Lancé au Japon en juillet 1996 sous le nom Challenger, le Mitsubishi Pajero Sport est un 4×4 cinq portes conçu pour compléter l’offre tout-terrain de Mitsubishi avec une carrosserie plus basse et une présentation plus routière que celle du Pajero traditionnel. Son appellation varie fortement selon les marchés : Pajero Sport en Europe, Challenger au Japon, Montero Sport en Amérique du Nord et sur plusieurs autres territoires, ou encore Shogun Sport au Royaume-Uni. En France, sa commercialisation débute en 1998.
Malgré son nom, le Pajero Sport n’est ni une finition sportive ni une simple variante de carrosserie du Mitsubishi Pajero. Il constitue une lignée distincte, avec une architecture à châssis séparé et une orientation mêlant capacités tout-terrain, habitabilité familiale et comportement routier. Cette première génération restera proposée jusqu’aux années 2000 selon les marchés, avant l’apparition d’une nouvelle génération en 2008.
Un 4×4 lancé sous le nom Challenger en 1996
Au milieu des années 1990, Mitsubishi dispose déjà d’une solide gamme de véhicules tout-terrain. Le constructeur cherche cependant à proposer un modèle dont l’allure et l’usage quotidien se rapprochent davantage des SUV qui gagnent alors en popularité. Le Challenger répond à cette évolution sans abandonner les fondamentaux mécaniques d’un véritable 4×4.
Lors de son lancement japonais en 1996, Mitsubishi souligne sa parenté de châssis avec le Mitsubishi Pajero 2. Le Pajero Sport s’en distingue néanmoins par une silhouette spécifique, plus basse et plus élancée. Sa conception conserve également des liens techniques avec la famille des pick-up Mitsubishi, ce qui explique les rapprochements fréquents avec le Mitsubishi L200.
Cette position intermédiaire constitue une part essentielle de son identité. Le Pajero Sport n’est pas un SUV monocoque développé uniquement pour la route : moteur longitudinal, châssis séparé, transmission à quatre roues motrices et essieu arrière rigide lui donnent des aptitudes adaptées aux pistes et aux usages difficiles. En parallèle, sa carrosserie fermée à cinq portes et son équipement visent un usage familial plus polyvalent.
Pajero Sport, Montero Sport et Challenger : plusieurs noms pour une même famille
La multiplication des appellations peut facilement donner l’impression qu’il existe plusieurs modèles différents. Le nom Challenger est celui du véhicule lancé au Japon. En Europe, Mitsubishi retient Pajero Sport, tandis que l’appellation Mitsubishi Montero Sport est notamment utilisée en Amérique du Nord. D’autres marchés adoptent Shogun Sport ou Nativa.
Ces changements répondent essentiellement aux stratégies commerciales de Mitsubishi selon les pays. Ils suivent en partie la même logique que celle du Mitsubishi Montero, nom employé pour le Pajero sur certains territoires. Les équipements, moteurs, transmissions et détails de carrosserie peuvent toutefois varier sensiblement d’un marché à l’autre : deux véhicules appartenant à la même génération ne possèdent donc pas nécessairement la même configuration mécanique.
En France, le Pajero Sport arrive en 1998, environ deux ans après les débuts japonais du Challenger. Sa gamme comprend notamment des diesels 2,5 et 2,8 litres ainsi qu’un V6 essence 3,0 litres selon les années et les versions. Le diesel 2.5 TD devient l’une des motorisations les plus représentatives du modèle sur le marché français.
Une conception robuste et des motorisations très différentes
Le Pajero Sport repose sur une architecture classique pour un tout-terrain de cette période. Le moteur est installé longitudinalement à l’avant et la structure utilise un châssis séparé. À l’avant, les roues sont indépendantes avec doubles triangles et barres de torsion. L’arrière repose sur un essieu rigide, dont la configuration évolue au cours de la carrière du modèle. Des versions utilisent des ressorts à lames, tandis que les évolutions ultérieures adoptent notamment des ressorts hélicoïdaux et une disposition à trois bras.
La transmission constitue également un point sur lequel les versions doivent être distinguées. Mitsubishi propose suivant les marchés et finitions des systèmes Easy Select 4WD ou Super Select 4WD. Il serait donc incorrect d’attribuer systématiquement le Super Select à tous les Pajero Sport de première génération. Une boîte manuelle à cinq rapports est largement diffusée, tandis que certaines versions et notamment des V6 peuvent recevoir une transmission automatique.
Le quatre cylindres turbodiesel 4D56 de 2 477 cm3 apparaît avec plusieurs niveaux de puissance. Les premières versions françaises sont annoncées autour de 99 à 100 ch, avant l’arrivée d’une évolution à 115 ch. Cette dernière développe 240 Nm et reste davantage orientée vers la souplesse et les capacités de traction que vers les performances pures.
Le V6 essence 6G72 de 2 972 cm3 représente l’alternative la plus puissante de la gamme européenne. Suivant le millésime et la définition, sa puissance se situe autour de 170 à 177 ch. Un turbodiesel 2,8 litres est également proposé sur certains marchés. Ces différences expliquent pourquoi une seule valeur de puissance, de consommation ou de performances ne peut représenter toute la première génération.
Fiche technique de la Mitsubishi Pajero Sport
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Lancement | 1996 au Japon sous le nom Challenger, 1998 en France |
| Carrosserie | 4×4 / SUV 5 portes |
| Structure | Châssis séparé |
| Implantation moteur | Avant longitudinal |
| Moteur diesel 2.5 TD | 4 cylindres en ligne 4D56, 2 477 cm3, turbocompressé |
| Puissance 2.5 TD | Environ 99/100 ch sur les premières versions françaises, puis 115 ch |
| Couple 2.5 TD 115 | 240 Nm |
| Moteur diesel 2.8 | 4 cylindres turbodiesel avec intercooler, selon marché |
| Moteur essence | V6 6G72, 2 972 cm3 |
| Puissance V6 3.0 | Environ 170 à 177 ch selon version et millésime |
| Transmission | 4 roues motrices, Easy Select ou Super Select selon version |
| Boîte de vitesses | Manuelle 5 rapports, automatique disponible sur certaines versions |
| Suspension avant | Indépendante, doubles triangles, barres de torsion et barre stabilisatrice |
| Suspension arrière | Essieu rigide, configuration variable selon version et millésime, ressorts hélicoïdaux sur les versions concernées |
| Direction | Assistée sur les versions françaises documentées |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Pneumatiques | Notamment 255/70 R16 sur certaines versions européennes |
| Longueur | Environ 4,54 à 4,67 m selon version et phase |
| Largeur | Environ 1,70 à 1,87 m selon version et phase |
| Hauteur | Environ 1,72 à 1,74 m selon version |
| Empattement | Environ 2,72 à 2,82 m selon version documentée |
| Poids à vide | 1 980 kg pour une version française 2.5 TD115 Exceed documentée |
| Vitesse maximale 2.5 TD 100 | Environ 145 km/h |
| Vitesse maximale 2.5 TD 115 | Environ 150 km/h |
| Vitesse maximale V6 3.0 | Jusqu’à environ 175 km/h selon version |
| Consommation mixte 2.5 TD115 | 10,5 l/100 km sur la version française documentée |
| Émissions de CO2 2.5 TD115 | 278 g/km sur la version française documentée |
| Réservoir | Environ 74 à 75 litres selon version |
| Capacité de remorquage freinée | Jusqu’à 2 800 kg sur les versions documentées |
| Garde au sol | Environ 220 mm sur les configurations concernées |
Un style plus routier que le Pajero traditionnel
Le dessin du Pajero Sport traduit directement son positionnement. La carrosserie conserve les proportions d’un 4×4 des années 1990, avec une ceinture de caisse relativement haute, un capot horizontal et une importante surface vitrée, mais l’ensemble paraît moins massif que le Pajero contemporain. Les versions dotées d’extensions d’ailes et de roues plus larges accentuent son caractère sportif sans modifier sa vocation de tout-terrain polyvalent.
Un détail permet aussi de le différencier facilement de nombreux Pajero de la même époque : la roue de secours n’est pas installée sur le hayon. Mitsubishi mettait lui-même en avant cette particularité lors de la présentation du Challenger. L’arrière conserve ainsi une apparence plus proche de celle d’un break surélevé que de celle des 4×4 traditionnels équipés d’une roue extérieure.
Les évolutions de carrosserie et d’équipement au fil de la carrière expliquent les écarts parfois importants dans les dimensions publiées. Selon la phase, le marché et les protections extérieures, la longueur est donnée entre environ 4,54 et 4,67 m et la largeur entre environ 1,70 et 1,87 m. Il est donc préférable d’associer les dimensions à une version précise plutôt que de considérer l’une de ces valeurs comme universelle.
Une carrière internationale plus longue que sa présence française
La carrière du Pajero Sport dépasse largement le cadre européen. Après son lancement japonais, Mitsubishi le diffuse sur de nombreux marchés sous ses différentes appellations. La production ou l’assemblage est progressivement étendu à certains pays, notamment la Chine et le Brésil. Le Challenger disparaît du marché japonais en 2003 et le Montero Sport quitte l’Amérique du Nord peu après, tandis que la première génération poursuit sa carrière ailleurs.
Au début des années 2000, la situation du Pajero Sport devient également particulière au sein de la gamme Mitsubishi. Le Mitsubishi Pajero 3 adopte une conception sensiblement différente et poursuit la montée en gamme du Pajero principal, alors que le Pajero Sport conserve une architecture plus traditionnelle à châssis séparé. Les deux modèles répondent ainsi à des usages et à des marchés progressivement plus distincts.
Cette différence est également importante lorsqu’il est question de compétition. Le Pajero Sport bénéficie de l’image construite par Mitsubishi dans les rallyes-raids, mais il ne faut pas lui attribuer le palmarès du Pajero au Dakar. Le Mitsubishi Pajero Evolution, conçu dans une logique d’homologation liée à la compétition, appartient lui aussi à une histoire différente de celle du Pajero Sport de série.
Le passage à la deuxième génération
La première génération arrive au terme de sa carrière sur ses derniers marchés en 2008. Mitsubishi renouvelle alors profondément le Pajero Sport. La deuxième génération renforce sa filiation avec le pick-up Triton/L200 et cible en priorité des régions où les SUV à châssis séparé restent particulièrement demandés. Le nom Pajero Sport se poursuit ainsi alors que le modèle disparaît progressivement des catalogues d’Europe occidentale.
Cette continuité internationale explique aujourd’hui une ambiguïté fréquente : l’appellation Pajero Sport peut désigner des véhicules séparés par plusieurs décennies et très différents dans leur conception comme dans leur style. Pour le modèle originel, la date déterminante reste 1996, année de naissance du Challenger japonais dont dérive le Pajero Sport arrivé en France en 1998.




