Présentée en 2021, la Lamborghini Aventador Ultimae est l’ultime évolution de la supercar V12 lancée dix ans plus tôt à Sant’Agata Bolognese. Son appellation complète, Aventador LP 780-4 Ultimae, résume une partie de sa fiche technique : moteur longitudinal arrière, 780 ch et transmission intégrale. Produite à seulement 600 exemplaires entre Coupé et Roadster, elle ferme surtout un chapitre majeur de l’histoire de Lamborghini, celui du V12 atmosphérique de série dépourvu d’assistance électrique.
L’Ultimae n’est pourtant pas une simple série commémorative. Lamborghini lui attribue la version la plus puissante du V12 atmosphérique montée dans une Aventador routière et cherche à réunir deux caractères jusque-là séparés : les performances de l’Lamborghini Aventador SVJ et la polyvalence des évolutions plus routières de l’Aventador.
La dernière évolution de l’Aventador
Lorsque Lamborghini dévoile l’Ultimae en juillet 2021, l’Lamborghini Aventador est déjà une automobile exceptionnellement longue de carrière pour une supercar de ce niveau. Apparue en 2011, elle avait inauguré une nouvelle architecture autour d’une monocoque en fibre de carbone et d’un V12 de 6,5 litres entièrement nouveau, remplaçant la Murciélago.
La première Lamborghini Aventador LP700-4 développait 700 ch. Dix ans d’évolutions successives portent cette puissance à 780 ch sur l’Ultimae, sans suralimentation ni hybridation. Le moteur conserve donc le caractère mécanique qui avait défini l’Aventador depuis ses débuts, tout en atteignant ici son niveau de puissance maximal dans la gamme routière.
Le positionnement choisi évite de transformer l’Ultimae en nouvelle variante exclusivement destinée au circuit. La SVJ reste visuellement et aérodynamiquement plus radicale, notamment avec son grand aileron arrière fixe. L’Ultimae conserve une silhouette plus épurée et un aileron actif intégré, tout en bénéficiant de 10 ch supplémentaires. Son poids à sec de 1 550 kg pour le Coupé la situe 25 kg sous une Aventador S, mais environ 25 kg au-dessus d’une SVJ.
La série est proposée sous deux formes : 350 Coupés et 250 Roadsters, soit 600 voitures. Cette répartition renforce son statut particulier dans une famille Aventador dont les déclinaisons découvrables avaient commencé avec l’Aventador Roadster.
Un V12 atmosphérique de 780 ch
Au coeur de l’Ultimae se trouve le V12 Lamborghini de 6 498 cm3 ouvert à 60 degrés. Alimenté par injection multipoint et doté d’une lubrification par carter sec, il délivre 780 ch à 8 500 tr/min et 720 Nm à 6 750 tr/min. Le régime élevé auquel la puissance maximale est obtenue illustre la philosophie de cette mécanique atmosphérique, à l’opposé des moteurs turbocompressés adoptés par de nombreuses concurrentes.
La transmission reste également fidèle à l’architecture de l’Aventador. Le V12 est associé à la boîte robotisée ISR à sept rapports et à une transmission intégrale utilisant un coupleur Haldex, complétée par un différentiel arrière mécanique autobloquant. Il ne s’agit donc pas d’une double embrayage moderne : la boîte ISR constitue l’un des traits techniques caractéristiques de toute la génération Aventador.
Avec un rapport poids-puissance annoncé à 1,98 kg/ch pour le Coupé, les performances restent au niveau des versions les plus radicales de la famille. Le 0 à 100 km/h demande 2,8 secondes, le 0 à 200 km/h 8,7 secondes et la vitesse maximale atteint 355 km/h. Le Roadster réclame 2,9 secondes pour atteindre 100 km/h, tout en conservant la même vitesse de pointe annoncée.
Fiche technique de la Lamborghini Aventador Ultimae
| Caractéristique | Lamborghini Aventador LP 780-4 Ultimae |
|---|---|
| Année de présentation | 2021 |
| Architecture moteur | V12 atmosphérique à 60 degrés |
| Cylindrée | 6 498 cm3 |
| Alésage x course | 95 x 76,4 mm |
| Alimentation | Injection multipoint MPI |
| Lubrification | Carter sec |
| Puissance maximale | 780 ch (574 kW) à 8 500 tr/min |
| Couple maximal | 720 Nm à 6 750 tr/min |
| Implantation | Moteur central arrière longitudinal |
| Transmission | Intégrale |
| Boîte de vitesses | Robotisée ISR à 7 rapports |
| Embrayage | Double disque à sec de 235 mm |
| Structure | Monocoque en fibre de carbone, structures avant et arrière en aluminium |
| Suspension | Système push-rod, amortissement magnétorhéologique |
| Direction | Servotronic, Lamborghini Dynamic Steering et roues arrière directrices |
| Freins avant | Carbone-céramique 400 x 38 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Carbone-céramique 380 x 32 mm, étriers 4 pistons |
| Roues avant | 9J x 20 pouces |
| Roues arrière | 13J x 21 pouces |
| Pneus avant | 255/30 ZR20 |
| Pneus arrière | 355/25 ZR21 |
| Longueur | 4 868 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | 2 098 mm |
| Largeur avec rétroviseurs | 2 273 mm |
| Hauteur | 1 136 mm |
| Empattement | 2 700 mm |
| Voie avant | 1 720 mm |
| Voie arrière | 1 680 mm |
| Poids à sec du Coupé | 1 550 kg |
| Répartition des masses du Coupé | 43 % avant, 57 % arrière |
| Rapport poids-puissance du Coupé | 1,98 kg/ch |
| 0 à 100 km/h | 2,8 s Coupé, 2,9 s Roadster |
| 0 à 200 km/h | 8,7 s pour le Coupé |
| Vitesse maximale | 355 km/h |
| Réservoir | 85 litres |
| Consommation mixte WLTP | 18,0 l/100 km |
| Émissions de CO2 WLTP | 442 g/km |
| Production prévue | 350 Coupés et 250 Roadsters |
Châssis carbone et quatre roues directrices
L’Ultimae conserve la monocoque en fibre de carbone qui constitue l’élément central de l’architecture de l’Aventador. Des structures en aluminium sont associées à cette cellule, tandis que les suspensions utilisent une architecture à poussoirs issue d’une conception fortement inspirée de la compétition. Les amortisseurs magnétorhéologiques permettent d’adapter rapidement leur réponse aux conditions de conduite.
Les quatre roues directrices participent largement au comportement des dernières Aventador. À faible vitesse, les roues arrière peuvent braquer dans le sens opposé aux roues avant afin d’améliorer l’agilité et de réduire virtuellement l’empattement. À vitesse élevée, leur action favorise au contraire la stabilité. Le Lamborghini Dynamic Steering fait varier la réponse de la direction avant selon la vitesse et le mode de conduite.
Le freinage repose sur des disques carbone-céramique de 400 mm à l’avant et 380 mm à l’arrière. Les pneus atteignent 355 mm de largeur sur l’essieu arrière, une dimension qui accompagne à la fois la puissance du V12 et le rôle prépondérant du train arrière malgré la transmission intégrale.
Un design plus discret que celui de la SVJ
L’Ultimae ne cherche pas à reproduire l’esthétique de voiture de piste de la SVJ. Son bouclier avant reçoit néanmoins un traitement aérodynamique spécifique avec un séparateur et des conduits travaillés pour gérer les flux autour du véhicule. Les signatures lumineuses en Y restent immédiatement reconnaissables, tandis que les proportions extrêmement basses et larges demeurent celles de l’Aventador.
À l’arrière, les sorties d’échappement haut placées occupent une position centrale dans la composition. L’aileron actif peut modifier sa position selon les conditions afin de privilégier l’appui ou de réduire la traînée. Cette solution permet à l’Ultimae de conserver des lignes moins chargées que celles de la SVJ tout en maintenant une gestion aérodynamique active.
L’habitacle mêle Alcantara, cuir et fibre de carbone. Des motifs en Y découpés au laser rappellent le langage graphique extérieur et une plaque spécifique identifie la série limitée. Le programme Ad Personam permettait en outre de multiplier les combinaisons de teintes et de finitions, ce qui explique les différences parfois importantes entre les exemplaires.
600 exemplaires pour clore dix ans de production
La limitation à 350 Coupés et 250 Roadsters fait de l’Ultimae une série nettement plus rare que les Aventador de grande production. Elle possède cependant une signification supplémentaire : Lamborghini l’utilise pour mettre fin à la fabrication de l’ensemble de la lignée en 2022, après plus d’une décennie d’évolution du modèle.
Le dernier Aventador assemblé est un Ultimae Roadster destiné à un client suisse. Lamborghini lui donne une configuration particulière inspirée de l’unique Roadster dérivé de la Lamborghini Miura et présenté en 1968. Sa carrosserie Azzurro Flake et plusieurs détails de finition établissent volontairement un lien entre deux périodes majeures des supercars V12 de Sant’Agata Bolognese.
La fin du V12 Lamborghini sans hybridation
L’importance de l’Ultimae dépasse ainsi la seule fin de l’Aventador. Elle représente la dernière Lamborghini V12 de série dont la propulsion repose exclusivement sur le moteur thermique. Le constructeur avait déjà exploré l’électrification du V12 avec la Lamborghini Sián FKP 37, qui associait cette mécanique à un système électrique utilisant un supercondensateur.
Le changement devient structurel avec la Lamborghini Revuelto, remplaçante de l’Aventador. Celle-ci conserve un V12 atmosphérique, mais l’intègre à une chaîne de traction hybride rechargeable comprenant des moteurs électriques. L’Ultimae occupe donc une place très précise dans la chronologie de la marque : celle de la dernière expression routière du V12 Lamborghini utilisé seul, au terme de la génération Aventador commencée en 2011.




