min. Des cadrans complémentaires renseignent notamment sur la suralimentation, la pression d’huile et le fonctionnement de la transmission.

Fiche technique de la Nissan Nismo 400r

CaractéristiqueNissan Nismo 400R
Première présentation1995, prototype au Tokyo Auto Salon
CommercialisationÀ partir de 1996
BaseSkyline GT-R R33, BCNR33
CarrosserieCoupé 2 portes, 2+2 places
MoteurRB-X GT2, 6 cylindres en ligne, DOHC, 24 soupapes, biturbo
Cylindrée2 771 cm3
Alésage x course87,0 x 77,7 mm
Taux de compression8,5:1
Puissance400 PS à 6 800 tr/min, environ 294 kW
Couple47,8 kgf.m à 4 400 tr/min, environ 469 Nm
SuralimentationDeux turbocompresseurs métalliques de spécification N1
Pression de suralimentationEnviron 1,1 kg/cm2
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionIntégrale ATTESA E-TS PRO, A-LSD
Boîte de vitessesManuelle FS5R30A à 5 rapports
EmbrayageNismo double disque 8,5 pouces
Arbre de transmissionCarbone
Roues arrière directricesSuper HICAS
SuspensionAmortisseurs Bilstein, ressorts Nismo
AbaissementEnviron 30 mm
Freins4 disques ventilés, étriers Brembo
JantesNismo LM-GT1, 18 x 10JJ
PneusBridgestone RE710kai, 275/35 R18
Longueur4 675 mm
Largeur1 830 mm
Hauteur1 330 mm
Empattement2 720 mm
Voies avant / arrière1 500 / 1 510 mm
Garde au sol105 mm
Poids1 550 kg
Rapport poids / puissance3,88 kg/PS
ÉchappementTitane, double sortie

99 prévues, environ 44 construites

La rareté de la 400R tient en partie à l’écart entre le programme annoncé et sa réalisation. Nismo prévoyait une série limitée à 99 voitures, mais la production effectivement réalisée est généralement donnée pour seulement 44 exemplaires. Des travaux récents sur les châssis connus n’en auraient confirmé qu’environ 40. Il convient donc de distinguer clairement les 99 voitures prévues des 44 exemplaires généralement admis comme construits.

Son prix neuf de 12 millions de yens la plaçait déjà dans une catégorie très différente de celle d’une GT-R ordinaire. À cela s’ajoutait un processus de préparation poussé : les voitures terminées passaient notamment par le site d’essais Nissan d’Oppama pour leur rodage et des contrôles avant livraison.

Cette production minuscule explique aussi l’importance de l’authentification aujourd’hui. Des GT-R R33 ont reçu des éléments de carrosserie inspirés de la 400R et les pièces Nismo associées au modèle sont devenues recherchées. L’apparence extérieure seule ne suffit donc pas à établir qu’une voiture appartient à la série originale.

Une Nismo routière issue de l’expérience en compétition

La 400R n’est pas une voiture de course homologuée pour la route et aucun palmarès sportif propre ne doit lui être attribué. Elle transpose plutôt à une automobile routière des connaissances acquises par Nismo en N1, en endurance et avec les Skyline de compétition. Dans les mêmes années, Nissan mène des programmes beaucoup plus directement tournés vers la course, jusqu’à la Nissan R390 Gt1, mais les deux projets répondent à des objectifs différents.

La 400R occupe ainsi une place particulière dans l’histoire des voitures complètes Nismo. Elle succède conceptuellement à la 270R et démontre qu’un modèle de route peut être retravaillé comme un ensemble plutôt que recevoir une succession de pièces indépendantes. Cette méthode réapparaîtra sous d’autres formes sur les générations suivantes, jusqu’à la Nissan Gt-r Nismo, sans que celle-ci constitue pour autant un successeur direct de la 400R.

Le très faible nombre de voitures originales a progressivement fait de la 400R une pièce de collection internationale. Une transaction publique à Monterey en août 2025 a atteint 995 000 dollars frais inclus. Un tel résultat ne constitue pas une cote universelle, mais il illustre la place désormais occupée par les exemplaires authentifiés parmi les Nissan de route les plus recherchées.