Lancée en 2011, l’Aston Martin Virage Volante est la déclinaison découvrable de la Virage V12 moderne. Sa carrière particulièrement courte, achevée dès 2012, en fait aujourd’hui l’une des Aston Martin de série les moins courantes de cette période. Elle associe un V12 atmosphérique de 5,9 litres à une structure en aluminium et à une capote textile, dans une configuration 2+2 pensée avant tout pour le grand tourisme.
Cette génération ne doit pas être confondue avec la Virage Volante apparue en 1992. Cette dernière appartenait à une tout autre famille technique et utilisait un V8 de 5,3 litres. La voiture de 2011 repose au contraire sur l’architecture VH employée par les Aston Martin modernes de Gaydon et dérive directement de l’Aston Martin Virage coupé dévoilée simultanément.
Une Volante entre DB9 et DBS
Au début des années 2010, Aston Martin dispose déjà d’une gamme de GT très complète. La Virage reçoit pourtant une mission précise : combler l’écart entre la DB9 et la DBS. La même logique s’applique à la version découvrable. La Virage Volante se place au-dessus de l’Aston Martin DB9 Volante, sans rechercher le caractère aussi radical des modèles les plus sportifs de la marque.
La Virage est révélée en février 2011 puis présentée au Salon de Genève en mars, en coupé et en Volante. Les premières livraisons du cabriolet interviennent au printemps. Aston Martin ne cherche donc pas à transformer après coup son coupé en découvrable : les deux carrosseries appartiennent dès le lancement au même programme.
La position de la Virage dans la gamme explique également sa proximité avec l’Aston Martin DBS. Elle en reprend certaines solutions haut de gamme, notamment les freins carbone-céramique, tout en conservant une orientation plus confortable. Cette recherche d’équilibre entre GT et voiture de sport constitue sa principale raison d’être.
Cette stratégie ne dure toutefois qu’un peu plus d’un an. La profonde évolution de la DB9 rend rapidement la Virage redondante et sa production cesse à la fin de l’été 2012. Sa carrière est ainsi nettement plus courte que celle des DB9 et DBS qui l’encadrent.
Un V12 atmosphérique associé à une transmission transaxle
Sous le capot se trouve le V12 atmosphérique Aston Martin de 5 935 cm3, une mécanique à 60 degrés et 48 soupapes. Il développe 365 kW, soit environ 497 ch selon la présentation française, pour un couple maximal de 570 Nm. Les fiches anglo-américaines mentionnent souvent 490 hp : cette différence provient principalement de l’unité de puissance employée et ne désigne pas une autre version du moteur.
Le V12 est installé longitudinalement à l’avant, tandis que la boîte automatique Touchtronic 2 à six rapports se trouve à l’arrière. Cette architecture transaxle, complétée par un arbre de transmission en fibre de carbone, contribue à rapprocher la répartition des masses de 50/50. La puissance est transmise uniquement aux roues arrière, avec un différentiel à glissement limité.
Malgré sa vocation de cabriolet de grand tourisme, la Virage Volante atteint 299 km/h et réalise le 0 à 100 km/h en 4,6 secondes. Aston Martin ne proposait pas de boîte manuelle sur cette version : la Touchtronic 2 faisait partie intégrante de son positionnement, conciliant conduite détendue et possibilité de sélectionner les rapports manuellement.
Fiche technique de l’Aston Martin Virage Volante
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Production | 2011-2012 |
| Carrosserie | Cabriolet 2 portes, 2+2 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion, transmission transaxle |
| Moteur | V12 atmosphérique à 60 degrés, 48 soupapes |
| Cylindrée | 5 935 cm3 |
| Alimentation | Injection électronique multipoint |
| Puissance maximale | 365 kW, environ 497 ch, à 6 500 tr/min |
| Couple maximal | 570 Nm à 5 750 tr/min |
| Boîte de vitesses | Automatique Touchtronic 2 à 6 rapports |
| Différentiel | Arrière à glissement limité |
| Structure | Architecture VH en aluminium |
| Suspension avant | Roues indépendantes, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis, amortissement adaptatif |
| Suspension arrière | Roues indépendantes, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis, amortissement adaptatif |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freins avant | Carbone-céramique ventilés et perforés, 398 mm |
| Freins arrière | Carbone-céramique ventilés et perforés, 360 mm |
| Jantes | 20 pouces |
| Pneus avant | 245/35 R20 |
| Pneus arrière | 295/30 R20 |
| Longueur | 4 703 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | 1 904 mm |
| Hauteur | 1 289 mm |
| Empattement | 2 740 mm |
| Voie avant | 1 586 mm |
| Voie arrière | 1 581 mm |
| Poids | 1 890 kg selon la spécification couramment publiée |
| Vitesse maximale | 299 km/h |
| 0 à 100 km/h | 4,6 s |
| Consommation mixte homologuée | 15,0 l/100 km |
| Émissions de CO2 | 349 g/km |
| Réservoir | 78 litres |
| Volume de coffre | 152 litres |
Une structure VH adaptée à la carrosserie ouverte
La Virage Volante repose sur la plate-forme VH d’Aston Martin, fondée sur une structure légère faisant largement appel à l’aluminium extrudé et collé. La suppression du toit impose cependant des adaptations propres au cabriolet. Aston Martin renforce notamment certaines zones de la structure et rigidifie le montage du sous-châssis arrière afin de préserver le comportement dynamique malgré l’absence de pavillon fixe.
Les quatre roues sont indépendantes avec des doubles triangles, tandis que l’amortissement adaptatif permet de modifier la réponse de la suspension. Les freins carbone-céramique constituent un autre élément important de la définition technique : avec des disques de 398 mm à l’avant et 360 mm à l’arrière, ils rapprochent la Virage des Aston Martin les plus performantes de son époque.
Le poids constitue naturellement le principal compromis de la carrosserie Volante. La valeur de 1 890 kg est la plus couramment publiée pour le modèle, même si certaines documentations européennes indiquent une masse à vide supérieure en raison de conventions de mesure différentes. La rigidité et le confort restent prioritaires face à une recherche absolue d’allègement.
Un dessin familier aux détails spécifiques
La silhouette respecte les proportions caractéristiques des Aston Martin de Gaydon : capot très long, habitacle rejeté vers l’arrière, ailes marquées et poupe courte. Sous la direction du designer Marek Reichman, la Virage fait évoluer ce vocabulaire sans rompre avec la DB9. Sa face avant adopte notamment un bouclier plus sculpté et des projecteurs intégrant des feux de jour à LED.
Certains détails témoignent de l’influence de l’Aston Martin One-77, alors vitrine technologique et stylistique de la marque. La Virage reste néanmoins beaucoup plus classique dans ses proportions et son traitement général, conformément à sa fonction de grand tourisme utilisable au quotidien.
La Volante reçoit une capote textile électrique multicouche intégrant un matériau isolant. Une fois repliée, elle permet de conserver une ligne arrière basse et fluide. Cette solution maintient également une différence visuelle claire avec le coupé sans bouleverser les proportions générales de la Virage.
L’appellation Volante possède alors plusieurs décennies d’histoire chez Aston Martin. Elle avait notamment été utilisée sur l’Aston Martin DB6 Volante dans les années 1960 avant de devenir une désignation récurrente des cabriolets de grand tourisme de la marque.
Une production limitée à 388 exemplaires
La brièveté de la carrière de la Virage explique sa faible diffusion. Pour la Virage Volante V12 moderne, le chiffre de 388 exemplaires produits est communément documenté. Il faut le distinguer des volumes associés au coupé et surtout de ceux de la première Virage Volante V8 des années 1990, parfois mélangés dans les bases consacrées au modèle.
En France, son tarif neuf était annoncé autour de 203 000 euros au lancement en 2011, cohérent avec son positionnement entre DB9 et DBS. Le prix de base variait naturellement suivant les marchés et pouvait fortement progresser avec la personnalisation proposée par Aston Martin.
La disparition rapide de la Virage ne correspond pas à l’échec d’une nouvelle lignée technique : elle résulte surtout de la réorganisation de la gamme. La DB9 modernisée reprend l’espace qu’elle occupait, tandis que les grands cabriolets V12 continueront d’évoluer avec des modèles comme l’Aston Martin Vanquish Volante. Les 388 Virage Volante restent ainsi les témoins d’une période particulièrement courte de la gamme Aston Martin, limitée à deux millésimes.




