Jaguar Xe

Jaguar Xe

Présentée en 2014 puis commercialisée à partir de 2015, la Jaguar XE marque le retour de la marque britannique sur le marché très disputé des berlines premium du segment D. Plus compacte que la XF, elle est conçue autour d’une architecture largement constituée d’aluminium, d’un moteur longitudinal et d’une transmission aux roues arrière dans sa configuration originelle. Cette conception rompt nettement avec celle de la précédente Jaguar X-Type, qui reposait sur une architecture à moteur transversal et traction ou transmission intégrale.

Connue sous le code X760, la XE ne se contente pas de remplacer indirectement la X-Type. Elle inaugure une nouvelle génération technique chez Jaguar, avec des moteurs Ingenium, une suspension arrière Integral Link et la première direction assistée électrique montée sur une Jaguar de série. Produite au Royaume-Uni jusqu’en 2024, elle connaîtra plusieurs évolutions mécaniques et un important restylage en 2019.

Une nouvelle berline Jaguar face aux références allemandes

Au début des années 2010, Jaguar dispose des grandes berlines XF et XJ, mais ne possède plus de modèle capable d’affronter directement les berlines premium compactes allemandes. La XE est développée précisément pour occuper cet espace. Dans la gamme, elle prend place sous la Jaguar XF et vise une clientèle recherchant une berline plus compacte sans renoncer à une architecture typée propulsion.

Jaguar annonce officiellement le nom XE au Salon de Genève en mars 2014. La voiture est dévoilée à Londres le 8 septembre de la même année avant son exposition au Mondial de Paris. Sa commercialisation intervient en 2015. Le dessin est réalisé sous la direction de Ian Callum, alors responsable du design Jaguar. Les proportions mettent immédiatement en évidence l’architecture mécanique, avec un capot relativement long, un habitacle rejeté vers l’arrière et des porte-à-faux contenus.

La carrosserie mesure environ 4,67 m de long pour 1,85 m de large et repose sur un empattement de 2,835 m. La calandre caractéristique de Jaguar, les phares effilés, le capot sculpté et les feux arrière horizontaux établissent une parenté avec les autres modèles contemporains de la marque sans transformer la XE en XF miniature.

Une architecture en aluminium au coeur du projet

L’une des caractéristiques essentielles de la XE se trouve sous sa carrosserie. Elle est la première voiture de série issue de la nouvelle architecture modulaire Jaguar à forte utilisation d’aluminium, dont le principe avait été annoncé avec le concept C-X17 en 2013. Plus de 75 % de la structure de carrosserie est constituée d’aluminium. Jaguar emploie notamment l’alliage RC5754, développé pour intégrer une forte proportion de matière recyclée.

Cette architecture sert ensuite de fondation à d’autres modèles de la marque. Elle rapproche techniquement la XE de la Jaguar XF X260, tandis que son principe modulaire est également exploité pour le Jaguar F-Pace. Pour Jaguar, l’objectif n’est donc pas seulement d’alléger une berline, mais de créer une nouvelle base industrielle utilisable par plusieurs familles de véhicules.

Le train avant adopte une suspension à double triangulation. À l’arrière, Jaguar choisit son système Integral Link, une architecture multibras conçue pour mieux dissocier les efforts longitudinaux et latéraux. Plusieurs éléments de suspension en aluminium réduisent les masses non suspendues. La direction à crémaillère reçoit une assistance électrique EPAS, une première sur une Jaguar de série.

La configuration fondamentale reste celle d’une propulsion à moteur avant longitudinal. Une transmission intégrale est néanmoins introduite sur certaines versions au cours de la carrière. Jaguar complète le châssis par différentes aides électroniques, dont le Torque Vectoring by Braking et, selon les configurations, l’All Surface Progress Control destiné à faciliter la progression lorsque l’adhérence devient faible.

Fiche technique de la Jaguar Xe

CaractéristiqueDonnées
Code modèleX760
CarrosserieBerline 4 portes, 5 places
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion ou transmission intégrale selon version
StructureMonocoque à forte teneur en aluminium, plus de 75 % d’aluminium dans la structure de carrosserie annoncée au lancement
Diesel 2.0 Ingenium au lancement1 999 cm3, 4 cylindres turbo, 163 ch et 380 Nm ou 180 ch et 430 Nm
Essence 2.0 au lancement4 cylindres turbo à injection directe, 200 ch et 280 Nm ou 240 ch et 340 Nm
Essence XE S au lancementV6 2 995 cm3 à compresseur, 340 ch et 450 Nm
Boîtes de vitessesManuelle 6 rapports sur certaines versions, automatique ZF 8 rapports selon motorisation
Suspension avantDouble triangulation
Suspension arrièreIntegral Link multibras
DirectionCrémaillère à assistance électrique EPAS
FreinsDisques aux quatre roues, dimensions selon version
PneumatiquesDimensions variables selon finition et motorisation, notamment 205/55 R17 sur certaines versions
LongueurEnviron 4 672 mm
LargeurEnviron 1 850 mm hors rétroviseurs
HauteurEnviron 1 416 mm
Empattement2 835 mm
VoiesEnviron 1 602 mm à l’avant et 1 603 mm à l’arrière selon version
PoidsVariable selon moteur, transmission, équipement et norme de mesure, approximativement de 1,47 t à plus de 1,7 t
Vitesse maximale au lancementEnviron 212 à 250 km/h selon motorisation
0 à 100 km/h au lancementDe 8,2 s environ pour le Diesel 163 ch à 5,1 s pour la XE S V6 340 ch
Consommation Diesel 163 chEnviron 3,8 l/100 km en cycle NEDC dans la configuration la plus favorable annoncée au lancement
Émissions Diesel 163 chÀ partir de 99 g/km de CO2 en cycle NEDC dans la configuration annoncée au lancement
Coefficient aérodynamiqueEnviron 0,26 dans les configurations les plus favorables
Période de production2015 à 2024
Production initialeSolihull, Royaume-Uni, puis production britannique transférée à Castle Bromwich

Des moteurs Ingenium au V6 compressé

La gamme européenne de lancement illustre la volonté de Jaguar de couvrir aussi bien les besoins des gros rouleurs que ceux d’une clientèle recherchant davantage de performances. Le nouveau quatre cylindres Diesel Ingenium 2,0 litres constitue un élément stratégique. Proposé notamment avec 163 ou 180 ch, il doit associer sobriété et couple important. Dans sa configuration la plus efficiente, Jaguar annonce alors 99 g/km de CO2 en cycle NEDC.

Les premières XE essence utilisent également des quatre cylindres 2,0 litres turbo de 200 ou 240 ch. Au sommet de la gamme initiale se trouve la XE S. Son V6 3,0 litres à compresseur développe 340 ch et 450 Nm, transmis par une boîte automatique à huit rapports. Cette version atteint 100 km/h en environ 5,1 secondes et sa vitesse maximale est limitée à 250 km/h.

La gamme mécanique évolue sensiblement pendant la carrière de la voiture. Les quatre cylindres essence Ingenium prennent progressivement davantage de place avec différentes puissances, tandis que la transmission intégrale devient disponible dans certaines associations moteur-boîte. En fin de carrière, l’offre est beaucoup plus resserrée et comprend notamment le Diesel D200 doté d’une hybridation légère 48 V. Il faut donc rattacher les valeurs de puissance, de consommation et de performances à un millésime précis plutôt que de considérer la XE comme une gamme techniquement figée.

Le restylage de 2019 transforme surtout l’habitacle

Jaguar apporte une évolution majeure à la XE en 2019. La silhouette générale demeure reconnaissable, mais les phares deviennent nettement plus fins, adoptent une signature lumineuse en forme de J et s’accompagnent d’une calandre et de boucliers redessinés. La voiture paraît ainsi plus basse et plus large sans modification fondamentale de ses proportions.

La transformation est plus profonde à bord. Jaguar revoit la planche de bord, les matériaux et les interfaces afin de corriger l’un des points sur lesquels la première XE vieillissait le plus rapidement face à ses concurrentes. Selon l’équipement, le système Touch Pro Duo fait apparaître deux écrans sur la console centrale. Le sélecteur rotatif escamotable des premières années disparaît également au profit d’un levier plus conventionnel.

La gamme restylée met davantage en avant les présentations sportives Jaguar R-Dynamic. Les moteurs et finitions sont parallèlement rationalisés au fil des millésimes, jusqu’à une offre beaucoup plus réduite que celle proposée au milieu des années 2010.

La Project 8, une XE profondément transformée

La XE donne naissance à l’une des Jaguar routières les plus radicales de son époque, mais cette voiture ne doit pas être confondue avec une simple finition de la berline. Développée par Special Vehicle Operations, la Jaguar Project 8 reçoit un V8 5,0 litres compressé de 600 ch, une transmission intégrale, une carrosserie largement remaniée, des voies élargies, un dispositif aérodynamique spécifique et des freins carbone-céramique.

Limitée à 300 exemplaires, la Project 8 utilise la XE comme point de départ mais s’en éloigne suffisamment pour constituer un modèle à part entière. Elle établit notamment en 2019 un temps de 7 min 18,361 s sur le tracé de 20,6 km de la Nordschleife. Ce résultat appartient à la Project 8 et ne constitue donc pas une performance de la XE de série.

Dix ans de présence avant l’arrêt de la XE

La production de la XE commence au Royaume-Uni à Solihull, où Jaguar Land Rover investit dans les installations nécessaires à sa nouvelle génération de véhicules en aluminium. La fabrication britannique est ensuite transférée à Castle Bromwich. Des productions destinées à certains marchés existent également hors du Royaume-Uni, notamment en Chine avec la XEL à empattement allongé, qui constitue une déclinaison spécifique et ne doit pas être assimilée à la berline européenne standard.

En France, les premiers tarifs communiqués pour la gamme 2015 débutent autour de 37 000 euros pour les Diesel d’entrée de gamme. La XE S V6 340 ch atteint alors environ 61 800 euros. Ces écarts reflètent une gamme initialement étendue, allant d’une berline Diesel destinée aux grands parcours à une propulsion essence de plus de 300 ch.

La fabrication britannique prend fin en mai 2024. Jaguar ne remplace pas la XE par une nouvelle génération thermique équivalente, la marque ayant engagé un changement beaucoup plus large de stratégie et de positionnement. La disparition de la XE clôt ainsi moins une lignée spécifique qu’une période durant laquelle Jaguar avait de nouveau cherché à occuper directement le marché des berlines premium compactes.