Présentée en 2004 et livrée à partir de 2005, l’Aston Martin DB9 Volante transpose la nouvelle génération de grand tourisme britannique dans un cabriolet quatre places à moteur V12. Elle constitue la version découvrable de l’Aston Martin DB9, mais sa conception ne se résume pas à la suppression du pavillon du coupé. Aston Martin l’a développée en tenant compte dès l’origine des contraintes de rigidité, de sécurité et de confort propres à une carrosserie ouverte.
La DB9 Volante inaugure aussi une étape industrielle importante. Premier cabriolet Aston Martin fondé sur l’architecture VH en aluminium, elle est également le premier modèle découvrable de la marque produit à Gaydon. Sa longue carrière lui permet de connaître plusieurs évolutions du V12, du châssis et du style avant l’apparition de la DB9 GT Volante, ultime déclinaison de la famille.
Un nouveau cabriolet V12 pour l’ère de Gaydon
Au début des années 2000, Aston Martin renouvelle profondément sa gamme. La DB9 succède à l’Aston Martin DB7 et abandonne la structure héritée des générations précédentes au profit de la nouvelle plateforme VH. Celle-ci repose principalement sur des éléments en aluminium extrudé et collé, une solution qui permet de combiner légèreté relative, rigidité et flexibilité industrielle.
La DB9 Volante est dévoilée au Salon de Detroit en janvier 2004, puis présentée au public européen à Genève. Aston Martin consacre encore une période de développement à la version de série avant les premières livraisons en 2005. Le constructeur travaille notamment sur les renforts de structure nécessaires à une automobile dépourvue de toit fixe et sur un réglage de suspension adapté à sa vocation de grand tourisme.
La carrosserie s’inscrit dans une tradition ancienne de découvrables Aston Martin. Plusieurs décennies auparavant, l’Aston Martin DB6 Volante associait déjà l’appellation DB à une configuration ouverte et à quatre places. La DB9 Volante réinterprète cette formule avec une architecture, des procédés de fabrication et des équipements de sécurité contemporains.
Le dessin appartient à la période de transition entre Ian Callum et Henrik Fisker au sein du design Aston Martin. Les lignes fondamentales de la famille DB9 ont été initiées sous Callum, tandis que Fisker a participé à leur finalisation et est directement associé au développement stylistique du Volante. La voiture conserve ainsi les proportions du coupé, avec un long capot, un habitacle reculé et des ailes arrière puissamment modelées.
Une architecture VH adaptée à une carrosserie ouverte
L’un des enjeux essentiels concerne la rigidité. La plateforme VH utilise une structure en aluminium collé et extrudé, complétée par différents éléments en aluminium, magnésium et matériaux composites. Sur le Volante, des renforts spécifiques compensent l’absence du pavillon structurel. Cette adaptation augmente la masse par rapport au coupé et conduit Aston Martin à privilégier initialement un réglage de suspension légèrement plus souple.
La capote textile électrique disparaît entièrement sous un panneau rigide lorsque la voiture roule découverte. Son cycle d’ouverture ou de fermeture demande environ 17 secondes. Un dispositif de protection contre le retournement complète l’équipement de sécurité, avec des arceaux capables de se déployer automatiquement lorsque le système détecte une situation critique.
La configuration mécanique contribue à équilibrer les masses. Le V12 est monté longitudinalement à l’avant mais repoussé vers l’habitacle, tandis que la boîte de vitesses est installée à l’arrière selon une disposition transaxle. La puissance est transmise aux seules roues arrière avec un différentiel à glissement limité. Au lancement, l’acheteur peut choisir une boîte manuelle Graziano à six rapports ou l’automatique Touchtronic 2 à six rapports. Les Volante manuelles restent nettement minoritaires et cette transmission disparaît de la gamme à la fin de la carrière.
Les quatre roues disposent de doubles triangles indépendants. La direction à crémaillère bénéficie d’une assistance variable et le freinage des premières versions repose sur des disques ventilés et rainurés associés à des étriers Brembo. ABS, contrôle de stabilité et antipatinage participent à rendre exploitable le couple du V12 sur une GT conçue autant pour les longs parcours que pour une conduite rapide.
Le V12 5,9 litres et ses évolutions
La première DB9 Volante reçoit le V12 atmosphérique Aston Martin de 5 935 cm3, doté de quatre arbres à cames en tête et de 48 soupapes. Dans sa configuration initiale, il développe environ 450 bhp, soit 456 ch selon la convention métrique, pour 570 Nm. Les chiffres publiés à l’époque peuvent donc apparaître sous des valeurs légèrement différentes sans correspondre à des versions mécaniques distinctes.
Pour le millésime 2009, Aston Martin fait évoluer le moteur à environ 470 bhp, soit 477 ch, et 600 Nm. Ces modifications accompagnent diverses améliorations apportées au châssis, à la transmission et à la présentation. Le millésime 2011 introduit à son tour plusieurs retouches extérieures et surtout l’Adaptive Damping System de série, qui permet d’adapter plus finement l’amortissement aux conditions de conduite.
Une transformation plus importante intervient avec le millésime 2013. La DB9 adopte alors une évolution du V12 5,9 litres développant 510 bhp, soit 517 ch, et 620 Nm. Les performances progressent tandis que les freins carbone-céramique deviennent un élément majeur de la nouvelle définition technique. Le style évolue également de manière sensible, avec une carrosserie modernisée tout en conservant l’identité générale de la DB9.
La carrière s’achève avec la DB9 GT et sa déclinaison Volante. Le V12 atteint alors 540 bhp, soit environ 547 ch. Cette version constitue l’aboutissement de plus d’une décennie de développement de la DB9 avant le passage à l’Aston Martin DB11, qui ouvre une nouvelle génération technique et stylistique pour les grandes GT de la marque.
Fiche technique de l’Aston Martin Db9 Volante
| Caractéristique | DB9 Volante, spécification initiale |
|---|---|
| Présentation | 2004 |
| Premières livraisons | 2005 |
| Carrosserie | Cabriolet 2 portes, configuration 2+2 |
| Structure | Architecture VH en aluminium collé et extrudé, renforcée pour le Volante |
| Moteur | V12 atmosphérique à 60 degrés, 48 soupapes |
| Cylindrée | 5 935 cm3 |
| Alésage x course | 89 x 79,5 mm |
| Alimentation | Injection électronique multipoint séquentielle |
| Puissance | 450 bhp, environ 456 ch à 6 000 tr/min |
| Couple | 570 Nm à 5 000 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant, boîte en position transaxle arrière |
| Transmission | Propulsion, différentiel à glissement limité |
| Boîtes | Manuelle 6 rapports ou automatique Touchtronic 2 à 6 rapports |
| Suspension avant | Doubles triangles indépendants, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs et barre antiroulis |
| Suspension arrière | Doubles triangles indépendants, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs et barre antiroulis |
| Direction | Crémaillère avec assistance variable Servotronic |
| Freins avant | Disques ventilés et rainurés de 355 mm, étriers Brembo 4 pistons |
| Freins arrière | Disques ventilés et rainurés de 330 mm, étriers Brembo 4 pistons |
| Roues | 19 pouces |
| Pneus avant | 235/40 ZR19 |
| Pneus arrière | 275/35 ZR19 |
| Longueur | 4 710 mm |
| Largeur | 1 875 mm |
| Empattement | 2 740 mm environ |
| Voie avant | Environ 1 568 à 1 570 mm |
| Voie arrière | Environ 1 560 à 1 562 mm |
| Poids à sec | Environ 1 710 kg en boîte manuelle, 1 800 kg en automatique |
| 0 à 60 mph | Environ 4,9 à 5,0 s |
| Vitesse maximale initiale | Environ 265 km/h, limitée électroniquement |
| Capote | Textile à commande électrique, cycle d’environ 17 secondes |
| Production | Gaydon, Royaume-Uni |
Un style de DB9 préservé malgré la capote
La réussite visuelle du Volante tient à la conservation des proportions du coupé. Capote fermée, le toit textile forme un profil relativement bas qui rejoint directement la poupe. Ouverte, la capote disparaît sous son couvre-capote rigide, ce qui évite de laisser une masse de toile apparente derrière l’habitacle. Les ouïes latérales derrière les roues avant, la calandre caractéristique et les portes dites “swan wing”, qui se soulèvent légèrement en s’ouvrant, restent des signatures immédiatement reconnaissables.
La DB9 Volante ne doit pas être confondue avec les cabriolets Aston Martin plus sportifs apparus pendant ou après sa carrière. Elle conserve avant tout une vocation de grand tourisme. L’Aston Martin Virage Volante, commercialisée beaucoup plus tard, occupe brièvement un positionnement intermédiaire dans une gamme devenue particulièrement dense. Cette proximité explique pourquoi certaines Aston Martin ouvertes de cette période peuvent sembler très semblables au premier regard.
L’habitacle reste celui d’une 2+2 plutôt que d’un strict roadster. La position de conduite basse, la console centrale imposante et l’utilisation de cuir, d’aluminium et de boiseries ou de finitions alternatives correspondent au positionnement de GT de prestige. Les places arrière sont présentes mais leur espace limité les destine davantage à des usages occasionnels qu’au transport régulier de quatre adultes.
Production et rareté des versions manuelles
Les données de production compilées par l’Aston Martin Heritage Trust font état d’environ 6 380 DB9 Volante en incluant les différentes évolutions de la carrière et les dernières DB9 GT Volante. La répartition indiquée est de 4 282 exemplaires à conduite à gauche et 2 098 à conduite à droite. Ce volume fait du modèle une Aston Martin relativement diffusée à l’échelle de la marque, sans en faire pour autant une automobile courante.
La rareté varie fortement avec la transmission et le millésime. Pour les Volante des millésimes 2005 à 2008 équipées du V12 AM04, 4 159 exemplaires sont recensés, mais seulement 203 auraient reçu la boîte manuelle, contre 3 956 dotés de la Touchtronic 2. Cette disproportion donne aujourd’hui aux premières DB9 Volante manuelles un intérêt particulier dans l’histoire du modèle, indépendamment de toute estimation de valeur de collection.
En France, une première DB9 Volante pouvait dépasser 170 000 euros neuve, le tarif variant selon la transmission, le millésime et les équipements. Les évolutions successives ont ensuite fait progresser le prix en même temps que la puissance, l’équipement et la sophistication du châssis. La DB9 GT Volante clôt finalement cette trajectoire avec la version la plus puissante du V12 installée dans une DB9 de série.




